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Raton laveur de Cozumel (Procyon pygmaeus)
Le raton laveur de Cozumel (Procyon pygmaeus) est un mammifère carnivore de la famille des Procyonidae, endémique de l'île de Cozumel, située au large de la côte est de la péninsule du Yucatán, au Mexique. Classé en danger critique d'extinction par l'IUCN, il représente l'un des carnivores insulaires les plus menacés de la planète. Communément désigné sous les noms de "raton laveur pygmée" ou "raton laveur nain", il se distingue de son proche parent continental, le raton laveur commun (Procyon lotor), par sa taille considérablement réduite, caractéristique typique du nanisme insulaire. Décrit pour la première fois scientifiquement par Clinton Hart Merriam en 1901, il fait l'objet, depuis les années 2000, d'un intérêt scientifique et conservationniste croissant, en raison de la contraction alarmante de ses effectifs et de la dégradation continue de son habitat.
© Simallard - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)Le raton laveur de Cozumel est le plus petit représentant du genre Procyon. Sa morphologie générale rappelle celle du raton laveur commun, dont il partage les grandes lignes du plan corporel, mais sa stature nettement réduite le distingue au premier coup d'oeil. Les adultes mesurent entre 58 et 82 centimètres de longueur totale, queue comprise, et pèsent en moyenne entre 3 et 4 kilogrammes. Les mâles sont environ 11 % plus lourds que les femelles. La longueur moyenne tête-corps est de 75,5 centimètres, représentant environ 90 % de celle de la sous-espèce continentale le raton laveur du Mexique (Procyon lotor hernandezii), et la queue, d'une teinte dorée à jaunâtre, mesure entre 23 et 26 centimètres. Cette queue se distingue par la présence de six à sept anneaux brun foncé ou noirs, qui s'estompent vers la face ventrale.
Le pelage dorsal est brun-grisâtre à reflets chamois, parsemé de poils noirs intercalés, conférant à l'animal un aspect "poivre et sel". Les parties ventrales et les membres sont d'un chamois pâle. La tête offre un contraste marqué : le dessus du crâne arbore une teinte gris grivelé, tandis que le museau et le menton sont blancs. Le masque facial noir, trait caractéristique de tous lesProcyon, est ici particulièrement prononcé et délimité sur toute sa périphérie par du blanc. Une fine ligne brun-grisâtre parcourt l'arête du museau, rejoignant de part et d'autre le masque oculaire. Chez les mâles adultes, la nuque présente une tache de fourrure orange relativement vive, absente chez les femelles.
Le museau est plus arrondi que chez le raton laveur commun, et les dents, en particulier les canines — d'une longueur moyenne de 10,8 mm chez le mâle et de 9,9 mm chez la femelle — sont proportionnellement réduites, témoignant d'une longue période d'isolement insulaire. Le raton laveur de Cozumel est approximativement 18 % plus court et 45 % plus léger que la sous-espèce continentale qui lui est la plus proche géographiquement, ce qui en fait un exemple remarquable de nanisme insulaire chez les carnivores néotropicaux.
© Juan Cruzado Cortés - iNaturalist
CC-BY-SA (Certains droits réservés)Le raton laveur de Cozumel est un endémique strict de l'île de Cozumel, une île volcanique d'environ 478 kilomètres carrés, localisée dans la mer des Caraïbes à quelque 17,5 kilomètres au large de la côte est de la péninsule du Yucatán, dans l'État mexicain de Quintana Roo. C'est la plus grande île du Mexique dans la mer des Caraïbes, et elle constitue l'unique et dernier refuge de cette espèce. Son aire de répartition ne dépasse donc pas les limites physiques de cet espace insulaire, ce qui la rend d'une vulnérabilité extrême face à tout événement d'envergure — qu'il soit naturel ou anthropique — susceptible de toucher l'île dans son ensemble. Des données archéologiques indiquent que des populations de ratons laveurs à taille réduite étaient déjà présentes sur l'île à l'époque de la civilisation maya, ce qui confirme l'ancienneté de l'implantation de l'espèce et le caractère non récent du processus de nanisme.
Sur l'île, le raton laveur de Cozumel fréquente une gamme variée de milieux, mais ses densités les plus élevées sont systématiquement enregistrées dans les forêts de mangroves et les zones humides sableuses situées à la pointe nord-ouest de l'île, là où l'interface terre-mer offre un accès privilégié à sa nourriture. L'espèce a également été capturée dans des forêts semi-sempervirentes, des zones agricoles périphériques et dans le parc écologique de Punta Sur, à l'extrémité sud de l'île. Cette plasticité d'habitat relative ne doit pas masquer la forte spécialisation écologique de l'espèce pour les écosystèmes côtiers humides, qui conditionnent en grande partie sa survie. La densité de population varie entre 17 et 27 individus par kilomètre carré dans les zones les plus favorables, et les domaines vitaux individuels couvrent en moyenne 67 hectares. L'absence de sous-populations distinctes et la fragmentation progressive des habitats côtiers par l'urbanisation touristique constituent des facteurs d'appauvrissement écologique majeurs pour l'espèce, dont l'ensemble de la population mondiale tient sur une superficie qui ne représente que 478 km².
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CC-BY-NC-SA (Certains droits réservés)Le raton laveur de Cozumel est un carnivore au régime omnivore opportuniste, dont le bol alimentaire varie en fonction de la disponibilité saisonnière des ressources sur l'île. Toutefois, contrairement à ses cousins continentaux qui consomment une grande variété de végétaux et de vertébrés terrestres, cette espèce insulaire a développé une spécialisation marquée pour les ressources aquatiques côtières, en particulier les crustacés. Les études basées sur l'analyse des excréments et les analyses d'isotopes stables révèlent que les crabes représentent plus de 50% de la nourriture ingérée par ce mammifère. Les espèces de mangroves, terrestres et d'autres espèces de crustacés décapodes constituant le coeur de sa nutrition sont capturés dans les zones de balancement des marées et les racines de palétuviers.
Outre les crustacés, son régime alimentaire comprend une proportion notable de fruits tropicaux comme ceux du mamey ou de divers arbres de la forêt littorale, qui fournissent des glucides essentiels en certaines périodes de l'année. L'alimentation de l'animal est également complétée par des insectes divers, des écrevisses d'eau douce, des petits poissons piégés dans les mares de marée, ainsi que par de petits vertébrés tels que des lézards, des grenouilles ou des oeufs de reptiles et d'oiseaux nichant au sol. Dans les zones où les activités humaines se sont développées, certains ratons laveurs de Cozumel intègrent des éléments d'origine anthropique à leur nourriture, consommant des restes trouvés dans les poubelles ou de la nourriture offerte directement par des touristes. Bien que cette source d'énergie facile entraîne une augmentation artificielle de la masse corporelle chez certains individus, elle modifie leur comportement naturel de recherche de nourriture et les expose à des risques sanitaires importants ainsi qu'à une dépendance dangereuse vis-à-vis des implantations humaines.
© Rich Hoyer - iNaturalist
CC-BY-NC-SA (Certains droits réservés)La biologie reproductive du raton laveur de Cozumel demeure encore partiellement méconnue en raison de la rareté de l'espèce et de la densité de son habitat naturel. Cependant, les données collectées sur le terrain indiquent que le cycle reproducteur présente des similitudes structurelles avec celui du raton laveur commun, tout en adaptant son calendrier aux conditions climatiques et aux ressources de l'île de Cozumel. La période d'accouplement se déroule généralement à la fin de l'hiver et au début du printemps, permettant aux naissances de coïncider avec les périodes de forte abondance de nourriture.
La période de gestation dure environ soixante à soixante-cinq jours. La femelle met bas dans un terrier protégé, souvent aménagé dans la cavité d'un arbre creux, sous des souches d'arbres renversés ou au sein de structures denses formées par les racines de palétuviers au-dessus du niveau de l'eau. Des femelles allaitantes ont été observées et capturées lors d'études scientifiques entre les mois de mai et de juillet, ce qui confirme que la majorité des naissances surviennent pendant la saison humide. Les portées comptent habituellement entre un et cinq petits, bien que la moyenne se situe le plus souvent autour de deux ou trois jeunes par femelle.
À la naissance, les nouveau-nés sont nidicoles, aveugles, totalement dépendants et recouverts d'un fin duvet clair. Le masque facial et les anneaux de la queue se dessinent progressivement au cours des premières semaines de leur développement. Les jeunes ouvrent les yeux après environ trois semaines et commencent à explorer les abords immédiats du nid sous la surveillance étroite de leur mère. La femelle assume seule l'intégralité du soin et de l'apprentissage des petits, le mâle ne participant pas à l'élevage de la portée. Les jeunes entament leur sevrage vers l'âge de deux à trois mois et commencent alors à accompagner leur mère lors de ses déplacements de recherche alimentaire dans les mangroves. L'émancipation survient généralement vers l'âge de dix mois, période à laquelle les jeunes deviennent indépendants et cherchent leur propre domaine vital. La maturité sexuelle est atteinte vers l'âge d'un an pour les femelles et de deux ans pour les mâles.
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CC-BY-SA (Certains droits réservés)Le raton laveur de Cozumel est un animal principalement nocturne et crépusculaire, concentrant l'essentiel de son activité entre le coucher du soleil et les premières lueurs de l'aube. Durant la journée, il se repose à l'abri des regards dans des refuges naturels situés en hauteur dans la frondaison des arbres, au fond de cavités de troncs ou dans des enchevêtrements denses de végétation côtière pour échapper à la chaleur tropicale et aux perturbateurs potentiels. Dès la tombée de la nuit, il quitte son gîte pour parcourir son domaine vital à la recherche de nourriture.
Sur le plan social, cette espèce adopte un mode de vie essentiellement solitaire. Les individus adultes vivent séparés et évitent les interactions directes en dehors de la période de reproduction. Les seules associations durables observées sur l'île sont constituées par les femelles accompagnées de leurs jeunes en cours d'élevage. Malgré cette structure solitaire, les domaines vitaux des individus peuvent se chevaucher partiellement, en particulier autour des zones riches en crustacés ou des points d'eau douce limités de l'île.
La communication entre individus repose sur une combinaison de signaux olfactifs, visuels et acoustiques. Le raton pygmée utilise des marquages odorants déposés via des sécrétions glandulaires, de l'urine et des fèces pour signaler sa présence, délimiter son parcours et communiquer son statut reproducteur. Sur le plan vocal, l'espèce produit un répertoire varié de sons incluant des grognements, des sifflements, des cris aigus, des cliquements et des gémissements d'alerte ou de contact.
© Ace bouwhuis - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)En tant qu'espèce insulaire ayant évolué sur une île de taille modérée, le raton laveur de Cozumel a historiquement fait face à un cortège de prédateurs naturels extrêmement restreint par rapport à ses homologues des régions continentales. L'isolement géographique de Cozumel a empêché l'établissement de grands carnivores terrestres majeurs tels que les jaguars, les pumas ou les ocelots, qui constituent ailleurs les régulateurs habituels des populations de petits mammifères. Cette faible pression de prédation historique a favorisé le maintien de densités de population équilibrées, régulées principalement par la disponibilité des ressources naturelles.
Néanmoins, l'écosystème insulaire abrite plusieurs prédateurs indigènes capables de s'attaquer au raton pygmée, en particulier aux jeunes individus et aux spécimens affaiblis. Parmi les reptiles, le boa constricteur (Boa constrictor), présent sur l'île, représente un prédateur naturel potentiel en chassant à l'affût dans la végétation ou à proximité des terriers. De plus, les crocodiliens de grande taille, tels que le crocodile d'Amérique (Crocodylus acutus), qui fréquente les lagunes côtières et les canaux de mangrove, peuvent occasionnellement capturer des ratons laveurs s'aventurant dans l'eau pour pécher des crabes.
Les rapaces de grande taille constituent une autre source de prédation naturelle. Les hiboux, les buses et d'autres rapaces imposants survolant les zones côtières peuvent s'attaquer aux jeunes ratons pygmées lorsqu'ils sortent du nid ou lorsqu'ils s'aventurent sur les plages découvertes à la recherche de nourriture.
Cependant, la dynamique écologique traditionnelle a été lourdement perturbée par l'introduction d'animaux domestiques devenus féraux. Les chiens féraux et les chats domestiques retournés à l'état sauvage représentent aujourd'hui une menace de prédation artificielle majeure pour le raton de Cozumel. Les chiens féraux, chassant souvent en meute dans les zones périurbaines et littorales, sont capables de tuer des ratons adultes, tandis que les chats féraux s'attaquent directement aux jeunes dans les terriers ou lors de leurs premières sorties, constituant ainsi une pression de mortalité inédite pour l'espèce.
© Ernesto Solana - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)Le raton laveur de Cozumel fait face à une combinaison de pressions anthropiques et de facteurs environnementaux qui mettent en péril sa survie ultime sur l'île. La menace la plus destructrice réside dans la perte, la dégradation et la fragmentation de son habitat naturel. L'essor touristique massif de l'île de Cozumel a entraîné la construction de nombreuses infrastructures, notamment des complexes hôteliers, des terrains de golf, des routes côtières et des installations portuaires. Ce développement urbain continu détruit directement les zones de mangroves et les forêts littorales indispensables au cycle de vie de l'animal.
Le réseau routier étendu qui borde et traverse les zones côtières constitue un facteur de mortalité directe très préoccupant. Les collisions avec des véhicules automobiles représentent une cause fréquente de décès pour ces animaux lorsqu'ils tentent de traverser les routes pour passer d'un fragment de mangrove à un autre. La fragmentation des espaces naturels isole également les sous-populations, restreignant le brassage génétique et augmentant le risque de consanguinité.
L'introduction d'espèces exotiques invasives constitue un autre péril majeur. Outre la prédation exercée par les chiens et chats féraux, la présence d'animaux domestiques introduit des agents pathogènes mortels pour la faune sauvage. Le raton pygmée est extrêmement sensible à des maladies infectieuses, ainsi qu'à divers parasites transmis par les carnivores domestiques, ce qui peut provoquer des épizooties foudroyantes au sein d'une population restreinte.
Enfin, la vulnérabilité intrinsèque de l'espèce est accentuée par les évènements météorologiques extrêmes et la petite taille de sa population. L'île de Cozumel est fréquemment frappée par des ouragans dévastateurs, tels que l'ouragan Wilma en 2005, qui détruisent le couvert végétal des mangroves, inondent les terriers et réduisent considérablement les ressources alimentaires. Avec une population estimée à moins de 250 individus adultes reproducteurs à l'état sauvage, le raton de Cozumel est à la merci de la moindre catastrophe naturelle ou épidémie.
© Luke Andrade - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)Face au risque imminent d'extinction qui pèse sur le raton laveur de Cozumel, diverses initiatives de conservation ont été déployées sur le plan local, national et international. Sur le plan juridique, l'espèce bénéficie d'une protection légale maximale au Mexique, étant inscrite dans la norme officielle mexicaine NOM-059-SEMARNAT sous la catégorie des espèces en danger d'extinction. De plus, l'IUCN la classe dans sa Liste rouge sous le statut "En danger critique" (CR).
La création de zones naturelles protégées sur l'île constitue l'un des piliers majeurs de sa préservation. Une grande partie du territoire abritant les populations relictuelles de ratons pygmées est désormais incluse au sein de la réserve de biosphère de l'île de Cozumel ainsi que dans l'Aire de protection de la flore et de la faune de Cozumel. Ces réserves visent à interdire les développements immobiliers destructeurs au sein des mangroves critiques, préserver la qualité des zones humides et restaurer les écosystèmes littoraux dégradés.
Les actions de gestion de terrain se concentrent également sur le contrôle des espèces introduites. Des programmes d'éradication et de stérilisation des chiens et chats féraux sont menés de manière périodique dans les zones protégées afin de réduire la pression de prédation et de limiter la propagation de maladies transmissibles aux procyonidés sauvages. Parallèlement, des campagnes de vaccination ciblées pour les animaux de compagnie résidant à proximité des réserves naturelles sont encouragées.
Pour atténuer les impacts du réseau routier, des panneaux d'avertissement et des aménagements de sensibilisation à la réduction de la vitesse ont été installés le long des routes bordant les habitats de mangroves. Les chercheurs et les organisations non gouvernementales effectuent un suivi scientifique rigoureux des populations à l'aide de pièges photographiques, de captures-marquages-recaptures et d'analyses génétiques afin d'évaluer la santé des effectifs, la variabilité génétique et la réponse de l'espèce face aux changements environnementaux. Des programmes d'éducation environnementale auprès de la population locale et des touristes complètent ces dispositifs pour favoriser une coexistence durable.
© Kevin Schafer - iNaturalist
CC-BY-NC-ND (Certains droits réservés)L'histoire taxonomique du raton laveur de Cozumel débute formellement en 1901, lorsque le mammalogiste américain Clinton Hart Merriam décrit l'espèce dans sa publication intitulée Six new mammals from Cozumel Island, Yucatan, parue dans les Proceedings of the Biological Society of Washington (volume 14, pages 99-104). Merriam, examinant des spécimens collectés sur l'île de Cozumel, note d'emblée que l'animal se distingue du raton laveur commun (qu'il compare à la sous-espèce continentale Procyon lotor hernandezii) par un ensemble de caractères morphologiques cohérents : une taille générale nettement réduite, aussi bien externe que crânienne, un large bandeau noir guttural, une queue d'un jaune doré caractéristique, des nasaux postérieurement élargis et arrondis, ainsi que des particularités dentaires notables. Merriam considère ces caractères suffisamment distinctifs pour justifier la création d'un taxon spécifique autonome et lui attribue le nom Procyon pygmaeus.
Dans les décennies qui suivent, le statut taxonomique de Procyon pygmaeus est sujet à débat. Certains auteurs, dont Edward Alphonso Goldman (1950) dans sa monographie de référence Raccoons of North and Middle America » (North American Fauna, n° 60), reconnaissent la validité des caractères signalés par Merriam mais tendent à relativiser leur portée spécifique, suggérant que les différences observées pourraient n'être que d'ordre sous-spécifique. Goldman et ses contemporains s'inscrivent dans une conception plutôt lumpeuse du genre Procyon, qui ne reconnaît alors que deux ou trois espèces valides. À cette époque, plusieurs populations insulaires de ratons laveurs — notamment aux Antilles et en Amérique centrale — sont tantôt traitées comme espèces distinctes, tantôt intégrées dans l'espèce lotor comme sous-espèces, selon les critères retenus par chaque auteur. Cette incertitude taxonomique généralisée affecte aussi le statut du raton laveur de Cozumel.
Le tournant décisif pour la taxonomie moderne du genre Procyon intervient avec les travaux de Kristofer M. Helgen et Don E. Wilson, publiés en 2003 dans le Journal of Zoology (volume 259, pages 69-76) sous le titre Taxonomic status and conservation relevance of the raccoons (Procyon spp.) of the West Indies, puis développés dans leur contribution de 2005 aux Contribuciones mastozoológicas en homenaje a Bernardo Villa. Ces auteurs procèdent à une révision systématique et zoogéographique approfondie des ratons laveurs des Antilles et d'Amérique centrale, et concluent que la quasi-totalité des formes insulaires précédemment décrites comme espèces distinctes doivent être synonymisées avec Procyon lotor. En revanche, ils maintiennent Procyon pygmaeus comme espèce valide et distincte, soulignant la cohérence de ses caractères morphologiques diagnostiques et l'isolement géographique profond de l'île de Cozumel. Cette position est entérinée dans la troisième édition du Mammal Species of the World (Wilson & Reeder, 2005), ouvrage de référence mondial, qui reconnaît uniquement trois espèces dans le genre Procyon : raton laveur commun, raton crabier et raton laveur de Cozumel.
La validité spécifique de Procyon pygmaeus a depuis lors été étayée par des données moléculaires. McFadden et al. (2008), dans une étude publiée dans le Journal of Zoology (volume 276, pages 176-186), analysent des séquences d'ADN mitochondrial pour reconstituer l'histoire évolutive des procyonidés nains de Cozumel. Leurs résultats confirment que Procyon pygmaeus constitue un lignage distinct de Procyon lotor, avec une date de divergence estimée entre 26 000 et 69 000 ans, ce qui correspond à la période de séparation géologique de l'île de Cozumel du continent américain à la fin du Pléistocène. Aucun fossile véritable de l'espèce n'est connu, mais des ossements retrouvés dans des contextes archéologiques mayas corroborent l'ancienneté de la réduction de taille. L'étude de McFadden & Meiri (2013), parue dans le Journal of Zoology (volume 289, pages 213-221), a par ailleurs replacé Procyon pygmaeus dans le cadre théorique du nanisme insulaire, en comparant ses paramètres métriques à ceux d'autres carnivores insulaires, confirmant que sa réduction morphologique est conforme aux prédictions de la règle de Foster. La monographie de référence la plus récente, publiée par de Villa-Meza et al. (2011) dans Mammalian Species (volume 43, numéro 1, pages 87-93), synthétise l'ensemble des données disponibles sur la morphologie, l'écologie et le statut de l'espèce, et constitue aujourd'hui la source académique canonique pour la taxonomie et la biologie de Procyon pygmaeus.
| Nom commun | Raton laveur de Cozumel |
| Autres noms | Raton laveur pygmée Raton laveur nain |
| English name | Cozumel raccoon Pygmy raccoon |
| Español nombre | Mapache de Cozumel Mapache pigmeo |
| Règne | Animalia |
| Embranchement | Chordata |
| Sous-embranchement | Vertebrata |
| Super-classe | Tetrapoda |
| Classe | Mammalia |
| Sous-classe | Theria |
| Infra-classe | Eutheria |
| Ordre | Carnivora |
| Sous-ordre | Caniformia |
| Famille | Procyonidae |
| Genre | Procyon |
| Nom binominal | Procyon pygmaeus |
| Décrit par | Clinton Hart Merriam |
| Date | 1901 |
Satut IUCN | ![]() |
* Liens internes
Liste Rouge IUCN des espèces menacées
Mammal Species of the World (MSW)
Système d'information taxonomique intégré (ITIS)
* Liens externes
Global Biodiversity Information Facility (GBIF)
* Bibliographie
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