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Chat sauvage européen (Felis silvestris)


Le Chat sauvage européen (Felis silvestris) est un petit carnivore de la famille des Felidae, largement répandu dans certaines régions forestières d’Europe. Bien que morphologiquement proche de nos compagnons domestiques, ce petit félin appartient à une lignée distincte dont l'évolution s'est façonnée au coeur des zones boisées tempérées. Autrefois largement répandu, il a subi un déclin important dû à la fragmentation de son habitat et à la persécution humaine. Aujourd'hui, il fait l'objet de programmes de conservation rigoureux, car il joue un rôle écologique crucial notamment dans la régulation des populations des petits mammifères. Sa présence témoigne souvent de la qualité et de la connectivité des écosystèmes forestiers. Farouche et solitaire, le chat sauvage européen demeure difficile à observer, entretenant une part de mystère au sein de la faune sauvage européenne.


Chat sauvage europeen (Felis silvestris)
Chat sauvage européen (Felis silvestris)
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DESCRIPTION

Le chat sauvage européen possède une silhouette robuste et trapue qui le distingue immédiatement du chat domestique moyen. Sa caractéristique la plus frappante réside dans sa queue épaisse et cylindrique, ornée de deux à quatre anneaux noirs distincts et se terminant par un manchon noir arrondi. Son pelage, de couleur gris-fauve, présente des marbrures sombres sur les flancs, mais celles-ci restent nettement moins marquées que chez ses cousins domestiques tigrés. Une ligne dorsale noire unique court le long de son épine dorsale, s'arrêtant brusquement à la base de la queue. La tête est large avec des oreilles de taille moyenne, dépourvues de pinceaux de poils terminaux, et des vibrisses blanches particulièrement longues et denses. Sa face est marquée par deux traits noirs sur les joues et des lignes sombres partant des yeux vers l'arrière du crâne.

Au niveau de la taille, les mâles pèsent généralement entre cinq et huit kilogrammes, tandis que les femelles sont légèrement plus légères. Leurs membres sont relativement courts, mais dotés d'une musculature puissante adaptée à la chasse à l'affût dans un environnement encombré de végétation. La plante des pieds est entièrement noire, un détail anatomique souvent utilisé par les naturalistes pour confirmer l'identification lors de l'examen de spécimens. La dentition est celle d'un carnivore spécialisé, avec des canines développées pour la mise à mort et des carnassières tranchantes pour découper la viande. La capacité de camouflage de son pelage est exceptionnelle, lui permettant de se fondre dans le tapis de feuilles mortes ou l'ombre des sous-bois, ce qui constitue sa principale défense contre les regards indiscrets.


Felis silvestris
Felis silvestris
© Aconcagua - Wikimedia Commons
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HABITAT

La répartition actuelle du chat forestier (Felis silvestris silvestris) s'organise autour de quatre grandes métapopulations continentales, complétées par des populations insulaires plus ou moins isolées. En Europe centrale et occidentale, le noyau le plus vaste s’étend de la France au sud-ouest de l'Allemagne, incluant le Luxembourg, la Belgique et les Pays-Bas. On observe une dynamique positive de reconnexion : les populations autrefois fragmentées du Massif central et du centre de l'Allemagne fusionnent à nouveau, tandis que l’espèce colonise désormais le plateau suisse et les Préalpes, signe d'une résilience territoriale notable.

Dans la péninsule des Apennins et en Sicile, le félin progresse vers le nord le long de la chaîne montagneuse. Cependant, cette expansion géographique cache une vulnérabilité biologique : les études menées dans les zones de recolonisation montrent une hybridation continue avec les chats domestiques, rendant les actions de conservation indispensables. À l'inverse, en Écosse, la situation est critique. La contraction de l'aire de répartition au nord des Highlands, couplée à un brassage génétique quasi total avec les chats domestiques, rend l'identification d'individus purs extrêmement difficile, voire impossible dans certains secteurs depuis 2010.

L'Europe de l'Est et le Sud-Est regroupent la majorité des pays de l'aire de répartition, mais la qualité des données scientifiques y est très hétérogène. Si l'espèce semble s'étendre vers les steppes de l'Ukraine et à travers les Alpes italiennes, elle demeure globalement négligée par les politiques publiques. Dans la péninsule Ibérique, la distribution est plus continue le long de la Sierra Cantabrique jusqu'au Portugal, privilégiant les massifs forestiers et les bassins hydrographiques préservés.

Enfin, les populations orientales attribuées au chat sauvage du Caucase (Felis silvestris caucasica) occupent les zones humides et les forêts de feuillus de Turquie, de Géorgie, d'Arménie et du sud de la Russie. Bien que leur répartition soit supposée continue jusqu'à 2 000 mètres d'altitude, les connaissances reposent encore largement sur des avis d'experts plutôt que sur un suivi standardisé. Le cas de la Crète reste unique : isolée depuis le Miocène, l'île abrite un chat sauvage probablement introduit par l'homme, tout comme le chat sauvage d'Afrique (Felis lybica) l'a été en Corse et en Sardaigne. Ces disparités régionales soulignent l'importance de préserver l'adaptation phylogénétique locale tout en restaurant la connectivité entre les habitats fragmentés par l'activité humaine.


Felis silvestris carte distribution
     Répartition actuelle du chat sauvage
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ALIMENTATION

Le régime alimentaire du chat sauvage européen est quasi exclusivement carnivore, ce félin étant un prédateur opportuniste spécialisé dans la capture de petits mammifères. Les micromammifères, particulièrement les campagnols et les mulots, constituent la base de son alimentation, représentant parfois plus de 80 % de ses proies totales. Il adapte cependant ses techniques de chasse en fonction des cycles d'abondance des populations de rongeurs. Sa méthode préférée reste l'approche silencieuse suivie d'un bond fulgurant, utilisant ses griffes rétractiles pour immobiliser la cible avant de porter un coup fatal à la nuque. En plus des rongeurs, il capture régulièrement des lagomorphes, tels que le lapin de garenne ou le lièvre, surtout lorsque les petites proies se font rares durant les mois d'hiver.

Bien que spécialisé, ce prédateur ne néglige pas d'autres sources de protéines selon les circonstances environnementales. Il peut ainsi chasser des oiseaux nichant au sol ou dans les buissons bas, consommer des amphibiens ou même de gros insectes lors de périodes de disette. Dans certaines régions, il a été observé consommant des restes de chevreuils ou de cerfs, agissant alors comme un charognard occasionnel. Son besoin quotidien en nourriture est estimé à environ 400 ou 500 grammes de viande, ce qui l'oblige à consacrer une grande partie de ses phases d'activité à la quête alimentaire. Boire n'est pas une nécessité absolue s'il consomme suffisamment de proies fraîches, mais il ne dédaigne pas les points d'eau forestiers. Cette spécialisation alimentaire en fait un régulateur naturel essentiel des populations de rongeurs, limitant ainsi les pullulations qui pourraient nuire à la régénération forestière.


Chat sauvage europeen portrait
Portrait du chat sauvage européen
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REPRODUCTION

La période de reproduction du chat sauvage européen débute généralement à la fin de l'hiver, entre les mois de janvier et mars. Durant cette phase, les mâles quittent souvent leur territoire habituel pour parcourir de longues distances à la recherche de femelles réceptives. Les rencontres sont ponctuées de miaulements rauques et puissants, audibles à grande distance dans le calme des forêts. Après une parade nuptiale parfois intense, l'accouplement a lieu. La gestation dure environ 63 à 68 jours, menant à une mise bas printanière, souvent en avril ou mai. Ce calendrier biologique assure que les chatons naissent au moment où les proies sont les plus abondantes, facilitant ainsi leur survie initiale et celle de la mère allaitante.

Une portée compte habituellement de trois à cinq chatons, nés aveugles et totalement dépendants dans un gîte soigneusement choisi par la femelle. Ces caches peuvent être des troncs d'arbres creux, des cavités rocheuses ou d'anciens terriers de blaireaux abandonnés. La mère assure seule l'éducation et la protection des jeunes, les mâles ne participant pas aux soins parentaux. Les yeux des petits s'ouvrent après une dizaine de jours et ils commencent à consommer de la viande rapportée par la mère vers l'âge d'un mois. Le sevrage intervient vers trois ou quatre mois, période durant laquelle l'apprentissage de la chasse devient intensif. Les jeunes deviennent indépendants à la fin de l'été ou au début de l'automne, cherchant alors leur propre territoire avant l'arrivée du premier hiver. La maturité sexuelle est atteinte vers l'âge de dix mois pour les femelles et un an pour les mâles, bien que leur succès reproducteur dépende souvent de l'établissement d'un domaine vital stable. La longévité du chat sauvage européen est de l'ordre de 10 ans.


Chat sauvage europeen juvenile
Jeune chaton sauvage grimpant à un arbre
Source: DinoAnimals.com
Di-no license (Licence inconnue)

COMPORTEMENT

Le chat sauvage européen est un animal territorial et solitaire par excellence, évitant tout contact social en dehors des brèves périodes de reproduction. Chaque individu occupe un domaine vital dont la taille varie considérablement en fonction de la richesse en nourriture et du relief, allant de 200 à plus de 1 000 hectares. Les mâles possèdent généralement des territoires plus vastes qui chevauchent ceux de plusieurs femelles. Pour marquer sa propriété, ce félin utilise une combinaison de signaux visuels et olfactifs très précis. Les griffures sur les troncs d'arbres signalent sa présence, tandis que le dépôt d'urine et d'excréments sur des points proéminents informe ses congénères sur son identité et son état physiologique, limitant ainsi les confrontations physiques directes.

Son rythme d'activité est principalement crépusculaire et nocturne, bien qu'il puisse être actif durant la journée dans les zones totalement préservées de toute perturbation humaine. Durant les heures de repos, il s'abrite dans des cachettes variées, changeant souvent de dortoir pour éviter d'être repéré par d'éventuels rivaux ou prédateurs. C'est un grimpeur agile, capable de se réfugier rapidement dans la canopée, bien qu'il préfère chasser et se déplacer au sol. Très méfiant, il détecte la présence humaine bien avant d'être vu, utilisant son ouïe et sa vue exceptionnelles pour s'esquiver en silence. Sa nature farouche est telle qu'il peut rester immobile pendant des heures pour observer son environnement. En cas de menace directe sans possibilité de fuite, il déploie un comportement défensif agressif, hérissant ses poils pour paraître plus imposant et émettant des sifflements impressionnants, montrant une détermination sans faille pour protéger sa vie ou sa progéniture.


Chat sauvage europeen zoo de Wroclaw
Chat sauvage européen zoo de Wroclaw, Pologne
Crédit photo: Alex Kantorovich - Zooinstitutes

PRÉDATION

Malgré sa position de prédateur efficace, le chat sauvage européen n'est pas au sommet de la chaîne alimentaire et doit faire face à plusieurs menaces biologiques naturelles. Ses principaux prédateurs varient selon la région géographique et la maturité de l'individu. Les grands rapaces, notamment le grand-duc d'Europe et l'aigle royal, représentent un danger constant, capable de surprendre le félin depuis les airs, surtout dans les zones plus ouvertes ou en lisière de forêt. Les chatons sont particulièrement vulnérables à ces attaques aériennes, mais les adultes peuvent également être la cible de ces rapaces puissants si les conditions de chasse leur sont favorables. La vigilance du chat face au ciel est donc un trait de comportement héréditaire indispensable à sa survie.

Au sol, la concurrence avec d'autres carnivores peut s'avérer mortelle. Le lynx commun, là où leurs aires de répartition se chevauchent, est un prédateur direct capable de tuer un chat sauvage pour éliminer un concurrent alimentaire ou pour se nourrir. De même, le loup gris peut occasionnellement s'en prendre à lui lors de rencontres fortuites. Le renard roux, bien que de taille similaire, entre souvent en conflit avec le chat sauvage pour les ressources. Si les combats entre adultes sont rares à cause du risque de blessure réciproque, le renard n'hésite pas à piller les portées de chatons s'il découvre le gîte de mise bas. Enfin, les grands mustélidés comme le blaireau européen peuvent représenter une menace indirecte lors de disputes pour l'occupation de terriers. La survie du chat sauvage repose donc sur un équilibre fragile entre sa capacité à chasser et son aptitude à rester indétectable pour ses voisins plus imposants.


Chat sauvage europeen gros plan
Gros plan du chat sauvage européen
© Klaus Rudloff - BioLib
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MENACES

La mortalité routière s’impose aujourd'hui comme la principale cause de décès d'origine humaine chez le chat sauvage européen. En Italie, comme ailleurs, les collisions touchent majoritairement les mâles durant la saison des amours. Cependant, l’absence de suivi national systématique empêche de mesurer l’impact réel de ces accidents sur la survie globale des populations, d'autant que les causes naturelles de décès restent souvent inconnues.

L’hybridation avec le chat domestique constitue une autre menace majeure, bien que son intensité varie géographiquement. Si l'Europe centrale affiche des taux de croisement relativement faibles, le risque explose dans les zones où le chat sauvage tente de se réinstaller. Dans ces secteurs de recolonisation, la faible densité de félins sylvestres face à l'omniprésence des chats domestiques favorise les accouplements interspécifiques, menaçant l'intégrité génétique de l'espèce.

Cette proximité avec les animaux domestiques aggrave également les risques sanitaires. Des virus graves, comme la leucémie féline (FeLV) ou l'immunodéficience (FIV), circulent déjà dans les populations sauvages. En Turquie ou en Allemagne, la densité des chats errants facilite ces épidémies qui, combinées au changement climatique, pourraient devenir plus fréquentes. Si des hivers plus doux permettent au chat sauvage d'étendre son territoire vers le nord, ce réchauffement favorise aussi la survie des parasites et des agents pathogènes.

Enfin, de nombreuses incertitudes subsistent concernant l'impact de la chasse, des pratiques forestières ou de l'utilisation des rodenticides. La fragmentation de l'habitat par les infrastructures humaines crée des barrières infranchissables qui isolent les groupes et appauvrissent leur diversité. Il est donc urgent de mener des études démographiques précises pour comprendre comment la perte de connectivité écologique et les nouveaux climats redéfinissent les chances de survie de ce prédateur discret.


Chat sauvage illustration
Illustration d'un chat sauvage
Auteur: Wyman & Sons
CC0 (Domaine public)

CONSERVATION

Bien que le chat sauvage d'Europe bénéficie de protections juridiques internationales (Directives Habitat de l'UE, Convention de Berne, CITES), les actions concrètes de sauvegarde restent inégales et fragmentées. Si l'Écosse et l'Allemagne déploient des efforts notables, il manque cruellement une stratégie de conservation coordonnée à l'échelle mondiale ou continentale pour protéger ce félin.

Les rapports de l'Union européenne révèlent un état de conservation souvent alarmant. En dehors des steppes, où la situation est jugée favorable, le chat sauvage est en déclin dans les régions atlantiques et alpines. En Italie ou dans la péninsule Ibérique, aucune mesure spécifique n'est appliquée, malgré l'urgence de restaurer les populations de proies (lapins de garenne) et de recréer des corridors écologiques pour relier les groupes isolés.

La recherche scientifique doit impérativement s'intensifier pour quantifier les menaces majeures : l'hybridation avec les chats domestiques, la propagation de maladies virales et la mortalité routière. En Turquie et dans le Caucase, l'enjeu est double : il faut non seulement évaluer des populations méconnues, mais aussi comprendre la compétition avec le chat sauvage d'Afrique (Felis lybica) dans les zones de contact.

Le cas de l'Écosse est un avertissement sérieux. La population y est devenue si faible qu'elle n'est plus considérée comme viable sans un programme de réintroduction massif. Partout en Europe, la survie de l'espèce dépendra de notre capacité à réduire la présence des chats errants dans les habitats sauvages et à stabiliser les territoires face au changement climatique. Une coopération paneuropéenne renforcée est désormais indispensable pour transformer ces protections législatives en véritables succès biologiques sur le terrain.


European wildcat (Felis silvestris)
En anglais, le chat sauvage européen est appelé European wildcat
© Rolf Kopfle - Arkive
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TAXONOMIE

L'histoire du chat sauvage européen est le récit d'une lente compréhension de la diversité au sein du genre Felis. La première description formelle et scientifique de l'espèce est attribuée au naturaliste allemand Johann Christian Daniel von Schreber en 1777. À cette époque, la distinction entre les différentes formes de chats sauvages à travers le monde était floue, et de nombreux auteurs considéraient toutes les populations de petits félins à queue annelée comme appartenant à une seule et unique entité biologique globale. Cependant, les observations anatomiques initiales ont rapidement suggéré que le spécimen européen présentait des traits morphologiques uniques, notamment une boîte crânienne plus volumineuse et une queue plus courte et touffue que ses cousins africains ou asiatiques.

Durant le XIXe siècle et une grande partie du XXe siècle, la classification a connu de nombreuses fluctuations. De nombreux naturalistes ont tenté de diviser l'espèce en une multitude de variétés locales basées sur des nuances de pelage ou des mesures crâniennes. Ce n'est qu'avec l'avènement des techniques de biologie moléculaire à la fin du XXe siècle que la véritable place du chat sauvage européen a été clarifiée. Des études génétiques majeures ont démontré que les populations européennes s'étaient séparées de la lignée menant au chat domestique il y a plusieurs centaines de milliers d'années, probablement isolées dans des refuges climatiques durant les grandes glaciations du Pléistocène. Cette séparation prolongée a permis l'émergence de caractéristiques génétiques propres, confirmant son statut d'espèce distincte des formes africaines.

Aujourd'hui, la classification s'est stabilisée autour de l'idée d'un complexe d'espèces. Le chat sauvage européen est désormais strictement limité aux populations présentes sur le continent européen, excluant les chats sauvages d'Afrique et du Proche-Orient qui sont rattachés à une autre lignée. Cette clarification historique a eu un impact majeur sur les stratégies de conservation, car elle a souligné l'unicité biologique de ce prédateur forestier. La reconnaissance de son histoire évolutive propre permet de mieux comprendre ses besoins écologiques spécifiques et de le différencier plus rigoureusement de la forme domestique, avec laquelle il peut pourtant s'hybrider, posant un défi moderne à l'intégrité de cette espèce ancestrale découverte par Schreber.

La question des sous-espèces au sein de Felis silvestris a longtemps fait l'objet de débats intenses parmi les biologistes de l'évolution. Actuellement, la taxonomie moderne tend à simplifier la subdivision de cette espèce pour se concentrer sur les grands ensembles géographiques cohérents :

* Chat forestier (Felis silvestris silvestris) : occupe la majeure partie de l'Europe, s'étendant des Pyrénées jusqu'à l'Europe centrale et l'Écosse. Ces populations partagent des caractéristiques morphologiques homogènes, bien que de légères variations de taille soient observées selon les gradients de température latitudinaux, conformément à la règle de Bergmann qui suggère que les individus sont plus massifs dans les climats plus froids.

* Chat sauvage du Caucase (Felis silvestris caucasica) : localisé dans les montagnes du Caucase et en Turquie. Ce taxon se distingue par un pelage généralement plus gris et des dimensions légèrement différentes, adaptées aux environnements montagneux et escarpés de cette région.


ANCIENNES SOUS-ESPÈCES

L'étude des anciennes sous-espèces du chat sauvage européen révèle une richesse de formes locales autrefois reconnues par les naturalistes avant la révision taxonomique majeure de 2017. Parmi ces entités historiques, on trouvait notamment le chat sauvage d'Écosse, caractérisé par une stature imposante et une fourrure très dense adaptée aux climats humides et froids des Highlands. De même, la péninsule ibérique abritait une forme souvent décrite comme plus massive, parfois considérée par certains auteurs comme une relique des populations pléistocènes. Ces distinctions reposaient sur des critères de taille, de pigmentation du pelage et de proportions crâniennes qui semblaient justifier une division fine de l'espèce à travers le continent.

D'autres anciennes sous-espèces concernaient les milieux insulaires, comme celles décrites pour la Crète, les îles Baléares ou la Corse. Cependant, les recherches génétiques modernes ont révélé que beaucoup de ces populations insulaires étaient en réalité issues de chat domestique introduits par l'homme il y a plusieurs millénaires, puis retournés à l'état sauvage, et non de véritables lignées de chats sauvages autochtones.

Jusqu'à la fin du XXe siècle, Felis silvestris était la seule espèce acceptée comme chat sauvage et on lui attribuait une multitude de sous-espèces réparties en Europe, en Asie, en Afrique et au Moyen-orient. On comptait à ce moment là jusqu'à 23 sous-espèces :

* Chat sauvage d'Afrique - Felis silvestris lybica (Felis lybica)

* Chat sauvage d'Afrique australe - Felis silvestris cafra (Felis lybica cafra)

* Chat sauvage d'Écosse - Felis silvestris grampia

* Chat forestier - Felis silvestris silvestris

* Chat sauvage de Corse - Felis silvestris reyi

* Chat sauvage de Crète - Felis silvestris cretensis

* Chat sauvage d'Arabie - Felis silvestris gordoni (Felis lybica lybica)

* Chat sauvage de la Caspienne - Felis silvestris caudata

* Chat sauvage des Baléares - Felis silvestris jordansi

* Chat sauvage du Caucase - Felis silvestris caucasica

* Chat sauvage du Moyen-Orient - Felis silvestris iraki

* Chat orné - Felis silvestris ornata (Felis lybica ornata)

* Felis silvestris chutuchta

* Felis silvestris foxi

* Felis silvestris griselda

* Felis silvestris haussa

* Felis silvestris ocreata

* Felis silvestris mellandi

* Felis silvestris nesterovi

* Felis silvestris rubida

* Felis silvestris sarda

* Felis silvestris ugandae

* Felis silvestris vellerosa


Après une nouvelle étude menée par le Cat Specialist Group de l'UICN en 2017, Kitchener et al. ont soutenu que le chat sauvage européen ne comprend plus que deux sous-espèces. La première occupe l'Europe et la seconde l'Anatolie et le Caucase. Le chat sauvage d'Afrique (Felis lybica), également annoncé comme espèce distincte en 2017, a sa propre évaluation sur la Liste rouge.

Certaines sous-espèces appartenant auparavant à Felis silvestris ont été déplacées et englobées parmi les sous-espèces du Chat sauvage d'Afrique :

- Chat sauvage d'Arabie (Felis lybica lybica) (anciennement nommé Felis silvestris gordoni). C'est la sous-espèce nominale qui englobe entre autre Felis silvestris reyi, Felis silvestris cretensis, Felis silvestris caudata, Felis silvestris iraki et aussi l'éventuel chat sauvage sarde. Répartition : Afrique orientale, occidentale et septentrionale, péninsule arabique, Corse, Sardaigne et Crète; s'intègre avec Felis lybica ornata dans l’ouest de l’Iran, et probablement dans l’est de l’Irak et le sud de la Turquie.

- Chat sauvage d'Afrique australe (Felis lybica cafra) (anciennement nommé Felis silvestris cafra). Répartition : Afrique australe; la limite exacte avec Felis lybica lybica est incertaine mais pourrait se trouver au Mozambique ou en Tanzanie.

- Chat orné (Felis lybica ornata) (anciennement nommé Felis silvestris ornata). Répartition : Asie du Sud-Ouest et centrale, Pakistan, Inde, Mongolie et Chine. Caractères distinctifs : Pelage clair avec des taches noires. La zone de contact entre Felis lybica ornata et Felis silvestris se trouvent peut-être en Turquie et dans le Caucase ). De plus, Felis lybica ornata atteint et couvre celle du chat de Biet dans la partie orientale du corridor Hexi, Gansu, en Chine.


CLASSIFICATION


Fiche d'identité
Nom communChat sauvage européen
English nameEuropean Wildcat
Español nombreato montés europeo
RègneAnimalia
EmbranchementChordata
Sous-embranchementVertebrata
ClasseMammalia
Sous-classeTheria
Infra-classeEutheria
OrdreCarnivora
Sous-ordreFeliformia
FamilleFelidae
Sous-familleFelinae
GenreFelis
Nom binominalFelis silvestris
Décrit parJohann Christian Schreber
Date1777



Satut IUCN

Préoccupation mineure (LC)

SOURCES

* Liens internes

Arkive

iNaturalist

Liste Rouge IUCN des espèces menacées

Mammal Species of the World (MSW)

Système d'information taxonomique intégré (ITIS)

Wikipédia

* Liens externes

Cat Specialist Group

DinoAnimals.com

Global Biodiversity Information Facility (GBIF)

Wikimedia Commons

* Bibliographie

Schreber, J. C. D. (1777). Die Säugthiere in Abbildungen nach der Natur mit Beschreibungen. Erster Theil, Erlangen.

Driscoll, C. A., et al. (2007). The Near Eastern Origin of Cat Domestication. Science, Vol. 317, Issue 5837.

Kitchener, A. C., et al. (2017). A revised taxonomy of the Felidae: The final report of the Cat Classification Task Force of the IUCN Cat Specialist Group. Cat News Special Issue 11.

Say, L., et al. (2012). Genetic structure and gene flow between wild and domestic cats in France. Journal of Evolutionary Biology.

Yamaguchi, N., et al. (2015). The wildcat (Felis silvestris) in Scotland: Evolution and conservation. Biological Conservation.

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Pierpaoli, M., et al. (2003). Genetic distinction of wildcat (Felis silvestris) populations in Europe, and the Mediterranean islands. Molecular Ecology.

Stahl, P. & Leger, F. (1992). Le Chat sauvage (Felis silvestris Schreber, 1777). Encyclopédie des carnivores de France.

Biro, Z. et al. (2005). Dietary intake of the European wildcat in comparison with the domestic cat. Journal of Zoology.