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Loutre marine (Lontra felina)


La loutre marine (Lontra felina) est l’un des plus petits représentants de la famille des mustélidés et la seule espèce du genre Lontra étroitement associée aux environnements marins. Elle occupe les côtes rocheuses du Pacifique sud-est, depuis le Pérou jusqu’au sud du Chili. Adaptée aux eaux froides influencées par le courant de Humboldt, cette espèce se distingue par son mode de vie côtier, son agilité et son régime alimentaire varié composé principalement d’animaux marins. Classée "En danger" (EN) sur la Liste rouge de l'IUCN depuis 2015, elle subit des pressions anthropiques considérables, notamment la chasse historique pour sa fourrure, la destruction de son habitat et la compétition avec les pêcheurs locaux. Sa conservation représente aujourd'hui un défi majeur pour les autorités chiliennes et péruviennes. La loutre marine est également connue sous les noms de Loutre de mer méridionale ou Chungungo.


Loutre marine (Lontra felina)
Loutre marine (Lontra felina)
© Francisco Castro Carmona - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)



DESCRIPTION

La loutre marine est un mustélidé de petite taille, nettement plus compact que les autres représentants du genre Lontra. Les adultes mesurent entre 57 et 79 cm de longueur tête-corps, auxquels s'ajoute une queue de 30 à 36 cm, pour une masse corporelle oscillant généralement entre 3 et 6 kg, les mâles étant légèrement plus lourds que les femelles. Ce dimorphisme sexuel est toutefois peu marqué et difficile à apprécier sur le terrain.

La fourrure est dense, courte et imperméable, adaptée aux eaux froides du courant de Humboldt. Le pelage dorsal est brun foncé à brun roux, tandis que les parties ventrales, la gorge et les joues arborent une teinte crème à beige jaunâtre, parfois mouchetée de brun. Cette coloration ventrale claire constitue un caractère diagnostique utile pour distinguer l'espèce sur le terrain. La tête est ronde et aplatie dorsoventralement, avec de petites oreilles arrondies pouvant être fermées lors des plongées. Le museau est court et large, pourvu de longues vibrisses tactiles blanches particulièrement développées, jouant un rôle essentiel dans la détection des proies dans un milieu turbulent.

Les membres sont courts et robustes; les pattes sont palmées avec des griffes bien développées, ce qui distingue morphologiquement la loutre marine de la loutre du Chili (Lontra provocax), espèce soeur d'eau douce qui présente une palmure moins étendue. La queue, épaisse à la base et progressivement effilée, sert de gouvernail lors des déplacements aquatiques. Le corps fuselé et la musculature puissante permettent à l'animal d'évoluer avec agilité dans les zones de ressac, où les vagues et les courants sont intenses. L'adaptation au milieu marin se traduit également par une capacité à consommer directement de l'eau de mer, bien que les individus s'abreuvent également aux sources d'eau douce disponibles à proximité du littoral.


Lontra felina
Lontra felina
© Edrey Belmar - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)

HABITAT

La loutre marine possède l'une des distributions géographiques les plus restrictives parmi les loutres du monde. Son aire de répartition longe les côtes rocheuses du Pacifique sud-américain depuis le nord du Pérou (département de La Libertad, environ 8° S) jusqu'à l'archipel du Cap Horn au Chili, en passant par les îles Falkland, où sa présence historique est attestée bien que la population y soit désormais considérée comme éteinte ou marginale. Des signalements ponctuels existent également pour les côtes méridionales de l'Argentine, sur le versant atlantique.

L'espèce est strictement côtière et inféodée aux rivages rocheux battus par les vagues, où abondent les crevasses, les grottes marines et les enchevêtrements d'algues marines (kelp). Ces microhabitats lui offrent des zones de refuge, de repos et de mise bas à l'abri des perturbations. Elle évite les plages de sable et les estuaires vaseux, préférant les substrats durs qui lui permettent de détecter et de capturer les crustacés benthiques. La présence de forêts de laminaires (principalement Macrocystis pyrifera) est considérée comme un indicateur clé de la qualité de l'habitat, car ces écosystèmes abritent une grande diversité de proies.

La densité de population est généralement très faible, de l'ordre de quelques individus par kilomètre de côte dans les meilleurs habitats. Les estimations de la population mondiale totale varient considérablement selon les sources et les méthodes d'évaluation, mais la plupart des études convergent vers un effectif inférieur à 1 000 individus matures, certains auteurs avançant même des chiffres inférieurs à 500. La répartition est fragmentée en sous-populations souvent isolées les unes des autres, ce qui réduit la connectivité génétique et la résilience face aux perturbations. Les populations les plus denses se trouvent actuellement dans les régions de Los Lagos et d'Aysén au Chili, ainsi que dans l'archipel de Chiloé.


Lontra felina distribution
     Répartition actuelle de la loutre marine
© Manimalworld
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ALIMENTATION

La loutre marine est un prédateur carnivore opportuniste, dont le régime alimentaire est fortement conditionné par la disponibilité locale des proies dans son milieu côtier rocheux. Les crustacés constituent la base de son alimentation, en particulier les crabes et les crevettes, qui peuvent représenter plus de 60 % des proies identifiées dans les analyses fécales réalisées dans différentes régions du Chili. Les mollusques, notamment les gastéropodes et les moules, occupent également une place significative dans le régime, de même que les oursins et les échinodermes en général.

Les poissons, bien que consommés de manière variable selon les sites, constituent une composante secondaire mais non négligeable du régime alimentaire. Des espèces de petite taille évoluant près du fond ou dans les zones intertidales sont préférentiellement ciblées. Des observations directes et des analyses de contenus stomacaux ont également documenté la consommation occasionnelle d'amphipodes, d'isopodes et d'autres invertébrés benthiques. La composition du régime varie sensiblement selon les saisons, les localités et probablement selon le sexe et l'âge des individus, les femelles allaitantes pouvant adapter leurs préférences alimentaires en fonction des besoins énergétiques accrus.

La technique de chasse repose principalement sur la plongée dans la zone intertidale et subtidale peu profonde, généralement à des profondeurs inférieures à 30 mètres. L'animal scrute les fonds rocheux et les cavités à l'aide de ses vibrisses sensorielles, puis saisit les proies avec ses pattes antérieures munies de griffes acérées. Les proies de grande taille sont ramenées à la surface ou sur des rochers émergés pour être consommées. La durée des plongées est courte, rarement supérieure à deux minutes. La loutre marine ne présente pas le comportement d'utilisation d'outils observé chez la loutre de mer (Enhydra lutris), bien que l'emploi de rochers comme enclumes pour ouvrir les coquillages ait été anecdotiquement rapporté.


Loutre marine portrait
Portrait de la loutre marine
© Juan Rodolfo Lillo Lobos - iNaturalist
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REPRODUCTION

Les données sur la biologie reproductive de la loutre marine demeurent parcellaires en raison de la difficulté à observer et à suivre cette espèce dans un milieu côtier exposé et peu accessible. Il est généralement admis que la reproduction est asaisonnière ou peu marquée saisonnièrement, bien que certaines études suggèrent un léger pic de naissances durant les mois de printemps et d'été austral, entre octobre et février. Cette flexibilité reproductive pourrait constituer une adaptation à la variabilité inter-annuelle de la disponibilité des ressources alimentaires, notamment sous l'influence du phénomène El Niño.

La gestation dure environ 60 à 65 jours, sans implantation différée documentée, contrairement à certains autres mustélidés. Les portées comptent généralement un à deux petits, rarement trois. La mise bas a lieu dans des terriers ou des anfractuosités rocheux situés en zone supralittorale, à l'abri des vagues et des prédateurs. Les nouveau-nés naissent sourds et aveugles, entièrement recouverts d'un duvet grisâtre, et dépendent totalement des soins maternels. L'ouverture des yeux intervient vers la troisième semaine de vie. La femelle assure seule l'élevage des jeunes, le mâle ne participant pas aux soins parentaux.

Les jeunes commencent à accompagner leur mère dans l'eau vers l'âge de deux mois et apprennent progressivement les techniques de chasse par imitation et expérimentation. Le sevrage intervient généralement entre quatre et neuf mois, mais les jeunes peuvent rester associés à leur mère pendant une période plus longue avant de se disperser. La maturité sexuelle est atteinte vers l'âge de deux ans chez les femelles et probablement un peu plus tard chez les mâles. La longévité en milieu naturel est estimée à une dizaine d'années, bien que des individus en captivité aient survécu jusqu'à quinze ans. Le faible taux de reproduction et la longue période de dépendance juvénile rendent l'espèce particulièrement vulnérable aux perturbations anthropiques.


Loutre marine femelle
Loutre marine femelle et son petit
© Dalila Parraguez - iNaturalist
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COMPORTEMENT

La loutre marine est une espèce essentiellement solitaire et territorialiste. Les individus défendent activement leur domaine vital côtier, qui peut s'étendre sur un à cinq kilomètres de rivage selon la qualité de l'habitat et la disponibilité des ressources. Les frontières territoriales sont marquées par le dépôt de fèces sur des rochers saillants, qui jouent un rôle de communication chimique inter-individuelle. Des vocalisations, décrites comme des sifflements et des cris courts, ont été observées lors de rencontres agonistiques entre individus.

L'activité journalière est principalement diurne, avec des pics d'activité de chasse en début de matinée et en fin d'après-midi, synchronisés avec les marées basses qui exposent les zones intertidales riches en proies. Les périodes de repos sont passées sur des rochers en bordure de mer, où l'animal se toilette soigneusement sa fourrure, comportement indispensable au maintien de l'imperméabilité et des propriétés isolantes du pelage. La thermorégulation repose davantage sur la densité du pelage que sur une couche de graisse sous-cutanée comme chez la loutre de mer, ce qui rend l'entretien de la fourrure particulièrement critique.

Les interactions sociales entre adultes sont limitées et principalement de nature agonistique, sauf lors de la période de reproduction. Des contacts pacifiques ont néanmoins été observés entre femelles et leurs petits ainsi qu'entre subadultes lors de la dispersion. La loutre marine semble peu encline aux déplacements de longue distance le long du littoral, ce qui contribue à l'isolement des sous-populations. Elle est généralement très méfiante vis-à-vis de l'homme et fuit au moindre dérangement, ce qui complique considérablement les études de terrain. Sa tolérance à la présence humaine est néanmoins variable selon les sites et l'historique de pression de chasse dans chaque localité.


Loutre marine du Chili
Loutre marine photographiée près des côtes du au Chili
© Dalila Parraguez - iNaturalist
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PRÉDATION

Dans son milieu côtier naturel, la loutre marine est exposée à un nombre limité de prédateurs naturels, en raison de sa taille modeste et de son habitat particulier. Parmi les mammifères marins, l'otarie à crinière (Otaria flavescens) est parfois citée comme ennemi potentiel, bien que les observations directes de prédation demeurent rares. Des interactions agonistiques entre ces deux espèces ont été documentées sur des sites de repos communs, mais sans issue fatale pour la loutre dans la majorité des cas recensés dans la littérature.

Les grands rapaces constituent une menace plus significative, en particulier pour les juvéniles et les individus de petite taille. Le condor des Andes (Vultur gryphus), bien qu'essentiellement charognard, a été observé à proximité de sites fréquentés par la loutre marine. Le balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) pourrait également représenter une pression de prédation sur les juvéniles lors de leurs premières sorties en mer. Le puma (Puma concolor) est occasionnellement signalé comme prédateur terrestre potentiel dans les zones où son aire de distribution chevauche le littoral habité par la loutre, notamment dans les régions australes du Chili.

Parmi les prédateurs marins, l'orque (Orcinus orca) représente théoriquement une menace, bien que sa présence dans les zones côtières peu profondes fréquentées par la loutres soit sporadique. Le grand dauphin de Peale (Lagenorhynchus australis) a également été mentionné comme prédateur potentiel dans certaines publications, sans documentation solide à ce jour. Il convient de souligner que la pression de prédation naturelle est probablement faible et que les principales causes de mortalité de l'espèce sont d'origine anthropique plutôt que naturelle.


Loutre de mer meridionale
La loutre marine est également appelée Loutre de mer méridionale
© Dalila Parraguez - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)

MENACES

La loutre marine est confrontée à un ensemble de menaces anthropiques qui ont conduit à son déclin historique et continuent de fragiliser ses populations. La chasse commerciale pour la fourrure constitue la menace historique la plus dévastatrice : exploitée intensément depuis le XVIIIe siècle par les chasseurs européens puis locaux, la loutre marine a vu ses effectifs s'effondrer dramatiquement jusqu'au milieu du XXe siècle. Bien que la chasse soit aujourd'hui interdite dans les deux pays de l'aire de répartition principale, des cas de braconnage persistent, notamment pour approvisionner un marché illicite de peaux et de médecines traditionnelles.

La surpêche représente une menace majeure et multidimensionnelle. En appauvrissant les ressources halieutiques dont dépend directement la loutre, elle réduit la disponibilité de ses proies. Par ailleurs, les conflits avec les pêcheurs artisanaux constituent une source de mortalité directe non négligeable : des individus sont délibérément tués car ils sont perçus comme des compétiteurs pour les ressources en crustacés et en poissons. Des cas d'empoisonnement intentionnel et de noyade dans des filets de pêche (captures accidentelles ou intentionnelles) ont été documentés au Chili et au Pérou.

La dégradation de l'habitat côtier constitue une menace croissante, liée au développement urbain et industriel du littoral, à la pollution marine (hydrocarbures, plastiques, métaux lourds), à l'aquaculture intensive et à la perturbation des écosystèmes de kelp. L'impact du changement climatique, notamment le réchauffement des eaux du Pacifique et l'intensification des événements El Niño, affecte la productivité des zones côtières et pourrait modifier profondément la disponibilité des proies. Le tourisme côtier non régulé génère également des dérangements sur les sites de repos et de mise bas, pouvant perturber la reproduction.


Loutre marine au parc des legendes
Loutre marine au parc des Légendes, Pérou
Crédit photo: Alex Kantorovich - Zooinstitutes

CONSERVATION

La loutre marine est inscrite à l'Annexe I de la CITES depuis 1975, ce qui interdit tout commerce international de spécimens ou de produits dérivés. Elle bénéficie d'une protection légale nationale au Chili et au Pérou, où la chasse est formellement prohibée. Sur le plan international, l'espèce figure sur la Liste rouge de l'IUCN avec le statut "En danger" (EN), évaluation maintenue lors des dernières révisions en raison de la taille réduite et fragmentée de ses populations.

Les efforts de conservation portent principalement sur la création et la gestion d'aires protégées côtières. Au Chili, plusieurs zones de la côte patagonne et de l'archipel de Chiloé bénéficient d'un statut de protection qui couvre partiellement l'habitat de la loutre marine. La réserve nationale Los Flamencos et certains secteurs du parc national Torres del Paine incluent des tronçons côtiers favorables à l'espèce. Des programmes de surveillance et d'inventaire des populations sont conduits ponctuellement par des organisations non gouvernementales et des institutions universitaires chiliennes et péruviennes.

La sensibilisation des communautés de pêcheurs locaux représente un axe prioritaire des programmes de conservation actuels, visant à réduire les conflits et à transformer les perceptions négatives envers l'espèce. Des projets d'éducation environnementale dans les écoles côtières et des campagnes d'information auprès des pêcheurs ont été initiés dans plusieurs régions du Chili. La recherche scientifique sur la biologie, l'écologie et la génétique des populations de la loutre marine doit être renforcée pour alimenter des plans de gestion fondés sur des données robustes. La coopération bilatérale entre le Chili et le Pérou, ainsi qu'une meilleure coordination avec les institutions internationales, demeurent des conditions indispensables pour assurer la pérennité de l'espèce.


Marine otter (Lontra felina)
En anglais, la loutre marine est appelée Marine otter
© Camilo Poblete Bustos - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)

TAXONOMIE

La loutre marine a été décrite scientifiquement pour la première fois par le naturaliste et prêtre jésuite chilien Juan Ignacio Molina dans son ouvrage Saggio sulla storia naturale del Chili (1782), sous le nom de Lutra felina. Molina la décrivit sur la base d'observations réalisées sur les côtes du Chili central, soulignant notamment sa taille réduite, son habitat marin et son comportement de chasse. Le nom spécifique felina (du latin felinus, relatif au chat) fait référence aux moeurs agiles et furtives de l'animal, qui évoquaient à Molina celles d'un félin.

Pendant plus d'un siècle, la loutre marine demeura classée dans le genre Lutra, aux côtés de la plupart des loutres de l'Ancien et du Nouveau Monde. Au XIXe siècle, plusieurs auteurs proposèrent des révisions génériques partielles : Thomas (1908) regroupait les loutres néotropicales dans un sous-genre distinct, reconnaissant leur cohérence morphologique et biogéographique. Van Zyll de Jong (1972, 1987) contribua à préciser la systématique des loutres américaines, distinguant des lignées évolutives propres à l'Amérique du Sud et à l'Amérique du Nord.

La révision taxonomique majeure fut accomplie par Wozencraft (1989, 1993) dans le cadre des volumes du Handbook of the Mammals of the World et de Mammal Species of the World. Sur la base de caractères morphologiques crâniaux et dentaires, Wozencraft éleva les loutres néotropicales au rang de genre à part entière sous le nom de Lontra, proposé initialement par Gray (1843) mais longtemps ignoré. Ce genre comprend quatre espèces : la loutre marine (Lontra felina), la loutre néotropicale (Lontra longicaudis), la loutre du Chili (Lontra provocax) et la loutre de rivière (Lontra canadensis).

Les analyses moléculaires ultérieures confirmèrent la monophylie du genre Lontra et précisèrent les relations phylogénétiques internes. Koepfli & Wayne (1998), dans une étude phylogénétique basée sur le cytochrome b mitochondrial, montrèrent que Lontra felina et Lontra provocax forment un clade sœur, toutes deux plus étroitement apparentées entre elles qu'à Lontra longicaudis ou Lontra canadensis. Cette topologie a été corroborée par des analyses multigéniques postérieures (Koepfli et al., 2008; Galbreath et al., 2009), consolidant la position de la loutre marine comme espèce côtière dérivée d'un ancêtre fluviatile sud-américain.

La question des sous-espèces de la loutre marine reste débattue dans la littérature scientifique. La plupart des autorités taxonomiques actuelles considèrent l'espèce comme monotypique, c'est-à-dire sans sous-espèces valides reconnues, en l'absence de données morphologiques ou moléculaires suffisantes pour justifier une partition infraspécifique formelle. Cette position est notamment celle adoptée par Wilson & Reeder (2005) dans Mammal Species of the World (3e édition) et par l'IUCN dans ses évaluations les plus récentes.

Néanmoins, certains auteurs ont historiquement proposé la distinction de deux sous-espèces géographiques :

- Lontra felina felina désignant les populations du Chili central et septentrional ainsi que du Pérou.

- Lontra felina patagonicus censée correspondre aux populations des régions australes du Chili et de l'archipel patagon.

Ces taxons étaient distingués sur la base de légères différences de taille corporelle et de coloration du pelage, les individus méridionaux étant décrits comme légèrement plus grands et plus foncés que ceux du nord. Toutefois, l'ampleur de ces différences est considérée comme insuffisante et potentiellement attribuable à la variation clinale ou individuelle.

Des études génétiques de population conduites au Chili ont mis en évidence une structuration génétique modérée entre populations septentrionales et méridionales, suggérant une certaine isolation historique entre ces groupes. Cependant, l'échantillonnage insuffisant et la faible résolution des marqueurs utilisés dans ces études préliminaires ne permettent pas encore de conclure à l'existence de sous-espèces biologiquement distinctes au sens évolutif. Des analyses génomiques à plus haute résolution sur des échantillons couvrant l'ensemble de l'aire de répartition seront nécessaires pour trancher définitivement cette question et apporter des éléments robustes pour la gestion conservatoire des populations distinctes.


CLASSIFICATION


Fiche d'identité
Nom communLoutre marine
Autre nomLoutre de mer méridionale
Chungungo
English nameMarine otter
Español nombreGato de mar
Chungungo
RègneAnimalia
EmbranchementChordata
Super-classeTetrapoda
ClasseMammalia
Sous-classeTheria
Infra-classeEutheria
OrdreCarnivora
Sous-ordreCaniformia
FamilleMustelidae
GenreLontra
Nom binominalLontra felina
Décrit parJuan Ignacio Molina
Date1782



Satut IUCN

En danger (En)

SOURCES

* Liens internes

Animal Diversity Web

Arkive

CITES

iNaturalist

Liste Rouge IUCN des espèces menacées

Mammal Species of the World (MSW)

MarineBio Conservation Society (MCS)

The Rufford Foundation

Système d'information taxonomique intégré (ITIS)

* Liens externes

Global Biodiversity Information Facility (GBIF)

International Otter Survival Fund

* Bibliographie

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