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Vison d'Amérique (Neogale vison)
Le vison d'Amérique (Neogale vison) est un mammifère carnivore semi-aquatique originaire d'Amérique du Nord appartenant à la famille des Mustelidae et au genre Neogale. Doté d'un pelage dense et imperméable d'un brun chocolat caractéristique, il occupe une place centrale dans les écosystèmes riverains qu'il habite, agissant à la fois comme prédateur opportuniste et comme proie pour plusieurs carnivores de plus grande taille. Son aptitude remarquable à coloniser des milieux variés, conjuguée à sa plasticité alimentaire, en fait l'une des espèces les plus étudiées de la famille des mustélidés. Introduit intentionnellement ou accidentellement en Europe, en Amérique du Sud et dans certaines régions d'Asie à la suite de l'industrie pelletière, il est aujourd'hui considéré comme une espèce envahissante majeure dans plusieurs pays, menaçant la biodiversité locale et notamment le vison d'Europe (Mustela lutreola).
© Shmugrizzle - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)Le vison d'Amérique est un mustélidé de taille moyenne au corps particulièrement allongé, souple et musclé, parfaitement adapté à une vie à la fois terrestre et aquatique. Les mâles sont nettement plus imposants que les femelles, un dimorphisme sexuel caractéristique de l'espèce. Les mâles mesurent généralement entre 45 et 70 cm de longueur totale, queue comprise, pour un poids variant de 800 g à plus de 2 kg selon la saison et la région. Les femelles atteignent le plus souvent entre 35 et 55 cm et pèsent de 500 g à 1,2 kg.
Son pelage, dense et imperméable, constitue l'une de ses adaptations les plus remarquables. Il est composé d'un duvet extrêmement serré recouvert de longs poils de jarre qui empêchent l'eau d'atteindre la peau, même lors de longues immersions. La coloration naturelle varie du brun chocolat foncé au brun presque noir, avec des nuances plus claires sur les flancs. Une tache blanche plus ou moins développée est généralement présente sur le menton et parfois sur la poitrine. Les élevages de fourrure ont produit de nombreuses mutations de couleur, notamment blanches, argentées, bleutées ou pastel, dont certains individus se sont échappés et peuvent occasionnellement être observés dans la nature.
La tête est relativement aplatie, avec un museau court, des oreilles arrondies peu proéminentes et de petits yeux offrant une bonne vision crépusculaire. Les vibrisses très développées permettent de détecter les mouvements des proies dans l'eau trouble. Les membres sont relativement courts mais puissants, munis de cinq doigts portant des griffes acérées. Une légère palmure relie les doigts, améliorant la propulsion lors de la nage sans compromettre l'agilité terrestre.
La queue, épaisse à la base et très fournie, représente près du tiers de la longueur totale. Elle sert principalement de gouvernail lors des déplacements aquatiques et contribue à l'équilibre lorsque l'animal grimpe sur les berges ou franchit des obstacles. Le crâne est robuste, doté de puissantes mâchoires et d'une dentition typique des carnivores spécialisés. Son odorat particulièrement développé ainsi que son excellente audition compensent une vision relativement modeste.
© Natalya Andreyenkova - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)L'aire de répartition native du vison d'Amérique couvre la quasi-totalité de l'Amérique du Nord, depuis la limite des arbres au Canada et en Alaska jusqu'aux États du golfe du Mexique, à l'exception des déserts arides du sud-ouest américain et des zones arctiques dépourvues de cours d'eau permanents. L'espèce est absente de Floride méridionale, des Grandes Plaines centrales et des régions montagneuses à hautes altitudes. Au Canada, elle est présente dans toutes les provinces et territoires disposant d'une couverture forestière et d'un réseau hydrographique. Sa tolérance aux conditions climatiques variées est remarquable : elle survit aussi bien dans les forêts boréales soumises à des températures hivernales extrêmes que dans les marécages subtropicaux.
L'habitat privilégié est étroitement lié à la présence d'eau : cours d'eau, lacs, étangs, tourbières, marais et zones humides côtières constituent les biotopes de prédilection de l'espèce. Le vison d'Amérique est rarement observé à plus de 100 mètres d'une source d'eau permanente. Les rives boisées offrent à la fois des sites de terriers, des ressources alimentaires diversifiées et une couverture végétale protectrice. Il utilise des tanières naturelles — creux d'arbres, terriers abandonnés de rats musqués ou de loutres, anfractuosités rocheuses — ainsi que des galeries qu'il peut creuser lui-même dans des berges meubles.
Hors de son aire native, le vison d'Amérique est désormais établi dans de nombreux pays d'Europe occidentale et orientale, notamment au Royaume-Uni, en Espagne, en France, en Suède, en Finlande, en Islande, dans les pays baltes, en Russie et en Biélorussie, ainsi qu'en Argentine et au Chili, à la suite d'évasions ou de lâchers de fermes d'élevage. Ces populations exotiques occupent des habitats rivulaires comparables à ceux exploités en Amérique du Nord, attestant de la grande adaptabilité écologique de l'espèce.
© Manimalworld
CC-BY-NC-SA (Certains droits réservés)Le vison d'Amérique est un prédateur opportuniste à régime carnivore, dont les habitudes alimentaires varient considérablement selon la saison, la localisation géographique et la disponibilité des proies. En milieu aquatique, il consomme principalement des poissons, des grenouilles, des salamandres, des écrevisses et d'autres invertébrés aquatiques. En milieu terrestre, il chasse des micromammifères — notamment des campagnols, des musaraignes et des souris — ainsi que des lapins de garenne, des oiseaux nichant au sol, des oeufs, des reptiles et occasionnellement des insectes.
La composition du régime alimentaire varie saisonnièrement de manière marquée. Au printemps et en été, les amphibiens, les écrevisses et les poissons constituent souvent l'essentiel des proies, la productivité aquatique étant alors maximale. En automne et en hiver, lorsque les cours d'eau sont partiellement gelés, les micromammifères terrestres deviennent prépondérants. Le vison est capable de plonger jusqu'à plusieurs mètres de profondeur pour capturer des poissons ou des crustacés, et peut nager sur de courtes distances sous la glace. Sa technique de chasse est active et repose essentiellement sur la poursuite rapide et le pistage olfactif.
En tant que prédateur de taille intermédiaire, le vison d'Amérique joue un rôle régulateur important dans les communautés riveraines. Dans les zones où il a été introduit, son impact sur les populations d'oiseaux nichant au sol ainsi que sur les amphibiens locaux peut être considérable, contribuant à des déclins populationnels parfois sévères. Des études réalisées en Écosse et en Espagne ont documenté des effets négatifs significatifs sur des espèces patrimoniales telles que le campagnol terrestre (Arvicola amphibius) et la loutre d'Europe (Lutra lutra), illustrant la portée écologique de sa prédation en dehors de son aire native.
© Shmugrizzle - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)La reproduction du vison d'Amérique est fortement saisonnière. Dans la majeure partie de son aire de répartition, les accouplements ont lieu entre la fin de l'hiver et le début du printemps, généralement de février à avril, avec des variations selon la latitude et les conditions climatiques. Les mâles deviennent alors très mobiles et parcourent de longues distances afin de rechercher des femelles réceptives. Les territoires de plusieurs femelles peuvent être inclus dans celui d'un seul mâle, ce qui favorise un système d'accouplement polygynique. Lorsqu'il rencontre une femelle en oestrus, le mâle la suit durant plusieurs heures, voire plusieurs jours. Les interactions sont souvent marquées par des poursuites, des vocalisations et des combats simulés avant l'accouplement. Celui-ci peut durer plus d'une heure, une durée inhabituelle chez de nombreux carnivores mais fréquente chez les mustélidés.
Comme plusieurs espèces de cette famille, le vison d'Amérique présente une implantation embryonnaire différée. Après la fécondation, le développement de l'embryon est temporairement interrompu avant son implantation dans la paroi utérine. Ce mécanisme permet d'adapter la naissance aux conditions printanières les plus favorables. La durée totale de gestation varie ainsi d'environ 40 à 75 jours selon la longueur de cette diapause embryonnaire. La mise bas intervient généralement entre avril et mai dans un terrier aménagé sous des racines, dans une cavité rocheuse, un terrier abandonné ou parfois dans un tronc creux. La portée comprend le plus souvent quatre à six petits, mais peut varier de un à dix selon l'âge de la femelle et l'abondance des ressources alimentaires.
Les nouveau-nés sont aveugles, presque nus et entièrement dépendants de leur mère. Leur croissance est rapide grâce à un lait très riche. Les yeux s'ouvrent vers l'âge de quatre semaines et les jeunes commencent rapidement à explorer les abords du terrier. Ils apprennent progressivement les techniques de chasse en accompagnant leur mère durant l'été. À la fin de l'été ou au début de l'automne, ils deviennent indépendants et quittent le territoire maternel pour établir leur propre domaine vital. La maturité sexuelle est généralement atteinte avant l'âge d'un an, bien que les jeunes femelles se reproduisent souvent plus tôt que les jeunes mâles. L'espérance de vie en milieu naturel est généralement de trois à quatre ans, bien que des individus de sept à huit ans aient été signalés.
© Luis Garcia Falcon - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)Le vison d'Amérique est un animal essentiellement solitaire, discret et fortement territorial. En dehors de la période de reproduction et de la phase d'élevage des jeunes, les contacts entre adultes demeurent rares. Chaque individu défend activement son territoire contre les congénères du même sexe au moyen de marquages olfactifs, de sécrétions produites par les glandes anales, d'urine et de fèces déposées sur des points remarquables du paysage. Principalement actif au crépuscule et durant la nuit, il peut toutefois chasser en plein jour dans les régions peu fréquentées par l'homme ou lorsque les besoins alimentaires augmentent. Son activité est répartie en plusieurs courtes périodes de chasse séparées par des phases de repos dans son terrier ou dans des refuges temporaires.
Excellent nageur, il se déplace avec aisance aussi bien en surface que sous l'eau. Il peut parcourir plusieurs dizaines de mètres en apnée et poursuivre des poissons dans les zones peu profondes. Sur terre, sa locomotion est caractérisée par une succession de bonds rapides lui permettant de franchir facilement les obstacles naturels. Il grimpe également avec une certaine facilité aux arbres inclinés, aux rochers et aux berges abruptes. Le vison possède un comportement exploratoire très développé. Il inspecte régulièrement les cavités, les terriers abandonnés, les amas de branches et les troncs tombés où peuvent se cacher des proies. Cette curiosité contribue à son efficacité comme prédateur généraliste.
Les communications vocales restent limitées. L'espèce émet principalement des grognements, des sifflements, des cris aigus et des claquements lors des affrontements ou des interactions entre la mère et ses petits. Les signaux chimiques jouent un rôle beaucoup plus important dans la reconnaissance individuelle, la délimitation des territoires et l'état reproducteur. Dans les régions froides, le vison d'Amérique ne connaît pas d'hibernation. Il demeure actif tout au long de l'hiver et utilise volontiers les galeries creusées sous la neige ou les ouvertures maintenues dans la glace pour accéder aux milieux aquatiques.
© P. Faulkner27 - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)Dans son aire de répartition native, le vison d'Amérique est soumis à la prédation de plusieurs carnivores de plus grande taille. Le coyote (Canis latrans) et le renard roux (Vulpes vulpes) figurent parmi ses prédateurs terrestres les plus fréquents, particulièrement pour les juvéniles inexpérimentés et les individus affaiblis. Le grand-duc d'Amérique (Bubo virginianus) est le principal prédateur aérien, capable de capturer des adultes. La loutre de rivière (Lontra canadensis), bien que principalement piscivore, peut occasionnellement entrer en conflit direct avec le vison d'Amérique pour les ressources alimentaires et les sites de tanières, entraînant parfois la mort de ce dernier.
La martre de Pennant (Martes pennanti) et le lynx du Canada (Lynx canadensis) sont également cités comme prédateurs potentiels dans les forêts boréales, de même que la loutre de mer (Enhydra lutris), qui partage partiellement l'habitat côtier dans certaines régions du Pacifique nord. Les loups (Enhydra lutris) peuvent occasionnellement prélever des individus dans des zones de forte densité de prédateurs. La pression de prédation est généralement plus faible en milieu aquatique, où le vison bénéficie d'un avantage de mobilité, qu'en milieu terrestre ouvert.
La mortalité attribuable à la prédation est difficile à évaluer précisément dans la nature, mais elle est considérée comme un facteur régulateur secondaire par rapport à la disponibilité alimentaire et aux maladies. Les juvéniles lors de la période de dispersion, de juillet à septembre, sont particulièrement vulnérables, n'ayant pas encore établi de territoire sécurisé.
© Christian Reynolds
Malgré qu'il ne soit pas considéré en voie d'extinction, le vison d'Amérique fait face à plusieurs menaces locales qui affectent certaines populations ou certaines sous-espèces de manière significative. La destruction et la dégradation des zones humides constituent la principale menace structurelle : le drainage agricole, la canalisation des cours d'eau, la construction de barrages et l'urbanisation des berges réduisent la qualité et la surface des habitats disponibles dans de nombreuses régions d'Amérique du Nord.
La pollution des écosystèmes aquatiques représente une menace directe pour l'espèce. En tant que prédateur au sommet de la chaîne trophique riveraine, le vison est exposé à la bioaccumulation de contaminants organochlorés (PCB, DDT et leurs métabolites), de métaux lourds (mercure, cadmium) et de pesticides. Ces polluants peuvent entraîner des troubles de la reproduction, des malformations congénitales, une immunosuppression et une mortalité accrue. Des études menées dans les Grands Lacs ont mis en évidence des concentrations alarmantes de polluants persistants dans les tissus de visons sauvages, associées à des taux de reproduction réduits.
Le piégeage à des fins commerciales, bien que réglementé dans la plupart des États et provinces, demeure une source de mortalité significative dans certaines régions. Des maladies infectieuses, notamment la maladie aléoutienne, la leptospirose et la maladie de Carré, peuvent décimer des populations locales. Le changement climatique modifie progressivement la phénologie des cours d'eau et la disponibilité des proies, avec des conséquences encore mal cernées sur la dynamique des populations. Certaines sous-espèces à distribution restreinte, comme Neogale vison mink sur l'île de Prince Édouard ou Neogale vison lacustris dans certains lacs du bouclier canadien, pourraient être particulièrement vulnérables à ces perturbations localisées.
© Adam Ross - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)À l'échelle mondiale, le vison d'Amérique est classé en "Préoccupation mineure" (LC) sur la Liste rouge de l'IUCN, en raison de sa vaste aire de répartition, de ses populations abondantes et de son absence de déclin global significatif. Cependant, cette évaluation globale masque des situations locales contrastées. Plusieurs États américains et provinces canadiennes ont mis en place des programmes de surveillance des populations, des quotas de piégeage et des réglementations saisonnières destinés à maintenir des niveaux de prélèvement durables.
La conservation des zones humides riveraines constitue la mesure la plus efficace pour le maintien des populations de visons. Des programmes de restauration de berges, de renaturation de cours d'eau et de création de corridors écologiques entre les habitats fragmentés contribuent directement à la préservation de l'espèce. En Amérique du Nord, plusieurs organisations environnementales, dont Ducks Unlimited et des agences fédérales comme le U.S. Fish and Wildlife Service (FWS), intègrent la protection du vison dans leurs plans de gestion des zones humides.
En Europe et dans d'autres régions où le vison d'Amérique est envahissant, la gestion vise à l'inverse à contrôler voire à éliminer les populations établies pour protéger les espèces autochtones, notamment le vison d'Europe (Mustela lutreola), espèce en danger critique d'extinction. Des programmes de piégeage intensif ont été mis en oeuvre en Espagne, au Royaume-Uni, en Finlande et dans d'autres pays, avec des résultats variables selon l'intensité de l'effort et la connectivité des populations traitées. Ces programmes illustrent le paradoxe de conservation que représente le vison d'Amérique : espèce protégée dans son aire native, il est activement éliminé dans les régions où il constitue une menace pour la biodiversité indigène.
Auteur: Nonbinary-Naturalist
CC0 (Domaine public)L'histoire taxonomique du vison d'Amérique a connu d'importantes révisions scientifiques au fil du temps, reflétant l'évolution des outils méthodologiques de la biologie systématique. L'espèce a été formellement décrite pour la première fois en 1777 par le naturaliste allemand Johann Christian Daniel von Schreber, d'après les données d'échantillons provenant de l'est de l'Amérique du Nord. Pendant plus de deux siècles, la communauté scientifique a placé ce petit carnivore au sein du vaste genre Mustela, aux côtés des belettes, des hermines, des putois et du vison d'Europe, en raison de convergences morphologiques évidentes liées à leur mode de vie semi-aquatique et à leur silhouette allongée. Il a ainsi longtemps été désigné sous le nom scientifique de Mustela vison.
Le grand tournant de l'histoire taxonomique de cet animal s'est produit au début du XXIe siècle grâce à l'essor des outils de la phylogénie moléculaire. En séquençant le génome mitochondrial et nucléaire de divers représentants des mustélidés, les biologistes ont découvert un phénomène de convergence évolutive spectaculaire. Les analyses génétiques ont démontré que le vison d'Amérique n'était absolument pas le frère phylogénétique du vison d'Europe. En réalité, le vison d'Europe est génétiquement beaucoup plus proche du putois d'Europe que du vison d'Amérique. Les similitudes physiques et comportementales entre les deux visons ne découlent pas d'une parenté étroite, mais d'une adaptation indépendante au même mode de vie semi-aquatique et à la capture de proies similaires en milieu palustre.
Face à cette évidence moléculaire, le maintien du vison d'Amérique dans le genre Mustela rendait ce dernier polyphylétique, une hérésie en systématique moderne où chaque genre doit regrouper un ancêtre commun et la totalité de ses descendants. Les données ont révélé que la lignée du vison d'Amérique a divergé des autres mustélidés de l'Ancien Monde il y a plusieurs millions d'années, formant un clade spécifiquement endémique au continent nord-américain. Ce groupe monophylétique néarctique comprend également d'autres espèces autrefois placées chez Mustela, à savoir la belette à longue queue, la belette tropicale, la belette colombienne ainsi que le vison de mer, une espèce éteinte à la fin du XIXe siècle.
Pour corriger cette anomalie et refléter la véritable histoire évolutive de ces animaux, la communauté scientifique a validé l'extraction de ce clade du genre Mustela. Les taxonomistes ont alors réhabilité le genre Neogale, un nom qui avait été proposé dès 1865 par le zoologiste anglais John Edward Gray, mais qui avait été ignoré pendant près d'un siècle. Ce changement de nomenclature générique formalise la séparation définitive entre les visons du Nouveau Monde (Neogale) et les mustélidés de l'Ancien Monde (Mustela). Aujourd'hui, cette réorganisation est pleinement acceptée et intégrée par les grandes autorités biostatistiques internationales, closant ainsi un long débat sur les origines de ce prédateur.
La taxonomie infraspécifique du vison d'Amérique reconnaît un nombre variable de sous-espèces selon les autorités consultées, oscillant entre une quinzaine et une trentaine selon les critères morphologiques ou moléculaires retenus. Les révisions modernes tendent à réduire ce nombre en regroupant des taxons morphologiquement proches dont la distinction n'est pas soutenue par les données génétiques. Les sous-espèces suivantes sont généralement reconnues dans les synthèses récentes.
- Neogale vison vison : est la sous-espèce nominale, décrite à l'origine à partir de spécimens d'Amérique du Nord orientale; elle sert de référence pour la description de l'espèce.
- Neogale vison ingens : est une grande sous-espèce de l'Alaska intérieur et du Yukon, caractérisée par sa taille corporelle supérieure à celle des populations continentales.
- Neogale vison lacustris : est distribuée dans la région des Grands Lacs et du bouclier canadien méridional, présentant un pelage légèrement plus foncé.
- Neogale vison letifera : occupe les régions des Appalaches méridionales et du plateau Cumberland, avec une morphologie intermédiaire.
- Neogale vison lowii : est une petite sous-espèce insulaire décrite de Terre-Neuve, dont la validité a parfois été contestée.
- Neogale vison mink : est une sous-espèce des régions côtières de la Nouvelle-Angleterre et des provinces maritimes canadiennes, dont le nom vernaculaire "mink" dérive directement du terme suédois signifiant "animal puant".
- Neogale vison nesolestes : est une sous-espèce insulaire des archipels de la côte pacifique de la Colombie-Britannique, légèrement plus petite que les formes continentales adjacentes.
Plusieurs autres sous-espèces régionales ont été décrites dans les grandes plaines, les Rocheuses et le bassin du Mississippi, mais leur statut reste controversé et nécessite des analyses génétiques complémentaires pour être définitivement établi. Les populations introduites en Europe, en Asie et en Amérique du Sud résultent le plus souvent de mélanges entre différentes sous-espèces nord-américaines provenant d'élevages de fourrure. Les croisements répétés réalisés durant plus d'un siècle ont largement brouillé les différences morphologiques initiales, rendant l'attribution à une sous-espèce précise généralement impossible pour les individus vivant hors de leur aire de répartition naturelle.
© Kelpa Delpian - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)| Nom commun | Vison d'Amérique |
| English name | American mink |
| Español nombre | Visón americano |
| Règne | Animalia |
| Embranchement | Chordata |
| Sous-embranchement | Vertebrata |
| Super-classe | Tetrapoda |
| Classe | Mammalia |
| Sous-classe | Theria |
| Infra-classe | Eutheria |
| Ordre | Carnivora |
| Sous-ordre | Caniformia |
| Famille | Mustelidae |
| Genre | Neogale |
| Nom binominal | Neogale vison |
| Décrit par | Johann Christian Schreber |
| Date | 1777 |
Satut IUCN | ![]() |
* Liens internes
Liste Rouge IUCN des espèces menacées
Mammal Species of the World (MSW)
Système d'information taxonomique intégré (ITIS)
U.S. Fish and Wildlife Service (FWS)
* Liens externes
Global Biodiversity Information Facility (GBIF)
IUCN SSC Small Carnivore Specialist Group
* Bibliographie
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