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Loutre à pelage lisse (Lutrogale perspicillata)
La loutre à pelage lisse (Lutrogale perspicillata) est la plus grande des loutres d'Asie et l'unique représentante du genre monotypique Lutrogale. Reconnaissable à son pelage brun foncé, dense et d'aspect velouté, elle se distingue des autres loutres asiatiques par une morphologie robuste, un museau plus aplati et une queue aplatie dorsoventralement, adaptée à la nage. Son aire de répartition s'étend depuis le sous-continent indien jusqu'en Asie du Sud-Est, en passant par les îles de Sumatra et de Bornéo. Bien que cette espèce soit davantage tolérante à la proximité humaine que ses congénères, elle est classée "Vulnérable" sur la Liste rouge de l'IUCN en raison de la destruction et de la fragmentation de ses habitats, ainsi que du braconnage intensif. Son étude revêt une importance capitale pour la conservation des zones humides tropicales. La loutre à pelage lisse est également appelée Loutre d'Asie.
© Ritkriti - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)La loutre à pelage lisse est la plus grande loutre d'Asie et l'une des plus imposantes de la famille des Mustelidae. Les adultes atteignent une longueur totale comprise entre 90 et 130 cm, dont 40 à 50 cm pour la queue, et pèsent généralement entre 7 et 11 kg, avec des individus exceptionnels pouvant frôler les 12 kg. Les mâles sont en moyenne légèrement plus grands et plus lourds que les femelles, bien que le dimorphisme sexuel reste modéré.
La caractéristique la plus immédiatement reconnaissable de cette espèce est son pelage court, dense, très serré et d'aspect luisant ou velouté, qui lui a valu son nom vernaculaire anglais de "smooth-coated otter". La face dorsale est uniformément brun chocolat foncé, parfois tirant sur le marron rougeâtre, tandis que la face ventrale est sensiblement plus claire, affichant des teintes beige à fauve. Cette fourrure, aux poils couchés et imperméabilisés par des glandes sébacées actives, constitue une excellente isolation thermique en milieu aquatique.
La tête est large, légèrement aplatie, avec un museau court et obtus qui la distingue nettement de la loutre d'Europe (Lutra lutra). Les vibrisses, longues et épaisses, jouent un rôle sensoriel déterminant dans la détection des proies en eau trouble. Les yeux sont relativement petits, bien que dotés d'une excellente vision subaquatique. Les oreilles rondes sont munies de valves musculaires qui se ferment hermétiquement lors de la plongée.
Les membres sont courts et musclés, munis de pieds entièrement palmés jusqu'aux extrémités des orteils, ce qui en fait de redoutables nageurs. Les griffes sont courtes mais bien développées, utiles lors de la manipulation des proies à terre. La queue, aplatie dorsoventralement et légèrement élargie à sa base, fonctionne comme un puissant gouvernail lors des évolutions aquatiques. Cette morphologie générale reflète une adaptation poussée à une vie semi-aquatique, dans des environnements allant des mangroves littorales aux rivières d'altitude.
© Nick Dobbs - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)La loutre à pelage lisse présente l'une des aires de répartition les plus étendues parmi les loutres asiatiques. Elle est présente depuis le Pakistan et l'Inde — où elle occupe les grands bassins fluviaux du Gange, de l'Indus, du Brahmapoutre et de leurs affluents — jusqu'au Bangladesh, au Népal, au Myanmar, en Thaïlande, au Laos, au Cambodge, au Vietnam, en Malaisie péninsulaire et dans les îles de Sumatra et de Bornéo (Indonésie). Des populations subsistent également en Iraq, en Iran et au Koweït le long du Tigre et de l'Euphrate, ces populations moyen-orientales étant particulièrement isolées et vulnérables.
En Inde, l'espèce est présente dans plusieurs États, notamment dans les Sundarbans — la plus grande forêt de mangrove du monde, partagée avec le Bangladesh —, dans les Ghâts occidentaux, au Kerala et dans plusieurs parcs nationaux riverains du nord du pays. L'espèce est absente des régions arides ou d'altitude élevée, ainsi que des zones à forte saisonnalité thermique.
Du point de vue écologique, la loutre à pelage lisse est une espèce étroitement inféodée aux milieux aquatiques doux ou légèrement saumâtres. Elle fréquente les grands fleuves aux berges boisées, les plaines alluviales, les zones humides intérieures, les lacs, les réservoirs et les estuaires. Elle affectionne tout particulièrement les mangroves, où elle exploite des ressources alimentaires abondantes tout en bénéficiant d'un couvert végétal dense. Des densités significatives ont été recensées dans les forêts ripicoles intactes et dans les zones agricoles irriguées, où elle peut tolérer une certaine présence humaine.
Cette espèce est généralement cantonnée aux altitudes basses à modérées, rarement au-delà de 1 000 mètres. Elle préfère des cours d'eau aux berges non verticales, avec une végétation riveraine permettant l'établissement de terriers. La qualité de l'eau, la disponibilité des poissons et la tranquillité des rives constituent les principaux facteurs déterminant la sélection de l'habitat. La fragmentation des paysages et la conversion des zones humides en terres agricoles réduisent rapidement les surfaces disponibles adaptées à l'espèce.
© Manimalworld
CC-BY-NC-SA (Certains droits réservés)La loutre à pelage lisse est un animal piscivore opportuniste, bien que son régime alimentaire soit nettement plus diversifié qu'on ne le croit souvent. Les poissons constituent la base de son alimentation et peuvent représenter jusqu'à 70 à 80 % de l'apport énergétique total, selon les études réalisées en Inde et en Asie du Sud-Est. Elle consomme une large variété d'espèces, depuis les cyprinidés de petite taille jusqu'aux poissons-chats (siluridés) et aux murènes d'eau douce, en sélectionnant préférentiellement des individus dont la longueur est comprise entre 10 et 30 cm.
En complément des poissons, elle consomme régulièrement des crustacés, notamment des crevettes d'eau douce et des crabes, des mollusques bivalves et gastéropodes, des grenouilles et des têtards, ainsi que des insectes aquatiques et leurs larves. En milieu côtier et de mangrove, des observations ont documenté la prédation sur de petits reptiles, incluant des jeunes tortues d'eau douce et des lézards. Des oiseaux aquatiques, notamment des poussins de rallidés, ont également été signalés au menu de l'espèce.
La technique de chasse varie selon la nature des proies et la topographie du milieu. Pour les poissons, la loutre utilise une poursuite subaquatique active, souvent en groupe : plusieurs individus d'un même groupe social coordonnent leurs plongées pour pousser les bancs de poissons vers les berges peu profondes, augmentant considérablement le succès de capture. Cette chasse coopérative est l'une des plus remarquables documentées chez les mustélidés.
Les loutres à pelage lisse consomment leurs proies soit dans l'eau, pour les petits individus, soit à terre, sur des sites d'alimentation récurrents qui sont également utilisés comme sites de marquage olfactif. Les besoins alimentaires quotidiens d'un adulte sont estimés entre 1 et 1,5 kg de poisson, soit environ 10 à 15 % de son poids corporel.
© Suhas Gurjar - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)La reproduction de la loutre à pelage lisse présente des caractéristiques communes aux mustélidés semi-aquatiques, avec toutefois certaines particularités liées à sa biologie sociale avancée. L'espèce est potentiellement capable de se reproduire tout au long de l'année sous les latitudes tropicales, bien que des pics de naissances aient été observés en lien avec la disponibilité des ressources alimentaires et les cycles hydrologiques locaux. En Inde, les naissances se concentrent souvent en saison sèche, de novembre à février, lorsque les niveaux d'eau bas facilitent la chasse.
La gestation dure environ 60 à 65 jours. La femelle met bas dans un terrier creusé dans les berges, aménagé sous les racines d'arbres riverains ou dans la végétation dense des mangroves. La portée comprend généralement 1 à 5 petits, avec une moyenne de 2 à 3. Les nouveau-nés sont nidicoles: aveugles, sourds et entièrement couverts d'un fin duvet brun foncé. Leur poids à la naissance est estimé entre 100 et 140 grammes.
L'ouverture des yeux intervient entre le 14e et le 21e jour. Les jeunes commencent à quitter le terrier vers l'âge de 5 à 6 semaines et font leurs premières tentatives de nage entre 8 et 10 semaines. Le sevrage s'achève vers 3 à 4 mois, mais les jeunes restent au sein du groupe familial pendant au moins un an, participant progressivement aux activités de chasse collectives. Cette longue période d'apprentissage social est essentielle à l'acquisition des techniques de pêche coopérative caractéristiques de l'espèce.
La maturité sexuelle est atteinte vers l'âge de 2 à 3 ans. Les couples sont généralement monogames et forment des paires stables sur plusieurs saisons de reproduction. Les deux parents, ainsi que parfois des individus subadultes issus de portées précédentes, participent à l'élevage des jeunes, un comportement dit d'"aide coopérative" rare chez les mustélidés. L'espérance de vie à l'état sauvage est estimée à 10-15 ans, pouvant dépasser 20 ans en captivité dans de bonnes conditions.
© Wingham Wildlife Park - Wikimedia Commons
CC-BY-SA (Certains droits réservés)La loutre à pelage lisse est l'une des espèces de loutres les plus sociales connues, vivant en groupes familiaux cohésifs et stables pouvant comprendre entre 4 et 17 individus. Ces groupes sont généralement structurés autour d'un couple reproducteur dominant, accompagné de leurs jeunes de l'année et de subadultes issus de portées précédentes. Cette organisation sociale stable, qui rappelle davantage celle de certains canidés ou primates sociaux que le mode de vie solitaire typique des mustélidés, est considérée comme une adaptation à la chasse coopérative dans des milieux aquatiques productifs.
La communication est particulièrement développée et comprend un répertoire vocal riche d'au moins 12 à 14 types de vocalisations différentes, incluant des cris d'alarme, des appels de contact, des signaux d'agression et des émissions spécifiques aux interactions lors de la chasse. Les loutres à pelage lisse vocalisent fréquemment pendant et après les séquences de pêche coopérative, synchronisant ainsi les déplacements du groupe. La communication olfactive joue également un rôle majeur dans la délimitation des territoires et la cohésion sociale : les fèces et les sécrétions des glandes anales sont déposées sur des sites de marquage régulièrement visités par tous les membres du groupe.
Les territoires sont stables et défendus activement contre les groupes voisins. Leur superficie varie considérablement en fonction de la productivité piscicole du milieu, allant de quelques kilomètres de cours d'eau dans les zones riches en ressources à plus de 20 km dans des habitats plus pauvres. Les groupes patrouillent régulièrement leurs territoires et défendent activement les meilleurs sites de chasse contre les intrus.
L'activité journalière suit un rythme crépusculaire, avec des pics matinal et vespéral consacrés à la chasse. Les heures centrales de la journée sont en général dédiées au repos collectif, au toilettage mutuel (allo-grooming) et aux interactions sociales, notamment les jeux entre jeunes. Ces comportements ludiques jouent un rôle important dans le renforcement des liens sociaux et dans l'apprentissage des techniques de prédation. La sieste en groupe, souvent dans une position enchevêtrée, est caractéristique de l'espèce.
© Benjamin Koh - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)La loutre à pelage lisse est un prédateur de milieu de chaîne trophique et bénéficie d'une certaine protection grâce à sa vie en groupes soudés, à sa vigilance collective et à sa maîtrise parfaite des milieux aquatiques. Néanmoins, plusieurs prédateurs naturels représentent une menace réelle, en particulier pour les juvéniles et les individus isolés.
Le crocodile des marais (Crocodylus palustris) et le crocodile marin (Crocodylus porosus), présents dans une grande partie de l'aire de répartition de l'espèce, constituent les ennemis aquatiques les plus significatifs. Des observations directes de prédation par des crocodiles sur des loutres adultes ont été rapportées dans les Sundarbans et dans plusieurs réserves naturelles d'Inde. Les loutres évitent généralement les plans d'eau abritant des crocodiles adultes, et les réactions d'alarme collectives à leur approche sont bien documentées.
Parmi les félins, le tigre du Bengale (Panthera tigris tigris) et le léopard (Panthera pardus) figurent parmi les rares prédateurs terrestres capables de s'attaquer à un adulte de cette espèce robuste. Dans les Sundarbans, des restes de loutres ont été identifiés dans le contenu stomacal de tigres. Le dhole (Cuon alpinus) peut également se montrer dangereux pour des individus surpris loin de l'eau. Des rapaces de grande taille, tels que le pygargue blagre (Haliaeetus leucogaster) ou l'aigle huppé (Nisaetus cirrhatus), peuvent ocasionnellement s'en prendre aux juvéniles de petite taille.
Face à ces menaces, la loutre à pelage lisse a développé plusieurs comportements défensifs. La vigilance collective au sein du groupe permet une détection précoce des prédateurs. En cas d'alerte, les individus se regroupent rapidement, émettent des vocalisations d'alarme spécifiques et plongent en synchronie dans l'eau, où leur agilité leur confère un avantage considérable. Les juvéniles, plus vulnérables, sont maintenus au centre du groupe lors des déplacements terrestres.
Crédit photo: Alex Kantorovich - Zooinstitutes
La loutre à pelage lisse fait face à diverses menaces multiples, souvent synergiques, et s'exercent simultanément sur l'ensemble de l'aire de répartition de l'espèce. La destruction et la dégradation de l'habitat constituent la menace principale. La conversion des zones humides en terres agricoles, notamment pour la riziculture et l'aquaculture intensive, réduit et fragmente les habitats disponibles. La déforestation des berges prive l'espèce de sites de reproduction et de repos indispensables. L'urbanisation des plaines alluviales, la construction de barrages et la canalisation des cours d'eau modifient profondément la dynamique des écosystèmes fluviaux dont dépend l'espèce. En Asie du Sud-Est, la déforestation accélérée pour la plantation de palmiers à huile a drastiquement réduit les forêts ripicoles.
La surpêche représente une menace indirecte mais significative : la raréfaction des stocks piscicoles dans de nombreux cours d'eau asiatiques prive la loutre de ses ressources alimentaires et engendre des conflits avec les pêcheurs, qui considèrent parfois l'animal comme un concurrent direct. Des loutres sont fréquemment tuées intentionnellement ou capturées accidentellement dans des filets de pêche. La pollution des eaux, notamment par les pesticides, les métaux lourds et les effluents industriels, entraîne une bioaccumulation de contaminants dans l'organisme des loutres et affecte leur fertilité.
Le commerce illégal d'animaux vivants est une menace croissante : des jeunes loutres à pelage lisse sont capturées pour alimenter le marché des animaux de compagnie exotiques, particulièrement actif au Japon, en Thaïlande et à Singapour. Le braconnage pour la fourrure, bien que moins intense qu'au siècle dernier, persiste dans certaines régions. La réduction de la connectivité entre les populations, résultant de la fragmentation des habitats, augmente les risques de dépression consanguine dans les petites populations isolées.
© roid-wren - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)La loutre à pelage lisse est classée comme Vulnérable (VU) sur la Liste rouge de l'IUCN depuis 2004 et est inscrite à l'Annexe I de la CITES. Elle bénéficie d'une protection légale dans la quasi-totalité des pays de son aire de répartition. Plusieurs pays, dont l'Inde, le Bangladesh, le Myanmar et la Malaisie, l'ont classée dans les catégories de protection les plus élevées de leur législation nationale sur la faune sauvage.
De nombreuses populations résident dans des zones protégées. En Inde, les Sundarbans, le Parc national de Kaziranga, le Parc national de Jim Corbett et plusieurs réserves de tigres abritent des populations significatives. En Asie du Sud-Est, des effectifs ont été documentés dans plusieurs parcs nationaux malaisiens, thaïlandais et cambodgiens. Cependant, la gestion de la connectivité entre ces zones protégées reste insuffisante pour garantir la viabilité à long terme des populations fragmentées.
Les programmes de suivi des populations représentent un outil essentiel. Des techniques de piégeage photographique, de relevés de traces et de fèces, de bio-acoustique et, plus récemment, d'ADN environnemental (eDNA) permettent d'estimer les effectifs et de cartographier la distribution de l'espèce à moindre coût. Des organisations comme l'IUCN Otter Specialist Group, WWF, WCS (Wildlife Conservation Society) et plusieurs ONG locales coordonnent des programmes de recherche et de sensibilisation dans toute l'Asie.
Des projets d'élevage en captivité existent dans quelques zoos accrédités, bien que la reproduction en captivité soit peu pratiquée à des fins de réintroduction. La réduction du conflit homme-loutre, notamment par l'indemnisation des pêcheurs victimes de dommages et par l'installation de dispositifs anti-capture sur les filets, constitue un axe de travail prioritaire. Enfin, la lutte contre le commerce illégal d'animaux de compagnie exotiques, par le renforcement des contrôles aux frontières et des sanctions, est une priorité identifiée par les instances internationales de conservation.
La loutre à pelage lisse fut décrite scientifiquement pour la première fois en 1826 par Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, naturaliste français et fils du célèbre Étienne Geoffroy Saint-Hilaire. La description originale fut publiée dans les "Annales des Sciences Naturelles" sur la base de spécimens collectés en Inde, vraisemblablement dans le delta du Gange ou dans ses régions adjacentes. Geoffroy Saint-Hilaire attribua à l'espèce le nom scientifique Lutra perspicillata, la plaçant ainsi dans le genre généraliste Lutra, qui regroupait à l'époque la quasi-totalité des loutres connues.
Le nom d'espèce perspicillata, dérivé du latin perspicillum (lunette, lorgnon), fait référence à la teinte légèrement plus claire de la peau autour des yeux et du museau, créant un effet de "masque" ou de "lunettes" qui caractérise l'aspect du visage chez certains individus. Cette étymologie, bien que la marque soit peu prononcée chez les spécimens adultes, a été retenue dans la nomenclature jusqu'à ce jour.
Le genre Lutrogale fut créé en 1865 par John Edward Gray, zoologiste britannique qui reconnut que la loutre à pelage lisse présentait des caractères morphologiques suffisamment distincts — notamment la forme aplatie de la queue, la structure particulière des pieds palmés et le profil du crâne — pour mériter un placement générique séparé de Lutra. Le genre Lutrogale fut d'abord interprété par certains auteurs comme un sous-genre de Lutra, avant d'être progressivement accepté au rang de genre à part entière au cours du XXe siècle.
Sur le plan phylogénétique, les analyses moléculaires modernes — notamment celles fondées sur les séquences mitochondriales et les marqueurs nucléaires — ont confirmé la position de Lutrogale perspicillata au sein de la tribu Lutrini et de la sous-famille Lutrinae. Des études récentes (Koepfli et al., 2008; Sato et al., 2012) ont établi que Lutrogale constitue un clade distinct, soeur de Lutra, les deux genres formant ensemble un groupe évolutif cohérent au sein des loutres de l'Ancien Monde. L'espèce se distingue génétiquement de la loutre d'Europe (Lutra lutra) par un degré de divergence estimé à plusieurs millions d'années, confirmant la validité du genre Lutrogale comme entité taxonomique monophylétique.
Trois sous-espèces distinctes sont traditionnellement reconnues au sein de l'aire de répartition globale, se différenciant par des critères géographiques et de légères variations de coloration. La sous-espèce nominale, Lutrogale perspicillata perspicillata, occupe la majeure partie du territoire, s'étendant de l'Inde jusqu'à l'Asie du Sud-Est continentale ainsi que sur l'île de Sumatra et de Java. Elle présente la morphologie typique de l'espèce avec un pelage de teinte intermédiaire. Dans la péninsule indienne, notamment dans les régions semi-arides, la sous-espèce Lutrogale perspicillata sindica est décrite pour les populations inféodées au bassin de l'Indus, affichant une coloration globale souvent plus pâle et grisâtre, adaptée aux milieux ouverts. Enfin, la sous-espèce Lutrogale perspicillata maxwelli désigne la population isolée et géographiquement disjointe des marais du sud de l'Irak. Cette forme irakienne se distingue par un pelage nettement plus sombre, presque noirâtre, et une taille légèrement inférieure, illustrant un phénomène de divergence évolutive en milieu fermé au coeur du Moyen-Orient.
| Nom commun | Loutre à pelage lisse |
| Autres noms | Loutre d'Asie Loutre indienne |
| English name | Smooth-coated otter |
| Español nombre | Nutria lisa |
| Règne | Animalia |
| Embranchement | Chordata |
| Sous-embranchement | Vertebrata |
| Super-classe | Tetrapoda |
| Classe | Mammalia |
| Sous-classe | Theria |
| Infra-classe | Eutheria |
| Ordre | Carnivora |
| Sous-ordre | Caniformia |
| Famille | Mustelidae |
| Genre | Lutrogale |
| Nom binominal | Lutrogale perspicillata |
| Décrit par | Isidore Geoffroy Saint-Hilaire |
| Date | 1826 |
Satut IUCN | ![]() |
* Liens internes
Liste Rouge IUCN des espèces menacées
Mammal Species of the World (MSW)
Système d'information taxonomique intégré (ITIS)
* Liens externes
Global Biodiversity Information Facility (GBIF)
* Bibliographie
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