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Cheval


Le cheval (Equus caballus ou Equus ferus caballus) est un mammifère herbivore de la famille des équidés (Equidae). C'est un animal dont l'histoire et l'influence sur l'humanité sont millénaires. Descendant de formes primitives comme l'Eohippus, il a été domestiqué pour la première fois il y a environ 5 500 ans en Asie centrale. Seul le cheval de Przewalski (Equus przewalskii) est aujourd'hui considéré comme étant l'unique vrai cheval sauvage encore vivant.


Cheval
Le Cheval
Source: PETA UK
Di-no license (Licence inconnue)



DESCRIPTION

La morphologie du cheval présente une adaptation remarquable à la course et à l'endurance, fruit d'une longue évolution au sein des plaines ouvertes. Cet animal se caractérise par une stature imposante, avec une taille mesurée au garrot pouvant varier considérablement, allant d'environ 80 centimètres pour certains poneys miniatures jusqu'à plus de 180 centimètres pour des races de trait massives, et un poids oscillant entre 200 et plus de 1 000 kilogrammes.

L'architecture de son corps est conçue autour d'un squelette robuste, comprenant un nombre typique de 18 paires de côtes (bien que certaines races comme l'Arabe n'en possèdent que 17), et une colonne vertébrale relativement rigide mais essentielle pour la transmission de la puissance motrice. Les membres constituent l'élément le plus distinctif de cette anatomie. Ils sont longs et minces, se terminant par un sabot unique et extrêmement résistant, qui est en réalité le développement du seul doigt subsistant (le troisième). Cette structure monodactyle (à un seul doigt) est un caractère évolutif clé, permettant une propulsion efficace et une réduction du poids distal, ce qui est crucial pour la vitesse.

La tête est proportionnellement grande, dotée de larges narines adaptées à une respiration efficace lors de l'effort, et des yeux placés latéralement, offrant un champ de vision panoramique de près de 350 degrés, essentiel pour détecter les prédateurs. Le cou, long et musclé, agit comme un balancier pour l'équilibre. La robe, c'est-à-dire la couleur du pelage, est d'une diversité extraordinaire (bai, alezan, noir, gris, isabelle, etc.), souvent combinée à des marques blanches spécifiques sur la tête (balzanes, listes, étoiles) et les membres, qui sont utilisées pour l'identification.

Cette combinaison de puissance, de légèreté des membres et de sens aiguisés fait du cheval un athlète naturel, parfaitement adapté à son environnement historique et aux exigences des activités humaines. De plus, la qualité de sa dentition, des dents hypsodontes (à croissance continue) adaptées à un régime alimentaire abrasif d'herbes et de fourrages, est un indicateur fondamental de sa santé et de son âge. Le système digestif lui-même, caractérisé par un estomac relativement petit et un gros intestin volumineux, est également une adaptation à son régime herbivore nécessitant un traitement continu des fibres.


Cheval anatomie
Anatomie du cheval
Source: Parents.fr

ALIMENTATION

L'alimentation du cheval est fondamentalement celle d'un herbivore non ruminant adapté à la consommation constante de fourrages riches en fibres brutes, reflétant son histoire évolutive en tant que brouteur dans les vastes steppes. Le cheval est un animal qui doit idéalement ingérer de petits volumes de nourriture de manière quasi continue tout au long de la journée, car son estomac est relativement petit (représentant seulement 8 à 15 litres chez un cheval de taille moyenne) et n'est pas conçu pour contenir de grandes quantités de nourriture en une seule fois. Cette particularité anatomique, combinée à une faible capacité à vomir, rend cruciale la régularité des repas et l'accès permanent à des sources de fibres.

La digestion commence dans la bouche avec la mastication, où les dents hypsodontes (à couronne haute et croissance continue) broient les végétaux. Une bonne mastication est vitale pour la production de salive, qui agit comme un tampon pour l'acidité stomacale. Les aliments passent ensuite rapidement par l'oesophage et l'estomac, où la digestion enzymatique des protéines et des glucides solubles commence, bien que celle-ci soit limitée. La majeure partie du processus digestif et de l'absorption des nutriments se déroule dans l'intestin grêle, où les sucres, graisses et protéines sont assimilés. Toutefois, l'élément le plus distinctif du processus digestif équin est la digestion des fibres, qui se déroule dans le gros intestin (caecum et côlon). Cet organe massif fonctionne comme une vaste chambre de fermentation. Des milliards de bactéries et de protozoaires (la microflore intestinale) décomposent la cellulose et l'hémicellulose contenues dans le foin et l'herbe pour produire des acides gras volatils (AGV), notamment l'acétate, le propionate et le butyrate. Ces AGV sont ensuite absorbés et servent de principale source d'énergie pour le cheval, couvrant jusqu'à 70 % de ses besoins énergétiques totaux.

Les besoins nutritionnels varient énormément selon l'âge, l'activité physique (du loisir à la haute compétition), l'état physiologique (croissance, gestation, lactation) et la température ambiante, mais la base reste un fourrage de qualité, complété, si nécessaire, par des concentrés (céréales, granulés) ou des suppléments de minéraux et de vitamines pour répondre aux exigences spécifiques. La gestion de l'hydratation, avec un accès constant à une eau propre et fraîche, est également une composante non négligeable de la santé digestive et générale.


Cheval gros plan
Gros plan d'un cheval
© Flocci Nivis - Wikimedia Commons
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REPRODUCTION

La reproduction chez le cheval est régie par un cycle saisonnier très marqué, l'espèce étant considérée comme un reproducteur saisonnier à jours longs, ce qui signifie que la fertilité optimale et l'activité ovarienne se manifestent principalement au printemps et en été, lorsque les heures d'éclairement augmentent. Ce phénomène est contrôlé par la glande pinéale, qui, sous l'effet de la lumière captée par l'oeil, module la production de mélatonine; lorsque les jours sont courts, la production de mélatonine est élevée et inhibe la libération des hormones gonadotropes (FSH et LH) nécessaires au cycle ovarien. Inversement, la diminution de mélatonine pendant les jours longs permet l'activation de l'axe hypothalamo-hypophysaire, initiant ainsi les cycles oestraux chez la jument. Le cycle complet dure en moyenne 21 à 22 jours. La phase d'oestrus, ou "chaleurs", durant laquelle la jument est réceptive à l'étalon, s'étale sur environ 5 à 7 jours, culminant avec l'ovulation, qui a lieu typiquement 24 à 48 heures avant la fin de l'oestrus.

La gestation chez la jument est remarquablement longue, s'étendant en moyenne sur 11 mois (environ 330 à 340 jours), avec des variations notables selon la race, le sexe du poulain (les mâles ont tendance à prolonger légèrement la durée) et la saison de la saillie. La mise bas, ou poulinage, est un événement qui se déroule généralement très rapidement chez l'équidé, souvent en moins de 30 minutes, et est habituellement nocturne. Le poulain nouveau-né est précocial, c'est-à-dire qu'il est capable de se tenir debout et de téter en l'espace de quelques heures seulement, une adaptation essentielle pour la survie en milieu sauvage où la fuite est la première défense contre les prédateurs. Les juments allaitent leur poulain pendant environ six mois, et le lien maternel est très fort.

Dans l'élevage contemporain, la gestion de la reproduction est sophistiquée, impliquant l'utilisation d'ultrasons pour le suivi des ovulations et des gestations, le transfert d'embryons pour multiplier la descendance de juments de grande valeur génétique, et l'emploi de protocoles lumineux artificiels pour décaler le début de la saison de monte, permettant ainsi d'obtenir des poulains nés plus tôt dans l'année, ce qui est souvent avantageux dans les compétitions sportives où l'âge est calculé au 1er janvier. L'objectif étant de maximiser le potentiel génétique et la performance des lignées, tout en assurant le bien-être de la mère et de son petit.


Jument et poulain
Une jument et son poulain de race Fjord (norvégien)
© GoogleMe - Wikimedia Commons
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COMPORTEMENT

Le comportement du cheval est fondamentalement celui d'une espèce de proie sociale, façonné par des milliers d'années de vie en troupeau dans des environnements ouverts, ce qui a dicté la nécessité d'une vigilance constante et d'une cohésion de groupe forte pour la survie. L'organisation sociale est hiérarchique mais fluide, centrée sur un troupeau (ou harem) stable, généralement dirigé par une jument dominante, tandis que l'étalon a historiquement pour rôle principal la défense du groupe et la reproduction. Cette structure collective repose sur un ensemble de signaux subtils et complexes, principalement visuels et auditifs, permettant une communication non verbale très élaborée.

Les chevaux communiquent leur état émotionnel par la position de leurs oreilles (pointées vers l'avant en alerte, couchées en signe d'agressivité ou d'inconfort), la tension de leurs lèvres, la dilation des naseaux et l'expression de leurs yeux, constituant ce que l'on appelle le langage corporel équin. Leurs vocalisations, bien que moins variées que celles d'autres espèces, incluent le hennissement, utilisé pour des contacts à longue distance ou l'appel du troupeau, le grognement, signal de satisfaction, et le soufflement, souvent un signe de détente ou de vigilance relâchée. La réponse de fuite est le mécanisme de défense prédominant chez le cheval. Face à une menace perçue, la première réaction est de s'éloigner rapidement, ce qui explique pourquoi ils sont si sensibles aux mouvements brusques et aux bruits inattendus. Ce réflexe de fuite est couplé à une capacité d'apprentissage rapide, principalement par conditionnement opérant, où ils associent des stimuli (la voix, l'action de la rêne) à des conséquences (récompense ou pression relâchée). Ils possèdent une mémoire spatiale et associative excellente.

Leur période d'activité est poliphasique, ce qui signifie qu'ils alternent de courtes périodes de repos et d'éveil tout au long du jour et de la nuit, passant une grande partie de leur temps à brouter. Le sommeil profond (sommeil paradoxal, ou REM) ne peut cependant être atteint que lorsque l'animal est couché, ce qui demande un sentiment de sécurité suffisant et est souvent synchronisé au sein du troupeau pour assurer une veille constante. Les comportements sociaux incluent l'allogrooming (le fait de se gratter mutuellement), qui renforce les liens sociaux et est souvent pratiqué entre individus amis, ainsi que des jeux, particulièrement chez les jeunes poulains, qui permettent de développer la coordination et d'établir les hiérarchies. L'ennui ou l'isolement social peut malheureusement générer des stéréotypies chez les chevaux domestiques, tels que le tic à l'appui (mordre un objet) ou le tic à l'air (action de déglutir de l'air), qui sont des indicateurs de stress ou d'un environnement inadéquat.


Cheval sauvage americain
Le mustang est un cheval sauvage nord-américain
© John Harwood - Flickr
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ÉVOLUTION

L'évolution du cheval est l'un des exemples les plus documentés et emblématiques des processus de macroévolution observés dans le registre fossile, illustrant une série de changements adaptatifs spectaculaires s'étalant sur près de 55 millions d'années. Le voyage commence au début de l'Éocène avec l'Hyracotherium, ou Eohippus (littéralement "cheval de l'aube"), un petit mammifère de la taille d'un chien, qui vivait dans les forêts denses d'Amérique du Nord. Contrairement à l'équidé moderne, l'Eohippus possédait quatre doigts sur les pattes avant et trois sur les pattes arrière, tous terminés par de petits sabots discrets. Ses dents étaient adaptées à brouter des feuilles molles.

L'élément moteur de cette transformation progressive fut le changement environnemental majeur survenu au cours de l'Oligocène et du Miocène, marqué par le retrait des forêts et l'expansion des grandes plaines et des steppes herbeuses. Cet environnement ouvert favorisa la pression sélective pour la vitesse et l'endurance, nécessaires pour échapper aux prédateurs et couvrir de vastes distances à la recherche de nourriture. La lignée évolutive répondit à ces pressions par une augmentation progressive de la taille corporelle et une modification radicale des membres. Au fil des genres successifs comme le Mesohippus et le Miohippus, on observe une réduction progressive du nombre de doigts, jusqu'à aboutir à la structure monodactyle caractéristique du genre Equus moderne, où seul le troisième doigt s'est hypertrophié pour former le sabot unique, les autres s'étant réduits en vestiges osseux appelés os canon et os sésamoïdes.

Parallèlement, la morphologie dentaire subit une transformation tout aussi cruciale. Les dents brachydontes (à couronne basse) adaptées aux feuilles firent place aux dents hypsodontes (à couronne haute et croissance continue) chez des formes comme le Merychippus et le Pliohippus. Ces dents, munies de crêtes d'émail complexes, étaient indispensables pour broyer les herbes plus dures et plus abrasives des prairies (régime de graminées), ce qui permit aux équidés de dominer ces nouveaux écosystèmes.

Le genre Equus, apparu il y a environ 4 à 5 millions d'années, représente l'apogée de cette lignée, caractérisé par des membres longs, une grande taille, et une denture hautement spécialisée. Les équidés se sont ensuite dispersés depuis l'Amérique du Nord vers l'Ancien Monde via le détroit de Béring, colonisant l'Asie, l'Europe et l'Afrique. Ironiquement, les équidés disparurent d'Amérique du Nord à la fin du Pléistocène, avant d'y être réintroduits par les explorateurs européens. L'étude de ces fossiles, combinée aux analyses génétiques modernes, permet de retracer avec précision les liens phylogénétiques et de confirmer que l'évolution du cheval est non pas linéaire, mais plutôt buissonnante, impliquant de nombreuses branches éteintes.


Cheval evolution
Évolution phylogénétique du cheval
Source: Nicolas Form's programming

TAXONOMIE

L'histoire taxonomique du cheval, bien que complexe en raison des multiples extinctions et des migrations géographiques, retrace le positionnement scientifique de cet animal au sein du règne animal. Dès les premières tentatives de classification systématique au XVIIIe siècle, l'équidé a été reconnu comme appartenant aux mammifères, en raison de sa nature à sang chaud, de la présence de poils et de l'allaitement de ses petits par des glandes mammaires. Il est ensuite naturellement classé dans l'ordre des Perissodactyles (ongulés à nombre impair de doigts), distinguant le cheval des Artiodactyles (ongulés à nombre pair). Cette classification dans les Perissodactyles repose sur l'axe de symétrie du pied traversant le troisième doigt.

Au sein de cet ordre, le cheval appartient à la famille des Équidés (Equidae). L'établissement de cette lignée a largement bénéficié des découvertes paléontologiques, notamment celles faites en Amérique du Nord au XIXe siècle, qui ont permis de relier les formes ancestrales primitives comme l'Eohippus aux formes modernes, validant l'idée que le genre Equus est l'aboutissement d'une branche évolutive qui a survécu tandis que d'autres s'éteignaient. La classification interne de l'espèce domestique pose cependant un défi persistant : doit-on considérer le cheval domestique comme une espèce distincte (Equus caballus) ou comme une sous-espèce de son ancêtre sauvage éteint, le tarpan (Equus ferus) ?

Les études génétiques modernes ont fortement soutenu cette dernière hypothèse, positionnant le cheval domestique comme Equus ferus caballus. Ce débat souligne la difficulté de tracer une frontière stricte entre les formes sauvages et domestiques, d'autant plus que les formes sauvages ancestrales dont est issu le cheval domestique ont disparu, ne laissant que le cheval de Przewalski (Equus przewalskii), dont la divergence génétique est ancienne. Les outils modernes tels que l'analyse de l'ADN mitochondrial et nucléaire ont permis de préciser l'origine géographique et temporelle de la domestication, indiquant des centres multiples mais une lignée principale dominante, ce qui continue d'affiner la compréhension des liens génétiques entre les populations férales, domestiques et les rares spécimens sauvages subsistants.


Cheval Lusitanien
Portrait d'un cheval Lusitanien, race d’origine portugaise
© Alves Gaspar - Wikimedia Commons
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ESPÈCES SAUVAGES OU FÉRALES

Il est fondamental de distinguer clairement les espèces sauvages des populations férales chez les équidés pour comprendre leur statut écologique et leur classification. Le seul véritable cheval qui peut être incontestablement classé comme sauvage existant encore aujourd'hui est le cheval de Przewalski (Equus przewalskii), souvent désigné localement par son nom mongol, le Takhi. Ce cheval, qui se distingue génétiquement par le fait qu'il possède 66 chromosomes, contrairement aux chevaux domestiques et féraux qui en ont 64, est considéré comme la dernière espèce de cheval sauvage survivant dans le monde. Extrêmement menacé, le cheval de Przewalski a même été déclaré éteint à l'état sauvage dans les années 1960, mais il a heureusement été sauvé grâce à des programmes de reproduction en captivité et a fait l'objet de réintroductions réussies dans ses habitats d'origine en Mongolie et en Chine. Il est morphologiquement plus rustique que le cheval domestique, avec un corps trapu, une tête lourde, un pelage variant du brun au bai, et une crinière courte et dressée.

Toutes les autres populations de chevaux vivant sans supervision humaine directe sont considérées comme férales. Une population férale est composée d'animaux domestiques (ou de leurs descendants) qui sont retournés à l'état sauvage (marronnage). Ces animaux ne sont donc pas des espèces sauvages au sens évolutif du terme, mais des descendants génétiques de chevaux domestiques qui se sont adaptés à la vie autonome. Les exemples les plus célèbres de ces populations férales sont les mustangs d'Amérique du Nord, descendants des chevaux introduits par les Espagnols au XVIe siècle, et les brumby d'Australie, dont les ancêtres ont été amenés par les colons européens. Ces populations ont développé des comportements de survie sophistiqués, gérant la rareté de l'eau et les menaces prédatrices, mais elles conservent la structure génétique et le nombre de chromosomes de l'espèce domestique. Leur gestion est souvent un sujet de controverse, notamment aux États-Unis, où leur nombre est régulé par le gouvernement pour des questions d'impact environnemental sur les pâturages publics.

D'autres groupes féraux existent ailleurs dans le monde, comme sur certaines îles ou dans des zones désertiques. En 1995, des explorateurs britanniques et français ont découvert une nouvelle population de chevaux dans la vallée de Riwoche au Tibet, inconnue du reste du monde, mais apparemment utilisée par le peuple Khamba local. On a spéculé que le cheval de Riwoché pourrait être une population relique de chevaux sauvages, mais les études effectuées n'ont pas révélé des différences génétiques avec les chevaux domestiques. Contrairement au cheval de Przewalski, qui a évolué séparément pendant des millénaires, les chevaux féraux peuvent s'hybrider facilement avec des chevaux domestiques si l'occasion se présente. Leur étude est importante pour comprendre les processus de sélection naturelle agissant sur des gènes domestiqués et la capacité d'adaptation de l'espèce à des environnements variés sans l'intervention humaine.

Voici la liste des principales populations et formes de chevaux féraux recensées à travers le monde :

* Mustang : États-Unis (Ouest américain). Descendant des chevaux espagnols introduits au XVIᵉ siècle; emblème du Far West.

* Brumby : Australie. Issu de chevaux domestiques échappés au XIXᵉ siècle; vit librement dans les zones semi-arides.

* Cheval du désert du Namib : Namibie. Adapté à la vie désertique; descend probablement de chevaux militaires allemands abandonnés.

* Cheval Kaimanawa : Nouvelle-Zélande. Descendant des chevaux européens du XIXᵉ siècle; protégé dans certaines zones.

* Cheval de Sorraia : Portugal. Petites populations féraux apparentées à la race primitive ibérique Sorraia.

* Poney de Chincoteague : Côte Est des États-Unis (Virginie et Maryland). Petite taille; adapté aux îles sableuses côtières.

* Cheval de l’île de Sable : Canada (Nouvelle-Écosse). Isolé depuis le XVIIIᵉ siècle; population protégée sur une île atlantique.

* Cheval sauvage de Livno : Bosnie-Herzégovine. Descendant de chevaux agricoles abandonnés après la guerre; population libre des montagnes dinariques.

* Cheval de Camargue (semi-sauvage) : France (delta du Rhône). Vit en semi-liberté dans les marais; l’une des plus anciennes races européennes.

* Poney Exmoor (semi-sauvage) : Exmoor pony Royaume-Uni (Devon et Somerset). Race primitive adaptée au climat rude; proche des chevaux préhistoriques.

* Cheval de l'île de Cumberland : Géorgie (États-Unis). Introduit au XIXᵉ siècle, vit librement sur l’île.

* Cheval de Vieques : Porto Rico. Issus de chevaux ibériques et créoles; vivent en liberté depuis plusieurs siècles.

* Poney de Dülmen : Allemagne (Westphalie). Population semi-sauvage protégée depuis le Moyen Âge; l’une des plus anciennes d’Europe.

* Cheval Retuertas : Espagne (Andalousie, parc national de Doñana). Considérés comme la population féraux la plus ancienne d’Europe occidentale.


Cheval sauvage
Les deux espèces de chevaux sauvages reconnues
© Manimalworld
CC-BY-NC-SA (Certains droits réservés)

HYBRIDATION

L'hybridation chez le cheval se réfère principalement au croisement entre le cheval domestique et d'autres espèces du genre Equus, notamment l'âne (Equus asinus) et le zèbre. Le produit d'hybridation le plus connu et le plus répandu est sans conteste le mulet, issu du croisement d'un étalon (cheval mâle) avec une ânesse (femelle d'âne). Inversement, le croisement entre un baudet (mâle d'âne) et une jument (femelle de cheval) donne naissance au bardot. Ces deux hybrides sont particulièrement appréciés pour leurs qualités : ils combinent la force et la taille relative du cheval avec l'endurance, la robustesse, la sobriété alimentaire et le pied sûr de l'âne, les rendant exceptionnels pour le travail dans des environnements difficiles ou montagneux.

Cependant, la principale caractéristique biologique de ces hybrides est leur stérilité quasi universelle. Cette stérilité est le résultat direct de la différence de nombre de chromosomes entre les espèces parentales. Le cheval possède 64 chromosomes, tandis que l'âne en possède 62. Le mulet et le bardot héritent donc d'un nombre impair de chromosomes, 63, ce qui perturbe le processus de méiose lors de la production de gamètes (spermatozoïdes ou ovules), empêchant la formation de cellules reproductrices viables. Bien que de très rares cas de juments mules fertiles aient été documentés, le phénomène est exceptionnel et n'a aucune importance pratique pour l'élevage.

L'autre hybridation notable implique les zèbres, produisant des hybrides appelés collectivement zébrules (cheval/zèbre) ou zony (poney/zèbre). L'objectif de ces croisements, qui ne sont pas naturels en milieu sauvage, est de combiner l'apparence rayée et distinctive du zèbre avec la docilité et la conformation du cheval ou de l'âne (dans ce cas zébrâne). Les zébrules sont parfois utilisés comme animaux de trait ou de selle, mais leur caractère reste souvent plus imprévisible ou difficile que celui du cheval domestique. Comme les mulets, les zébrules sont généralement stériles, en raison des différences chromosomiques encore plus importantes (les espèces de zèbres ont typiquement 32, 44 ou 46 chromosomes, conduisant à des nombres impairs chez la progéniture). L'hybridation dans le genre Equus met en lumière les mécanismes évolutifs qui ont conduit à la spéciation et à l'isolement reproductif, le mulet étant l'exemple le plus concret de la limite biologique entre deux espèces distinctes.


Cheval hybride
Le zébrule est issu du croisement entre un cheval et un zèbre
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CULTURE

Le cheval est très présent dans les mythes, légendes et religions. La mythologie grecque connaît le fameux cheval ailé Pégase, les Centaures mi homme et mi-chevaux, les cavales de Diomède carnivores ou encore le cheval de Troie. Les peuples celtes lui accordent une grande place à travers des déesses comme Épona. Certaines croyances perdurent jusqu'à nos jours, comme celle de la kelpie, esprit du mal aquatique du folklore écossais en forme de cheval qui transporte ses victimes dans l'eau. La mythologie nordique mentionne aussi un très grand nombre de chevaux dans les Eddas et les sagas, dont Sleipnir, l'étalon à huit jambes du dieu Odin. Un signe zodiacal chinois correspond au cheval. En Inde, l'un des avatars de Vishnou est le cheval blanc et cet animal est lié à Indra, divinité de la guerre. Dans le légendaire coréen, Chollima est un cheval ailé, trop rapide pour être monté.

Dans la religion chrétienne, les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse montent chacun l'un des quatre chevaux apparus à l'ouverture des quatre sceaux. Au Moyen Âge, l'image du cheval réapparaît à travers la licorne, animal fantastique et christique possédant une longue corne sur le front. Saint Georges, martyr chrétien, est souvent représenté à cheval en train de terrasser un dragon. Selon certains contes arabes, Allah a créé le cheval à partir d'un poignée de vent du désert. Les chevaux jouent un rôle important dans tous les textes fondateurs arabes. Ainsi, Al-Bouraq, dont le nom signifie "éclair", est le cheval ailé à tête de femme et queue de paon sur lequel Mahomet, guidé par l'archange Gabriel, voyage de nuit de La Mecque à Al-Aqsa (la mosquée lointaine) au cours du Miraj.

Certains chevaux sont passés à la postérité. Ils peuvent l'être grâce à la notoriété de leur propriétaire, d'autres ont brillé par leurs performances. Quelques-uns possèdent des particularités physiques remarquables. Le pharaon Ramsès II parle longuement de ses deux chevaux d'attelage favoris. Durant l'Antiquité grecque, Bucéphale, le cheval d'Alexandre le Grand, entre dans la légende. Réputé indomptable, il avait peur de son ombre. Seul son maître aurait pu le monter. Sous l'Empire romain, le cheval Incitatus est nommé consul par Caligula. Le Cid aurait demandé à monter pour la dernière fois son cheval blanc Babieca au combat, alors qu'il était mortellement blessé.

Old Billy est le plus vieux cheval connu. Présumé né en 1760, il est mort le 27 novembre 1822, à l'âge de 62 ans. Le Vizir, un petit cheval Arabe gris, est la plus célèbre monture de Napoléon Ier. Le poney sibérien Serko a parcouru 9 000 km dans l'Empire russe en 200 jours, fin 1889. Cet exploit a inspiré un roman et un film. Iris XVI, un cheval, alezan du maréchal Leclerc a été fusillé pour acte de résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, car il avait tué un officier allemand.


Bucephale et Alexandre le Grand
Alexandre le Grand et son cheval Bucéphale
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CLASSIFICATION


Fiche d'identité
Nom communCheval
English nameHorse
Español nombreCaballo
RègneAnimalia
EmbranchementChordata
Sous-embranchementVertebrata
Super-classeTetrapoda
ClasseMammalia
Sous-classeTheria
Infra-classeEutheria
OrdrePerissodactyla
FamilleEquidae
GenreEquus
Nom binominalEquus caballus
Equus ferus caballus
Décrit parCarl von Linné (Linnaeus)
Date1758

SOURCES

* Liens internes

Animal Diversity Web

iNaturalist

Mammal Species of the World (MSW)

Système d'information taxonomique intégré (ITIS)

Wikipédia

* Liens externes

Global Biodiversity Information Facility (GBIF)

John Harwood - Flickr

Nicolas Form's programming blog

Parents.fr

Peta.uk

Theo Stikkelman - Flickr

Wikimedia Commons

* Bibliographie

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