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Lièvre d'Amérique (Lepus americanus)


Le lièvre d'Amérique (Lepus americanus) est un lagomorphe emblématique des forêts boréales d’Amérique du Nord. Adapté aux environnements froids et enneigés, il se distingue notamment par sa capacité remarquable à changer de pelage selon les saisons, passant d’un brun estival à un blanc hivernal qui lui assure un camouflage efficace contre les prédateurs. Espèce clé de nombreux écosystèmes forestiers, il joue un rôle écologique majeur en tant que consommateur primaire et proie essentielle pour divers carnivores. Sa capacité à naviguer sur la neige profonde grâce à ses pattes arrière surdimensionnées lui a valu son nom commun de "lièvre à raquettes". Présent de l'Alaska jusqu'aux Appalaches, cet animal discret mais vif incarne la résilience de la faune sauvage face aux rigueurs climatiques extrêmes de son vaste habitat naturel.


Lievre d'Amerique (Lepus americanus)
Lièvre d'Amérique (Lepus americanus)
© Ann Martin - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)



DESCRIPTION

Le lièvre d'Amérique est un lagomorphe de taille moyenne dont le corps robuste mesure entre 36 et 52 centimètres de longueur, pour un poids oscillant généralement entre 1,4 et 2,3 kilogrammes, les femelles étant légèrement plus grandes que les mâles, une caractéristique dite de dimorphisme sexuel inverse. Sa morphologie est parfaitement adaptée aux environnements enneigés et aux températures extrêmes des latitudes nordiques.

L'une de ses caractéristiques les plus remarquables est sans conteste la taille de ses pattes postérieures. Très larges et couvertes de poils épais et rigides, elles fonctionnent à la manière de raquettes naturelles, répartissant le poids de l'animal sur la surface neigeuse et lui permettant de se déplacer rapidement sans s'enfoncer. Cette adaptation morphologique est à l'origine de l'un de ses noms vernaculaires, le lièvre à raquettes.

Sa fourrure présente une remarquable plasticité saisonnière. En été, le pelage est brun-roux sur le dos et les flancs, beige à blanc sur le ventre, assurant un camouflage efficace dans la végétation dense. À l'approche de l'automne, une mue progressive transforme la robe de l'animal en un blanc pur quasi immaculé en hiver, à l'exception des extrémités des oreilles qui demeurent noires. Ce phénomène de mue saisonnière, contrôlé par la photopériode, offre un camouflage optimal dans la neige face aux prédateurs.

Les oreilles du lièvre d'Amérique sont relativement courtes et larges comparées à celles des autres espèces du genre Lepus, une adaptation thermique limitant les pertes de chaleur par convection en milieu froid. Sa tête est ronde, ses yeux sont grands et latéraux, lui procurant un champ visuel étendu d'environ 360 degrés. La queue est courte et de couleur blanche en hiver. Ses incisives à croissance continue, caractéristiques des lagomorphes, lui permettent de ronger des végétaux ligneux durs même en période hivernale.

Le lièvre d'Amérique est physiquement similaire au lièvre arctique et le néophyte peut les confondre facilement. Un bon moyen de les différencier en dehors la taille est le fait que la base des poils du lièvre d'Amérique demeure foncée même en hiver. La couleur de la queue est aussi un bon moyen. En effet, la queue du lièvre arctique est blanche même en été tandis que la queue du lièvre d'Amérique est brune durant la même saison. La queue du lièvre d'Europe est noire.


Lepus americanus
Lepus americanus
© Joe Walewsk - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)

HABITAT

Le Lièvre d'Amérique occupe un vaste territoire à travers l'Amérique du Nord, s'étendant de l'Alaska jusqu'à l'est des États-Unis et couvrant presque tout le Canada. On le retrouve principalement dans les forêts boréales et les zones de montagnes, notamment autour des Grands Lacs et dans les Appalaches. Cependant, sa présence diminue de façon inquiétante dans certaines régions du sud, comme en Caroline du Nord ou au Tennessee, où il a pratiquement disparu. Aujourd'hui, la Virginie-Occidentale marque la limite sud de son habitat, tandis que des baisses de population sont régulièrement signalées dans des États comme le Wisconsin ou la Pennsylvanie.

Ce lièvre est étroitement lié aux forêts mixtes disposant d'un sous-bois très dense, un élément vital qui lui sert de protection contre les prédateurs. Il apprécie particulièrement les forêts âgées de 25 à 40 ans ainsi que les lisières de boisement.


Lepus americanus distribution
     Répartition actuelle du lièvre d'Amérique
© Manimalworld
CC-BY-NC-SA (Certains droits réservés)

ALIMENTATION

Le lièvre d'Amérique est un herbivore strict dont le régime alimentaire varie considérablement selon les saisons, reflétant les ressources disponibles dans son milieu. Cette flexibilité alimentaire constitue une adaptation essentielle à la survie dans des environnements où l'abondance de nourriture fluctue de façon importante au fil de l'année.

Durant la saison estivale, l'animal profite de l'abondance végétale pour diversifier son alimentation. Il consomme préférentiellement des herbes, des plantes herbacées, des fougères, des légumineuses, des pousses de graminées ainsi que diverses plantes à fleurs. Les feuilles de bouleau, de saule, d'aulne et de framboisier figurent également parmi ses aliments de prédilection. Cette diversité lui permet d'ingérer une grande variété de nutriments et de constituer des réserves corporelles nécessaires à l'hiver.

En hiver, lorsque la végétation herbacée est enfouie sous la neige, le lièvre d'Amérique adopte un régime essentiellement ligneux. Il se nourrit alors d'écorces de jeunes arbres, de rameaux, de bourgeons et de brindilles issus notamment du bouleau blanc, du tremble, du sapin baumier, de l'épinette et de diverses espèces de saules. Sa capacité à digérer des matières végétales riches en cellulose et en composés secondaires potentiellement toxiques lui confère un avantage adaptatif considérable.

Comme tous les lagomorphes, le lièvre d'Amérique pratique la caecotrophie, un comportement alimentaire consistant à ingérer certaines de ses propres fèces molles, appelées caecotrophes. Ces caecotrophes sont produites dans le caecum, un segment intestinal spécialisé hébergeant une flore microbienne abondante. Ce processus de double digestion lui permet d'extraire des protéines, des vitamines du groupe B et d'autres nutriments qui n'auraient pas été assimilés lors du premier passage intestinal.


Lepus americanus tahoensis
Lepus americanus tahoensis
© Debara J. - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)

REPRODUCTION

La reproduction du lièvre d'Amérique est caractérisée par une capacité de renouvellement des populations particulièrement élevée, directement en lien avec les pressions de prédation intenses auxquelles l'espèce est soumise. La saison de reproduction s'étend généralement de mars à août dans la majeure partie de l'aire de répartition, avec plusieurs portées successives possibles sur cette période. Les femelles, appelées hases, sont polyestriques saisonnières et peuvent être gestantes et allaitantes simultanément grâce à la superfétation, un phénomène permettant la fécondation d'ovules lors d'une gestation déjà en cours. Elles peuvent ainsi donner naissance à deux, trois, voire quatre portées par saison de reproduction dans les conditions les plus favorables.

La période de gestation dure en moyenne 36 à 37 jours. Les portées comprennent de un à huit levrauts, la moyenne se situant généralement autour de deux à quatre individus selon les conditions du milieu et la phase du cycle de population. Les levrauts naissent pleinement développés, recouverts de fourrure et capables de se déplacer quasi immédiatement, un état dit nidifuge. Cela contraste avec de nombreux autres mammifères dont les nouveau-nés naissent dans un état de développement bien plus embryonnaire. La maturité sexuelle est atteinte dès la première année de vie, souvent dès le premier été pour les femelles nées tôt en saison. Ce trait d'histoire de vie accélère le renouvellement des générations et permet à l'espèce de compenser des taux de mortalité annuelle extrêmement élevés, parfois supérieurs à 80 % en phase de déclin de population.

Les interactions reproductrices sont précédées de comportements de cour élaborés impliquant des poursuites, des bonds, des combats ritualisés entre mâles et des échanges de signaux chimiques par marquage olfactif. Les femelles exercent une sélection active entre les mâles qui se disputent le droit à l'accouplement. Il n'existe aucune forme de lien conjugal durable, les adultes demeurant solitaires en dehors des périodes de reproduction.


Lepus americanus washingtonii
Lepus americanus washingtonii
© John D Reynolds - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)

COMPORTEMENT

Le lièvre d'Amérique est un animal essentiellement crépusculaire et nocturne, concentrant la majeure partie de ses activités d'alimentation et de déplacement au cours des heures entourant le coucher et le lever du soleil. Cette activité nocturne lui permet de réduire les risques de prédation associés à la visibilité diurne, bien que des individus puissent être observés en plein jour dans des habitats densément couverts.

L'espèce est fondamentalement solitaire en dehors des périodes de reproduction. Chaque individu occupe un domaine vital dont la superficie varie entre 3 et 16 hectares environ, selon la qualité de l'habitat et la densité locale de population. Ces domaines peuvent se chevaucher partiellement, mais les individus évitent généralement les contacts directs. La communication s'effectue principalement par signaux olfactifs, notamment via des sécrétions glandulaires déposées sur la végétation et au sol. Lorsqu'il est au repos, le lièvre d'Amérique se blottit dans de petites dépressions au sol ou sous des buissons denses, appelées formes, choisies pour leur protection contre les prédateurs et les intempéries. Il n'utilise pas de terriers, contrairement à certains autres lagomorphes. Le changement fréquent de forme constitue une stratégie anti-prédatrice efficace, limitant la concentration des indices olfactifs sur un même site.

Face à un danger, le lièvre d'Amérique adopte deux stratégies principales : l'immobilité totale faisant confiance en son camouflage, ou la fuite rapide et désordonnée avec des changements brusques de direction destinés à déstabiliser son poursuivant. Sa vitesse de course peut atteindre 45 kilomètres par heure sur de courtes distances. Ses larges pattes arrière lui permettent également de sauter sur plusieurs mètres d'un seul bond.

Les populations présentent une structure sociale influencée par la densité : lors des phases de haute densité, une certaine tolérance sociale s'observe, les individus se regroupant parfois autour des zones d'alimentation riches. En phase de basse densité, les contacts sont rares et les domaines vitaux plus étendus.


Lievre a raquettes
Le lièvre d'Amérique est aussi appelé lièvre à raquettes
© Sam Darmstadt - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)

PRÉDATION

Le lièvre d'Amérique constitue une proie centrale dans les réseaux trophiques des forêts boréales, nourrissant une grande diversité de prédateurs carnivores. Sa biomasse abondante et ses cycles de population à grande amplitude en font une ressource fondamentale pour de nombreuses espèces animales au sein de l'écosystème nordique.

Le lynx du Canada (Lynx canadensis) est sans conteste le principal prédateur du lièvre d'Amérique et entretient avec lui l'une des relations prédateur-proie les plus emblématiques et les mieux documentées de l'écologie terrestre. Les fluctuations cycliques des deux espèces, avec un décalage temporel d'environ un à deux ans entre le pic de population du lièvre et celui du lynx, ont été analysées de façon intensive à partir des données historiques de l'Hudson's Bay Company depuis le XIXe siècle. Ce cycle suit une période d'environ 8 à 11 ans et implique des interactions complexes incluant la disponibilité de végétaux, la pression de prédation et la condition physiologique des lièvres.

Le coyote (Canis latrans) est un autre prédateur généraliste d'importance, particulièrement dans les habitats de bordure et les régions où le lynx est absent. Le renard roux (Vulpes vulpes) chasse également le lièvre, notamment les juvéniles et les individus affaiblis. Le loup gris (Canis lupus) peut prélever des lièvres de façon opportuniste dans les régions où les deux espèces coexistent, bien qu'il se concentre davantage sur les grands ongulés.

Parmi les rapaces, la chouette lapone (Strix nebulosa), la chouette rayée (Strix varia), le grand-duc d'Amérique (Bubo virginianus) et l'autour des palombes (Accipiter gentilis) figurent parmi les prédateur aviaires les plus actifs sur cette proie. L'aigle royal (Aquila chrysaetos) peut également capturer des lièvres en terrain découvert.

La martre d'Amérique (Martes americana), la martre de Pennant (Martes pennanti), l'hermine (Mustela erminea), le carcajou (Gulo gulo) et la belette à longue queue (Neogale frenata) s'attaquent quant à elles aux jeunes levrauts ou aux individus pris dans des situations de vulnérabilité. Certains serpents peuvent également prédater des levrauts nouveau-nés dans les régions méridionales de l'aire de répartition.


Lievre d'Amerique et renard roux
Le renard roux est un des prédateurs du lièvre d'Amérique
Source: Yellowstone National Park
CC0 (Domaine public)

MENACES

Le changement climatique représente aujourd'hui la menace la plus insidieuse et la plus complexe pour la survie du lièvre d'Amérique à long terme. Le phénomène de "mismatch" ou de non-concordance chromatique est au coeur des préoccupations des biologistes. La mue saisonnière du lièvre est déclenchée par la photopériode (la durée du jour) et non par la température ou la présence réelle de neige. Avec des hivers plus courts et une fonte des neiges précoce, de nombreux individus se retrouvent avec un pelage blanc immaculé sur un sol forestier devenu brun. Ce manque de camouflage augmente de façon spectaculaire le taux de prédation, car l'animal devient une cible visuelle évidente pour les lynx et les rapaces. Des études indiquent que cette vulnérabilité accrue pourrait réduire considérablement les populations dans les zones méridionales de leur aire de répartition, où la couverture neigeuse devient de plus en plus erratique.

Parallèlement aux enjeux climatiques, la dégradation et la fragmentation de l'habitat posent des défis majeurs. Bien que le lièvre d'Amérique préfère les forêts en régénération, les pratiques forestières intensives qui éliminent les sous-bois denses privent l'animal de ses sites de nourriture hivernale et de ses cachettes contre les prédateurs. Le développement urbain et l'expansion des réseaux routiers isolent également les populations, limitant les échanges génétiques et augmentant les risques de collisions mortelles. Enfin, bien que l'espèce soit naturellement résiliente face aux maladies, l'émergence de nouvelles pathologies comme le virus de la maladie hémorragique du lapin (RHDV2) dans certaines régions d'Amérique du Nord constitue une menace biologique potentielle sérieuse, capable de décimer des populations locales déjà fragilisées par d'autres facteurs de stress environnementaux.


Lievre d'Amerique gros plan
Gros plan du lièvre d'Amérique
© Mburgerjon - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)

CONSERVATION

Actuellement, le lièvre d'Amérique n'est pas considéré comme étant en danger d'extinction. La Liste rouge de l'IUCN répertorie l'espèce dans la catégorie Préoccupation mineure (LC). Cette classification s'explique par sa vaste distribution géographique et sa capacité de reproduction élevée, qui lui permet de rebondir après des chutes de population cycliques.

Toutefois, ce statut global masque des disparités régionales inquiétantes. Dans certains États américains situés en limite sud de son aire, comme en Pennsylvanie ou au West Virginia, les populations sont en déclin marqué et font l'objet d'une surveillance accrue. La conservation de l'espèce repose principalement sur une gestion forestière intelligente qui favorise le maintien d'un sous-étage dense et diversifié. La création de corridors biologiques est également préconisée pour relier les îlots de forêts boréales et permettre aux individus de migrer vers des zones plus froides ou mieux protégées.

Les efforts de recherche actuels se concentrent sur la compréhension de l'adaptation génétique des lièvres face au réchauffement climatique. Certains programmes de suivi utilisent la télémétrie par satellite pour cartographier précisément l'utilisation de l'habitat et identifier les zones refuges où la neige persiste le plus longtemps. Bien que l'espèce ne fasse pas l'objet de programmes de réintroduction massifs, la protection de ses prédateurs naturels, comme le lynx du Canada, contribue indirectement à maintenir la santé des écosystèmes où le lièvre évolue. La sensibilisation du public et la réglementation de la chasse sportive, bien que celle-ci ait un impact limité sur les populations globales, font également partie des outils de gestion. L'objectif demeure de préserver l'intégrité de la forêt boréale, garantissant ainsi que le cycle emblématique de ce petit lagomorphe puisse se perpétuer malgré les transformations rapides de son environnement.


Snowshoe hare (Lepus americanus)
En anglais, le lièvre d'Amérique est appelé Snowshoe hare
© Ted Floyd - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)

TAXONOMIE

L'histoire taxonomique du lièvre d'Amérique est intimement liée au développement de la systématique des mammifères en Amérique du Nord et à l'évolution progressive des méthodes de classification biologique depuis le XVIIIe siècle. La première description scientifique valide de l'espèce fut publiée en 1777 par le naturaliste allemand Johann Christian Polycarp Erxleben dans son ouvrage Systema Regni Animalis, sous le nom binominal Lepus americanus. Erxleben s'appuya sur des spécimens et des descriptions provenant de diverses sources de l'époque coloniale, en particulier des observations issues des régions de l'est du Canada. La désignation americanus reflétait simplement l'origine géographique nord-américaine de l'espèce, la distinguant des lièvres européens connus à l'époque.

L'espèce fut par la suite redécrite ou placée sous des synonymes divers au cours des décennies qui suivirent, une pratique courante à une époque où les communications scientifiques étaient lentes et les collections muséologiques dispersées. Parmi les synonymes notables figure Lepus hudsonius Pallas, 1778, décrit un an après la description originale d'Erxleben sur la base de spécimens provenant de la région de la Baie d'Hudson, ainsi que Lepus variabilis et Lepus timidus americanus, utilisés par différents auteurs selon la classification de référence employée.

La confusion avec le lièvre variable européen (Lepus timidus) fut longtemps entretenue par les similarités morphologiques et comportementales entre les deux espèces, notamment leur capacité commune à changer de livrée saisonnière. Certains auteurs du XIXe siècle considerèrent le lièvre d'Amérique comme une simple sous-espèce ou race géographique du lièvre variable. Ce n'est qu'à partir d'études crâniométriques et morphologiques plus rigoureuses, menées notamment par les naturalistes américains Elliot (1899) et Nelson (1909), que l'indépendance spécifique de Lepus americanus fut définitivement établie et largement acceptée par la communauté scientifique.

Au sein de la classification zoologique, Lepus americanus appartient à l'ordre des Lagomorpha, qui regroupe également les pikas (famille Ochotonidae). La famille des Leporidae comprend les genres Lepus (lièvres), Sylvilagus (lapins à queue blanche) et Oryctolagus (lapin de garenne). Le genre Lepus est l'un des plus diversifiés de la famille, avec environ 32 espèces reconnues réparties sur l'ensemble des continents à l'exception de l'Antarctique et de l'Australie.

Les analyses phylogénétiques moléculaires réalisées depuis les années 1990, notamment à l'aide de marqueurs mitochondriaux et de séquences génomiques nucléaires, ont précisé la position de Lepus americanus au sein du genre. Ces travaux indiquent que le lièvre d'Amérique appartient à un clade nordaméricain comprenant également Lepus townsendii (lièvre de Townsend) et Lepus californicus (lièvre de Californie), distincts des lignées européennes et asiatiques du genre. Des études récentes sur la phylogéographie de l'espèce ont mis en évidence une structuration génétique marquée entre populations, reflétant les effets des cycles glaciaires du Pléistocène sur la distribution et l'isolement des refuges de population.

Plusieurs sous-espèces du lièvre d'Amérique ont été décrites depuis le XIXe siècle, principalement sur la base de variations morphologiques, de taille corporelle et de caractéristiques de la fourrure observées entre populations géographiquement séparées. La validité taxonomique de certaines d'entre elles demeure toutefois sujette à révision à la lumière des données génétiques modernes.

- Lepus americanus americanus

- Lepus americanus bairdii

- Lepus americanus cascadensis

- Lepus americanus columbiensis

- Lepus americanus dalli

- Lepus americanus klamathensis

- Lepus americanus oregonus

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- Lepus americanus pallidus

- Lepus americanus phaeonotus

- Lepus americanus pineus

- Lepus americanus seclusus

- Lepus americanus struthopus

- Lepus americanus tahoensis

- Lepus americanus virginianus

- Lepus americanus washingtonii


La répartition de ces sous-espèces suit une logique bioclimatique rigoureuse à travers le continent nord-américain. La sous-espèce nominale, L. a. americanus, s'étend sur un vaste territoire incluant l'Ontario, le Manitoba et jusqu'au Dakota du Nord, tandis que L. a. virginianus occupe les régions forestières de l'Est, des provinces canadiennes jusqu'aux montagnes de Virginie. Dans les zones arctiques et subarctiques, L. a. dalli et L. a. macfarlani (souvent associée à dalli ou americanus selon les révisions, mais ici maintenue dans le cadre des 15 formes classiques) dominent les paysages de l'Alaska et du Yukon. Vers l'ouest, les chaînes montagneuses ont favorisé une spéciation plus fragmentée. On y retrouve L. a. bairdii dans les Rocheuses, L. a. cascadensis dans les Cascades et L. a. washingtonii le long de la côte pacifique. Ces distinctions, bien que subtiles sur le plan morphologique, se manifestent par des variations de taille crânienne et des adaptations locales du cycle de mue, optimisées pour la persistance de l'enneigement propre à chaque microclimat. Cette diversité taxinomique illustre la plasticité évolutive de l'espèce face à la complexité des reliefs et des climats de son aire de répartition.


CLASSIFICATION


Fiche d'identité
Nom communLièvre d'Amérique
Autre nomLièvre à raquettes
English nameSnowshoe hare
Español nombreLiebre americana
RègneAnimalia
EmbranchementChordata
Sous-embranchementVertebrata
Super-classeTetrapoda
ClasseMammalia
Sous-classeTheria
Infra-classeEutheria
OrdreLagomorpha
FamilleLeporidae
GenreLepus
Nom binominalLepus americanus
Décrit parJohann Christian Erxleben
Date1777



Satut IUCN

Préoccupation mineure (LC)

SOURCES

* Liens internes

Arkive

Animal Diversity Web

iNaturalist

Liste Rouge IUCN des espèces menacées

Mammal Species of the World (MSW)

Système d'information taxonomique intégré (ITIS)

* Liens externes

Global Biodiversity Information Facility (GBIF)

Wikimedia Commons

World Lagomorph Society

* Bibliographie

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