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Raton crabier (Procyon cancrivorus)
Le raton crabier (Procyon cancrivorus) est un mammifère carnivore de la famille des Procyonidae, étroitement apparenté au raton laveur (Procyon lotor). Réparti sur une vaste aire géographique couvrant l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud tropicale et subtropicale, cet animal semi-aquatique se distingue par son aptitude remarquable à exploiter les milieux humides comme les rives de fleuves, les mangroves et les marécages. Son masque facial sombre et sa queue annelée en font une silhouette aisément reconnaissable. Bien que moins étudié que son cousin nord-américain, le raton crabier suscite un intérêt croissant pour la compréhension de l'écologie des zones ripariennes néotropicales. Le raton crabier est également appelé Chien crabier.
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CC-BY-NC (Certains droits réservés)Le raton crabier est un mammifère de taille moyenne présentant une morphologie générale proche de celle du raton laveur (Procyon lotor), tout en présentant plusieurs caractéristiques distinctives liées à son mode de vie semi-aquatique et à son adaptation aux milieux tropicaux. Sa silhouette trapue et robuste repose sur des membres relativement courts et forts, bien adaptés à la locomotion en milieux humides et à la manipulation active des proies aquatiques.
La tête est large et arrondie, avec un museau court et proéminent. Le trait le plus caractéristique de l'espèce est le masque facial noir contrastant avec le pelage grisâtre du front et des joues, rappelant un loup de mascarade. Ce masque est légèrement moins développé que chez le raton laveur, et les marques sont parfois moins nettement délimitées selon les individus et les sous-espèces. Les yeux sont relativement grands, à iris brun foncé, adaptés à une activité crépusculaire et nocturne. Les oreilles, de taille modérée et arrondies, sont recouvertes d'un pelage fin et de couleur plus claire sur leur face interne.
Le pelage général est composé d'un sous-poil dense et laineux recouvert de jarres plus longs et grossiers. La coloration dorsale varie du gris jaunâtre au gris-brun, souvent avec des reflets ocre ou roussâtres, particulièrement marqués sur les flancs et les membres. Le ventre est généralement plus clair, tirant vers le beige ou le jaunâtre. La queue, semi-préhensile dans sa fonctionnalité d'équilibre, est touffue et ornée de quatre à six anneaux alternativement sombres et clairs, se terminant par une extrémité noirâtre. Cette queue touffue est cependant moins volumineuse que chez le raton laveur.
Les membres antérieurs sont particulièrement importants sur le plan fonctionnel. Les pattes avant sont pourvues de cinq doigts longs et fins, munis de griffes semi-rétractiles non acérées, permettant une manipulation remarquablement précise des objets et des proies. Cette habileté manuelle est une des caractéristiques les plus remarquables des procyonidés en général, et le raton crabier l'exploite pleinement pour détecter et saisir ses proies aquatiques par des mouvements de tâtonnement. Les pattes postérieures sont légèrement plus grandes et dotées de griffes plus robustes, permettant des déplacements efficaces sur les berges boueuses et glissantes.
Sur le plan pondéral, les adultes pèsent généralement entre 3 et 7 kilogrammes, avec une moyenne autour de 4 à 5 kg. La longueur totale, queue comprise, oscille entre 50 et 90 centimètres, pour une longueur du corps seul de 40 à 65 cm. La queue mesure de 20 à 38 cm. Un dimorphisme sexuel modéré existe : les mâles sont en moyenne 10 à 15 % plus lourds et plus grands que les femelles. Les individus des régions méridionales et de l'intérieur des terres tendent à être légèrement plus grands que ceux des zones côtières ou insulaires, illustrant une variabilité géographique notable. La formule dentaire est celle typique des procyonidés : incisives 3/3, canines 1/1, prémolaires 4/4, molaires 2/2, soit 40 dents au total. Les canines sont bien développées, et les molaires bunodontiales permettent le traitement de proies diverses, tant animales que végétales.
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CC-BY-NC (Certains droits réservés)La répartition géographique du raton crabier s'étend sur une vaste portion du continent américain, englobant une diversité remarquable de paysages tropicaux et subtropicaux. L'extrême limite septentrionale de son aire de distribution se situe dans le sud de l'Amérique centrale, principalement au Panama et dans certaines zones limitrophes du Costa Rica. En progressant vers le sud, l'espèce occupe une immense majorité du territoire sud-américain à l'est de la chaîne des Andes. On la retrouve ainsi en Colombie, au Venezuela, dans les Guyanes, en Équateur, au Pérou, en Bolivie, au Brésil, au Paraguay, en Uruguay ainsi que dans le nord de l'Argentine.
L'habitat privilégié du raton crabier se caractérise par une association intime et constante avec les milieux aquatiques et humides. Il fréquente assidûment les forêts d'inondation, les mangroves côtières, les marécages, les zones humides du Pantanal, ainsi que les rives des cours d'eau, des lacs et des lagunes. Bien qu'il soit principalement associé à des altitudes basses et moyennes, rarement au-dessus de deux mille mètres, il est en mesure d'exploiter les forêts galeries qui serpentent à travers des formations végétales plus sèches comme le Cerrado ou le Caatinga brésilien, à condition qu'un point d'eau permanent reste accessible à proximité.
Cette dépendance envers les milieux aquatiques n'empêche pas l'animal de s'aventurer dans les forêts humides humides de plaine ou même dans les zones agricoles bordant les cours d'eau. Il évite en revanche les déserts extrêmement arides et les sommets montagneux dépourvus de couvert végétal adéquat. La structure de son habitat doit lui fournir non seulement une nourriture abondante composée d'organismes aquatiques, mais également des refuges sûrs pour la journée. Les arbres creux, les cavités rocheuses, les sous-bois denses et les enchevêtrements de racines dans les mangroves constituent ses abris préférentiels pour se reposer à l'abri des intempéries et de la vue des prédateurs.
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CC-BY-NC-SA (Certains droits réservés)L'alimentation du raton crabier est résolument omnivore et opportuniste, bien que son régime soit dominé par les proies aquatiques. Cette spécialisation partielle le distingue nettement du raton laveur, dont le régime est davantage généraliste. L'organisation de son territoire et de ses déplacements nocturnes est largement conditionnée par la localisation des ressources aquatiques qui constituent les terrains de chasse privilégiés.
Les crustacés forment la composante la plus caractéristique de son régime alimentaire. Crabes d'eau douce (notamment des familles Trichodactylidae, Pseudothelphusidae et Aeglidae) et crevettes d'eau douce constituent des proies de premier choix. Ces crustacés sont localisés par tâtonnement : le raton crabier plonge ses pattes avant dans l'eau ou sous les pierres et rochers en bord de cours d'eau, exploitant la remarquable sensibilité tactile de ses doigts pour détecter toute présence animale, même dans des eaux turbides ou des substrats vaseux. Cette technique de chasse, commune à l'ensemble des procyonidés, atteint ici un niveau de raffinement particulier, l'animal étant capable de distinguer par le toucher seul la nature et la taille de ses proies.
Les mollusques — escargots aquatiques et terrestres, moules d'eau douce et huîtres dans les zones côtières — constituent également une ressource régulièrement exploitée. Le raton crabier est capable de fracturer les coquilles épaisses grâce à ses mâchoires robustes ou en les frappant contre des pierres. Les poissons représentent une autre composante importante du régime, capturés dans les eaux peu profondes lors de chasses à l'affût ou par des mouvements rapides des pattes avant. Les amphibiens — grenouilles et crapauds — sont fréquemment consommés, notamment en saison des pluies lors de leur période de reproduction. Les reptiles de petite taille, incluant lézards et petits serpents, complètent ponctuellement ce régime.
La fraction végétale du régime est significative, bien que secondaire par rapport aux proies animales. Fruits sauvages, baies, figues et autres fruits tropicaux constituent des ressources saisonnières importantes, permettant à l'animal de diversifier ses apports énergétiques lors des périodes de faible disponibilité en proies aquatiques. Les procyonidés, y compris le raton crabier, jouent ainsi un rôle non négligeable dans la dispersion des graines de nombreuses espèces végétales. Des arthropodes terrestres — insectes, larves, vers de terre — complètent également le régime de manière opportuniste. Des observations de consommation de charognes ont été rapportées, bien que ce comportement semble marginal et lié à des conditions de ressources limitées.
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All rights reserved (Tous droits réservés)La reproduction du raton crabier est saisonnière dans les régions tempérées ou soumises à une forte saisonnalité climatique, tandis qu'elle peut s'étaler sur une plus longue période dans les zones tropicales humides à régime pluviométrique moins contrasté. Dans les régions méridionales de l'aire de répartition, notamment en Argentine et au Brésil méridional, les naissances surviennent principalement entre juillet et septembre dans l'hémisphère sud, correspondant à la fin de la saison sèche et au début de la saison humide. Dans les régions équatoriales, les naissances peuvent intervenir à presque toute période de l'année, avec parfois deux pics saisonniers.
La maturité sexuelle est atteinte relativement tôt : les femelles sont généralement aptes à se reproduire dès l'âge de dix à douze mois, parfois dès leur première saison de reproduction si elles sont nées suffisamment tôt dans l'année. Les mâles atteignent leur maturité vers l'âge de quatorze à seize mois, mais ils ne participent effectivement à la reproduction qu'après leur deuxième ou troisième année, en raison de la compétition avec les mâles dominants. La polygamie est le système reproductif dominant. Un mâle adulte peut s'accoupler avec plusieurs femelles au cours d'une même saison, tandis que les femelles n'élèvent leurs jeunes qu'avec un investissement parental essentiellement maternel, sans participation durable du mâle.
La période de gestation dure environ 60 à 73 jours, une durée légèrement plus courte que chez le raton laveur (63 à 65 jours en moyenne). La portée est généralement composée de deux à quatre petits, avec une moyenne de trois petits par portée dans les conditions naturelles. Des portées de un à six petits ont été documentées, mais les extrêmes sont rares. Les nouveau-nés naissent avec les yeux fermés et sont entièrement dépendants de leur mère. Leur poids à la naissance est d'environ 70 à 90 grammes. Le masque facial est déjà ébauché à la naissance, bien que le pelage soit peu développé.
Les yeux s'ouvrent entre le dix-huitième et le vingt-cinquième jour suivant la naissance. Le sevrage intervient progressivement entre six et dix semaines, la mère commençant à apporter des proies solides à ses jeunes dès la cinquième semaine. Les petits commencent à explorer les abords de l'aire de mise bas vers l'âge de sept à huit semaines, toujours sous la surveillance étroite de la mère. À l'âge de quatre à cinq mois, les jeunes accompagnent régulièrement leur mère lors des sorties alimentaires, apprenant les techniques de chasse aquatique par observation et imitation. La dispersion des jeunes intervient généralement entre l'âge de huit et douze mois, au début de la saison de reproduction suivante, lorsque la mère se prépare à une nouvelle mise bas.
Le site de mise bas est généralement une cavité dans un arbre creux, un terrier creusé par une autre espèce, un amas de végétation dense ou une anfractuosité rocheuse à proximité immédiate d'un cours d'eau. La femelle n'aménage pas de véritable nid élaboré, mais elle garnit le fond de la cavité de quelques feuilles ou brindilles. Elle peut utiliser le même site plusieurs années consécutives. La longévité du raton crabier en milieu naturel est estimée à 5 à 8 ans, tandis que des individus en captivité ont vécu jusqu'à 15 ans. Les taux de mortalité juvénile sont élevés — estimés à 40-60 % lors de la première année — et liés à la prédation, aux maladies et aux conditions climatiques défavorables.
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Di-no license (Licence inconnue)Le raton crabier est un animal essentiellement solitaire et nocturne, dont l'activité se concentre entre le crépuscule et l'aube. Pendant la journée, il se repose dans des abris discrets : creux d'arbres, fourrés denses, terriers abandonnés ou anfractuosités rocheuses en bordure de cours d'eau. Il fait preuve d'une bonne aptitude à l'escalade et peut dormir perché dans la canopée basse ou intermédiaire des forêts ripariennes, à l'abri des prédateurs terrestres. Cette double capacité à évoluer en milieu terrestre, arboricole et semi-aquatique lui confère une grande flexibilité comportementale.
La locomotion terrestre est de type plantigrade, comme chez l'ensemble des procyonidés. L'animal se déplace avec une démarche lente et méthodique lors des phases de recherche alimentaire, mais peut accélérer en cas de danger, atteignant des vitesses de fuite honorables sur de courtes distances. Il est un excellent nageur, capable de traverser des rivières larges et de plonger en eaux peu profondes pour capturer des proies. La fourrure, relativement dense, offre une isolation thermique suffisante pour les immersions de courte durée dans des eaux fraîches. Il grimpe aux arbres avec agilité, en utilisant ses griffes semi-rétractiles comme points d'ancrage sur l'écorce.
Le système social est principalement basé sur la solitude et l'évitement entre adultes, particulièrement entre mâles. Les domaines vitaux se chevauchent peu entre individus de même sexe, bien que des recouvrements partiels aient été documentés entre mâles et femelles en dehors de la période de reproduction. La communication intraspécifique repose sur plusieurs modalités : olfactive, acoustique et tactile. Les individus marquent leur territoire par des dépôts de glandes anales, d'urine et de fèces sur des points marquants de leur domaine. Ces marques olfactives renseignent les congénères sur l'identité, le sexe, le statut reproducteur et le statut social du déposant.
Les interactions sociales entre adultes, hormis la période d'accouplement, sont généralement brèves et teintées d'intolérance. Des agressions entre mâles ont été rapportées, notamment lors de la saison de reproduction lorsque la compétition pour l'accès aux femelles est forte. En captivité, des groupes mixtes peuvent cohabiter avec une certaine tolérance après une période d'acclimatation, mais des hiérarchies de dominance se mettent rapidement en place. L'apprentissage des techniques de chasse aquatique est largement comportemental : les jeunes observent leur mère et imitent ses gestes, développant progressivement leur propre efficacité de capture. Cette transmission culturelle des comportements de chasse est un aspect fascinant de la biologie comportementale de cette espèce, qui mérite des études approfondies en milieu naturel.
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CC-BY-NC-SA (Certains droits réservés)Le raton crabier, malgré sa robustesse et son aptitude à se défendre, est exposé à un spectre de prédateurs naturels relativement large compte tenu de sa taille moyenne et de son mode de vie terrestre et semi-aquatique. La diversité de ses ennemis potentiels reflète la richesse faunistique des écosystèmes néotropicaux qu'il occupe, depuis les forêts amazoniennes jusqu'aux marécages du Pantanal et aux mangroves côtières.
Parmi les grands félins, le jaguar (Panthera onca) représente vraisemblablement le prédateur le plus redoutable pour le raton crabier dans la majeure partie de son aire de répartition. Ce grand félin partage souvent les mêmes milieux humides et riverains, et est lui-même un chasseur très spécialisé dans la capture de proies aquatiques. Le puma (Puma concolor) peut également s'attaquer au raton crabier dans les zones de forêt ouverte ou de savane boisée. L'ocelot (Leopardus pardalis), de taille plus modeste, fréquentant les mêmes habitats riverains et est capable de capturer des proies de la taille du raton crabier.
Les rapaces constituent une menace significative, particulièrement pour les juvéniles et les subadultes. Le grand-duc d'Amérique (Bubo virginianus) et la chouette dryade (Strix hylophila) peuvent s'attaquer aux jeunes ratons crabiers lors de leurs premières sorties. Les autres grands rapaces, tels que l'harpie féroce (Harpia harpyja), sont capables de capturer des individus adultes, bien que le raton crabier ne figure probablement pas parmi leurs proies préférentielles. Le sarcoramphe roi (Sarcoramphus papa) et d'autres charognards peuvent exploiter les carcasses, mais sans exercer une pression de prédation directe.
Les crocodiliens — caïman à lunettes (Caiman crocodilus) et caïman noir (Melanosuchus niger) en Amazonie — représentent un danger lors des déplacements aquatiques ou des phases de chasse en eaux peu profondes. Des observations de prédation sur des procyonidés par des crocodiliens ont été rapportées dans la littérature, bien que les données spécifiques au raton crabier restent fragmentaires. Les grands serpents constricteurs, notamment l'anaconda vert (Eunectes murinus) et le boa constricteur (Boa constrictor), constituent également des prédateurs potentiels dans les milieux humides.
Les canidés sauvages, particulièrement le loup à crinière (Chrysocyon brachyurus) dans les cerrados et les champs brésiliens, ainsi que le renard des savanes (Cerdocyon thous), peuvent exercer une pression de prédation ou de compétition. Les jeunes et les individus affaiblis ou blessés sont particulièrement vulnérables. La pression de prédation est globalement plus forte sur les juvéniles lors de la période d'émancipation et sur les individus se déplaçant en terrain découvert, loin des abris et des cours d'eau.
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CC-BY-NC (Certains droits réservés)Bien que le raton crabier ne soit pas immédiatement menacé d'extinction à l'échelle globale, ses populations font face à une multitude de pressions anthropiques croissantes qui altèrent la viabilité de ses habitats. La destruction, la fragmentation et la dégradation des zones humides constituent sans conteste la menace la plus grave et la plus généralisée. L'assèchement des marécages pour l'expansion agricole, la conversion des forêts de mangrove en bassins d'aquaculture intensive pour la crevette et la déforestation des ripisylves réduisent de façon drastique les surfaces de territoire exploitables par l'espèce.
La pollution chimique et industrielle des cours d'eau représente une autre menace insidieuse qui touche directement cet animal au sommet de la chaîne alimentaire aquatique local. L'utilisation massive de pesticides, d'herbicides et d'engrais dans l'agriculture intensive entraîne une contamination lourde des rivières et des étangs. De plus, l'orpaillage illégal et les rejets industriels déversent d'importantes quantités de métaux lourds, comme le mercure, qui se bioaccumulent dans les tissus des crustacés et des poissons. La consommation continue de ces proies contaminées entraîne des problèmes de santé graves, des troubles reproductifs et une mortalité accrue chez le raton crabier.
La pression de la chasse et du braconnage persiste également dans plusieurs régions de son aire de répartition. Bien que sa chair ne soit pas particulièrement recherchée à grande échelle, il est parfois chassé pour la consommation locale ou pour sa fourrure dans certaines zones rurales. De plus, en raison de son goût occasionnel pour les cultures de maïs et les volailles domestiques, il est fréquemment considéré comme un animal nuisible par les agriculteurs et les éleveurs, donnant lieu à des persécutions directes, des piégeages et des empoisonnements préventifs ou de représailles.
Enfin, le développement des infrastructures routières à travers les forêts et le long des zones humides engendre une mortalité routière importante. En raison de ses déplacements nocturnes pour franchir des cours d'eau coupés par des axes routiers, de nombreux individus sont percutés chaque année par des véhicules. La propagation de maladies transmissibles par les animaux domestiques, telles que la rage ou la maladie de Carré véhiculées par les chiens errants, constitue un risque sanitaire supplémentaire susceptible de décimer des populations locales fragilisées.
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CC-BY-NC (Certains droits réservés)Sur le plan du statut de conservation international, le raton crabier est actuellement classé dans la catégorie "Préoccupation mineure" (LC) sur la Liste rouge des espèces menacées de l'IUCN. Cette classification s'explique par sa très vaste répartition géographique, la taille globale présumée de sa population et sa capacité relative à tolérer une certaine modification de son environnement. Cependant, les experts soulignent que la tendance générale des populations est à la baisse en raison de la perte continue de son habitat de prédilection.
La protection de l'espèce repose principalement sur la création et la gestion efficace d'un réseau étendu de zones protégées à travers l'Amérique centrale et du Sud. Des parcs nationaux, des réserves biologiques et des zones humides d'importance internationale protégées par la convention de Ramsar préservent d'immenses étendues de mangroves, de forêts galeries et de marécages où le raton crabier peut s'épanouir à l'abri des activités destructrices. Dans ces espaces préservés, la continuité des corridors biologiques permet le maintien du flux génétique entre les différentes populations.
Au niveau légal et réglementaire, le raton crabier bénéficie de lois de protection de la faune sauvage dans la majorité des pays où il réside. La chasse commerciale et le commerce international de l'espèce sont strictement régulés et surveillés. L'inscription de l'espèce dans des annexes de lois nationales sur la biodiversité interdit sa capture non autorisée et sa détention comme animal de compagnie. La sensibilisation des communautés locales habitant à proximité des zones humides s'avère également primordiale pour réduire la persécution directe et promouvoir des méthodes de protection des cultures compatibles avec la faune.
Pour assurer la conservation pérenne de cette espèce, les efforts futurs doivent se concentrer sur la restauration des écosystèmes aquatiques dégradés, l'amélioration de la qualité des eaux fluviales et l'aménagement de passages à faune sous les routes traversant ses habitats. Des études scientifiques complémentaires sont nécessaires pour affiner la connaissance des densités de population et de l'impact des polluants environnementaux. Seule une approche intégrée associant protection des milieux, réglementation stricte et recherche scientifique permettra de garantir le maintien durable du raton crabier dans les paysages néotropicaux.
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All rights reserved (Tous droits réservés)L'histoire taxonomique du raton crabier trouve son origine officielle à la fin du XVIIIe siècle, une période marquée par un effort considérable des naturalistes européens pour recenser et classifier la faune récemment découverte dans les Amériques. L'espèce a été décrite sur le plan scientifique par le célèbre naturaliste et anatomiste français Georges Cuvier en 1798. Cuvier s'est appuyé sur l'étude minutieuse d'individus provenant des régions tropicales de la Guyane et des zones côtières d'Amérique du Sud pour mettre en évidence les particularités anatomiques de cet animal, notamment son masque facial singulier, sa dentition adaptée à un régime durophage et la texture courte et rude de sa fourrure tropicale. Cette description pionnière a permis d'établir une distinction claire entre cet habitant des zones humides néotropicales et son proche parent septentrional déjà connu des scientifiques.
Au cours du XIXe siècle, l'expansion des connaissances en anatomie comparée et la multiplication des expéditions scientifiques à travers l'Amazonie, le bassin de l'Orénoque et la pampa sud-américaine ont suscité de vifs débats sur la systématique du groupe. Divers naturalistes et explorateurs, examinant les variations de taille crânienne et la coloration du pelage chez des spécimens récoltés dans des régions géographiques éloignées, ont émis l'hypothèse de l'existence de plusieurs espèces distinctes. Cependant, l'examen approfondi des structures squelettiques et de la formule dentaire a progressivement révélé une unité morphologique fondamentale sous-jacente. La structure des molaires, spécialement adaptées, ainsi que la configuration particulière de la musculature des membres antérieurs ont rapidement été reconnues comme des traits évolutifs partagés par l'ensemble des populations du continent sud-américain. Les révisions taxonomiques ultérieures ont permis de regrouper ces diverses formes locales sous la même entité spécifique, consolidant ainsi la vision d'une espèce biologique unique et polytypique distribuée à travers les zones humides tropicales.
À l'ère moderne, l'avènement de la génétique moléculaire et des analyses phylogénétiques approfondies a apporté un éclairage nouveau sur la phylogéographie et les relations évolutives du raton crabier. Les séquençages de l'ADN mitochondrial et nucléaire ont définitivement validé la monophylie de l'espèce et confirmé la séparation ancienne entre la lignée néotropicale et la lignée nord-américaine, estimée à plusieurs millions d'années. Les travaux contemporains sur la structure génétique des populations ont également permis de préciser les voies de dispersion historiques à travers les principaux bassins hydrographiques du continent, tels que l'Amazone, le Paraná et l'Orénoque, qui ont fonctionné comme d'importants corridors de biodiversité.
La vaste répartition géographique du raton crabier à travers des environnements variés a favorisé l'émergence d'une variabilité morphologique régionale. Bien que l'espèce soit considérée comme un tout homogène sur le plan biologique, la communauté scientifique reconnaît généralement quatre sous-espèces principales, définies sur la base de critères géographiques, de nuances de coloration du pelage et de variations ostéologiques au niveau du crâne :
- Procyon cancrivorus cancrivorus : est la sous-espèce nominale et occupe la partie nord-est du continent sud-américain, incluant le bassin des Guyanes, le Venezuela et de vastes zones du nord du Brésil. Elle se caractérise par une taille moyenne à grande, un pelage relativement sombre avec des teintes grises et noires bien marquées, et une dentition particulièrement puissante adaptée à la consommation des crustacés de grande taille présents dans les systèmes fluviaux littoraux et Amazoniens.
- Procyon cancrivorus aequatorialis : se rencontre principalement dans les régions côtières et les basses terres de l'ouest de l'Équateur, du sud-ouest de la Colombie et du nord du Pérou. Elle présente des adaptations morphologiques légères en lien avec le climat pacifique, notamment une taille corporelle légèrement plus ramassée et un pelage arborant souvent des nuances plus rousses ou jaunâtres sur le dos et les épaules, contrastant avec le masque facial.
- Procyon cancrivorus nigripes : son habitat s'étend sur le sud du Brésil, le Paraguay, l'Uruguay et le nord de l'Argentine. Cette sous-espèce se distingue de manière notable par des membres et des pattes affichant une coloration nettement plus foncée, tirant vers le brun très sombre ou le noir, ce qui lui vaut son épithète spécifique. Son pelage est également légèrement plus dense que celui des formes équatoriales pour faire face aux températures plus fraîches des latitudes australes.
- Procyon cancrivorus panamensis : représente la population située à l'extrême nord de la distribution de l'espèce, englobant le Panama et des zones limitrophes de la Colombie. Elle constitue la forme géographiquement la plus proche des aires de répartition du raton laveur nord-américain. Elle se caractérise par un crâne aux dimensions distinctes et un pelage d'une teinte intermédiaire, parfaitement adapté aux mangroves et aux forêts humides de l'isthme centraméricain.
La validité et les limites exactes de ces sous-espèces continuent de faire l'objet de recherches génétiques de population afin d'affiner la cartographie de leur diversité infraspécifique.
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CC-BY-NC (Certains droits réservés)| Nom commun | Raton crabier |
| Autre nom | Chien crabier |
| English name | Crab-eating raccoon |
| Español nombre | Mapache austral |
| Règne | Animalia |
| Embranchement | Chordata |
| Sous-embranchement | Vertebrata |
| Embranchement | Chordata |
| Super-classe | Tetrapoda |
| Classe | Mammalia |
| Sous-classe | Theria |
| Infra-classe | Eutheria |
| Ordre | Carnivora |
| Sous-ordre | Caniformia |
| Famille | Procyonidae |
| Genre | Procyon |
| Nom binominal | Procyon cancrivorus |
| Décrit par | Georges Cuvier |
| Date | 1798 |
Satut IUCN | ![]() |
* Liens internes
Liste Rouge IUCN des espèces menacées
Mammal Species of the World (MSW)
Système d'information taxonomique intégré (ITIS)
* Liens externes
Global Biodiversity Information Facility (GBIF)
Núcleo de Conservação da Fauna do JBRJ
* Bibliographie
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