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Rhinocéros blanc (Ceratotherium simum)


Le rhinocéros blanc (Ceratotherium simum) est le plus grand représentant vivant de la famille des Rhinocerotidae et le deuxième mammifère terrestre le plus lourd de la planète, après l'éléphant. Il se distingue nettement de son cousin le rhinocéros noir par sa silhouette massive, sa lèvre supérieure aplatie et ses moeurs paisibles de grand herbivore brouteur. Son nom — souvent jugé paradoxal, car sa robe est gris-beige — proviendrait d'une déformation de l'afrikaans wijd ("large"), en référence à sa lèvre caractéristique. Divisé en deux sous-espèces aux destins radicalement opposés, le rhinocéros blanc du Sud (Ceratotherium simum simum) constitue l'un des plus remarquables exemples de succès en matière de conservation faunique, tandis que le rhinocéros blanc du Nord (Ceratotherium simum cottoni) est aujourd'hui fonctionnellement éteint, avec seulement deux femelles survivantes maintenues en captivité au Kenya. À la croisée de la biologie, de l'écologie et des enjeux contemporains de biodiversité, cette espèce emblématique cristallise les défis que l'humanité doit relever pour préserver le patrimoine naturel mondial. Le rhinocéros blanc est l'unique représentant du genre Ceratotherium.


Rhinoceros blanc (Ceratotherium simum)
Rhinocéros blanc (Ceratotherium simum)
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DESCRIPTION

Le rhinocéros blanc présente une morphologie impressionnante qui le distingue immédiatement de toutes les autres espèces de rhinocéros. Son corps massif repose sur quatre membres courts mais extrêmement puissants, terminés par trois doigts. Les mâles adultes atteignent généralement entre 1,80 et 2 mètres au garrot pour une longueur de 3,7 à 4 mètres, tandis que leur poids oscille entre 2 000 et 2 300 kilogrammes. Les femelles sont sensiblement plus légères, dépassant rarement 1 700 kilogrammes.

La peau, épaisse de plusieurs centimètres, adopte une teinte gris-beige qui vire parfois vers le brun selon le substrat dans lequel l'animal se vautre — une pratique essentielle pour la thermorégulation et la protection contre les ectoparasites. Cette espèce est presque entièrement dépourvue de poils, hormis sur les oreilles et à l'extrémité de la queue. L'un de ses traits anatomiques les plus spectaculaires demeure ses cornes en kératine, au nombre de deux, disposées en tandem sur la ligne médiane du crâne. La corne antérieure, la plus longue, peut dépasser 1,50 mètre chez certains individus, voire davantage dans des cas exceptionnels. La corne postérieure, nettement plus courte, dépasse rarement 50 centimètres. Contrairement à ce que l'on croit souvent, ces appendices ne sont pas des structures osseuses : ils sont composés de filaments de kératine compressés, identiques à ceux qui constituent les ongles humains.

La tête est volumineuse et allongée, portant une lèvre supérieure large et aplatie — caractère diagnostique fondamental qui distingue le rhinocéros blanc du rhinocéros noir, dont la lèvre est pointue et préhensile. Les oreilles, mobiles et tubulaires, permettent une excellente perception des sons. La vue est médiocre mais l'odorat et l'ouïe sont particulièrement développés. Une bosse cervicale prononcée soutient la musculature nécessaire pour maintenir la tête basse lors du broutage, position qu'adopte l'animal durant la quasi-totalité de son temps d'alimentation.


Ceratotherium simum
Ceratotherium simum
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HABITAT

À l'état naturel, le rhinocéros blanc du Sud est actuellement confiné à l'Afrique australe et orientale. L'Afrique du Sud concentre la très grande majorité de la population mondiale, avec environ 80 % des effectifs. Le parc national Kruger et le parc national d'Hluhluwe-Umfolozi, en particulier, abritent plusieurs milliers d'individus et constituent les bastions de l'espèce. Des populations importantes existent également au Zimbabwe, au Kenya, en Namibie, au Botswana et en Eswatini, souvent issues de réintroductions réalisées à partir de stock sud-africain. Des individus ont par ailleurs été transférés dans divers pays hors du continent africain, aussi bien dans des zoos accrédités que dans des réserves privées. Le rhinocéros blanc du Nord, quant à lui, occupait autrefois une large aire allant de la République démocratique du Congo au Soudan du Sud et à l'Ouganda, mais cette sous-espèce a disparu de l'état sauvage au début du XXIe siècle.

Sur le plan de l'habitat, le rhinocéros blanc est étroitement associé aux savanes herbeuses et aux prairies ouvertes à végétation herbacée rase, qu'il préfère aux zones boisées denses. Il fréquente volontiers les abords des points d'eau permanents, indispensables à ses besoins quotidiens en eau — il boit typiquement tous les deux jours. Les zones de transition entre les prairies et les formations arbustives clairsemées lui conviennent également, lui offrant des zones d'ombrage pour les heures les plus chaudes. L'altitude joue peu sur sa distribution, et on le retrouve aussi bien en plaine côtière qu'à plusieurs centaines de mètres d'altitude à l'intérieur des terres. En revanche, il évite les terrains trop accidentés ou les forêts fermées, incompatibles avec ses besoins de déplacement et d'alimentation.


Ceratotherium simum repartition
Carte de répartition du rhinocéros blanc
     Répartition actuelle -      Éteint
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ALIMENTATION

Le rhinocéros blanc est un herbivores strict et un brouteur spécialisé, par opposition au rhinocéros noir qui est un butineur consommant principalement des feuilles, des rameaux et des fruits. Cette distinction alimentaire fondamentale est directement reflétée dans la morphologie de la lèvre supérieure : chez le rhinocéros blanc, elle est large, plate et kératinisée sur son bord, formant une sorte de faucheuse naturelle parfaitement adaptée à la coupe des herbes à ras du sol. L'animal passe la majorité de ses heures actives à brouter, parfois jusqu'à douze à seize heures par jour lors des saisons favorables. Il sélectionne préférentiellement les graminées courtes et de haute valeur nutritive, notamment des espèces des genres Panicum, Themeda et Digitaria. Les prairies fraîchement brûlées, où la repousse est jeune et tendre, constituent des pâturages de choix. À l'inverse, les graminées hautes et ligneuses, pauvres en protéines et difficiles à digérer, sont généralement évitées.

Le régime alimentaire varie sensiblement selon les saisons : en saison sèche, lorsque les pâturages se raréfient et se dessèchent, le rhinocéros blanc peut consommer des herbes de moins bonne qualité nutritionnelle et se montrer plus opportuniste. Il peut également ingérer de la terre dans certaines zones — un comportement de géophagie vraisemblablement lié à l'apport de minéraux essentiels tels que le sodium, le calcium ou le magnésium. Les besoins en eau sont importants : l'animal se rend aux points d'eau toutes les quarante-huit heures environ, parfois plus fréquemment lors des journées très chaudes. Il peut consommer plusieurs dizaines de litres en une seule session. Le caecum développé du rhinocéros blanc lui permet de fermenter efficacement les fibres végétales, un processus digestif caractéristique des grands périssodactyles non ruminants, qui compensent un taux d'extraction des nutriments légèrement inférieur à celui des artiodactyles ruminants par une consommation plus importante de biomasse végétale.


Rhinoceros blanc du Sud (Ceratotherium simum simum)
Rhinocéros blanc du Sud (Ceratotherium simum simum)
© Traveller Thomas - iNaturalist
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REPRODUCTION

La biologie de la reproduction du rhinocéros blanc présente plusieurs particularités notables qui ont des implications directes pour les programmes de conservation et d'élevage en captivité. Les femelles atteignent leur maturité sexuelle vers l'âge de six à sept ans, tandis que les mâles, bien que physiologiquement matures vers sept ans, n'accèdent généralement au statut de reproducteurs qu'à partir de dix à douze ans, une fois capables de s'imposer face aux mâles dominants. La saison de reproduction n'est pas strictement délimitée dans le temps : des naissances ont été enregistrées tout au long de l'année, bien que certaines études suggèrent une légère saisonnalité liée aux conditions climatiques locales et à la disponibilité en ressources alimentaires. Le cycle oestral des femelles dure en moyenne entre 28 et 35 jours. Les comportements de cour sont caractérisés par des interactions prolongées entre le mâle et la femelle, impliquant des vocalisations, des frottements de cornes et un suivi attentif de la part du mâle pendant plusieurs jours avant l'accouplement.

La gestation est l'une des plus longues parmi les mammifères terrestres : elle dure en moyenne seize mois, soit environ 480 jours, ce qui limite mécaniquement le rythme de reproduction de l'espèce. La femelle met au monde un seul petit, pesant entre 40 et 65 kilogrammes à la naissance. Contrairement à beaucoup d'ongulés, le nouveau-né est capable de se tenir debout et de suivre sa mère en quelques heures, un comportement précoce essentiel pour sa survie face aux prédateurs. Le petit tète pendant douze à seize mois, mais commence à brouter de l'herbe dès la première semaine de vie. La mère l'allaite et le protège activement pendant deux à trois ans. L'intervalle entre deux naissances est donc rarement inférieur à deux ans et demi à trois ans, et peut s'étirer jusqu'à cinq ans dans des conditions sous-optimales. Cette faible fécondité rend les populations particulièrement vulnérables à la surmortalité, qu'elle soit d'origine naturelle ou anthropique. En captivité, la reproduction s'avère souvent difficile à déclencher : des problèmes hormonaux liés au stress, à l'alimentation inadaptée ou à la cohabitation contrainte réduisent considérablement les succès de reproduction dans de nombreuses institutions zoologiques. L'espérance de vie en milieu naturel est estimée entre 40 et 50 ans.


Rhinoceros blanc femelle
Rhinocéros blanc femelle et son petit
© Derek Keats - Flickr
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COMPORTEMENT

Le rhinocéros blanc présente un système social qui le distingue nettement du rhinocéros noir, réputé solitaire et agressif. Bien que les adultes aient des tendances essentiellement solitaires, notamment les mâles dominants, l'espèce tolère la proximité de congénères et peut former des groupes temporaires. Ces regroupements associent le plus souvent une femelle et son jeune, ou plusieurs femelles subadultes, et peuvent compter jusqu'à quatorze individus dans des pâturages de haute qualité. Les mâles dominants défendent des territoires dont la superficie varie de 0,75 à 2,6 kilomètres carrés selon la densité de population et la qualité de l'habitat. Ces territoires sont délimités et signalés par des méthodes comportementales précises : dépôts de fèces à des emplacements fixes (parfois de véritables amas accumulés sur des années), aspersions d'urine, frottements de la corne contre des troncs ou des rochers, et griffures du sol avec les membres postérieurs. Les mâles non dominants se déplacent sur de plus larges aires de façon nomade. Les interactions entre mâles sont fréquemment ritualisées, impliquant des confrontations à distance, des soufflements et des postures d'intimidation, avant d'éventuels affrontements physiques qui peuvent causer de sérieuses blessures.

Le rhinocéros blanc est principalement actif le matin tôt, en fin d'après-midi et en soirée. Durant les heures les plus chaudes de la journée, il se réfugie à l'ombre ou se vautre dans la boue pour réguler sa température corporelle. Ses sens sont très inégalement développés : la vue est médiocre, ne permettant de distinguer nettement qu'à courte distance, tandis que l'odorat et l'ouïe compensent largement ce déficit sensoriel. Les vocalisations sont variées — grognements, sifflements, gémissements, rugissements — et jouent un rôle important dans la communication entre individus, notamment entre la mère et son petit. Les rhinocéros blancs sont connus pour leurs associations commensales avec des buphagidés, qui éliminent les tiques et autres ectoparasites de leur peau tout en signalant par leurs cris l'approche d'un danger potentiel.


Rhinoceros blanc du Nord (Ceratotherium simum cottoni)
Rhinocéros blanc du Nord (Ceratotherium simum cottoni)
Auteur: Sheep81
CC0 (Domaine public)

PRÉDATION

En raison de sa taille et de son imposante stature, le rhinocéros blanc adulte est pratiquement à l'abri des attaques de prédateurs naturels dans son environnement. Aucun n'est capable de s'attaquer efficacement à un rhinocéros blanc adulte en bonne santé, dont la masse corporelle, les réflexes défensifs et la résistance physique représentent une combinaison quasi infranchissable. Cependant, les jeunes constituent une proie potentielle pour plusieurs grands carnivores.

Le lion (Panthera leo) est le prédateur le plus susceptible de s'attaquer aux juvéniles : des observations documentées témoignent d'attaques en coalition, menées par des groupes de lionnes à l'encontre de petits séparés de leur mère, ou encore de jeunes individus affaiblis. Des cas d'attaques létales ont été enregistrés dans le parc national Kruger et dans d'autres aires protégées d'Afrique australe, bien qu'ils restent rares en proportion de la population. La hyène tachetée (Crocuta crocuta) représente également un risque ponctuel pour les nouveau-nés ou les très jeunes individus, particulièrement lors des premières heures ou des premiers jours suivant la naissance, période au cours de laquelle le veau est encore vulnérable et peu mobile. Le léopard (Panthera pardus) et le guépard (Acinonyx jubatus) ne sont pas considérés comme des prédateurs significatifs du rhinocéros blanc, leurs capacités physiques étant insuffisantes pour venir à bout même d'un jeune individu bien développé.

La mère se montre extrêmement protectrice envers son petit : en cas de menace, elle place le petit devant elle — contrairement au rhinocéros noir qui le pousse derrière — et fait face au danger en présentant sa corne. Cette stratégie défensive reflète une réponse comportementale façonnée par des millénaires de coévolution avec les grands prédateurs africains. L'espèce bénéficie également d'un avantage sensoriel non négligeable : ses oreilles pivotantes et son odorat très développé lui permettent de détecter la présence d'ennemis avant qu'ils ne soient en position d'attaque. Aujourd'hui, la pression anthropique représente de loin la menace la plus significative et mortelle pesant sur l'espèce, reléguant la prédation naturelle au rang de facteur marginal dans la dynamique des populations.


Rhinoceros blanc Amneville
Rhinocéros blanc au zoo d'Amnéville, France
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MENACES

Si le rhinocéros blanc du Sud a connu un remarquable redressement au cours du XXe siècle, l'espèce demeure confrontée à des menaces d'une gravité exceptionnelle, dont la principale est le braconnage industrialisé alimenté par une demande illicite de corne toujours soutenue. La corne de rhinocéros est valorisée sur les marchés noirs d'Asie du Sud-Est et d'Asie de l'Est — en particulier au Vietnam et en Chine — à des prix dépassant parfois ceux de l'or ou de la cocaïne au kilogramme. Elle est utilisée dans certaines pratiques de médecine traditionnelle comme remède supposé contre diverses pathologies, et constitue également un objet de prestige social pour les classes aisées. Malgré l'absence totale de preuves scientifiques de ses prétendues vertus médicales — la kératine qui la compose est identique à celle des ongles humains — cette demande persiste et stimule des réseaux criminels organisés. L'Afrique du Sud a enregistré des sommets alarmants de braconnage au début des années 2010 : en 2014, plus de 1 200 rhinocéros ont été tués dans ce seul pays. Bien que les chiffres aient quelque peu diminué depuis, le phénomène reste endémique et constitue la première cause de mortalité non naturelle de l'espèce.

La perte et la dégradation de l'habitat représentent une seconde menace structurelle majeure. L'expansion agricole, l'urbanisation, la construction d'infrastructures et la fragmentation des habitats naturels réduisent et isolent les populations sauvages, limitant leurs possibilités de dispersion et d'échange génétique. La sécheresse, dont la fréquence et l'intensité sont aggravées par le changement climatique, peut localement entraîner des mortalités significatives en appauvrissant les pâturages et les ressources en eau. Les conflits entre humains et faune, qui surviennent lorsque des rhinocéros s'aventurent en dehors des aires protégées, constituent un problème croissant dans certaines régions. Enfin, pour le rhinocéros blanc du Nord, les deux dernières femelles survivantes — Najin et Fatu, résidant à l'Ol Pejeta Conservancy au Kenya — sont dans l'incapacité de se reproduire naturellement, faisant de cette sous-espèce un cas emblématique et dramatique d'extinction fonctionnelle imminente.


Rhinoceros blanc parc national Kruger
Rhinocéros blanc au parc national Kruger, Afrique du Sud
© Bernard Dupont - Flickr
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CONSERVATION

L'histoire de la conservation du rhinocéros blanc du Sud est souvent citée comme l'un des plus grands succès de la conservation de la faune sauvage au monde. Au tournant du XXe siècle, la population était réduite à une cinquantaine d'individus, tous confinés dans la réserve de chasse d'Hluhluwe-Umfolozi en Afrique du Sud (alors connue sous le nom de Natal). Grâce à une protection stricte, à la mise en oeuvre de programmes de captures et de réintroductions (l'"Opération Rhinocéros" initiée par les autorités de la Province du Natal dès les années 1960), et à la création de nouvelles réserves, la population a été progressivement reconstituée jusqu'à dépasser 20 000 individus au début du XXIe siècle. Cette remontée spectaculaire est également imputable à l'engagement de propriétaires privés, qui ont intégré les rhinocéros dans des ranchs et réserves clôturées, participant ainsi à la croissance globale de la population.

L'espèce est classée "Quasi menacé" (NT) sur la Liste rouge de l'IUCN pour sa sous-espèce méridionale, et "En danger critique" (CR) pour la sous-espèce septentrionale.

Les stratégies de conservation actuelles combinent plusieurs axes complémentaires : la protection physique renforcée des animaux dans les réserves (anti-braconnage, surveillance par drones et transpondeurs, déformation préventive des cornes pour les désvaloriser), les programmes de reproduction en captivité et d'insémination artificielle, la translocation d'individus vers de nouvelles aires protégées, et la coopération internationale pour démanteler les réseaux de trafic. Des techniques de pointe, notamment la fécondation in vitro à partir de gamètes cryoconservés, sont à l'étude pour le rhinocéros blanc du Nord. En parallèle, des initiatives communautaires cherchent à faire bénéficier les populations locales du tourisme généré par la présence des rhinocéros, les associant ainsi au projet de conservation. La gouvernance du commerce légal de la corne — débat controversé — continue d'alimenter des discussions entre scientifiques, gestionnaires et décideurs politiques.


Rhinoceros blanc KwaZulu Natal
Rhinocéros blanc au KwaZulu Natal, Afrique du Sud
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ORIGINE DU NOM

L'étymologie du nom "rhinocéros blanc" constitue l'une des anecdotes les plus souvent citées en zoologie populaire, et illustre bien la façon dont les noms vernaculaires peuvent traverser les langues et les siècles en se transformant au point de perdre tout rapport avec leur sens originel. La couleur blanche que le nom commun évoque est en réalité trompeuse, voire absurde sur le plan descriptif : l'animal arbore une robe gris-beige ou gris-brun, absolument pas blanche, quelle que soit la lumière dans laquelle on l'observe. L'explication la plus largement acceptée par les historiens de la zoologie est que l'appellation anglaise white rhinoceros résulte d'une déformation phonétique et sémantique de l'afrikaans wijd (parfois orthographié wydt), terme signifiant "large" ou "étendu", en référence directe à la lèvre supérieure caractéristiquement aplatie et large de l'animal — trait diagnostique fondamental qui le distingue de toutes les autres espèces de rhinocéros. Les premiers colons boers et les naturalistes britanniques du XIXe siècle qui exploraient l'Afrique australe auraient ainsi adapté phonétiquement wijd en white, le son proche mais le sens radicalement différent.

Par opposition, et pour distinguer les deux espèces africaines sur la base de cette opposition chromatique désormais arbitraire, le rhinocéros noir fut nommé en antithèse au blanc, bien qu'il ne soit pas noir non plus. Cette paire de noms vernaculaires — rhinocéros blanc / rhinocéros noir — est ainsi le produit d'une erreur de traduction propagée et consacrée par l'usage, plutôt que d'une observation morphologique ou pigmentaire fondée.

Quant au nom scientifique Ceratotherium simum, il offre un éclairage beaucoup plus précis. Le genre Ceratotherium est formé du grec keras, signifiant "corne", et de therion, signifiant "bête sauvage" ou "animal", soit littéralement "la bête à cornes". L'épithète spécifique simum est dérivée du grec simos, qui signifie "à nez épaté", "au museau aplati" ou "camus" — une description précise de la morphologie faciale aplatie de l'espèce, en lien avec sa lèvre large et sa mâchoire inférieure robuste adaptée au broutage. Ce nom scientifique capture donc à lui seul deux caractéristiques anatomiques essentielles : les cornes et le museau aplati.


White rhinoceros
En anglais, le rhinocéros blanc est appelé White rhinoceros
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TAXONOMIE

L'histoire taxonomique du rhinocéros blanc est à la fois riche et complexe, jalonnée de reclassifications, de débats nomenclaturaux et de découvertes progressives qui reflètent l'évolution de la systématique zoologique depuis le début du XIXe siècle. La première description formelle de l'espèce est généralement attribuée au naturaliste britannique William John Burchell, qui observa des rhinocéros lors de son expédition en Afrique du Sud entre 1810 et 1815. Ses observations furent publiées en 1817 dans son ouvrage Travels in the Interior of Southern Africa, bien que la description taxonomique proprement dite ait été formalisée ultérieurement à partir de ses notes.

L'animal est ainsi décrit sous le binôme Rhinoceros simum, le plaçant dans le genre Rhinoceros qui regroupait alors la quasi-totalité des rhinocéros connus. En 1849, le zoologiste John Edward Gray, conservateur au British Museum of Natural History, procéda à une révision importante de la famille des Rhinocerotidae. Il proposa la création du genre Ceratotherium pour accueillir spécifiquement le rhinocéros blanc, distingué des autres genres par l'ensemble de ses particularités morphologiques — notamment la forme de sa tête, sa lèvre aplatie et la structure de ses membres. Le nom de genre Ceratotherium fut officiellement établi par Gray en 1868, lors d'une publication de systématique dans le cadre des travaux du British Museum.

La question des sous-espèces a constitué l'un des débats les plus persistants de la taxonomie du rhinocéros blanc. Pendant longtemps, les populations septentrionales et méridionales furent traitées comme une seule et même entité spécifique, les différences morphologiques observées étant jugées insuffisantes pour justifier une distinction taxonomique. Ce n'est qu'au cours du XXe siècle que les travaux de plusieurs zoologistes — notamment ceux de Lydekker au début du siècle, puis de Groves et Grubb dans les années 1970 à 1990 — ont progressivement établi la validité de deux sous-espèces distinctes.

* Rhinocéros blanc du Nord (Ceratotherium simum cottoni) : La sous-espèce septentrionale (Ceratotherium simum cottoni), qui vivait exclusivement en République démocratique du Congo au sein du parc national de la Garamba après son extinction dans d'autres régions comme le Soudan, a presque disparu, à cause du harcèlement humain et des conflits de guerre dans la région. Cette sous-espèce a été classée En danger critique (CR) par l'IUCN. Selon les données de décembre 2014, cinq membres de la sous-espèce étaient encore en vie, dont un seul est un mâle. En 2015, deux femelles sont mortes, ne laissant en vie que trois membres de la sous-espèce. Le mâle était étroitement gardé dans le parc-réserve Pejeta Conservancy à Laikipia, au Kenya, mais en raison de sa vieillesse, il est décédé le 20 mars 2018, ne laissant que les deux femelles.

* Rhinocéros blanc du Sud (Ceratotherium simum simum) : La sous-espèce méridionale (Ceratotherium simum simum) a été classée "Quasi menacée" (NT) par l'IUCN. Selon les données de 2011, après des années de protection et de déplacement, l'espèce est passée à 20 150 animaux à l'état sauvage, soit une augmentation par rapport aux 17 500 enregistrés en 2007. En Afrique du Sud, on y trouve la plus grande population, avec 93% des animaux, même si en 2010 il y a eu 333 spécimens morts à cause du braconnage. Dans l'ensemble, la croissance connue par l'espèce au cours des dernières années peut être considérée comme une grande croissance si l'on compare qu'au début du XXe siècle, il ne restait qu'un millier de spécimens environ.

Les analyses génétiques moléculaires menées à partir des années 1990 et 2000 ont confirmé et précisé cette divergence, estimant la séparation des deux lignées à environ un million d'années, voire davantage selon les études. Certains auteurs ont même proposé d'élever les deux sous-espèces au rang d'espèces à part entière — Ceratotherium simum pour le sud et Ceratotherium cottoni pour le nord — sur la base de leur divergence génétique et de leur isolement reproductif de fait, mais cette proposition reste minoritaire et non adoptée par l'IUCN ni par la majorité des autorités taxonomiques.


CLASSIFICATION


Fiche d'identité
Nom communRhinocéros blanc
English nameWhite Rhinoceros
Square-lipped Rhinoceros
Español nombreRinoceronte Blanco
RègneAnimalia
EmbranchementChordata
Sous-embranchementVertebrata
Super-classeTetrapoda
ClasseMammalia
Sous-classeTheria
Infra-classeEutheria
OrdrePerissodactyla
FamilleRhinocerotidae
Sous-familleDicerotinae
GenreCeratotherium
Nom binominalCeratotherium simum
Décrit parWilliam John Burchell
Date1817



Satut IUCN

Quasi-menacé (NT)

FICHE POUR ENFANTS

Retrouvez ci-dessous une fiche simplifiée en image du rhinocéros blanc pour les enfants.


Rhinoceros blanc pour enfant
Fiche pour enfants du rhinocéros blanc
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SOURCES

* Liens internes

Animal Diversity Web

Arkive

iNaturalist

Liste Rouge IUCN des espèces menacées

Mammal Species of the World (MSW)

Système d'information taxonomique intégré (ITIS)

* Liens externes

Bernard DUPONT - Flickr

Derek Keats - Flickr

Global Biodiversity Information Facility (GBIF)

Sharp Photography

Wikimedia Commons

* Bibliographie

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