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Potamochère roux (Potamochoerus porcus)


Le Potamochère roux (Potamochoerus porcus) est un suidé sauvage originaire des forêts tropicales et humides de l'Afrique occidentale et centrale. Reconnaissable à son pelage roux flamboyant, sa ligne dorsale blanche et ses oreilles terminées par de longs pinceaux de poils, il se distingue comme le plus coloré des suidés. Cet animal grégaire et principalement nocturne joue un rôle crucial dans la régulation des écosystèmes forestiers par sa recherche constante de nourriture dans le sol. Sa capacité d'adaptation lui permet de maintenir des populations relativement stables, bien qu'il subisse des pressions croissantes liées à la perte de son habitat naturel et à la chasse. Présent dans de nombreux parcs nationaux, il demeure un symbole emblématique de la biodiversité des forêts équatoriales africaines.


Potamochere roux (Potamochoerus porcus)
Potamochère roux (Potamochoerus porcus)
Crédit photo: Alex Kantorovich - Zooinstitutes



DESCRIPTION

Le potamochère roux est un suidé de taille moyenne, à la silhouette relativement basse et robuste, dont l'aspect général rappelle celui d'un porc domestique fortement adapté à la vie forestière. La longueur tête-corps se situe généralement autour de 100 à 145 cm, tandis que la queue mesure environ 30 à 45 cm. La hauteur au garrot est généralement comprise entre 55 et 80 cm et le poids peut varier considérablement selon le sexe, l'âge, l'état nutritionnel et les conditions écologiques, les adultes pouvant atteindre ou dépasser 100 kg. Cette variabilité explique en partie les différences de mensurations rapportées dans la littérature. Les mâles sont généralement plus robustes et possèdent des caractères faciaux plus développés que les femelles.

Le caractère le plus remarquable de l'espèce est son pelage. Chez les adultes, la coloration générale est rousse, brun rougeâtre à cuivrée, parfois plus sombre selon les individus et les populations. Une longue crinière ou crête de poils clairs court sur la ligne dorsale et peut se hérisser lorsque l'animal est excité ou menacé. Cette crête contraste fortement avec le reste du pelage. La tête porte un dessin facial caractéristique constitué de zones sombres et claires donnant l'impression d'un masque. Les joues et le pourtour du museau sont ornés de longues vibrisses blanchâtres, particulièrement développées, qui participent à l'aspect spectaculaire de l'animal. Les oreilles sont longues, relativement étroites et terminées par des touffes de poils qui retombent vers l'extérieur.

Les quatre membres sont relativement courts mais puissants. Les pieds sont adaptés à la marche sur des sols forestiers parfois humides et meubles. Comme chez les autres suidés, les canines supérieures et inférieures sont transformées en défenses. Elles sont présentes chez les deux sexes, même si leur développement et leur aspect peuvent différer entre mâles et femelles. Chez les mâles, les défenses et les excroissances osseuses ou cutanées de la face contribuent aux comportements de confrontation entre concurrents. Le groin est large, mobile et particulièrement efficace pour fouiller la litière. L'animal utilise son disque nasal pour déplacer les feuilles, sonder le sol et localiser des aliments enfouis. Cette morphologie explique les nombreuses traces de fouissage visibles dans les habitats fréquentés par l'espèce.

Les jeunes possèdent une livrée très différente de celle des adultes. À la naissance, ils pèsent généralement entre 650 et 900 g et présentent un pelage sombre parcouru de lignes longitudinales et de taches jaunâtres. Cette coloration juvénile s'estompe progressivement avec la croissance et laisse place à la coloration rousse caractéristique des adultes. Le changement de pelage accompagne donc les transformations morphologiques qui interviennent durant les premiers mois de la vie.


Potamochoerus porcus
Potamochoerus porcus
Crédit photo: Alex Kantorovich - Zooinstitutes

HABITAT

Le potamochère roux possède une aire de répartition essentiellement ouest- et centre-africaine. Son domaine s'étend approximativement de la Guinée-Bissau et du Sénégal à l'ouest jusqu'à l'ouest de l'Ouganda et à l'est de la République démocratique du Congo, avec une extension méridionale jusqu'à l'enclave angolaise de Cabinda. Il est signalé en Guinée-Bissau, en Guinée, en Sierra Leone, au Liberia, en Côte d'Ivoire, au Ghana, au Togo, au Bénin, au Nigeria, au Cameroun, en Guinée équatoriale, au Gabon, en République du Congo, en République centrafricaine et en République démocratique du Congo. L'espèce atteint également le nord-ouest de l'Ouganda. En revanche, certaines limites de répartition restent incertaines, notamment au Soudan du Sud et dans le sud-ouest de l'Éthiopie. L'absence de données récentes dans certains pays ne signifie pas nécessairement une disparition complète, car l'espèce peut utiliser les forêts-galeries pour se déplacer entre des massifs forestiers.

Le coeur écologique de sa distribution correspond à la grande ceinture de forêts tropicales humides d'Afrique occidentale et centrale. Le potamochère roux est particulièrement associé aux forêts de basse altitude riches en sous-bois, aux secteurs marécageux et aux bordures de cours d'eau. Il ne s'éloigne généralement pas beaucoup des zones offrant à la fois une couverture végétale importante, des sols suffisamment meubles pour le fouissage et un accès à l'eau. Les forêts-galeries constituent ainsi des habitats essentiels dans les paysages où la couverture forestière est plus fragmentée. L'espèce peut également fréquenter des forêts sèches, des mosaïques de forêt et de savane boisée ainsi que certains secteurs agricoles.


Potamochoerus porcus distribution
     Répartition actuelle du potamochère roux
© Manimalworld
CC-BY-NC-SA (Certains droits réservés)

ALIMENTATION

Le potamochère roux possède un régime alimentaire omnivore généraliste et opportuniste qu'il adapte en fonction de la disponibilité saisonnière des ressources. La majeure partie de sa nourriture se compose de matières végétales. Grâce à un bout de groin particulièrement musclé et renforcé par un disque cartilagineux, il fouille assidûment le sol pour en extraire des racines, des tubercules, des bulbes et des rhizomes. Il consomme en outre une grande quantité de fruits tombés au sol, de graines, de noix ainsi que de jeunes pousses, d'herbes et de plantes aquatiques. Les champignons font aussi partie intégrante de ses repas en saison des pluies.

Cet animal complète cette base végétale par un apport protéique animal non négligeable. Il capture des vers de terre, des escargots, des insectes et leurs larves, des amphibiens, de petits reptiles ainsi que des rongeurs. À l'occasion, il détruit les nids d'oiseaux nidifiant à terre pour en dévorer les oeufs et les oisillons. Il ne dédaigne pas non plus les cadavres d'animaux plus grands lorsqu'il en découvre, agissant alors en charognard.

Dans certains écosystèmes, le potamochère roux entretient des interactions commensales avec d'autres espèces. Il suit par exemple les troupes de primates arboricoles comme les chimpanzés pour ramasser les fruits tombés ou entamés qu'ils laissent choir depuis la canopée. De façon tout aussi singulière, il recherche parfois les excréments d'éléphants afin d'y récupérer des graines intactes et non digestes. Cette habitude de fouisser le sol superficiel sur de larges surfaces modifie la structure du sol et participe activement à la germination de nombreuses essences végétales. Néanmoins, lorsque ses territoires jouxtent des implantations humaines, il s'attaque volontiers aux cultures de manioc, d'igname, de maïs ou de patates douces, provoquant ainsi des conflits réguliers avec les agriculteurs locaux.


Potamochere roux gros plan
Gros plan du potamochère roux
© Joe Walston - iNaturalist
CC-BY (Certains droits réservés)

REPRODUCTION

La reproduction chez le potamochère roux est caractérisée par un cycle saisonnier synchronisé avec les conditions environnementales, garantissant la survie des petits dans un écosystème souvent changeant. Les accouplements ont généralement lieu pendant la saison des pluies, lorsque la nourriture est abondante. Cela assure que les petits naissent dans des conditions favorables à leur survie.

Après une période de gestation dure environ 120 à 127 jours (4 mois), la femelle donne naissance à une portée de 3 à 6 petits pesant environ 500 à 700 grammes chacun. La mise-bas a lieu dans un nid de végétation dense, souvent dans une zone protégée des prédateurs et des intempéries. Les petits naissent avec un pelage brun foncé rayé de bandes jaunes ou claires, un camouflage efficace contre les prédateurs. Les jeunes marcassins sont allaités exclusivement pendant environ 3 à 4 semaines, période pendant laquelle ils restent proches de leur mère. Le sevrage commence après le premier mois, mais les petits continuent de se nourrir de lait maternel tout en explorant une alimentation solide. Les jeunes sont capables de suivre leur mère dans ses déplacements dès 2 semaines, mais restent avec le groupe familial jusqu’à l’âge de 6 mois. Ils atteignent leur maturité sexuelle vers l’âge de 18 à 24 mois, bien que les mâles puissent attendre plus longtemps avant de se reproduire, en raison de la concurrence avec les adultes dominants.

La durée de vie du potamochère roux varie en fonction des conditions environnementales, des menaces naturelles et des soins qu’il reçoit en captivité. En milieu sauvage, le potamochère roux vit généralement entre 10 et 15 ans. Cependant, cette longévité peut être réduite par la prédation, les maladies et les pressions humaines, telles que la chasse ou la destruction de son habitat. En captivité, où il bénéficie d’une alimentation régulière, de soins vétérinaires et d’un environnement protégé, le potamochère roux peut vivre jusqu’à 20 ans. Les conditions optimales en captivité réduisent les risques liés aux prédateurs et aux maladies, augmentant ainsi sa longévité.


Potamochere roux juvenile zoo de Berlin
Potamochère roux juvénile au zoo de Berlin
© Klaus Rudloff - BioLib
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COMPORTEMENT

Le potamochère roux est une espèce généralement grégaire. Il vit le plus souvent en petits groupes familiaux comprenant plusieurs adultes et jeunes. La vie en groupe joue probablement plusieurs rôles. Elle facilite la surveillance du milieu et la détection des prédateurs, tandis que les adultes peuvent défendre collectivement les jeunes. Les interactions sociales sont nombreuses et comprennent des contacts corporels, des comportements de toilettage et diverses formes de communication. Les potamochères utilisent des vocalisations, des postures et des mouvements de la tête ou des oreilles pour maintenir la cohésion du groupe et exprimer différents états comportementaux. Les sécrétions odorantes provenant de glandes spécialisées participent également à la communication chimique entre individus.

L'espèce est principalement active au crépuscule et durant la nuit dans de nombreuses régions, même si son rythme peut changer suivant les perturbations humaines, la température et les conditions locales. Pendant la journée, les animaux peuvent rester dans une végétation dense ou dans des zones offrant une protection importante. Cette préférence pour les secteurs couverts constitue un moyen de réduire l'exposition aux diverses menaces et aux températures élevées. La présence d'eau et de végétation dense joue également un rôle important dans le choix des lieux de repos.

Lorsqu'ils sont menacés, les individus peuvent adopter des postures défensives et hérisser leur crinière dorsale, ce qui accentue leur apparence imposante. Les défenses constituent une arme potentielle et les mâles peuvent se livrer à des affrontements. Les femelles et les mâles peuvent également participer ensemble à la défense des jeunes contre les prédateurs. Le potamochère roux n'est donc pas un animal passif lorsqu'il est acculé. Sa robustesse, ses défenses et la réaction collective du groupe représentent des moyens de défense importants.

Enfin, l'espèce fait preuve d'une certaine plasticité écologique. Elle peut exploiter des milieux forestiers secondaires et certains paysages agricoles lorsque la couverture végétale et les ressources alimentaires restent suffisantes. Cette capacité explique en partie sa persistance dans des paysages modifiés, même si les zones fortement perturbées peuvent être évitées.


Potamochere roux zoo du Minnesota
Potamochère roux au zoo du Minnesota, USA
Crédit photo: Alex Kantorovich - Zooinstitutes

PRÉDATION

Le potamochère roux occupe une position intermédiaire dans les réseaux trophiques des forêts et savanes boisées d'Afrique. Sa taille et ses défenses lui permettent de se défendre efficacement contre certains prédateurs, mais les adultes restent vulnérables aux grands carnivores et les jeunes sont beaucoup plus exposés.

Le léopard (Panthera pardus) représente probablement l'un des prédateurs les plus importants dans les habitats forestiers où les deux espèces coexistent. Excellent chasseur dans les milieux boisés, il peut exploiter la végétation dense pour surprendre des individus isolés. Les jeunes potamochères sont particulièrement vulnérables. Le léopard peut également profiter des individus affaiblis, blessés ou séparés du groupe. Sa capacité à se déplacer silencieusement dans les sous-bois en fait un chasseur particulièrement adapté à cet environnement.

Les grands félins peuvent également représenter un danger dans les zones où le potamochère rencontre des habitats plus ouverts. Le lion (Panthera leo) est capable de s'attaquer à lui, mais son importance comme prédateur du potamochère roux varie probablement fortement selon les régions. L'espèce fréquente principalement les zones forestières humides, où les densités de lions sont souvent plus faibles que dans les savanes ouvertes. Les interactions avec les lions sont donc probablement localisées aux mosaïques de forêt et de savane et aux secteurs où les deux espèces se rencontrent régulièrement.

Les jeunes peuvent également être exposés à d'autres prédateurs. De grands serpents constricteurs peuvent occasionnellement représenter une menace pour les très jeunes individus, tandis que les crocodiles peuvent constituer un risque lorsque les potamochères traversent ou fréquentent des cours d'eau. Cependant, ces animaux ne doivent pas être considérés comme les principaux facteurs de mortalité de l'espèce à l'échelle de son aire de répartition. Les données disponibles indiquent surtout l'importance générale des grands carnivores et des prédateurs opportunistes.


Potamochere roux portrait
Portrait du potamochère roux
© Eva Hejda - Wikimedia Commons
CC-BY-SA (Certains droits réservés)

MENACES

La principale menace pesant sur le potamochère roux réside dans la chasse intensive pratiquée pour le commerce de la viande de brousse. En Afrique centrale et occidentale, sa chair est particulièrement prisée par les populations rurales et approvisionne massivement les marchés urbains. Les méthodes de chasse combinent le piégeage au collet, la traque avec des chiens et le tir nocturne à l'affût. En raison de la baisse des populations de grands mammifères plus vulnérables, la pression de chasse s'est largement reportée sur ce suidé.

Parallèlement, la dégradation et la fragmentation de son habitat naturel constituent un facteur de pression continu. L'exploitation forestière commerciale, l'extension des surfaces agricoles ainsi que le développement d'infrastructures routières ouvrent l'accès aux forêts autrefois profondes, facilitant le travail des braconniers. Par ailleurs, la proximité grandissante entre les potamochères et les zones cultivées engendre de sévères conflits de coexistence. Considéré comme un ravageur de cultures dévastateur pour les champs de tubercules, il fait souvent l'objet de campagnes d'élimination ciblées de la part des agriculteurs via l'empoisonnement ou le tir systématique.

Sur le plan sanitaire, le potamochère roux est un réservoir naturel de plusieurs agents pathogènes graves, notamment le virus de la peste porcine africaine et la maladie de Aujeszky. Bien que le suidé sauvage résiste souvent à ces infections, la transmission potentielle aux cheptels de porcs domestiques pousse parfois les autorités sanitaires locales à encourager son éradication aux abords des zones d'élevage.


Potamochere roux illustration
Illustration du potamochère roux
Auteur: Joseph Wolf
CC0 (Domaine public)

CONSERVATION

Le potamochère roux est actuellement classé "Préoccupation mineure" (LC) sur la Liste rouge de l'IUCN. Cette classification s’explique notamment par sa vaste répartition en Afrique et par sa présence dans de nombreuses forêts protégées. L’espèce reste assez commune dans plusieurs régions, même si certaines populations peuvent diminuer localement, surtout lorsque la chasse est importante.

La protection de son habitat est donc essentielle. Les parcs nationaux, les réserves naturelles et les autres espaces protégés permettent de conserver les forêts, les zones humides, les forêts-galeries et les corridors végétalisés dont le potamochère a besoin pour se nourrir et se déplacer. Cependant, la protection officielle de ces espaces ne suffit pas toujours. Le manque de personnel, de moyens financiers et de surveillance peut limiter l’application des mesures de protection, notamment dans les grandes forêts tropicales difficiles d’accès.

La réduction de la chasse excessive constitue également une priorité. La viande de brousse représente une ressource importante pour certaines populations rurales, ce qui rend difficile une simple interdiction de la chasse. Les actions de conservation doivent donc chercher à réduire progressivement la dépendance à la faune sauvage. Une meilleure surveillance de la chasse et des marchés, un contrôle du commerce de viande de brousse et la sensibilisation des populations locales peuvent contribuer à diminuer la pression exercée sur l’espèce. La conservation doit aussi concerner les territoires situés en dehors des zones protégées. Le potamochère roux peut fréquenter des milieux forestiers modifiés, des forêts-galeries et certaines mosaïques agricoles. La conservation des corridors reliant les différents habitats est donc importante. Dans les régions agricoles, il est également préférable de prévenir les dégâts aux cultures plutôt que de recourir systématiquement à l’abattage des animaux.

Enfin, il reste nécessaire d’améliorer les connaissances scientifiques sur l’espèce. Dans plusieurs régions, les informations concernant ses effectifs, ses déplacements, sa reproduction et l’évolution de ses populations restent limitées. Les pièges photographiques et les nouvelles méthodes de suivi peuvent permettre de mieux connaître ses habitats et son comportement. Une surveillance sanitaire est également importante lorsque les potamochère vivent à proximité des élevages porcins pour éviter les transmissions de maladies.


Red river hog (Potamochoerus porcus)
En anglais, le potamochère roux est appelé Red river hog
© Markus Lilje - iNaturalist
CC-BY-NC-ND (Certains droits réservés)

TAXONOMIE

L'histoire taxonomique du potamochère roux débute officiellement en 1758 lorsque le naturaliste suédois Carl von Linné décrit l'espèce sous le nom binomial Sus porcus dans la dixième édition de son ouvrage fondateur Systema Naturae. Durant le XVIIIe et le XIXe siècle, les classifications zoologiques ont fréquemment déplacé ce suidé au sein du genre Sus, aux côtés du sanglier d'Eurasie et du cochon domestique, en raison de similitudes morphologiques évidentes au niveau de la denture et du groin. Ce n'est qu'ultérieurement que les zoologistes ont reconnu des divergences anatomiques majeures, notamment dans la structure crânienne, la disposition des protubérances osseuses chez les mâles et la forme des oreilles. Ces spécificités ont justifié l'érection du genre distinct Potamochoerus par John Edward Gray en 1864.

La délimitation du genre et des espèces de Potamochoerus a ensuite connu de nombreuses modifications. Pendant une grande partie de l'histoire taxonomique des suidés africains, les différences entre les formes occidentales, centrales, orientales et australes ont été interprétées de manières différentes selon les auteurs. Plusieurs noms ont ainsi été proposés pour des populations aujourd'hui considérées comme appartenant au potamochère roux ou, inversement, au potamochère du cap. Cette situation explique la présence d'une longue liste de synonymes historiques associée au nom Potamochoerus porcus.

Au début du XXe siècle, Lönnberg adopta une classification particulièrement divisée. En 1910, il reconnaissait cinq espèces de Potamochoerus, parmi lesquelles porcus, choeropotamus, larvatus, hassama et intermedius. Il décrivit également plusieurs formes géographiques, dont Potamochoerus porcus albifrons, Potamochoerus porcus congicus et Potamochoerus porcus ubangensis. D'autres formes furent décrites par la suite, notamment albinuchalis par Lönnberg en 1919 et mawambicus par Lorenz-Liburnau en 1923. Ces noms témoignent de la tendance des taxonomistes de l'époque à reconnaître des différences régionales comme des espèces ou des sous-espèces distinctes.

Plus tard, une tendance à la révision a conduit la majorité des systématiciens à regrouper l'ensemble des potamochère d'Afrique subsaharienne et de Madagascar au sein d'une seule et unique espèce vaste, sous l'appellation Potamochoerus porcus. Sous ce paradigme, les différentes formes géographiques étaient reléguées au rang de simples sous-espèces, opposant principalement les formes occidentales à pelage rouge vif aux formes orientales et australes à pelage plus sombre.

Au début des années 1990, des révisions taxonomiques approfondies basées sur des analyses craniométriques détaillées et sur le développement de la génétique moléculaire ont profondément remanié cette vision. Il a été démontré que le genre PPotamochoerus se divise en deux espèces distinctes parfaitement valides. D'une part, Potamochoerus porcus au sens strict, qui désigne exclusivement le potamochère roux évoluant dans les forêts tropicales d'Afrique centrale et occidentale. D'autre part, Potamochoerus larvatus, communément appelé potamochère du Cap, qui occupe l'Afrique orientale et australe ainsi que Madagascar.

Actuellement, les données morphologiques et phylogéographiques considèrent Potamochoerus porcus comme une espèce monotypique. Cela signifie qu'aucune sous-espèce n'est officiellement reconnue valide par les organismes de référence. Les variations de teinte du pelage ou de taille observées entre les individus du Sénégal, du Gabon ou du bassin du Congo sont désormais attribuées à de simples variations phénotypiques clinales ou individuelles induites par l'environnement local, et non à des divergences génétiques subspécifiques consolidées.


CLASSIFICATION


Fiche d'identité
Nom communPotamochère roux
English nameRed river hog
Español nombrePotamoquero rojo
RègneAnimalia
EmbranchementChordata
Sous-embranchementVertebrata
Super-classeTetrapoda
ClasseMammalia
Sous-classeTheria
Infra-classeEutheria
OrdreArtiodactyla
FamilleSuidae
GenrePotamochoerus
Nom binominalPotamochoerus porcus
Décrit parCarl von Linné (Linnaeus)
Date1758



Satut IUCN

Préoccupation mineure (LC)

SOURCES

* Liens internes

Animal Diversity Web

Arkive

BioLib

iNaturalist

Liste Rouge IUCN des espèces menacées

Mammal Species of the World (MSW)

Système d'information taxonomique intégré (ITIS)

* Liens externes

Global Biodiversity Information Facility (GBIF)

Wikimedia Commons

Zooinstitutes

* Bibliographie

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