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Martre des pins (Martes martes)


La martre des pins (Martes martes) est un mammifère carnivore appartenant à la famille des Mustelidae. Répandue dans une grande partie de l’Europe et jusque dans certaines régions d’Asie occidentale, elle est étroitement associée aux milieux forestiers, notamment aux forêts anciennes riches en arbres matures. Agile grimpeuse, elle passe une grande partie de son temps dans les arbres où elle trouve refuge, nourriture et sites de reproduction. Longtemps persécutée pour sa fourrure et considérée localement comme nuisible, la martre des pins a connu un déclin marqué dans plusieurs régions avant de bénéficier de mesures de protection. Aujourd’hui, elle constitue un élément important des écosystèmes> forestiers européens en contribuant à la régulation de nombreuses populations de petits vertébrés. La martre des pins est également appelée Martre des pins d'Europe ou Martre commune.


Martre des pins (Martes martes)
Martre des pins (Martes martes)
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DESCRIPTION

La martre des pins est un mammifère de taille moyenne caractérisé par un corps allongé, des membres relativement courts mais puissants, et une queue touffue représentant environ la moitié de la longueur totale du corps. Les mâles, plus grands que les femelles, mesurent de 45 à 58 cm de longueur corporelle pour une queue de 16 à 28 cm, tandis que leur masse oscille entre 1,5 et 2,2 kg. Les femelles sont sensiblement plus légères, avec un poids compris entre 0,9 et 1,5 kg. Ce dimorphisme sexuel de taille modéré est typique du genre Martes.

Le pelage est dense et lustré, variant du brun châtain au brun foncé sur le dos et les flancs, les membres étant généralement plus sombres voire noirs. La tête est légèrement plus claire, avec des oreilles grandes, arrondies et bordées d'un liséré crème à blanc jaunâtre. Le signe distinctif le plus remarquable de l'espèce est la bavette gulaire, tache gorge-poitrine de couleur crème à jaune orangé, aux contours irréguliers et propres à chaque individu, constituant ainsi un marqueur individuel utilisé dans les études de terrain. Cette bavette permet de distinguer facilement martre des pins de la fouine (Martes foina), dont la bavette est blanche et bifurquée.

Le crâne est allongé, avec une formule dentaire de 38 dents comprenant des carnassières bien développées adaptées à un régime carné. Les pieds sont munis de cinq doigts griffus semi-rétractiles, les plantes étant densément poilues en hiver — adaptation aux déplacements sur la neige. Les glandes anales produisent des sécrétions musquées utilisées dans la communication olfactive et la délimitation territoriale. Les yeux sont grands avec des pupilles ovales adaptées à une activité crépusculaire et nocturne.


Martes martes
Martes martes
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HABITAT

La martre des pins présente une vaste aire de répartition paléarctique s'étendant de l'Irlande et des îles Britanniques à l'ouest jusqu'à l'Oural et la Sibérie occidentale à l'est, en passant par l'ensemble du continent européen et le Caucase. En latitude, elle est présente depuis la Scandinavie septentrionale (au-delà du cercle polaire arctique en Norvège et en Finlande) jusqu'aux régions méditerranéennes du nord de la péninsule ibérique, des Apennins italiens et du nord de la Turquie. Son absence de la péninsule ibérique méridionale, de la Grèce et du Proche-Orient reflète les exigences strictes de l'espèce en matière d'habitat forestier dense.

L'espèce est fondamentalement inféodée aux forêts de conifères et aux forêts mixtes matures présentant un couvert arboré continu, une strate arbustive développée et d'abondants refuges naturels tels que vieux arbres creux, chablis et rochers. Elle affectionne particulièrement les forêts primaires ou peu perturbées présentant des arbres de fort diamètre et une grande hétérogénéité structurale verticale. Dans les zones septentrionales, les pessières et sapinières constituent ses habitats de prédilection, tandis qu'en Europe centrale et méridionale, les forêts mixtes feuillus-conifères accueillent également des populations stables.

En Europe occidentale, la martre des pins a largement régressé au profit des zones urbanisées et des monocultures forestières. En Grande-Bretagne, les populations se sont effondrées au cours du XXe siècle, ne subsistant que dans les Highlands écossais avant d'amorcer une reprise. Des programmes de réintroduction sont en cours au Pays de Galles et en Angleterre. En Irlande, la population, longtemps confinée au Connacht, s'est récemment étendue grâce à des mesures de protection efficaces. Les densités varient selon les habitats, de 0,1 à 1 individu par km² dans les forêts optimales.


Martes martes distribution
     Répartition actuelle de la martre des pins
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ALIMENTATION

La martre des pins est un prédateur généraliste et opportuniste dont le régime alimentaire varie considérablement selon les saisons, la disponibilité des proies et la géographie. Les rongeurs — notamment les campagnols (campagnol roussâtre, campagnol agreste), les mulots sylvestres (Apodemus sylvaticus) et les écureuils roux (Sciurus vulgaris) — constituent la base de son alimentation dans la plupart des régions et saisons. Les lagomorphes, en particulier le lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus) et le lièvre variable (Lepus timidus), sont également capturés lorsque l'occasion se présente.

En été et en automne, la part végétale du régime augmente sensiblement : les fruits sauvages tels que les myrtilles, les sorbiers, les mûres, les cerises et les glands sont consommés en grandes quantités lorsqu'ils sont abondants. Cette plasticité alimentaire permet à la martre des pins de constituer des réserves lipidiques importantes avant l'hiver. Des études menées par analyse de fèces ont montré que les fruits représentent jusqu'à 40 à 50 % du régime automnal dans certaines régions.

Les oiseaux et leurs oeufs représentent une composante saisonnière non négligeable du régime, en particulier au printemps lors de la période de nidification. Les martres sont capables de capturer aussi bien des oiseaux au sol que des espèces nichant dans la canopée, grâce à leur agilité arboricole remarquable. Les reptiles, amphibiens, insectes, vers de terre et charognes complètent ce régime varié. Des études irlandaises ont récemment mis en évidence un rôle inattendu de la martre des pins dans la régulation indirecte des populations d'écureuils gris introduits (Sciurus carolinensis), dont elle prédate les individus plus facilement que les écureuils roux natifs mieux adaptés à sa présence.


Martre des pins chasse
La martre des pins est un mammifère carnivore
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REPRODUCTION

La reproduction de la martre des pins est caractérisée par un phénomène de diapause embryonnaire (implantation différée), partagé avec l'ensemble du genre Martes. Les accouplements ont lieu en été, principalement de juillet à août, mais l'implantation de l'oeuf fécondé dans l'utérus est retardée de plusieurs mois, la gestation active ne débutant qu'en janvier-février. La durée totale de la gestation est ainsi de 236 à 274 jours, bien que le développement embryonnaire réel ne dure que six à sept semaines.

Les mises bas ont lieu en mars-avril, généralement dans un gîte protégé — creux d'arbre, nid abandonné de rapace ou de corbeau, anfractuosité rocheuse — qui constitue la tanière natale. La portée comprend en moyenne deux à trois jeunes (de un à cinq au maximum), naissant aveugles, sourds et recouverts d'un fin duvet grisâtre. L'ouverture des yeux intervient vers 34 à 38 jours, et le sevrage est progressif entre six et sept semaines. Les jeunes restent avec la mère jusqu'en automne, apprenant les techniques de chasse par observation et jeu.

La maturité sexuelle est atteinte à l'âge de deux ans pour les deux sexes, bien que certaines femelles puissent se reproduire dès leur deuxième été. La longévité en nature est estimée entre 8 et 11 ans, pouvant atteindre 18 ans en captivité. Les femelles disposent d'un domaine vital généralement plus restreint que celui des mâles, variant de 5 à 20 km² selon la qualité de l'habitat, contre 15 à 40 km² pour les mâles. Ces domaines se chevauchent partiellement entre individus du même sexe et davantage entre sexes différents, en dehors de la période de reproduction.


Martre des pins juvenile
Martre des pins juvénile
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COMPORTEMENT

La martre des pins est un animal principalement solitaire et territorial. L'activité est essentiellement crépusculaire et nocturne, bien que des observations diurnes soient régulièrement rapportées, notamment en été sous les hautes latitudes. Elle ne pratique pas l'hibernation, mais son activité peut être réduite par temps de grand froid ou lors d'épisodes de fortes chutes de neige. Les déplacements nocturnes peuvent couvrir plusieurs kilomètres en une seule nuit à la recherche de nourriture.

La délimitation du territoire repose principalement sur la communication olfactive : les individus déposent des fèces en des points stratégiques du territoire, auxquelles s'ajoutent des sécrétions des glandes anales et périnéales appliquées sur des supports remarquables (souches, rochers, pistes). Ces marquages olfactifs transmettent des informations sur l'identité, le sexe, le statut reproducteur et l'état de santé de l'individu. Les vocalisations, bien que discrètes, incluent des grognements, des sifflements et des cris aigus lors des interactions agonistiques ou entre mère et jeunes.

La martre des pins est une excellente grimpeuse, capable de chasser dans la canopée et de passer d'arbre en arbre grâce à ses griffes acérées et à ses chevilles hyper-mobiles. Elle utilise les branches comme corridors de déplacement, notamment pour échapper à ses prédateurs ou pour traquer l'écureuil roux dans son habitat naturel. Malgré son agilité, la majeure partie de ses activités alimentaires se déroule au sol. Les individus utilisent des gîtes de repos multiples au sein de leur territoire, changeant fréquemment d'emplacement pour éviter l'accumulation de parasites et réduire la prévisibilité de leurs déplacements.


Martre des pins d'Europe
La martre des pins est également appelée Martre des pins d'Europe
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PRÉDATION

En tant que prédateur mésocarnivore de taille moyenne, la martre des pins est exposée à la prédation par les grands carnivores forestiers encore présents dans son aire de répartition. Le loup gris (Canis lupus) représente l'un de ses principaux prédateurs dans les régions où les deux espèces coexistent, notamment en Europe du Nord-Est, dans le Caucase et dans les Carpates. Les lynx boréal (Lynx lynx) peut également capturer des martres, bien que des études télémétriques suggèrent que cette prédation reste anecdotique. Dans les régions où il subsiste, le carcajou (Gulo gulo) constitue un concurrent et un ennemi potentiel.

Les grands rapaces, notamment l'aigle royal (Aquila chrysaetos) et le grand-duc d'Europe (Bubo bubo), sont documentés comme prédateurs de martres des pins, en particulier des jeunes de l'année et des femelles adultes de poids inférieur. L'autour des palombes (Accipiter gentilis) est lui aussi capable de capturer des martres dans la canopée. La vulnérabilité aux rapaces est accrue lorsque les martres chassent en lisière forestière ou traversent des zones dégagées.

Les interactions avec d'autres mustélidés méritent d'être soulignées : la compétition interspécifique avec la fouine (Martes foina) se traduit par une ségrégation d'habitat partielle, la martre des pins occupant préférentiellement les milieux forestiers denses tandis que la fouine exploite davantage les habitats anthropisés et les zones rocheuses. Des cas d'hybridation entre les deux espèces ont été rapportés en Europe centrale, produisant des individus stériles désignés sous le nom de "pierres" ou Martes × intermedia. La compétition avec le vison d'Amérique (Neovison vison) dans certaines régions d'Europe occidentale peut impacter localement les populations de martres, bien que cet effet demeure peu documenté.


Martre des pins gros plan
Gros plan de la martre des pins
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MENACES

La principale menace historique et actuelle pesant sur la martre des pins demeure la destruction et la fragmentation de son habitat forestier. L'exploitation intensive des forêts — notamment les coupes à blanc, la gestion en monocultures résineuses et l'élimination des vieux arbres à cavités — réduit la disponibilité des sites de gîte et la complexité structurale des peuplements nécessaires à l'espèce. La fragmentation du paysage forestier isole les populations et limite les échanges génétiques, accroissant la vulnérabilité à la dérive génétique et aux épizooties.

La persécution directe par l'homme a joué un rôle déterminant dans le déclin historique de l'espèce en Europe occidentale. Le piégeage pour la fourrure, pratiqué intensivement jusqu'au milieu du XXe siècle, et les campagnes d'extermination conduites par les gardes-chasse pour protéger le gibier de plume ont provoqué l'extinction locale de nombreuses populations. Bien que ces pratiques soient désormais illégales dans la plupart des pays européens, le braconnage et les prises accessoires dans des engins destinés à d'autres espèces (pièges à renards, corvidés) persistent dans certaines régions.

Les collisions avec les véhicules motorisés constituent une source de mortalité significative, en particulier dans les zones où le réseau routier fragmente les massifs forestiers. Des études menées au Royaume-Uni et en Irlande ont identifié la mortalité routière comme l'une des principales causes de mort non naturelle chez cette espèce. La bioaccumulation de rodenticides anticoagulants de seconde génération (bromadiolone, brodifacoum) via la prédation de rongeurs intoxiqués représente une menace émergente documentée, susceptible d'entraîner une mortalité directe ou une immunodépression. Les effets du changement climatique sur la phénologie des proies et la dynamique des habitats forestiers constituent une préoccupation croissante pour l'avenir de l'espèce.


Martes martes minoricensis
Martes martes minoricensis
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CONSERVATION

À l'échelle mondiale, la martre des pins est classée en "Préoccupation mineure" (LC) sur la Liste rouge de l'IUCN, au regard de son aire de répartition étendue et de ses populations globalement stables ou en cours de rétablissement. Toutefois, cette évaluation masque d'importantes disparités régionales : plusieurs sous-espèces et populations périphériques sont classées à des niveaux de menace plus élevés dans les listes rouges nationales, notamment en Espagne méridionale, en Grande-Bretagne et dans certains pays d'Europe centrale.

Sur le plan réglementaire, la martre des pins bénéficie d'une protection intégrale dans la plupart des pays de l'Union européenne en vertu de la Directive Habitats (92/43/CEE), qui l'inscrit en Annexe V (espèce d'intérêt communautaire dont le prélèvement dans la nature peut faire l'objet de mesures de gestion). Certains pays comme la France et la Belgique la classifient en Annexe II (protection stricte). La Convention de Berne sur la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe l'inscrit également en Annexe III.

Les programmes de réintroduction constituent un outil de conservation essentiel dans les régions où l'espèce a disparu. Le projet de réintroduction au Pays de Galles (Wales Pine Marten Recovery Project, initié en 2015) et le programme irlandais de rétablissement coordonné par Vincent Wildlife Trust ont démontré leur efficacité, avec une expansion naturelle des populations observée dans les années suivant les lâchers. La gestion forestière intégrant le maintien de vieux arbres à cavités, de corridors boisés et de zones de tranquillité figure parmi les recommandations prioritaires des plans d'actions nationaux. Le suivi des populations par pose de poils, analyse génétique non invasive et radiotélémétrie permet d'affiner les connaissances sur la dynamique des populations et d'adapter les stratégies de conservation.


Martes martes martes
Martes martes martes
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TAXONOMIE

La martre des pins a été formellement décrite par Carl von Linné en 1758 dans la dixième édition du Systema Naturae, sous le binôme Mustela martes. Cette première description reposait sur des spécimens d'Europe du Nord et s'appuyait sur les descriptions antérieures compilées dans la littérature naturaliste européenne, notamment les travaux de Conrad Gessner au XVIe siècle et de John Ray au XVIIe siècle. Le nom d'espèce martes dérive du latin classique désignant la martre, terme lui-même possiblement d'origine germanique.

Le genre Martes fut institué par Philippe Pinel en 1792 dans le cadre d'une révision plus large des carnivores, permettant de distinguer les martres des autres mustélidés jusqu'alors réunis dans le genre linnéen Mustela. Cette séparation générique s'appuyait sur des critères morphologiques tels que la forme du crâne, la dentition et la conformation des membres. Le genre Martes est aujourd'hui reconnu comme comprenant sept espèces valides.

La systématique interne du genre Martes a fait l'objet de débats prolongés tout au long des XIXe et XXe siècles. De nombreux synonymes ont été proposés pour Martes martes, reflétant les variations géographiques de morphologie et de pelage observées à travers l'aire de répartition. L'instabilité nomenclaturale a été progressivement résolue grâce à l'application stricte des règles du Code international de nomenclature zoologique (ICZN), qui impose la priorité au nom le plus ancien valablement publié.

Les analyses phylogénétiques moléculaires, développées à partir des années 1990 et affinées par des approches multigéniques et génomiques dans les années 2000 et 2010, ont considérablement éclairé les relations au sein du genre Martes. Les travaux de Koepfli et al. (2008) et Stone et al. (2012), fondés sur des marqueurs mitochondriaux et nucléaires, confirment que Martes martes appartient à un clade "eurasiatique" comprenant la zibeline (Martes zibellina) et la zibeline du Japon (Martes melampus), distincts des espèces nord-américaines martre d'Amérique (Martes americana) et martre de Pennant (Martes pennanti). La divergence entre la martre des pins et la zibeline est estimée à environ 1,5 à 2 millions d'années (Pléistocène inférieur), cohérente avec les premiers enregistrements fossiles du genre en Europe.

La position systématique de Martes au sein de la famille Mustelidae a également été précisée par les analyses moléculaires récentes, qui placent ce genre dans la sous-famille Guloninae. Des études de génomique comparative publiées dans les années 2010 ont confirmé la monophylie de ce groupe et précisé les dates de divergence avec les autres mustélidés. La reconnaissance de la fouine (Martes foina) comme espèce distincte de la martre des pins, longtemps débattue sur la base de critères morphologiques proches et de la possibilité d'hybridation, est aujourd'hui solidement étayée par les données génétiques, les deux espèces présentant un degré de divergence nucléotidique suffisant pour justifier leur statut spécifique indépendant.

La martre des pins présente une variabilité géographique notable de morphologie, de coloration et de taille, qui a conduit à la description de nombreuses formes régionales au cours de l'histoire taxonomique. Cependant, la révision critique de ces formes à la lumière des analyses morphométriques et moléculaires modernes a conduit à ne retenir qu'un nombre limité de sous-espèces valides, les autres étant considérées comme des synonymes ou des variations clinales.

La sous-espèce nominative Martes martes martes couvre l'essentiel de l'aire de répartition européenne continentale, des îles Britanniques à l'Oural. Elle se caractérise par une coloration brun châtain typique et une bavette gorge variant du crème au jaune orangé. Martes martes latinorum est décrite des forêts méditerranéennes d'Italie et de la péninsule ibérique septentrionale; elle tend à présenter une coloration plus sombre et une taille légèrement inférieure à la sous-espèce nominative, bien que ces différences soient contestées par certains auteurs.

Martes martes lorenzi est la forme décrite du Caucase (Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan, nord de l'Iran et nord-est de la Turquie); elle se distingue par sa fourrure plus dense et plus sombre, adaptation probable au climat montagnard. Martes martes uralensis est mentionnée pour les populations de l'Oural et de la Sibérie occidentale, bien que sa validité soit discutée par la plupart des autorités taxonomiques modernes qui la rangent en synonymie avec la sous-espèces nominative. Enfin, certaines autorités reconnaissent Martes martes borealis pour les populations scandinaves, bien que cette dénomination soit également fréquemment mise en synonymie.

Il convient de noter que la délimitation des sous-espèces repose souvent sur des critères morphologiques établis au XIXe siècle sur un nombre limité de spécimens, et que les analyses génétiques de population modernes révèlent une structure génétique géographique graduelle plutôt que des discontinuités nettes correspondant aux limites sous-spécifiques traditionnelles. La plupart des mammalogistes contemporains adoptent une conception conservatrice, ne reconnaissant que deux à trois sous-espèces bien étayées (martes, latinorum, lorenzi), tout en soulignant la nécessité de révisions taxonomiques basées sur des données génomiques et morphométriques exhaustives portant sur l'ensemble de l'aire de répartition.


European pine marten (Martes martes)
En anglais, la martre des pins est appelée European pine marten
© Ivan Pouchkine - iNaturalist
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CLASSIFICATION


Fiche d'identité
Nom communMartre des pins
Autre nomMartre des pins d'Europe
English nameEuropean pine marten
Pine marten
Español nombreMarta
RègneAnimalia
EmbranchementChordata
Sous-embranchementVertebrata
Super-classeTetrapoda
ClasseMammalia
Sous-classeTheria
Infra-classeEutheria
OrdreCarnivora
Sous-ordreCaniformia
FamilleMustelidae
GenreMartes
Nom binominalMartes martes
Décrit parCarl von Linné (Linnaeus)
Date1758



Satut IUCN

Préoccupation mineure (LC)

SOURCES

* Liens internes

Animal Diversity Web

Arkive

Convention de Berne

iNaturalist

Liste Rouge IUCN des espèces menacées

Mammal Species of the World (MSW)

Système d'information taxonomique intégré (ITIS)

* Liens externes

Global Biodiversity Information Facility (GBIF)

IUCN SSC Small Carnivore Specialist Group

Le Mag des Animaux - Ouest-France

* Bibliographie

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