Le genre Brachylagus est un taxonmonotypique qui abrite le lapin pygmée (Brachylagus idahoensis), le plus petit représentant des léporidés en Amérique du Nord. Ce petit mammifère se distingue non seulement par ses dimensions réduites, mais aussi par sa dépendance extrême à l'égard de l'armoise (Artemisia spp.), qui constitue à la fois son habitat et sa principale source de nourriture. Contrairement à de nombreux autres lapins, il possède la capacité de creuser ses propres terriers, une adaptation vitale dans les vastes étendues arides du Grand Bassin américain. Sa morphologie, caractérisée par des oreilles courtes et l'absence de blanc sur la queue, le différencie nettement des membres du genre Sylvilagus. Aujourd'hui, ce genre revêt une importance écologique et conservationnelle majeure, certaines populations étant strictement protégées en raison de la fragmentation de leur habitat naturel.
À l'heure actuelle, le genre Brachylagus ne comprend qu'une seule espèce vivante : le lapin pygmée (Brachylagus idahoensis), décrit initialement par Clinton Hart Merriam en 1891. Selon les données compilées par différentes sources taxonomiques, cette espèce ne possède pas de sous-espèces formellement reconnues à l'échelle taxonomique globale, bien que des distinctions géographiques et génétiques importantes existent. La structure monotypique du genre souligne son isolement évolutif par rapport aux autres lapins de la lignée des Sylvilagus et des Lepus.
Il convient toutefois de noter l'existence de la population du bassin de la Columbia, située dans l'État de Washington. Bien qu'elle ne soit pas classée comme une sous-espèce distincte selon les critères de la nomenclature rigide, elle est traitée comme une "unité évolutivement significative" par les autorités de conservation. Cette population a frôlé l'extinction au début du XXIe siècle, ce qui a déclenché des programmes de reproduction intensifs. Morphologiquement, l'espèce se caractérise par un pelage gris ardoise en hiver qui vire au brun cannelle en été, des pattes postérieures très courtes et une discrétion absolue qui rend son observation difficile dans la nature.
TAXONOMIE
L'histoire de la classification du genre Brachylagus est marquée par plusieurs révisions qui illustrent l'évolution de notre compréhension des léporidés nord-américains. Lors de sa découverte par Merriam à la fin du XIXe siècle, le lapin pygmée fut initialement placé dans le genre Lepus sous le nom de Lepus idahoensis. Cette première attribution reposait sur des observations générales de sa morphologie, bien que sa petite taille ait immédiatement intrigué les naturalistes de l'époque.
Quelques années plus tard, en 1900, Gerrit Smith Miller Jr. a proposé la création du genre distinct Brachylagus. Miller a justifié cette séparation par des caractéristiques crâniennes et dentaires uniques, ainsi que par la petite taille inhabituelle de l'animal et ses oreilles particulièrement courtes, qui ne correspondaient pas aux standards des Sylvilagus et des Lepus.
Au cours du XXe siècle, la validité du genre a été régulièrement débattue. Certains auteurs ont tenté de le ramener au rang de sous-genre au sein de Sylvilagus, suggérant que les différences observées n'étaient que des adaptations spécialisées au climat froid et au creusement de terriers. Néanmoins, les analyses phylogénétiques modernes, basées sur le séquençage de l'ADN mitochondrial et les révisions soutenues par la Commission internationale de nomenclature zoologique, ont confirmé la légitimité de Brachylagus. Les recherches montrent que ce genre est plus étroitement lié aux genres Nesolagus (lapins rayés d'Asie) qu'aux lapins de garenne typiques, faisant de lui un vestige précieux d'une radiation ancienne de léporidés.
Merriam, C. H. (1891). Results of a biological survey of south-central Idaho. North American Fauna.
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