Léopard (Panthera pardus)
Le léopard (Panthera pardus) représente l'un des félins les plus emblématiques et polyvalents de notre planète. Occupant une aire de répartition immense qui s'étend de l'Afrique subsaharienne jusqu'aux confins de l'Extrême-Orient russe, ce prédateurs solitaire fait preuve d'une adaptabilité écologique hors du commun. Appartenant à la prestigieuse lignée des Pantherinae, il se distingue par son pelage élégamment tacheté et une force athlétique impressionnante par rapport à sa taille. Malgré sa discrétion légendaire et ses capacités de camouflage exceptionnelles, l'espèce affronte aujourd'hui des menaces grandissantes liées à la fragmentation de son habitat naturel et au braconnage. En tant que superprédateur, son rôle s'avère crucial pour le maintien de l'équilibre des écosystèmes variés qu'il habite, allant des savanes arides aux forêts tropicales denses et aux zones montagneuses escarpées.
La morphologie du léopard témoigne d'une adaptation parfaite à la chasse à l'affût et à la vie arboricole. Ce félin possède un corps musclé et allongé, soutenu par des pattes puissantes équipées de griffes rétractiles acérées facilitant l'escalade des troncs verticaux.
Son pelage, dont la couleur de fond varie du jaune pâle à l'ocre doré, est orné de rosettes noires caractéristiques, lesquelles diffèrent des taches pleines du guépard ou des rosettes complexes du jaguar. Sa longue queue, mesurant parfois plus de la moitié de la longueur du corps, sert de balancier essentiel lors des poursuites ou des déplacements dans la canopée. Les yeux, dotés de pupilles rondes et d'une membrane tapetum lucidum, offrent une vision nocturne six fois supérieure à celle de l'homme.
Le dimorphisme sexuel est marqué, les mâles pesant généralement entre 40 kg et 90 kg et une longueur de 1,6 à 2,3 m, tandis que les femelles, plus graciles, oscillent entre 25 kg et 60 kg et une longueur de 1,7 à 1,9 m.
Sa structure crânienne est robuste, permettant une insertion puissante des muscles masséters, ce qui lui confère une force de morsure capable de briser des os solides ou de hisser des proies pesant le double de son propre poids dans les arbres pour les protéger des concurrents.
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CC-BY-NC-SA (Certains droits réservés)L'évaluation mondiale du léopard montre une espèce dont l'aire de répartition est immense mais de plus en plus fragmentée. La méthodologie repose sur l'analyse de milliers de données scientifiques (vérifiées ou confirmées par des experts) et sur une classification rigoureuse de l'IUCN (existant, possiblement existant, éteint).
* En Afrique
Le léopard africain subit une réduction territoriale alarmante, particulièrement dans les zones soumises à une forte pression humaine. En Afrique du Nord, le léopard a quasiment été éradiqué de son aire de répartition historique, et bien que des individus isolés soient encore signalés en Égypte ou au Maroc, la présence de populations reproductrices stables n’est pas confirmée. La situation est tout aussi alarmante en Afrique de l'Ouest, où l'espèce, en état critique, se retrouve confinée dans de rares espaces protégés au Sénégal, en Guinée-Bissau et en Côte d'Ivoire, ce dernier pays abritant d'ailleurs la plus forte densité régionale au sein du parc national de Taï. À l'inverse, l'Afrique centrale parvient à maintenir l'un des derniers grands bastions de l'espèce grâce à l'interconnectivité de ses vastes massifs forestiers au Tchad, en République centrafricaine et au Soudan du Sud, malgré la pression constante du braconnage et de la déforestation. Plus à l'est, le territoire du félin se rétracte progressivement, même si une population continue semble encore relier l'Éthiopie au nord de la Somalie. Enfin, l'Afrique australe demeure la zone où les populations sont les plus vigoureuses, particulièrement au Botswana, en Namibie et au Mozambique, bien que la connectivité entre certains habitats commence à se fragiliser dans certaines régions d'Afrique du Sud.
* En Asie
En Asie, le léopard a déjà perdu une part colossale de son territoire historique.
Dans la région du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, l’Iran s'impose comme le sanctuaire majeur de l'espèce, accueillant environ 80 % de la population régionale, principalement composée de léopards de Perse. Cependant, la pérennité de ce noyau dépend de sa capacité à rester connecté aux pays limitrophes tels que la Turquie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan, un lien vital aujourd'hui fragilisé par le développement d'infrastructures humaines comme les routes et les clôtures frontalières. Plus au sud, le léopard maintient une présence robuste en Inde, au Népal, au Bhoutan et au Sri Lanka. Dans ces pays, le félin démontre une grande adaptabilité en occupant une mosaïque d'habitats variés, naviguant entre les forêts denses et les zones agricoles anthropisées.
L'Extrême-Orient offre un exemple encourageant de réussite écologique avec le léopard de l'Amour. Autrefois au seuil de l'extinction, ce prédateur voit son aire de répartition doubler en une décennie grâce aux efforts de conservation conjoints de la Russie et de la Chine. À l'inverse, la situation en Chine centrale et du Sud-Ouest est beaucoup plus précaire, les populations y étant confinées à des massifs montagneux isolés. Le constat est plus sombre encore en Asie du Sud-Est, zone marquée par le déclin le plus radical de l'espèce. Le léopard y a totalement disparu du Laos, du Vietnam et du Cambodge, ne subsistant plus que de manière fragmentée en Thaïlande, en Malaisie, au Myanmar et sur l'île de Java, où l'on estime qu'il ne reste qu'environ 324 individus isolés.
En conclusion, si le léopard fait preuve d'une grande adaptabilité, sa survie dépend désormais de la protection des corridors de migration et d'une gestion transfrontalière des populations pour éviter l'isolement génétique.
Carte de répartition du léopard
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CC-BY-NC-SA (Certains droits réservés)L'alimentation du léopard se caractérise par un opportunisme extrême, faisant de lui l'un des carnivores les plus polyvalents au monde. Son régime alimentaire englobe plus de cent espèces différentes, allant des insectes et rongeurs aux grands ongulés comme les impalas, les gazelles ou les jeunes zèbres. Cette flexibilité lui permet de survivre dans des environnements où d'autres grands prédateurs déclineraient.
Chasseur principalement nocturne et crépusculaire, il utilise une technique d'approche silencieuse, rampant au plus près du sol pour bondir sur sa victime à une distance réduite. Une fois capturée, la proie est généralement tuée par une morsure précise à la gorge ou à la nuque. Une caractéristique comportementale unique du léopard réside dans sa capacité à hisser ses repas dans les fourches des arbres, un comportement de "cleptoparasitisme préventif" visant à soustraire sa nourriture aux lions et aux hyènes tachetées. Il consomme également des primates, des oiseaux et parfois des poissons, adaptant ses techniques de capture selon le milieu. Sa physiologie lui permet de rester plusieurs jours sans boire, extrayant l'humidité nécessaire de la chair de ses proies, bien qu'il s'abreuve volontiers s'il trouve un point d'eau accessible et sécurisé.
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CC-BY-NC (Certains droits réservés)La reproduction chez le léopard n'est pas strictement saisonnière, bien que des pics de naissances soient souvent observés lors des périodes d'abondance de proies. Les femelles atteignent la maturité sexuelle vers deux ans et demi, tandis que les mâles sont aptes à se reproduire vers trois ans. Lorsqu'une femelle est en oestrus, elle attire les mâles des territoires voisins par des marquages olfactifs et des vocalisations rauques. Le couple peut rester ensemble pendant quelques jours, s'accouplant fréquemment pour maximiser les chances de fécondation.
Après une période de gestation d'environ 90 à 105 jours, la femelle met au monde une portée de deux à trois petits dans une tanière isolée, telle qu'une grotte, un buisson dense ou un tronc d'arbre creux. Les petits naissent aveugles et dépendent entièrement de leur mère, qui les déplace régulièrement pour éviter de saturer l'endroit de leur odeur et d'attirer les prédateurs. Le sevrage débute vers l'âge de trois mois, moment où les jeunes commencent à consommer de la viande apportée par la femelle. L'apprentissage de la chasse est un processus long et complexe, les jeunes restant sous la tutelle maternelle pendant environ dix-huit à vingt-quatre mois avant de chercher leur propre territoire.
La longévité du léopard varie de manière significative selon son environnement et la disponibilité des ressources. À l'état sauvage, un léopard vit en moyenne entre 10 et 12 ans. Atteindre l'âge de 15 ans est considéré comme une performance exceptionnelle en raison des blessures de chasse, de la compétition féroce avec les autres prédateurs (lions, tigres, hyènes) et des périodes de famine. En captivité, sa durée de vie est nettement prolongée grâce à l'absence de prédateurs, un suivi vétérinaire constant et une alimentation régulière. Dans ces conditions, il peut vivre couramment entre 20 et 25 ans. Le record de longévité enregistré dépasse même les 27 ans.
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All rights reserved (Tous droits réservés)Le comportement social du léopard est défini par une solitude quasi absolue et une territorialité rigoureuse. Contrairement aux lions, ces félins ne forment jamais de groupes, sauf lors de l'accouplement ou de l'élevage des jeunes. Chaque individu défend un domaine vital dont la taille varie considérablement en fonction de la densité des proies et de la structure du paysage. Les mâles occupent des territoires plus vastes qui chevauchent généralement ceux de plusieurs femelles, mais ils ne tolèrent aucun autre mâle adulte. Le marquage territorial s'effectue par des projections d'urine, des frottements contre la végétation et des griffures sur les écorces, signalant ainsi leur présence aux intrus potentiels.
Bien que discrets, ils communiquent par une gamme de sons allant du grognement au feulement, leur cri le plus célèbre ressemblant étrangement au bruit d'une scie coupant du bois. Excellents nageurs et grimpeurs hors pair, ils passent une grande partie de la journée à se reposer sur des branches ombragées, à l'abri de la chaleur et des menaces terrestres. Leur tempérament est empreint de prudence et de ruse; ils évitent les confrontations inutiles et préfèrent la fuite ou le camouflage à l'affrontement direct, ce qui contribue à leur survie dans des zones exploitées par l'homme.
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CC-BY-NC (Certains droits réservés)Bien que le léopard soit un prédateur de haut niveau, il n'occupe pas le sommet de la pyramide alimentaire dans tous les environnements, subissant la pression de concurrents plus massifs. En Afrique, les lions (Panthera leo) constituent sa principale menace naturelle; ces derniers n'hésitent pas à tuer des léopards, adultes ou jeunes, pour éliminer une concurrence trophique. Les hyènes tachetées (Crocuta crocuta) représentent également un danger constant, non seulement en dérobant les proies capturées, mais aussi en attaquant les individus isolés en bande.
En Asie, le tigre (Panthera tigris) est son némésis majeur, les zones de forêt dense étant souvent le théâtre d'une exclusion compétitive où le léopard est contraint de se réfugier dans les zones périphériques ou de devenir strictement arboricole pour éviter la prédation. Les crocodiles peuvent également surprendre un léopard lors d'une traversée de rivière ou pendant qu'il s'abreuve. Les petits sont particulièrement vulnérables et peuvent être la cible de babouins, de pythons ou de grands rapaces si la mère s'absente trop longtemps. Face à ces dangers, le léopard a développé une vigilance extrême et une capacité à disparaître instantanément dans le moindre couvert végétal, utilisant sa force pour transporter ses ressources là où ses rivaux terrestres ne peuvent l'atteindre.
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All rights reserved (Tous droits réservés)Le léopard fait face à des menaces essentiellement liées à l'activité humaine. La transformation des savanes et des forêts en zones agricoles ou urbaines fragmente son habitat et raréfie ses proies naturelles. Privé de ses ressources alimentaires habituelles, ce félin se tourne vers le bétail, déclenchant des conflits majeurs avec les éleveurs. En Iran, par exemple, plus de la moitié de la mortalité de l'espèce est imputable à des mesures de représailles. Parallèlement, la chasse aux trophées, lorsqu'elle est mal encadrée, déstabilise les structures sociales des populations en ciblant les mâles reproducteurs territoriaux.
Le commerce illégal représente un autre fléau, particulièrement en Asie et en Chine. Les léopards y sont traqués pour leurs os et leur peau, utilisés dans la médecine traditionnelle ou lors de cérémonies rituelles. Certaines estimations suggèrent que plusieurs individus sont abattus chaque semaine pour alimenter ces marchés. Ces prélèvements massifs, combinés à la perte d'habitat, entraînent des extinctions locales qui menacent la survie de l'espèce sur de larges portions de son aire de répartition.
Sur le plan scientifique, les experts reconnaissent désormais neuf sous-espèces de léopards. Si les populations africaines présentent une certaine homogénéité, une distinction profonde existe entre les lignées africaines et asiatiques. En Asie, trois groupes principaux se dessinent, bien que la faible densité des données complique encore les conclusions définitives. La fragmentation des territoires est ici particulièrement préoccupante, car elle conduit à la disparition de lignées génétiques uniques, potentiellement porteuses d'adaptations spécifiques aux environnements locaux.
L'isolement des populations favorise également la consanguinité, un phénomène qui réduit la résilience des félins face aux maladies et aux changements climatiques. Chez le léopard de l'Amour, des malformations physiques ont déjà été observées, signalant une viabilité génétique critique. Pour assurer l'avenir de l'espèce, il est devenu indispensable de surveiller la vigueur des populations et de protéger les corridors biologiques permettant le brassage génétique.
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All rights reserved (Tous droits réservés)Le léopard est une espèce menacée classé dans la catégorie "Vulnérable" (VU) sur la Liste rouge de l'IUCN. Il est également inscrit en Annexe I de la CITES.
La conservation du léopard s'articule aujourd'hui autour de la régulation de la chasse, de la gestion des conflits et de la coopération internationale. En Afrique subsaharienne, la chasse aux trophées est strictement encadrée par des quotas. Toutefois, face aux inquiétudes sur la viabilité des populations et à des pratiques parfois jugées contraires à l'éthique, plusieurs pays comme la Zambie, l'Afrique du Sud ou le Botswana ont instauré des moratoires temporaires ou révisé leurs systèmes de permis en intégrant des critères de qualité plus stricts.
Malgré ces mesures, la mortalité du léopard reste principalement liée aux conflits avec les éleveurs, particulièrement en Afrique australe. De nombreux félins sont abattus pour protéger le bétail, souvent sans déclaration officielle, ce qui rend le suivi réel des pertes difficile. Pour favoriser la cohabitation, des stratégies de sensibilisation, des programmes d'indemnisation et des initiatives de gestion communautaire ont été déployés. En Namibie et au Botswana, le partage des revenus entre le tourisme et les populations locales encourage la tolérance envers le prédateur. En Afrique du Sud, l'utilisation créative de fausse fourrure pour les cérémonies traditionnelles offre une alternative durable au prélèvement de peaux réelles.
À l'échelle mondiale, la protection de l'habitat reste un défi majeur. En Afrique du Nord, de l'Ouest et au Moyen-Orient, les léopards sont souvent isolés dans des réserves trop petites pour assurer leur survie génétique. En revanche, des succès notables sont enregistrés en Asie : la collaboration entre la Russie et la Chine a permis la création d'une réserve transfrontalière couvrant 90 % de l'aire de répartition du léopard de l'Amour. Des projets de réintroduction sont également à l'étude ou en cours dans le Caucase et pour le léopard d'Arabie.
Enfin, les experts soulignent la nécessité d'intensifier les recensements, notamment en Afrique centrale et en Asie du Sud-Est, où les données manquent. La lutte contre le commerce illégal des peaux et des os, particulièrement en Chine et en Indochine, demeure une priorité absolue pour enrayer le déclin de l'espèce.
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All rights reserved (Tous droits réservés)La panthère noire n'est pas une espèce distincte, mais une variante mélanique du léopard. Ce phénomène, régi par la génétique et l'environnement, confère à l'animal une apparence singulière tout en conservant les caractéristiques biologiques propres à l'espèce.
Le mélanisme chez le léopard est dû à un allèle récessif. Contrairement au jaguar noir (chez qui le gène est dominant), un léopard ne peut naître noir que si ses deux parents sont porteurs du gène du mélanisme. Bien que le pelage semble uniformément sombre à première vue, les rosettes caractéristiques sont toujours présentes : elles sont simplement masquées par l'excès de mélanine noire (eumélanine). Sous un éclairage direct ou avec une lumière rasante, les motifs circulaires typiques de l'espèce apparaissent nettement à travers la fourrure.
On observe une fréquence beaucoup plus élevée de panthères noires dans les milieux forestiers denses et humides, particulièrement en Asie du Sud-Est (péninsule malaise, Java) et dans certaines régions d'Afrique centrale ou d'Éthiopie. À l'inverse, elles sont extrêmement rares dans les savanes ou les déserts. Cette répartition s'explique par la sélection naturelle : le pelage sombre offre un camouflage supérieur dans l'ombre perpétuelle des forêts tropicales épaisses, tandis qu'il serait un handicap majeur dans des environnements ouverts et clairs.
Sur le plan comportemental, la panthère noire ne diffère pas des léopards tachetés. Elle demeure un prédateur solitaire, territorial et principalement nocturne. Historiquement, le terme "panthère" était souvent utilisé pour désigner les individus noirs et "léopard" pour les individus tachetés, mais la science a depuis longtemps unifié ces appellations sous le même nom scientifique, Panthera pardus.
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CC-BY-NC-SA (Certains droits réservés)L'histoire taxonomique du léopard s'ancre dans une lignée évolutive complexe qui remonte à plusieurs millions d'années. L'espèce a été formellement décrite par Carl Linnaeus en 1758. Sur le plan paléontologique, le genre Panthera a divergé de son ancêtre commun avec les autres félidés il y a environ 3,8 millions d'années.
Le léopard moderne, Panthera pardus, a émergé en Afrique durant le Pliocène supérieur avant de migrer vers l'Eurasie au Pléistocène inférieur. Les fossiles retrouvés en Europe suggèrent que des formes primitives de léopards, parfois appelées Panthera pardus spelaea, parcouraient le continent durant les périodes interglaciaires avant de s'éteindre localement à la fin de la dernière glaciation. Les analyses génétiques récentes, notamment celles basées sur l'ADN mitochondrial et les génomes complets, ont permis de clarifier les relations de parenté au sein du genre, plaçant le léopard dans un groupe frère comprenant le lion et le jaguar. Ces études ont également révélé un goulot d'étranglement génétique important survenu il y a environ 170 000 ans, influençant la diversité génétique actuelle des populations.
Au cours du XIXe et du XXe siècle, de nombreuses variations morphologiques basées sur la couleur du pelage ou la taille ont conduit à la description de dizaines de formes locales, souvent considérées à tort comme des espèces distinctes avant que la génétique moléculaire ne vienne harmoniser cette classification. Aujourd'hui, les recherches se concentrent sur la structure génétique fine des populations isolées pour mieux comprendre leur résilience face aux changements climatiques passés. L'évolution du léopard illustre une spécialisation croissante vers l'agilité et l'adaptabilité, lui permettant de survivre à des extinctions massives qui ont emporté d'autres grands félins comme les tigres à dents de sabre. La compréhension de cette histoire est essentielle pour les programmes de conservation actuels, car elle permet de définir des unités de gestion cohérentes basées sur l'héritage évolutif réel de l'animal.
La classification des sous-espèces de léopard a connu d'importantes révisions grâce aux avancées de la phylogéographie. Selon le Cat Specialist Group, neuf sous-espèces sont actuellement reconnues sur la base de critères génétiques et morphologiques.
* Léopard d'Afrique - Panthera pardus pardus
* Léopard d'Arabie - Panthera pardus nimr
* Léopard d'Indochine - Panthera pardus delacouri
* Léopard de Chine - Panthera pardus orientalis
* Léopard de Chine du nord - Panthera pardus japonensis
* Léopard de Java - Panthera pardus melas
* Léopard de Perse - Panthera pardus saxicolor
* Léopard du Sri Lanka - Panthera pardus kotiya
* Léopard indien - Panthera pardus fusca
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All rights reserved (Tous droits réservés)L'hybridation chez le léopard est un phénomène documenté principalement dans des contextes de captivité, où la proximité forcée entre espèces de grands félins peut briser les barrières comportementales naturelles. L'hybride le plus connu est le léopon, issu du croisement entre un lion mâle et une femelle léopard. Ces individus présentent une tête ressemblant à celle du lion, avec parfois une crinière rudimentaire, tandis que leur corps arbore les rosettes caractéristiques du léopard.
Un autre croisement rare est le jagulep, résultat de l'union entre un jaguar et un léopard, dont les motifs de rosettes fusionnent de manière complexe. Le pumapard est un hybride rare issu du croisement entre un puma et un léopard. Morphologiquement, cet animal se distingue par un nanisme, atteignant une taille deux fois inférieure à celle de ses géniteurs. Son apparence combine la silhouette allongée du puma avec un pelage fauve orné de rosettes délavées héritées du léopard. Ces individus possédaient généralement des membres courts et une queue disproportionnée.
Bien que ces hybrides soient biologiquement possibles au sein du genre Panthera en raison d'une structure chromosomique similaire, ils ne se produisent pratiquement jamais dans la nature. Les différences de rituels de cour, de structures sociales et d'habitats préférentiels agissent comme des barrières d'isolement reproductif efficaces. De plus, les hybrides mâles sont systématiquement stériles selon la règle de Haldane, limitant toute possibilité de flux génétique entre les espèces sur le long terme. Les cas d'hybridation naturelle pourraient théoriquement survenir dans des zones où les populations sont extrêmement fragmentées et les partenaires de la même espèce rares, mais aucune preuve scientifique solide n'a été apportée à ce jour pour étayer une telle occurrence à l'état sauvage.
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CC-BY-NC (Certains droits réservés)| Nom commun | Léopard |
| Autre nom | Panthère |
| English name | Leopard |
| Español nombre | Leopardo Pantera |
| Règne | Animalia |
| Embranchement | Chordata |
| Sous-embranchement | Vertebrata |
| Classe | Mammalia |
| Sous-classe | Theria |
| Infra-classe | Eutheria |
| Ordre | Carnivora |
| Sous-ordre | Feliformia |
| Famille | Felidae |
| Sous-famille | Pantherinae |
| Genre | Panthera |
| Nom binominal | Panthera pardus |
| Décrit par | Carl von Linné (Linnaeus) |
| Date | 1758 |
Satut IUCN | ![]() |
Voici une petite fiche simplifiée en image du léopard pour vos enfants.
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CC-BY-NC-SA (Certains droits réservés)* Liens internes
Liste Rouge IUCN des espèces menacées
Mammal Species of the World (MSW)
Système d'information taxonomique intégré (ITIS)
* Liens externes
Global Biodiversity Information Facility (GBIF)
* Bibliographie
Linnaeus, C. (1758). Systema Naturae per regna tria naturae, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Tomus I. Editio decima, reformata. Holmiae.
Kitchener, A. C., et al. (2017). A revised taxonomy of the Felidae: The final report of the Cat Classification Task Force of the IUCN SSC Cat Specialist Group. Cat News Special Issue 11.
Stein, A. B., et al. (2020). Conservation status of the leopard (Panthera pardus) across its range. Mammal Review, vol. 50.
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