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Ours kodiak (Ursus arctos middendorffi)


L’ours kodiak (Ursus arctos middendorffi) est une sous-espèce d’ours brun (Ursus arctos) endémique de l’archipel de Kodiak, dans le golfe d’Alaska. Isolé du continent depuis la fin de la dernière glaciation, il compte parmi les plus grands carnivores terrestres actuels, rivalisant par sa masse avec l’ours polaire. Sa taille remarquable ne tient pas seulement à son histoire évolutive, mais surtout à l’abondance de saumons et de végétation nutritive dont il dispose. L’archipel abrite environ 3 500 individus, gérés conjointement par les autorités fédérales et celles de l’État d’Alaska, dans un contexte de chasse sportive strictement encadrée.


Ours kodiak (Ursus arctos middendorffi)
Ours kodiak (Ursus arctos middendorffi)
© bdfriend - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)



DESCRIPTION

L’ours de Kodiak est le plus massif des ours bruns actuels et, avec l’ours polaire (Ursus maritimus), l’un des deux plus grands carnivores terrestres. Le dimorphisme sexuel est très marqué. Les mâles adultes pèsent habituellement entre 300 et 600 kg, mais certains dépassent 700 kg à l’automne, lorsque les réserves de graisse sont maximales, tandis que les femelles atteignent le plus souvent 200 à 350 kg. La longueur du corps varie d’environ 1,8 à 2,8 m, la hauteur au garrot avoisine 1,3 m chez un grand mâle, et un animal dressé sur ses pattes postérieures peut approcher 3 m. La queue, très courte, disparaît presque sous le pelage. Cette masse fluctue fortement selon la saison : amaigris à la sortie de tanière, les animaux reconstituent leurs réserves durant l’été et l’automne, jusqu’à dépasser d’environ un quart leur poids printanier.

Le crâne, massif et à profil facial concave, porte des arcades zygomatiques très écartées qui logent de puissants muscles masticateurs. La longueur condylobasale des mâles adultes dépasse fréquemment 35 cm, et les plus grands crânes de la sous-espèce figurent parmi les records mondiaux de trophées. La formule dentaire, commune à tous les Ursus, compte 42 dents; les molaires larges et aplaties reflètent un régime omnivore, tandis que les canines, très développées, servent surtout à la défense et à la dominance. La bosse de l’épaule, formée de muscles hypertrophiés qui actionnent les membres antérieurs, permet de creuser le sol et de retourner des pierres; les griffes, droites, non rétractiles et longues de 5 à 10 cm, sont adaptées au fouissage plutôt qu’à l’escalade.

Le pelage, épais et dense, associe un duvet laineux à de longs poils de garde. Sa couleur varie du blond doré au brun foncé, souvent de façon assez uniforme, généralement sans la teinte grisonnante qui valut son nom au grizzly continental. Les oursons portent parfois un collier blanc qui s’estompe avec l’âge. Les yeux sont petits, les oreilles courtes et arrondies, et l’odorat, remarquablement développé, constitue le sens principal pour repérer nourriture, congénères et dangers. Malgré leur masse, ces ours atteignent des vitesses de pointe voisines de 50 km/h sur de courtes distances et nagent aisément, traversant parfois des bras de mer.

La longévité atteint couramment 20 à 25 ans à l’état sauvage et dépasse 30 ans chez certains individus captifs. Enfin, la taille exceptionnelle de la sous-espèce ne résulte probablement pas d’une singularité génétique, mais surtout de la richesse de son régime en protéines animales, notamment en saumon, puisque des ours bruns côtiers du continent, à l’alimentation comparable, atteignent des dimensions voisines.


Ursus arctos middendorffi
Ursus arctos middendorffi
© Petra Hallbauer - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)

HABITAT

L’ours Kodiak est endémique de l’archipel de Kodiak, situé dans le golfe d’Alaska, au sud-ouest de l’État. Cet ensemble d’îles est séparé de la péninsule d’Alaska par le détroit de Shelikof, large d’une cinquantaine de kilomètres dans sa partie la plus étroite. Les ours occupent l’île de Kodiak, la plus vaste de l’archipel avec environ 9 300 km², mais aussi les îles d’Afognak, de Shuyak et de Raspberry, ainsi que plusieurs îlots voisins. Les distances modestes qui séparent ces îles permettent aux individus, excellents nageurs, de passer de l’une à l’autre, de sorte que l’ensemble forme probablement une métapopulation faiblement subdivisée.

L’isolement des ours vis-à-vis du continent remonte, selon les estimations, à environ 12 000 ans, à la suite de la déglaciation et de la remontée du niveau marin à la fin du Pléistocène. Depuis lors, les échanges génétiques avec les populations continentales sont restés très limités, ce qui a conduit à une différenciation génétique mesurable, assortie d’une diversité un peu moindre que celle des ours du continent.

Le climat est océanique, frais et humide, avec des précipitations abondantes et des hivers relativement doux pour cette latitude. Le relief, accidenté et entaillé de fjords profonds, culmine à un peu plus de 1 300 m. Le nord-est de l’île de Kodiak ainsi qu’Afognak et Shuyak portent des forêts d’épicéa de Sitka, arrivées dans l’archipel de façon relativement récente, tandis que le sud-ouest est dominé par des fourrés d’aulne, des prairies, des landes et de la toundra alpine.

Les ours kodiak exploitent cette mosaïque selon un rythme saisonnier. Au printemps, ils fréquentent surtout les vallées et les littoraux; en été, ils se concentrent près des cours d’eau et des lacs à saumons; à l’automne, ils gagnent les versants couverts d’aulnes et de sureaux. Pour hiberner, ils creusent généralement leur tanière sur des versants raides situés en altitude.

La répartition actuelle de l’ours de Kodiak correspond à son aire historique, qui n’a pas connu de contraction notable, contrairement à celle de plusieurs populations d’ours bruns d’Amérique du Nord. L’archipel supporte l’une des plus fortes densités d’ours bruns connues, avec une population d’environ 3 500 individus d’après les estimations des gestionnaires. Cette abondance s’accompagne de domaines vitaux nettement plus réduits que ceux des ours bruns de l’intérieur du continent, car les ressources alimentaires y sont concentrées et prévisibles. L’ours kodiak y est le seul grand carnivore terrestre, les autres espèces indigènes se limitant au renard roux, à la loutre de rivière et à l’hermine. Des espèces introduites au XXe siècle, notamment le cerf mulet, le wapiti et la chèvre des montagnes rocheuses, ont élargi les ressources disponibles pour l’ours.


Ursus arctos middendorffi distribution
     Répartition actuelle de l’ours kodiak
© Manimalworld
CC-BY-NC-SA (Certains droits réservés)

ALIMENTATION

L’ours kodiak est un mammifère omnivore mangeant un grand choix de nourriture. Sa grande taille est principalement dû à l’abondance de nourriture facilement disponible pour eux sur l’île de Kodiak. Généralement solitaire, il mange régulièrement en groupe lorsque la nourriture est abondante.

Après l’hibernation, l’ours kodiak se nourrit de végétaux et de cadavres d’animaux morts pendant l’hiver. Au début du mois de mai, il se nourrit de saumons et ce jusqu’au mois d’octobre. Les cinq espèces de saumons du Pacifique viennent, pour la plupart, de l’archipel Kodiak. Le poisson est un aliment important dans le régime alimentaire de l’ours kodiak.

Même si le poisson reste un aliment de choix pour l’ours kodiak, il préfère néanmoins se nourrir de végétaux, de baies, d’algues et d’invertébrés. Cette méthode d’alimentation lui demande moins d’efforts.


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L’ours kodiak est très friand de saumons
© Robert Winslow

REPRODUCTION

Chez l’ours kodiak, le taux de reproduction est relativement bas. Les mâles et les femelles atteignent leur maturité sexuelle à environ 5 ans, mais la plupart des femelles n’ont pas de progéniture avant l’âge de 9 ans. Le nombre d’oursons qu’une ourse pourra procréer pendant toute sa vie dépend de sa santé, de sa longévité, mais aussi de l’âge où elle réussira sa première reproduction. En moyenne une ourse peut mettre au monde 6 à 9 petits en une vie.

La saison de reproduction a lieu pendant les mois de mai et de juin, peu après leur première sortie de la tanière où ils ont hiberné. Lorsque le mâle repère une femelle réceptive, celui-ci s’agite et galope vers elle en laissant s’échapper des sons rauques audibles de loin. Ce petit jeu peut durer toute la journée. L’accouplement est très bruyant. Il arrive qu’un autre mâle convoite la même femelle qu’un autre mâle. Les combats deviennent alors inévitables laissant de graves blessures aux protagonistes.

Les ourses de toutes espèces, excepté l’ours malais, montrent une adaptation connue sous le nom d’implantation retardée. L’ovule de la femelle une fois fécondé ne se fixe à la paroi de l’utérus qu’au moment opportun. Dans le cas de l’ours kodiak, l’implantation ne se produit généralement pas jusqu’à ce que la femelle soit prête, dans sa tanière, pour l’hiver. De cette manière, les ourses ont un état physique optimum pour la saison d’automne où elles doivent se nourrir, avant leur période de gestation.

Les ourses qui n’ont pas l’état physique nécessaire vont interrompre leur grossesse et réabsorber l’ovule fécondé. La plupart des ours kodiak creusent leurs repaires en flancs de montagne. Les ourses enceintes sont les premières afin de commencer à hiberner fin octobre.

Dans la tanière, la femelle met au monde entre 1 et 3 oursons qui l’occuperont pendant les 2 à 4 années à venir. Les petits ne pèsent pas plus de 600 g à la naissance et n’auront qu’entre 6 et 9 kg lorsqu’ils quitteront le nid maternel pour la première fois en mai ou juin.

Généralement une femelle ne se reproduit qu’une fois tous les 3 ou 4 ans, mais cela peut varier (tout comme pour le nombre d’oursons) selon son âge, sa santé, la disponibilité de nourriture, l’impact humain ainsi que de l’activité reproductrice des mâles. En raison de la dominance des ours plus anciens et plus forts, les jeunes mâles sexuellement mûrs ne se reproduisent pas


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Ours kodiak femelle et son ourson

COMPORTEMENT

Il y a une différence significative entre l’ours kodiak et les autres sous-espèces d’ours bruns. L’ours kodiak est actif tout au long de la journée. On peut aussi les rencontrer la nuit quand ceux-ci n’ont pas assez consommé de nourriture pendant la journée.

Généralement de nature solitaire, l’ours kodiak accepte néanmoins la présence de ses semblables. Les moments où l'on peut les observer en groupe sont quand ils pêchent les saumons. Dans les autres moments, les mâles préfèrent s’éviter. Les femelles, elles, sont plus conviviales et on peut facilement en voir plusieurs sur le même endroit. Les comportements des mâles tendent à devenir agressifs pendant les saisons d’accouplement et deviennent plus exigeant si la nourriture venait à manquer.


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Gros plan de l’ours kodiak

MENACES

L’ours kodiak n’a pas vraiment de prédateur naturel. Il peut parfois être victime de ses semblables lors de combat mais c’est assez rare. Ils peuvent être brutaux entre eux, particulièrement les mâles qui combattent pour une femelle. Comme leur environnement naturel s’est tout de même réduit, ils luttent aussi pendant les mauvaises années pour l’espace et la nourriture.

Le seul vrai prédateur de l’ours kodiak est l’homme. L’ours kodiak est un grand ours que beaucoup de chasseurs voudraient mettre à leur tableau de chasse. Les permis sont assez durs à obtenir depuis que des lois les protègent. Il est néanmoins certain que bon nombre de spécimens meurent malheureusement sous les tirs de chasseurs avides, prêt à défier les lois pour chasser ne serait-ce qu’une seule fois, l’un des plus grands carnivores terrestres de notre époque.


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Ours kodiak victime de la chasse

CONSERVATION

Tandis que plusieurs espèces animales vivant en Amérique du Nord sont menacées d’extinction, l’ours kodiak est lui un exemple de succès en ce qui concerne la conservation de la faune. En effet, cet ursidé est une espèce saine et productive dans tout l’archipel et sa population est en augmentation réelle. Selon l’Alaska Department of Fish and Game, il y aurait 3 500 spécimens vivant dans l’archipel Kodiak. La grande majorité de cette population vivent dans les terres protégées de la réserve nationale de Kodiak qui s’étale sur les 2/3 de l’île.

L’ours kodiak et l’homme coexistent dans l’archipel Kodiak depuis presque 8 000 années. Les ancêtres du peuple Alutiiq vénéraient et respectaient l’animal bien qu’ils le chassaient pour sa viande, s’habiller et pour fabriquer des outils. L’île de Kodiak à une longue histoire de chasse à l’ours qui perdure encore de nos jours. Régulé par l’Alaska Department of Fish and Game, le système de chasse est conçu pour conserver une population viable au sein de l’écosystème.

L’observation des ours est l’une des activités les plus populaires de l’île. La meilleure saison pour les voir est pendant les mois de juillet, août et septembre. Il est important de garder en tête que l’homme est un invité dans le territoire de l’ours et que l’avenir de cette population dépend de notre volonté et notre respect envers les joyaux que nous offre mère nature.


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L’ours kodiak est le plus grand carnivore terrestre actuel

CLASSIFICATION


Fiche d'identité
Nom communOurs Kodiak
English nameKodiak bear
Kodiak brown bear
Español nombreOso Kodiak
RègneAnimalia
EmbranchementChordata
Sous-embranchementVertebrata
ClasseMammalia
Sous-classeTheria
Infra-classeEutheria
OrdreCarnivora
Sous-ordreCaniformia
FamilleUrsidae
Sous-familleUrsinae
Super-familleOurs
GenreUrsus
EspèceOurs brun
Nom binominalUrsus arctos middendorffi
Décrit parClinton Hart Merriam
Date1896

Kodiak bear
En anglais l’ours kodiak est appelé Kodiak bear

SOURCES


Système d'information taxonomique intégré (ITIS)

Le monde animal

Ursidés.com

Robert Winslow Photography

Alaska Department of Fish and Game

Bears of the world

Kodiak Island, Alaska - Official Visitors Guide

Bear planet

Alaska Pictures - Photos Of Alaska