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Suidae
La famille des suidés (Suidae) regroupe des mammifères artiodactyles non ruminants. Originaires de l'Ancien Monde, ces animaux occupent une place écologique et économique majeure sur la planète. Ils se caractérisent par un corps trapu, une tête volumineuse prolongée par un groin mobile et des canines transformées en défenses. Reconnu pour son adaptabilité, ce groupe comprend aussi bien le sanglier d'Eurasie que les phacochères africains ou les babiroussas des îles indonésiennes. Outre leur diversité sauvage, les suidés incluent le porc domestique, issu de la domestication du sanglier. Présents dans une immense variété de milieux, des forêts tropicales aux zones semi-arides, les suidés jouent un rôle clé de fouisseurs d'écosystèmes. Leur intelligence, leur régime omnivore opportuniste et leur structure sociale dynamique en font l'une des familles d'ongulés les plus prospères.
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CC-BY-SA (Certains droits réservés)Les suidés sont originaires d'Eurasie et d'Afrique, et leur évolution est intimement liée à celle des écosystèmes terrestres de l'Ancien Monde. Les premières formes de suidés sont apparues à l'Éocène, il y a environ 37 millions d'années, et se sont diversifiées au Miocène, il y a environ 20 millions d'années. Au cours de leur évolution, les suidés ont développé des adaptations morphologiques et comportementales pour survivre dans une variété d'habitats, allant des forêts denses aux savanes ouvertes.
Les suidés modernes présentent deux lignées principales : les suidés "classiques" (dont les porcs et les sangliers) et les Phacochoerinae (qui incluent les phacochères). Le genre Sus, auquel appartient le sanglier, est l’un des plus connus et a une grande importance évolutive et écologique. Cette lignée s’est répandue dans le monde entier, en grande partie grâce à l’introduction des porcs domestiques par l’homme. Le genre Phacochoerus, représenté par les phacochères, a évolué principalement en Afrique et montre des adaptations uniques, comme des crocs redoutables utilisés pour la défense contre les prédateurs et un comportement fouisseur pour l'alimentation.
Les adaptations évolutives des suidés sont également liées à leur capacité à tolérer une large gamme de climats et d'habitats, y compris des zones forestières, semi-désertiques et même marécageuses. Cette capacité d’adaptation a permis à certaines espèces, comme le sangliers, de coloniser des régions où d'autres grands mammifères ne survivent pas, contribuant à leur succès évolutif.
Les premiers suidés ancestraux sont apparus dans les régions tropicales de l'Asie du Sud-Est. Ces premiers suidés, connus sous le nom de suoidea, présentaient déjà certains traits caractéristiques de la famille, notamment des dents adaptées à un régime omnivore. L'évolution des suidés s'est rapidement accélérée pendant le Miocène, lorsque des conditions climatiques favorables et de vastes prairies ont permis une diversification rapide des espèces. Les fossiles des suidés miocènes révèlent une grande variété d’espèces qui occupaient différents habitats allant des forêts tropicales aux savanes ouvertes. Parmi ces premières espèces, certaines ressemblaient davantage aux actuels potamochères et babiroussas, tandis que d'autres étaient plus proches des sangliers modernes et des porcs domestiques.
Le Miocène a été une période cruciale pour les suidés, marquée par une diversification et une expansion géographique importantes. Cette période a vu l’émergence de plusieurs genres fossiles tels que :
Listriodon : Ce genre fossile présente des molaires larges et plates, adaptées à un régime principalement herbivore. Listriodon a vécu en Europe, en Afrique et en Asie durant le Miocène et semble être l'un des premiers suidés adaptés aux prairies ouvertes, se nourrissant principalement de végétation.
Propotamochoerus et Conohyus : Ces genres sont des ancêtres des potamochères modernes. Ils possédaient des caractéristiques dentaires qui montrent des adaptations à un régime omnivore et vivaient dans des forêts et des environnements marécageux.
Kubanochoerus : Un suidé éteint d'Asie et d'Europe qui a existé durant le Miocène. Il possédait de grandes défenses et un crâne massif, ressemblant quelque peu aux actuels phacochères. Kubanochoerus est un bon exemple de l'adaptation des suidés à des environnements variés et de leur capacité à développer des caractéristiques uniques en fonction de leur niche écologique.
Après le Miocène, les conditions climatiques ont continué à changer, entraînant l'adaptation et l'évolution des suidés restants. Durant le Pliocène (il y a 5,3 à 2,6 millions d'années) et le Pléistocène (il y a 2,6 millions d'années à environ 11 700 ans), les suidés ont continué à évoluer et à s'adapter à de nouveaux environnements. De nombreuses espèces des genres actuels, comme Sus et Phacochoerus, se sont diversifiées pendant ces périodes.
Sus strozzi : Une espèce fossile proche du sanglier moderne, retrouvée en Europe et datant du Pléistocène. Elle montre des adaptations au climat plus frais de l'époque glaciaire, avec une taille corporelle imposante et des os robustes, probablement pour mieux gérer des conditions climatiques difficiles.
Metridiochoerus et Kolpochoerus : Ces genres africains sont apparentés aux phacochères modernes et ont existé au Pléistocène. Ils avaient des défenses similaires aux phacochères actuels et vivaient dans des environnements semi-arides. Leurs restes fossiles montrent qu'ils étaient bien adaptés aux savanes africaines, un milieu écologique qui est encore le domaine des phacochères modernes.
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CC-BY-NC (Certains droits réservés)Les suidés présentent une anatomie robuste et immédiatement reconnaissable, caractérisée par un corps massif en forme de tonneau et des membres relativement courts. La taille et le poids varient considérablement au sein de la famille. Le plus petit représentant, le sanglier nain (Porcula salvania), ne mesure que 55 à 71 centimètres de long pour un poids de 6 à 9 kilogrammes. À l'opposé, l'hylochère (Hylochoerus meinertzhageni) constitue le plus grand suidé sauvage, pouvant dépasser deux mètres de longueur et atteindre un poids supérieur à 250 kilogrammes.
Le cou est court et trapu, soutenant une tête volumineuse qui se termine par un bout du nez discoïde très caractéristique appelé groin. Ce groin est renforcé par un os rostral spécifique et musclé, permettant à l'animal de fouiller et de retourner le sol avec une grande efficacité. Le pelage est généralement rèche, composé de soies rudes et parfois d'une crinière dorsale bien développée. Les couleurs de la robe varient du brun sombre au noir, en passant par des nuances de roux chez le potamochère.
Le squelette des membres conserve quatre doigts munis de sabots, bien que seuls les deux doigts centraux touchent le sol lors de la marche, les doigts latéraux servant d'appuis secondaires sur les terrains meubles. La dentition des suidés conserve une formule relativement complète comparativement aux autres ongulés. Ils possèdent des incisives supérieures et inférieures, ainsi que des canines à croissance continue qui se forment en défenses. Chez les mâles de nombreuses espèces, le visage arbore des excroissances calleuses ou des verrues cutanées situées sous les yeux et le long de la mâchoire. Ces structures amortissent les coups lors des affrontements entre rivaux. Les yeux sont relativement petits mais le sens de l'ouïe et surtout l'odorat sont exceptionnellement développés, compensant une vision moyenne.
Source: Ekolien
Les suidés sont originaires des régions de l’Ancien Monde, principalement d’Eurasie et d’Afrique, et leur distribution naturelle et introduite couvre aujourd’hui une grande partie de la planète. La répartition géographique des suidés dépend en grande partie de leur tolérance à divers climats, de leur capacité à s'adapter à des habitats variés et, pour certaines espèces comme le porc domestique et le sanglier, de l'influence humaine qui a favorisé leur diffusion dans le monde entier.
Distribution naturelle des principales espèces
Afrique
Potamochère roux : Originaire des forêts tropicales et des savanes humides de l'Afrique centrale et de l'Afrique de l'Ouest, il est particulièrement présent dans les forêts denses où il se nourrit de racines, de fruits et d'insectes.
Phacochère commun : Répandu dans les savanes d’Afrique subsaharienne, des zones boisées et semi-arides jusqu’aux prairies. Les phacochères sont bien adaptés aux environnements ouverts et secs et vivent dans des terriers pour se protéger des prédateurs et des températures élevées.
Hylochère : Se trouve dans les forêts tropicales humides d'Afrique centrale et de l'Ouest, des zones comme le bassin du Congo jusqu’en Ouganda. C'est un animal rarement observé en raison de son habitat dense et difficile d’accès.
Eurasie
Sanglier : Originaire d’Europe, d'Asie et d'Afrique du Nord, il possède aujourd'hui la répartition naturelle la plus vaste parmi les suidés. Les populations de sangliers sont présentes dans des forêts tempérées, des marécages, des zones agricoles, et même dans des régions semi-arides. En Eurasie, le sanglier a une forte capacité d’adaptation qui lui permet de vivre aussi bien dans les climats tempérés que subtropicaux.
Sanglier de Java : Endémique de Java, en Indonésie. Cette espèce est limitée aux forêts tropicales et aux zones montagneuses de cette île et est menacée en raison de la perte de son habitat naturel.
Babiroussa : Originaire d'Indonésie, notamment des îles de Sulawesi, Buru et Sula, où il vit dans les forêts tropicales et les marécages. Son habitat est en recul en raison de la déforestation pour les plantations agricoles et la chasse.
Asie du Sud-Est
Potamochère du Cap : Cette espèce est présente en Afrique orientale et australe, notamment dans les savanes sèches et les zones plus boisées des montagnes. Elle s’adapte aux zones arides en trouvant des points d’eau où elle peut fouiller pour se nourrir.
Le sanglier a également été introduit par l’homme dans plusieurs régions hors de son aire de répartition naturelle. En Amérique du Nord, il a été introduit pour la chasse au XIXe et XXe siècles. Il s'est adapté et a proliféré dans les États-Unis, notamment dans le Sud et dans l’Ouest. Les populations sauvages de sangliers ou de porcs féraux causent aujourd'hui des dommages aux cultures et sont considérées comme des espèces envahissantes. En Océanie, notamment en Nouvelle-Zélande et en Australie, les sangliers et les porcs sauvages causent des dégâts significatifs aux écosystèmes locaux. En Australie, ils sont responsables de la destruction de la végétation et de la dégradation des sols, perturbant les habitats naturels et représentant une menace pour la faune indigène.
Les suidés sont généralement des animaux omnivores à dominante végétale, même si la proportion de matières animales varie considérablement selon les espèces, les saisons et les milieux. Leur alimentation peut comprendre racines, tubercules, bulbes, rhizomes, fruits, graines, feuilles, écorces, champignons et végétation herbacée, mais également vers, insectes, mollusques, petits vertébrés, oeufs, charognes et autres ressources animales. Le sanglier est particulièrement opportuniste et adapte son alimentation aux ressources disponibles. Cette plasticité explique en grande partie sa capacité à survivre dans des habitats très différents. Le fouissage constitue l’une des principales stratégies alimentaires des suidés et leur permet d’exploiter des ressources inaccessibles à de nombreux autres ongulés.
Les espèces forestières exploitent souvent une grande variété de fruits et de matières végétales. Les potamochères consomment notamment des fruits tombés, des racines, des tubercules et des invertébrés. Les phacochères, davantage associés aux milieux ouverts, exploitent principalement les herbes, racines et autres ressources disponibles dans les savanes. Ils peuvent également utiliser les termitières et consommer différents invertébrés. Les babiroussas occupent eux aussi une niche alimentaire généraliste, consommant fruits, végétation et matières animales occasionnelles. Cette diversité alimentaire réduit la compétition directe entre espèces lorsque plusieurs suidés coexistent dans une même région.
La reproduction est généralement caractérisée par une gestation relativement courte pour des ongulés de cette taille et par des portées souvent nombreuses. Chez Sus scrofa, les femelles peuvent produire plusieurs petits par portée et se reproduire relativement rapidement lorsque les conditions alimentaires sont favorables. La reproduction est influencée par la saison, la disponibilité alimentaire et les conditions climatiques. Chez les espèces sauvages, la période des naissances est souvent synchronisée avec les saisons offrant les meilleures ressources. Les femelles construisent fréquemment des nids ou aménagent des zones protégées pour la mise bas. Les jeunes restent ensuite étroitement associés à leur mère pendant leurs premières semaines ou leurs premiers mois.
Le comportement social varie fortement entre les genres. Les femelles et les jeunes forment fréquemment des groupes, appelés hardes ou compagnies, tandis que les mâles adultes peuvent être plus solitaires en dehors de la période de reproduction. Chez certaines espèces, les groupes familiaux sont relativement structurés. Le phacochère, par exemple, peut former des groupes de femelles accompagnées de jeunes, alors que les mâles adultes adoptent davantage un comportement solitaire. Chez l’hylochère, des groupes familiaux peuvent également se déplacer ensemble dans les forêts africaines.
La communication repose sur un ensemble complexe de signaux olfactifs, sonores et visuels. Les suidés utilisent les sécrétions corporelles, les frottements, les vocalisations et le marquage du territoire. Le fouissage et les bains de boue jouent également plusieurs rôles. Les souilles permettent notamment de réguler la température corporelle, de débarrasser la peau de certains parasites et de laisser des signaux chimiques. Chez les mâles de plusieurs espèces, les défenses sont utilisées lors des affrontements entre concurrents. Les hybridations entre lignées de suidés sont par ailleurs relativement fréquentes lorsque des espèces proches entrent en contact, ce qui constitue un aspect particulièrement intéressant de leur écologie évolutive.
Auteur: Dave Pape
CC0 (Domaine public)La famille des Suidae comprend actuellement 18 espèces réparties dans six genres. Cette liste doit toutefois être présentée avec prudence, car la taxonomie des suidés demeure dynamique et certaines bases de données ou publications récentes peuvent adopter des limites spécifiques différentes. Le porc domestique n’est généralement pas compté, car il est traité comme la forme domestique de Sus scrofa.
* Babiroussa des Célèbes - Babyrousa celebensis
* Babiroussa des îles Togian - Babyrousa babyrussa togeanensis
* Babiroussa poilu - Babyrousa babyrussa
* Hylochère - Hylochoerus meinertzhageni
* Phacochère commun - Phacochoerus africanus
* Phacochère du désert - Phacochoerus aethiopicus
* Porcula
* Sanglier nain - Porcula salvanius
* Potamochère du Cap - Potamochoerus larvatus
* Potamochère roux - Potamochoerus porcus
* Sus
* Sanglier - Sus scrofa
* Sanglier à moustaches - Sus barbatus
* Sanglier de Java - Sus verrucosus
* Sanglier de Mindoro - Sus oliveri
* Sanglier des Célèbes - Sus celebensis
* Sanglier des Philippines - Sus philippensis
* Sanglier des Visayas - Sus cebifrons
* Sanglier du Vietnam - Sus bucculentus
* Sanglier géant de Palawan - Sus ahoenobarbus
!! Au sein du genre Sus, des sous-espèces ont été récemment élevées au rang d’espèce (sanglier des Visayas (Sus cebifrons), qui habite les îles Bohol, Cebu et Mascate, et sanglier des Philippines (Sus philippensis) des Philippines.
!! Le sanglier nain, auparavant classé dans le genre Sus, est désormais classé dans son genre monotypique d'origine, le genre Porcula.
Source: Alex Kantorovich - Untamed Science
| Règne | Animalia |
| Embranchement | Chordata |
| Sous-embranchement | Vertebrata |
| Super-classe | Tetrapoda |
| Classe | Mammalia |
| Sous-classe | Theria |
| Infra-classe | Eutheria |
| Ordre | Artiodactyla |
| Famille | Suidae |
| Décrit par | John Edward Gray |
| Date | 1821 |
* Liens internes
Liste Rouge IUCN des espèces menacées
Mammal Species of the World (MSW)
Système d'information taxonomique intégré (ITIS)
* Liens externes
Global Biodiversity Information Facility (GBIF)
* Bibliographie
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