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Petit grison (Galictis cuja)


Le petit grison (Galictis cuja) est un petit mammifère carnivore appartenant à la famille des Mustelidae. Originaire d'Amérique du Sud, il se distingue par sa silhouette allongée et son pelage bicolore caractéristique, marqué par une bande claire s'étendant du front jusqu'aux épaules. Plus petit et plus tolérant à l'altitude que le grand grison, le petit grison fréquente une gamme étendue d'habitats, des prairies andines aux forêts galeries du Chaco. Prédateur généraliste et opportuniste, il joue un rôle écologique structurant dans la régulation des populations de petits vertébrés. Bien que classé en "Préoccupation mineure" par l'IUCN, la dégradation croissante de son environnement naturel et la fragmentation de ses habitats imposent une surveillance attentive.


Petit grison (Galictis cuja)
Petit grison (Galictis cuja)
© Guilherme Willrich - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)



DESCRIPTION

Le petit grison est un mustélidé de corpulence moyenne, nettement plus trapu et plus court sur pattes que le grand grison. La longueur tête-corps oscille entre 28 et 51 cm selon le sexe et la provenance géographique, la queue mesurant de 6 à 19 cm supplémentaires. Le poids varie généralement entre 1 et 2,5 kg, les mâles étant sensiblement plus lourds que les femelles, ce qui traduit un dimorphisme sexuel modéré. Le corps est allongé et flexible, porté par des membres courts et robustes, adaptation classique chez les mustélidés fouisseurs et chasseurs dans des milieux encombrés. Les pattes sont semi-palmées et munies de griffes robustes adaptées au creusement.

Le pelage présente la bipartition chromatique emblématique du genre Galictis : la face dorsale, du sommet de la tête jusqu'à la base de la queue, est d'un gris argenté à gris jaunâtre, formé de poils à base noire et apex clair. La tête antérieure, le menton, la gorge, la poitrine, l'abdomen, les membres et la queue distale sont en revanche d'un brun-noir à noir profond. Une bande frontale blanche, parfois crème ou jaunâtre, sépare le museau noir du crâne gris, constituant un trait distinctif commode pour l'identification sur le terrain. Cette livrée bicolore est supposée remplir une fonction aposématique, signalant aux prédateurs potentiels la combativité de l'animal et la présence de glandes anales sécrétant une substance nauséabonde.

Le crâne est robuste, à museau court et boîte crânienne aplatie, avec une denture de type carnassier comprenant des carnassières bien développées permettant de sectionner tendons et petits os. La formule dentaire est I 3/3, C 1/1, P 3/3, M 1/2 = 34 dents au total. Les yeux sont petits et les oreilles courtes et arrondies, peu saillantes. Les vibrisses faciales sont longues et fines, jouant un rôle probable dans la détection de proies dans l'obscurité ou dans les terriers. La glande anale paire, présente chez les deux sexes, produit un musc dont la composition chimique n'a pas encore été entièrement élucidée.


Galictis cuja
Galictis cuja
© Kini Roesler - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)

furetHABITAT

Le petit grison présente l'une des aires de répartition les plus étendues parmi les mustélidés néotropicaux. Sa distribution couvre une grande partie de l'Amérique du Sud andine et subtropicale : on le rencontre depuis le Pérou central et la Bolivie jusqu'au Chili central, en passant par l'Argentine sur toute sa moitié occidentale et méridionale, et par le Brésil méridional (États du Rio Grande do Sul, Santa Catarina et, plus sporadiquement, Mato Grosso do Sul). L'espèce est également signalée au Paraguay et en Uruguay, où elle fréquente les zones de transition entre forêts et prairies.

Altitudinalement, le petit grison est remarquable par sa tolérance aux conditions montagnardes : des observations ont été effectuées jusqu'à 4 000 m d'altitude dans les Andes péruviennes et boliviennes, ce qui le distingue nettement du grand grison, cantonné aux basses terres tropicales. Dans la cordillère, il occupe les prairies d'altitude (puna), les zones de buissons épineux et les versants rocheux. Aux altitudes intermédiaires et dans les basses terres, il exploite une mosaïque d'habitats incluant les prairies, les steppes arbustives, les lisières forestières, les forêts galeries bordant les cours d'eau, les zones humides et les terrains cultivés.

Le petit grison est globalement absent des grandes forêts pluviales denses de l'Amazonie centrale, contrairement au grand grison qui y est mieux représenté. Il est en revanche bien adapté aux milieux ouverts et semi-ouverts, y compris à certaines matrices agricoles, ce qui lui permet de maintenir des populations dans des paysages fortement anthropisés. Des enregistrements par pièges photographiques ont permis de confirmer sa présence dans des éco-régions aussi diverses que le Chaco sec argentin, le Cerrado brésilien méridional et la région des pampas. L'espèce semble apprécier la proximité des points d'eau et des écotones entre formations végétales contrastées, qui offrent à la fois couvert et diversité de proies.


Galictis cuja distribution
     Répartition actuelle du petit grison
© Manimalworld
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ALIMENTATION

Le petit grison est un carnivore généraliste et opportuniste, dont le régime alimentaire varie considérablement selon la saison, la région et la disponibilité locale des proies. Les micromammifères constituent la base de son alimentation : rongeurs de petite et moyenne taille — notamment des espèces appartenant aux genres Ctenomys, Akodon, Microcavia et Cavia — ainsi que des lagomorphes introduits comme le lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus) dans les régions où celui-ci a été acclimaté. L'espèce est réputée pour attaquer des proies d'un poids pouvant approcher ou dépasser le sien, faisant preuve d'une hardiesse remarquable.

Les reptiles, notamment les lézards et les serpents de taille modeste, sont fréquemment consommés, de même que les amphibiens, les oiseaux (surtout des espèces terrestres ou nidifiant au sol), les oeufs et les insectes de grande taille (coléoptères, orthoptères). Des observations de terrain et des analyses de contenus stomacaux ont également révélé la consommation occasionnelle de poissons dans les zones proches des cours d'eau, de vers de terre et de charogne. Ce régime éclectique confère au petit grison une grande résilience écologique en contexte de variation de la disponibilité alimentaire saisonnière.

La technique de chasse repose principalement sur la poursuite active et l'exploration méthodique des terriers et des anfractuosités rocheuses. La morphologie corporelle allongée du petit grison lui permet de s'introduire dans les galeries de rongeurs fouisseurs comme les tuco-tucos, dont il est l'un des principaux prédateurs spécialisés dans certaines régions andines. Des individus ont été observés chassant en couple ou en association familiale, comportement rare chez les mustélidés solitaires, ce qui suggère une certaine plasticité sociale liée au type de proie exploité.


Petit grison portrait
Portrait du petit grison
© Javier Villamil - iNaturalist
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REPRODUCTION

Les données sur la reproduction du petit grison demeurent fragmentaires, en raison de la discrétion de l'espèce et de la rareté des études en captivité à long terme. Les observations disponibles indiquent que la saison de reproduction se déroule principalement au printemps austral (septembre à novembre), bien que des naissances hors saison aient été enregistrées, suggérant une certaine flexibilité du cycle reproducteur. La gestation dure environ 39 à 42 jours, et les portées comptent généralement deux à quatre petits, bien que des portées de un à cinq individus aient été signalées. Il n'existe pas d'évidence d'implantation retardée chez cette espèce, contrairement à ce qui est observé chez certains mustélidés de l'hémisphère nord.

Le nid est généralement installé dans un terrier creusé par l'animal lui-même ou récupéré auprès d'un autre mammifère fouisseur. Des troncs creux, des amas rocheux et des broussailles épaisses sont également utilisés comme refuges. Les nouveau-nés naissent aveugles, sourds et couverts d'un fin duvet sombre. Les yeux s'ouvrent vers la troisième semaine de vie, et le sevrage intervient généralement entre six et huit semaines. Les jeunes restent associés à la mère pendant plusieurs mois, période au cours de laquelle ils apprennent les techniques de chasse par imitation. La femelle assure seule l'élevage des petits dans la majorité des cas observés, le mâle ne participant pas aux soins parentaux de manière régulière.

La maturité sexuelle est atteinte vers l'âge de quatre à cinq mois selon certaines observations en captivité, mais les individus sauvages ne se reproduisent vraisemblablement pas avant leur première année complète. La longévité en milieu naturel est inconnue; en captivité, des individus ont survécu jusqu'à dix ans.


Petit grison juvenile
Petit grison juvénile photographié en Argentine
© Fernando López - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)

COMPORTEMENT

Le petit grison est principalement solitaire en dehors de la période de reproduction et d'élevage des jeunes. Chaque individu occupe un domaine vital dont l'étendue varie selon le sexe, la disponibilité alimentaire et la qualité du milieu. Les données télémétriques, encore rares, suggèrent des domaines vitaux compris entre quelques dizaines et plusieurs centaines d'hectares pour les mâles, les femelles occupant des territoires plus réduits. Le marquage olfactif, assuré par les sécrétions des glandes anales et par les dépôts d'urine et de fèces en des sites stratégiques, constitue le principal vecteur de communication territoriale et sociale entre individus.

Malgré sa réputation de carnivore courageux et agressif, le petit grison adopte des comportements de fuite lorsqu'il est confronté à des prédateurs de taille nettement supérieure. En revanche, lorsqu'il est acculé, il fait preuve d'une résistance farouche, hérissant ses poils, émettant des vocalisations sibilantes et libérant ses sécrétions glandulaires. Ce comportement défensif spectaculaire est analogue à celui observé chez d'autres mustélidés comme les carcajous et les zorilles. L'animal est capable de nager, bien que cela ne soit pas un comportement habituel, et grimpe occasionnellement aux arbres pour explorer les nids d'oiseaux.

Les vocalisations décrites comprennent des trilles rapides utilisés lors des interactions affiliatives entre individus d'un même groupe familial, des claquements de dents et des chuintements lors des confrontations agonistiques, et des couinements aigus chez les jeunes réclamant la présence maternelle. Le cycle d'activité journalier est variable : des individus strictement nocturnes coexistent avec des individus crépusculaires ou diurnes au sein d'une même population, laissant supposer une forte plasticité comportementale possiblement liée à la pression de prédation locale et à la disponibilité des proies. Les périodes de repos sont passées dans le terrier ou dans des refuges discrets, l'espèce ne pratiquant pas d'hibernation véritable même dans les populations des Andes soumises à des températures hivernales sévères.


Galictis cuja furax
Galictis cuja furax
© Klaus Rudloff - BioLib
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PRÉDATION

En dépit de sa réputation de combativité, le petit grison est exposé à plusieurs prédateurs naturels au sein des écosystèmes qu'il fréquente. Parmi les rapaces, la harpie féroce (Harpia harpyja) et l'aigle d'Isidor (Spizaetus isidori) sont susceptibles de capturer des individus adultes dans les régions forestières, tandis que des rapaces de taille intermédiaire comme le buse à queue rousse (Buteo jamaicensis) et le busard de Buffon (Circus buffoni) s'attaquent aux juvéniles ou aux individus affaiblis en milieu ouvert. Les strigidés de grande taille, notamment le grand-duc d'Amérique (Bubo virginianusi), peuvent également représenter une menace lors des déplacements nocturnes.

Au sein de la guilde des mammifères, le puma (Puma concolor) constitue probablement le principal prédateur terrestre du petit grison dans les Andes et la Patagonie. Le renard de Magellan (Lycalopex culpaeus) et le renard d'Aszara (Lycalopex gymnocercus) peuvent entrer en compétition avec le petit grison pour les ressources alimentaires et, occasionnellement, s'attaquer à des individus isolés. Le coati roux (Nasua nasua) et la moufette des Andes (Conepatus chinga) fréquentent des niches partiellement comparables et peuvent représenter des compétiteurs locaux.

La présence de chiens domestiques errants constitue une menace croissante dans les zones péri-rurales, ceux-ci étant responsables d'un nombre non négligeable de mortalités documentées chez diverses espèces de mustélidés sud-américains. Des serpents de grande taille, notamment le boa constricteur (Boa constrictor) et l'anaconda vert (Eunectes murinus) dans les basses terres tropicales humides, pourraient théoriquement capturer de jeunes individus ou des adultes pris au dépourvu, bien qu'aucune observation directe ne le confirme formellement pour le petit grison. L'espèce semble posséder une certaine résistance aux venins de serpents, comme cela a été documenté pour d'autres membres des Ictonychinae et Mustelidae, mais cette résistance n'a pas encore été rigoureusement caractérisée chez le petit grison.


Petit grison gros plan
Gros plan du petit grison
© María Laura Castro - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)

MENACES

Les menaces pesant sur les populations de petits grisons découlent principalement des activités humaines et de la transformation anthropique des paysages naturels. Le fléau majeur réside dans la perte, la dégradation et la fragmentation continues de ses habitats d'origine sous l'effet de l'expansion agricole intensive, de la déforestation pour l'élevage bovin et de l'urbanisation croissante. La destruction des zones de prairies et des zones humides prive l'espèce des couverts végétaux indispensables à sa dissimulation et entraîne l'effondrement local des populations de rongeurs indigènes dont elle dépend pour sa subsistance.

Un autre facteur de mortalité direct et de plus en plus préoccupant est la collision routière. Le développement du réseau d'infrastructures de transport à travers la pampa et les régions semi-arides fragmente les territoires des individus, les contraignant à traverser des axes routiers où ils sont fréquemment écrasés, comme le démontrent les collectes régulières de spécimens réalisées par les équipes de recherche. Par ailleurs, bien que sa fourrure rude ne possède aucune valeur commerciale sur les marchés internationaux, l'animal fait l'objet d'une persécution directe par les éleveurs locaux qui le considèrent à tort ou à raison comme une menace pour les élevages de volailles domestiques. Enfin, l'introduction de chiens errants ou féraux dans ses habitats constitue une source supplémentaire de harcèlement, de prédation directe et de transmission de maladies infectieuses telles que la maladie de Carré.


Petit grison parc animalier de Paay
Petit grison au parc animalier de Paay, Pays-Bas
Crédit photo: Alex Kantorovich - Zooinstitutes

CONSERVATION

Le petit grison est actuellement classé en "Préoccupation mineure" (LC) sur la Liste rouge de l'IUCN, au motif que son aire de répartition est étendue et que ses populations ne semblent pas connaître de déclin suffisamment rapide pour justifier un reclassement dans une catégorie plus préoccupante. Cependant, l'insuffisance des données de surveillance systématique dans une grande partie de son aire de distribution rend cette évaluation fragile, et plusieurs pressions anthropiques identifiées pourraient entraîner une dégradation locale ou régionale des populations sans que celle-ci soit détectée à temps.

La protection légale du petit grison varie considérablement selon les pays constituant son aire de répartition. En Argentine, l'espèce est protégée par la législation nationale sur la faune sauvage (Loi n° 22.421) et bénéficie d'une protection dans de nombreuses provinces. En Bolivie, elle est listée dans la catégorie "espèce protégée" par le décret suprême n° 25458. Au Chili et au Pérou, des textes analogues réglementent la capture et le commerce. Cependant, l'application effective de cette législation demeure inégale, notamment dans les zones rurales reculées où les contrôles sont peu fréquents.

L'espèce est présente dans plusieurs aires protégées couvrant une part de son aire de répartition, notamment le Parc national Torres del Paine (Chili), le Parc national Lauca (Chili), le Parc national El Leoncito (Argentine), la Réserve de biosphère Yungas (Argentine) et divers parcs nationaux boliviens. La représentativité de ces espaces protégés dans les zones de plus faible couverture, comme le Chaco paraguayen et les pampas uruguayennes, reste insuffisante. L'extension du réseau d'aires protégées et la création de corridors biologiques reliant des habitats fragmentés sont identifiés comme des priorités dans les plans d'action régionaux pour les carnivores.

Sur le plan scientifique, le manque de données de base sur l'écologie, la dynamique des populations et la génétique du petit grison constitue une lacune majeure pour une gestion fondée sur les preuves. Des programmes de monitoring à long terme utilisant des pièges photographiques, le pistage par GPS et des études de génétique des populations seraient nécessaires pour évaluer l'état réel des populations dans les différentes éco-régions. Des programmes d'éducation environnementale ciblant les communautés rurales peuvent contribuer à réduire la persécution.


Lesser grison (Galictis cuja)
En anglais, le petit grison est appelé Lesser grison
© Juan Rodolfo Lillo Lobos - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)

furetTAXONOMIE

La description originale du petit grison est attribuée à Juan Ignacio Molina, naturaliste chilien d'expression italienne, qui publia en 1782 dans son Saggio sulla storia naturale del Chili une description de l'animal sous le nom de Viverra cuja. Molina basait sa description sur des spécimens collectés au Chili central, région qui constitue aujourd'hui encore l'une des zones les mieux documentées de l'aire de répartition de l'espèce. Le genre Viverra, au sens large de l'époque, regroupait alors de nombreux petits carnivores aux caractéristiques superficiellement convergentes, et son utilisation par Molina reflète le stade embryonnaire de la systématique des carnivores en cette fin du XVIIIe siècle.

Le genre Galictis fut érigé par Thomas Bell en 1826 pour accueillir les deux grisons sud-américains. Bell distingua Galictis vittata, le grand grison, de Galictis allamandi, terme parfois utilisé comme synonyme du petit grison dans la littérature du XIXe siècle. La relation entre les noms cuja, allamandi et les divers taxons décrits par d'autres auteurs au cours du XIXe siècle a longtemps été source de confusion.

La position systématique du genre Galictis au sein des Mustelidae a elle-même fait l'objet de débats prolongés. Historiquement placé dans la sous-famille des Mustelinae ou rattaché aux Melinae (blaireaux), le genre est aujourd'hui intégré dans les Ictonychinae, sous-famille regroupant les zorilles africains (Ictonyx, Poecilogale), la belette de Patagonie (Lyncodon patagonicus) et le putois marbré (Vormela peregusna). Cette classification, confortée par des analyses moléculaires utilisant des marqueurs mitochondriaux et nucléaires publiées au cours des années 2000 et 2010, situe les Ictonychinae comme un groupe frère des Mustelinae au sein des Mustelidae.

L'analyse phylogénétique publiée par Koepfli et al. (2008) dans la revue Molecular Phylogenetics and Evolution a fourni un cadre robuste pour la compréhension des relations intrafamiliales au sein des Mustelidae, confirmant le placement de Galictis dans les Ictonychinae et estimant la divergence entre Galictis cuja et Galictis vittata à environ 3 à 5 millions d'années. Des travaux postérieurs fondés sur des données génomiques complètes ont globalement corroboré cette chronologie, bien qu'avec des intervalles de confiance larges. La révision du genre par Yensen & Tarifa (2003) dans Mammalian Species a établi la synonymie de nombreux taxons décrits au XIXe siècle et constitue encore aujourd'hui la référence principale pour la nomenclature de l'espèce.

La forte hétérogénéité géographique de l'Amérique du Sud et l'isolement relatif de certaines populations le long de la barrière andine ou au sein de biomes distincts ont favorisé l'émergence d'une différenciation intraspécifique. Les autorités taxonomiques de référence reconnaissent de manière consensuelle la subdivision de l'espèce Galictis cuja en quatre sous-espèces distinctes, chacune occupant une zone géographique bien définie et présentant des adaptations morphologiques subtiles.

- Galictis cuja cuja : Il s'agit de la sous-espèce nominale, dont la description initiale correspond aux populations localisées principalement dans les régions centrales du Chili ainsi que dans les portions adjacentes de l'ouest de l'Argentine. Elle se caractérise par des dimensions corporelles intermédiaires et une coloration dorsale grisâtre assez classique.

- Galictis cuja furax : Cette forme est quant à elle distribuée dans les régions plus orientales et septentrionales du continent, englobant le sud et le sud-est du Brésil, l'Uruguay, le Paraguay, ainsi que les plaines du nord de l'Argentine. Elle affiche souvent un pelage légèrement plus sombre et des caractéristiques crâniennes robustes.

- Galictis cuja huronax : Cette sous-espèce possède une aire de répartition restreinte à certaines portions du territoire argentin, notamment dans les provinces centrales et méridionales. Elle a été individualisée sur la base de nuances subtiles dans la teinte chamoisée de la bande frontale et de légères variations morphométriques.

- Galictis cuja luteola : Adaptée aux contraintes environnementales rigoureuses de l'altitude, cette sous-espèce se rencontre dans les hautes terres andines du sud du Pérou et de l'ouest de la Bolivie. Elle se distingue de façon notable par un pelage présentant des tonalités beaucoup plus jaunâtres ou rousses sur le dos et les flancs, une modification adaptative probablement liée au climat et au substrat de l'altiplano.


CLASSIFICATION


Fiche d'identité
Nom communPetit grison
English nameLesser grison
Español nombreHurón menor
Furão
RègneAnimalia
EmbranchementChordata
Super-classeTetrapoda
ClasseMammalia
Sous-classeTheria
Infra-classeEutheria
OrdreCarnivora
Sous-ordreCaniformia
FamilleMustelidae
GenreGalictis
Nom binominalGalictis cuja
Décrit parJuan Ignacio Molina
Date1782



Satut IUCN

Préoccupation mineure (LC)

SOURCES

* Liens internes

Animal Diversity Web

Arkive

BioLib

iNaturalist

Liste Rouge IUCN des espèces menacées

Mammal Species of the World (MSW)

Système d'information taxonomique intégré (ITIS)

* Liens externes

Global Biodiversity Information Facility (GBIF)

IUCN SSC Small Carnivore Specialist Group

ScienceBlogs

Zooinstitutes

* Bibliographie

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