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Porte-musc de Sibérie (Moschus moschiferus)


Le porte-musc de Sibérie (Moschus moschiferus) est un mammifère ruminant originaire des forêts montagneuses d'Asie du Nord appartenant à la famille des Moschidae. Il forme, avec six autres espèces, le genre Moschus.


Porte-musc de Sibérie (Moschus moschiferus)
Porte-musc de Sibérie (Moschus moschiferus)



DESCRIPTION

Le porte-musc de Sibérie est un mammifère mesurant entre 86 et 100 cm de long, de 52 à 55 cm de hauteur d'épaule, pour un poids allant de 11 à 18 kg. Contrairement aux cervidés, le mâle ne porte pas de bois, mais possède deux longues canines qui font saillie au-dessous de la mâchoire inférieure. Celles-ci croissent tout au long de la vie du cerf et peuvent mesurer jusqu'à 10 cm en long.

Les jambes avant sont plus courtes et plus minces que les pattes arrière. La structure des jambes, la colonne vertébrale incurvée ainsi que la différence de hauteur entre l'avant et l'arrière du corps laissent supposer un déplacement par bonds plutôt qu'en course. Les sabots sont longs, larges et pointus, avec une zone de surface supplémentaire aidant à l'animal à ne pas s'enfoncer dans les sols mous et enneigés. Les yeux sont grands et les oreilles sont longues et arrondies.

La coloration générale du porte-musc de Sibérie varie d'un brun jaunâtre clair à presque noir, mais le brun foncé est plus commune. La tête est généralement plus claire. Une paire de bandes blanchâtres se prolonge vers le bas à partir du menton jusqu'à l'abdomen, et une dispersion de taches plus claires peut être présente sur le dos et les côtés. Les jeunes naissent intensément tachetés sur le haut du corps.


Moschus moschiferus
Moschus moschiferus

HABITAT

L'aire de répartition actuelle du porte-musc de Sibérie se situe en Fédération de Russie (Sibérie et Extrême-Orient), dans l'extrême est du Kazakhstan, au nord et au nord-ouest de la Chine, en Mongolie, en République de Corée et en République populaire démocratique de Corée. Les dossiers émanant d'Afghanistan, du Pakistan, d'Inde, du Kirghizistan, du Népal, du Bhoutan, du Myanmar et du Vietnam se réfèrent à d'autres espèces du genre Moschus. Les cinq sous-espèces aujourd'hui reconnues occupent chacune différentes régions géographiques : Moschus moschiferus moschiferus vit en Sibérie et en Mongolie, Moschus moschiferus arcticus autour de la chaîne de montagnes de Verkhoïansk en Sibérie orientale, Moschus moschiferus Turovi en Extrême-Orient russe, Moschus moschiferus parvipes en Corée, et Moschus moschiferus sachalinensis ne se trouve que la moitié sud de l'île de Sakhaline.

Le porte-musc de Sibérie occupe généralement les régions montagneuses boisées. En Fédération de Russie, il évolue généralement à des altitudes inférieures à 1600 m, bien que dans certaines régions, il a été observé à une hauteur de 1 900 à 2 600 m. Il préfère généralement les pentes boisées, escarpées, avec des zones rocheuses pour se reposer et se protéger des prédateurs. Toutefois, dans certaines parties de son aire, il arrive que le porte-musc de Sibérie descende dans les vallées boisées en été, où la végétation herbacée est plus abondante.


Moschus moschiferus distribution
Carte de répartition du porte-musc de Sibérie

ALIMENTATION

Le porte-musc de Sibérie est un mammifère herbivore dont le régime alimentaire se compose de plus de 130 espèces de plantes. En hiver, les lichens arboricoles et quelques lichens touffus terrestres représentent environ 70 % de son alimentation. Il mange également de jeunes pousses, des aiguilles de conifères, des feuilles, des bourgeons et l'écorce de sorbiers, de trembles, d'érables, de saules, de merisiers, et de chèvrefeuilles. En été, les plantes herbacées sont sa principale source de nourriture. Ceux-ci comprennent entre autres le sarrasin, le géranium, quelques herbes, et la spirée.

Les lichens constituent une partie importante du régime alimentaire du porte-musc de Sibérie. Pour s'en procurer, il peut monter sur les troncs inclinés jusqu'à 4 m au-dessus du sol pour les atteindre. En moyenne, 0,8 kg de lichen est consommé par jour et, pendant l'hiver, ils représentent près de 99 % de l'apport alimentaire total de ce cerf. L'animal ne se déplace pas particulièrement loin pour se nourrir. Les aires d'alimentation estivales et hivernales sont généralement situées à proximité les unes des autres.


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Le porte-musc de Sibérie est un animal herbivore

REPRODUCTION

La saison de reproduction du porte-musc de Sibérie se déroule entre novembre et décembre. Pendant cette période, le mâle produit un musc qui, mélangé à son urine lui donne une couleur rose et une forte odeur, est censé stimuler la femelle à entrer en oestrus. Après une période de gestation d'environ 6 mois, la femelle donne naissance à un seul petit (rarement deux). Après la naissance, les jeunes sont cachés dans des endroits isolés et restent indépendants de leur mère, sauf pendant l'allaitement. Cette période de clandestinité peut durer jusqu'à 2 mois.

Le comportement d'allaitement chez cette espèce (ainsi que celles qui sont de la même famille) est assez inhabituel. Pendant que le petit tète, la mère soulève sa patte arrière qui touche le jeune faon sur sa patte avant. Un geste similaire est observé chez certains autres mammifères à sabots pendant la parade nuptiale.

L'espérance de vie du porte-musc de Sibérie en captivité est de 20 ans au maximum. À l'état sauvage, la durée de vie est de trois ou quatre ans en moyenne.


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Porte-musc de Sibérie juvénile

COMPORTEMENT

Le porte-musc de Sibérie est un animal timide et généralement solitaire. Actif surtout la nuit, au crépuscule et à l'aube, il passe ses journées à se reposer dans les sous-bois. Au cours de l'automne et en hiver, les sites de défécation communs, et leurs parfums associés, sont utilisés pour aider les cerfs à communiquer entre eux. L'odeur est également un indicateur important pour délimiter le territoire des mâles qui peut couvrir jusqu'à 300 hectares. Le domaine d'un mâle englobe généralement l'aire d'alimentation d'une à trois femelles.

Le porte-musc de Sibérie est beaucoup moins actif en cas de fortes chutes de neige. Il ne migre que sur de courtes distances. En hiver, il occupe les pentes escarpées des montagnes et en été les prairies herbeuses près des vallées de montagne.


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Portrait du porte-musc de Sibérie

PRÉDATEURS

Les principaux prédateurs du porte-musc de Sibérie (autres que l'homme), sont le lynx, le carcajou et la martre à gorge jaune. Dans une étude, réalisée dans les montagnes, les restes de ce moschidé ont été retrouvés dans 43 % des excréments de lynx.


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Porte-musc de Sibérie en captivité

MENACES

La chasse est la principale menace pesant sur le porte-musc de Sibérie. Le musc que produisent les mâles est en effet très prisé pour la fabrication de médicaments et de parfums. La demande est actuellement moins forte dans l'industrie du parfum car elle dispose d'alternatives synthétiques moins onéreuses, mais le musc reste encore très recherché dans la médecine traditionnelle d'Asie orientale. En 2008, près de 1 650 gousses de musc ont été récoltées en une seule saison de chasse. Cependant, le nombre de spécimens tués pourrait être de trois à cinq fois plus important dans la mesure où les pièges tuent sans distinction mâles, femelles et juvéniles. Les quotas indiqués ne reflètent que la chasse légale, car le braconnage qui sévit aussi en Russie occasionne également énormément de dégâts dans les populations de porte-muscs. Dans la période de 1999 à 2000, il a été estimé que plus de 80 % des porte-muscs tués en Russie ont été braconnés, représentant potentiellement une perte de plus de 50 000 cerfs.


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Gros plan du porte-musc de Sibérie

STATUT ET CONSERVATION

Le porte-musc de Sibérie est considéré comme une espèce en danger d'extinction. Il est inscrit dans la catégorie Vulnérable (EN) sur la Liste rouge de l'IUCN. L'espèce est également inscrite en Annexe II de la CITES.

Même si le commerce de musc est autorisé, la chasse au porte-musc de Sibérie est interdite en Chine, en Mongolie et en Corée du Sud. En Russie, la législation varie selon les régions. Dans certaines d'entre-elles, la chasse est autorisée avec un permis et des quotas sont fixés, alors que dans d'autres régions telles que Sakahlin, la chasse est totalement interdite. Malheureusement, le manque d'application des règlements fait que la chasse non contrôlée subsiste influant ainsi sur la réduction des populations. Des améliorations dans ces règlements ont été proposées, telles que des incitations financières pour la chasse légale, le renforcement de l'application des lois commerciales, des évaluations plus précises des niveaux de musc dans les préparations de la médecine traditionnelle et la recherche de substituts synthétiques.

Des élevages en captivité ont été créés en Russie et en Chine, démontrant qu'il est possible d'extraire le musc sans tuer l'animal. Néanmoins, ces élevages restent problématiques dans la mesure où bon nombre d'individus succombent à cause des maladies ainsi que le stress engendré à la captivité et le prélèvement de musc. Du coup, la chasse est restée l'un des moyens "rentables" pour obtenir cette précieuse substance. Il a été suggéré de tester un élevage en semi-liberté afin de diminuer le stress et d'éviter la propagation de maladie entre les individus.


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Porte-musc de Sibérie au zoo de Leipzig

SOUS-ESPÈCES

Selon la classification actuelle, l'ITIS reconnaît cinq sous-espèces de porte-musc de Sibérie :

- Moschus moschiferus arcticus

- Moschus moschiferus moschiferus

- Moschus moschiferus parvipes

- Moschus moschiferus sachalinensis

- Moschus moschiferus turowi


Siberian musk deer
En anglais, le porte-musc de Sibérie est appelé Siberian musk deer

CLASSIFICATION


Fiche d'identité
Nom communPorte-musc de Sibérie
English nameSiberian musk deer
Español nombreCiervo almizclero siberiano
RègneAnimalia
EmbranchementChordata
Sous-embranchementVertebrata
ClasseMammalia
Sous-classeTheria
Infra-classeEutheria
OrdreArtiodactyla
FamilleMoschidae
GenreMoschus
Nom binominalMoschus moschiferus
Décrit parCarl von Linné (Linnaeus)
Date1758



Satut IUCN

Vulnérable (VU)

SOURCES