Manimalworld
Manimalworld Encyclopédie des animaux sauvages

Trichechidae


Les Trichechidae constituent une famille de mammifères aquatiques de l'ordre des siréniens (Sirenia), communément désignés sous le nom de lamantins. Regroupant un seul genre vivant, Trichechus, et trois espèces actuellement reconnues, cette famille se distingue par ses représentants entièrement adaptés à la vie en milieu aquatique doux ou côtier. Herbivores stricts, les lamantins occupent les zones tropicales et subtropicales des Amériques et de l'Afrique de l'Ouest, évoluant lentement dans les fleuves, estuaires et lagunes côtières. Leur morphologie très particulière (corps fusiforme, membres antérieurs transformés en nageoires, absence de membres postérieurs et queue aplatie en palette) témoigne d'une longue évolution aquatique. Vulnérables aux activités humaines, ils font l'objet de programmes de conservation dans l'ensemble de leur aire de répartition.


Trichechidae
Les Trichechidae
Auteur: Charles de Rochefort
CC0 (Domaine public)



DESCRIPTION

Les lamantins (famille Trichechidae) présentent une morphologie remarquablement homogène au sein du genre Trichechus, reflet d'une adaptation poussée à la vie aquatique. Leur corps est massif, fusiforme, dépourvu de toute séparation nette entre le cou et le tronc, ce qui leur confère une silhouette cylindrique caractéristique. La peau épaisse, gris ardoise à brun grisâtre, est pratiquement glabre, à l'exception de vibrisses tactiles épaisses dispersées sur le museau et de quelques poils éparses sur le corps. Cette peau, qui peut atteindre plusieurs centimètres d'épaisseur chez les adultes, joue un rôle thermorégulateur important dans les eaux chaudes tropicales.

La taille adulte varie selon les espèces : le lamantin des Antilles (Trichechus manatus) est le plus grand, atteignant 3,5 à 4,5 mètres de longueur et un poids compris entre 400 et 600 kilogrammes, parfois davantage. Le lamantin d'Amazonie (Trichechus inunguis) est légèrement plus petit, mesurant en moyenne 2,5 à 3 mètres pour un poids de 350 à 500 kilogrammes. Le lamantin d'Afrique de l'Ouest (Trichechus senegalensis) se situe dans une fourchette intermédiaire avec des longueurs de 3 à 4 mètres.

Les membres antérieurs sont transformés en nageoires pectorales relativement mobiles, dotées d'ébauches d'ongles vestigiaux chez Trichechus manatus et Trichechus senegalensis, absents chez Trichechus inunguis. Ces nageoires servent à la propulsion en milieu peu profond, à l'alimentation et aux soins aux jeunes. Les membres postérieurs sont complètement absents, remplacés fonctionnellement par une large nageoire caudale en forme de palette, aplatie horizontalement, qui assure la propulsion principale par ondulation de bas en haut.

La tête est massive, avec un museau large et préhensile, caractéristique majeure du genre. Les lèvres charnues et musculeuses, couvertes de vibrisses rigides, permettent de saisir et broyer la végétation aquatique. Les yeux sont petits, mais pourvus d'un tapetum lucidum assurant une bonne vision en eaux troubles. Les narines, situées au sommet du museau, sont fermées par des valves musculaires et ne s'ouvrent qu'à la surface, lors de la respiration qui s'effectue en moyenne toutes les trois à cinq minutes chez un animal au repos.

La dentition des lamantins est singulière parmi les mammifère : ils pratiquent une polyphyodontie horizontale, système par lequel les molaires s'usent progressivement et sont continuellement remplacées par de nouvelles dents progressant depuis l'arrière de la mâchoire vers l'avant, à la manière d'un tapis roulant. Ce système, unique chez les mammifères terrestres avec l'éléphant, est en lien direct avec leur régime de broutage de plantes coriaces et abrasives. Les canines et les incisives sont absentes chez les adultes. Les os sont pachyostosiques (denses et compacts, sans cavité médullaire) une adaptation qui augmente la densité corporelle et facilite la vie en eaux peu profondes en réduisant les efforts nécessaires pour ne pas remonter à la surface.


Trichechidae squelette
Squelette d'un lamantin des Antilles au musée en Caroline du Nord
© Qualiesin - Wikimedia Commons
CC-BY-SA (Certains droits réservés)

HABITAT

Les Trichechidae présentent une distribution géographique disjuncte, répartie entre les zones tropicales et subtropicales du Nouveau Monde et la côte occidentale de l'Afrique. Cette répartition discontinue est le reflet d'une histoire évolutive ancienne, liée à la dérive des continents et à l'évolution des milieux aquatiques tropicaux au cours du Cénozoïque.

Le lamantin des Antilles (Trichechus manatus) possède l'aire de répartition la plus vaste du genre. Il fréquente les côtes atlantiques depuis la Floride (États-Unis) au nord, jusqu'au nord-est du Brésil au sud, incluant l'ensemble du golfe du Mexique, les grandes et petites Antilles, les côtes centro-américaines et les littoraux caribéens de l'Amérique du Sud. Il exploite des eaux peu profondes, chaudes (supérieures à 20 °C), aussi bien marines que d'eau douce : estuaires, lagunes, deltas, baies côtières et cours d'eau intérieurs.

Le lamantin d'Amazonie (Trichechus inunguis) est le seul sirénien strictement d'eau douce. Son aire de répartition est entièrement contenue dans le bassin hydrographique amazonien, depuis les contreforts andins jusqu'à l'embouchure du fleuve, au Brésil, en Colombie, au Pérou et en Équateur. Il occupe préférentiellement les lacs de plaine inondable (várzeas), les chenaux secondaires et les zones marginales envahies par la végétation, en particulier pendant la saison des hautes eaux. Lors des étiages, certains individus se regroupent dans les lacs profonds où ils peuvent rester sans s'alimenter pendant plusieurs mois, en mobilisant leurs réserves lipidiques.

Le lamantin d'Afrique de l'Ouest (Trichechus senegalensis) occupe les eaux côtières et les grands fleuves de la façade atlantique africaine, depuis la Mauritanie au nord jusqu'à l'Angola au sud. Il remonte régulièrement les fleuves Sénégal, Gambie, Niger, Benue, Congo et leurs affluents, parfois à plusieurs centaines de kilomètres de la côte. Il est présent dans les estuaires salés, les mangroves, les zones lagunaires côtières et les tronçons fluviaux à courant modéré.

L'habitat général des trois espèces est conditionné par la disponibilité en végétation aquatique submergée ou émergente, la température de l'eau, la profondeur (généralement inférieure à cinq mètres pour l'alimentation) et la proximité de zones de repos calmes. Les lamantins sont sensibles aux basses températures : en dessous de 20 °C, ils développent un syndrome de stress thermique pouvant être fatal. En Floride, Trichechus manatus effectue des migrations saisonnières vers les sources d'eau chaude (naturelles ou artificielles) pour hiverner. Cette dépendance aux points chauds est devenue une vulnérabilité majeure face aux variations climatiques.


Trichechidae distribution
     Répartition actuelle des lamantins
© Manimalworld
CC-BY-NC-SA (Certains droits réservés)

ÉCOLOGIE

Les lamantins sont des herbivores stricts, comptant parmi les rares grands mammifères aquatiques à se nourrir quasi exclusivement de végétaux. Leur régime alimentaire est remarquablement varié selon les espèces, les saisons et les milieux. Le lamantin des Antilles consomme plus de 60 espèces de plantes aquatiques différentes, dont des herbiers à Thalassia, Halodule, Syringodium, ainsi que des algues et des plantes de berge. Le lamantin d'Amazonie se distingue par sa capacité à jeûner plusieurs mois en saison sèche, lorsque la végétation est rare, en subsistant sur ses réserves lipidiques. Il consomme principalement des macrophytes flottants et immergés lors des crues. Le lamantin d'Afrique de l'Ouest exploite les herbiers côtiers, les algues et les plantes riveraines des fleuves.

Un lamantin adulte ingère quotidiennement l'équivalent de 5 à 10 % de sa masse corporelle en végétaux, soit 15 à 35 kilogrammes par jour. Le broutage est facilité par les lèvres préhensiles et les vibrisses tactiles du museau, qui permettent de saisir et d'orienter les plantes vers les molaires. Le renouvellement continu des molaires permet de compenser l'usure due à l'ingestion de substrats abrasifs (sédiments, silice des plantes). Le système digestif est adapté à une digestion lente des fibres végétales : l'intestin est extrêmement long (jusqu'à 45 mètres), avec un caecum développé où s'effectue la fermentation bactérienne.

La reproduction des lamantins est lente, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux pressions anthropiques. La maturité sexuelle est atteinte entre 5 et 9 ans selon les individus et les espèces. Les femelles ne se reproduisent qu'une fois tous les deux à cinq ans. La gestation dure de 12 à 13 mois et aboutit à la naissance d'un seul petit (les jumeaux sont rares). Le nouveau-né pèse environ 30 kilogrammes et mesure 1 à 1,5 mètre. La lactation est longue, pouvant durer de 18 à 24 mois, et les liens mère-jeune sont étroits. Les mâles ne participent pas aux soins parentaux.

Les lamantins sont des tins sont des herbivores stricts, comptant parmi les rares grands animaux fondamentalement solitaires, bien que des regroupements temporaires soient observés autour de ressources alimentaires abondantes, de zones thermiques chaudes ou lors des comportements reproducteurs. Ils communiquent par des vocalisations sous-marines, principalement des gazouillis et des cris aigus utilisés entre la mère et le jeune. Ils sont actifs à toute heure et alternent périodes d'alimentation et de repos, souvent en eaux peu profondes où ils se laissent flotter à mi-profondeur ou reposent sur le fond. Leur comportement d'exploration tactile avec le museau et les nageoires est bien documenté en captivité.


Lamantin attitudes
Différentes attitudes du lamantin
Auteur: C.Berjeau
CC0 (Domaine public)

LES ESPÈCES

La famille Trichechidae ne comprend, à l'heure actuelle, qu'un seul genre vivant, Trichechus, qui regroupe trois espèces valides, toutes protégées à l'échelle internationale en raison de leur statut de vulnérabilité ou de menace.

* Lamantin d'Amazonie (Trichechus inunguis) : ou lamantin de l'Amazone, est le plus petit des trois et le seul à être strictement dulçaquicole. Endémique du bassin amazonien (Brésil, Colombie, Pérou, Équateur), son nom spécifique inunguis ("sans ongles") fait référence à l'absence d'ongles vestigiaux sur les nageoires, qui distingue morphologiquement cette espèce des deux autres. Sa population totale est estimée à plusieurs dizaines de milliers d'individus, bien que les données soient difficiles à obtenir en raison de la densité de la forêt amazonienne. Il se distingue également par la présence fréquente de taches blanches ou roses sur la face ventrale, caractéristique diagnostique.

* Lamantin d'Afrique de l'Ouest (Trichechus senegalensis) : ou lamantin africain, est le représentant de la famille sur le continent africain. Il occupe une large bande côtière et fluviale allant de la Mauritanie à l'Angola, en passant par le Sénégal, la Guinée, le Nigéria, le Cameroun, le Gabon et le Congo. Sa biologie est nettement moins étudiée que celle de ses congénères américains, en raison d'un moindre intérêt scientifique historique et des difficultés d'accès à son habitat. Morphologiquement très proche de Trichechus manatus, il s'en distingue par quelques caractères crâniens et sa capacité à tolérer des salinités variables.

* Lamantin des Antilles (Trichechus manatus) : également appelé lamantin de l'Atlantique Ouest ou lamantin des Caraïbes, est l'espèce la plus grande et la plus connue. Il est réparti sur l'ensemble de la côte atlantique américaine, des États-Unis (Floride) au Brésil nord-oriental. Deux sous-espèces sont reconnues : Trichechus manatus latirostris (Harlan, 1824), le lamantin de Floride, dont la population est estimée à environ 7 500 à 8 000 individus, et Trichechus manatus manatus, le lamantin des Antilles au sens strict, dont l'état des populations reste moins bien documenté. L'espèce Elle fréquente indifféremment les eaux marines côtières, les estuaires, les lagunes et les cours d'eau intérieurs.

Si la famille compte traditionnellement trois espèces, la systématique moderne intègre également un taxon supplémentaire sujet à discussions :

* Lamantin nain (Trichechus pygmaeus) : répertorié et accepté dans les bases de données taxonomiques de référence telles que le GBIF, ce morphotype énigmatique a été décrit à partir de spécimens localisés dans des affluents restreints du bassin amazonien, notamment le bassin du rio Aripuanã. Il se distinguerait du lamantin d'Amazonie par des dimensions miniatures exceptionnelles, ne dépassant généralement pas 1,3 mètre de long pour un poids d'environ 60 kilogrammes, ainsi que par une coloration sombre marquée d'une tache ventrale blanche. Cependant, l'IUCN ne reconnait pas encore le lamantin nain comme une espèce à part entière. De nombreux zoologues et spécialistes de l'évolution des siréniens, s'appuyant sur des analyses de l'ADN mitochondrial et des considérations morphologiques, estiment que ces individus représentent plus vraisemblablement des formes juvéniles ou de simples variations écotypes du lamantin d'Amazonie plutôt qu'une lignée spécifique distincte. En attendant des consensus scientifiques définitifs et des révisions taxonomiques approfondies validées par l'IUCN, le lamantin nain demeure un taxon en suspens, illustrant la complexité persistante de l'inventaire de la grande faune aquatique sud-américaine.


ÉVOLUTION

L'histoire évolutive des Trichechidae s'inscrit dans le cadre plus large de l'ordre des Sirenia, l'un des rares ordres de mammifères à avoir réussi une transition complète vers un mode de vie entièrement aquatique. Les siréniens descendent d'ancêtres terrestres proches des Paenungulata, un clade qui inclut également les Proboscidiens (éléphants), les Hyracoïdes (damans) et les Embrithopodes. Cette parenté avec les éléphants, aujourd'hui confirmée par la biologie moléculaire, se manifeste notamment par des convergences anatomiques frappantes : polyphyodontie horizontale, os pachyostosiques et tegment cutané épais.

Les plus anciens siréniens connus remontent à l'Éocène moyen, il y a environ 50 millions d'années. Les formes primitives, comme ProrastomusProrastomus sirenoidesProrastomus sirenoides * et PezosirenPezosirenPezosiren * et, étaient semi-aquatiques, capables de se déplacer à la fois sur terre et dans l'eau, avec quatre membres fonctionnels. Leur évolution vers des formes entièrement aquatiques a été rapide à l'échelle géologique, avec une réduction progressive des membres postérieurs et un développement de la queue en palette.

La séparation entre les deux familles de siréniens actuels, les Dugongidae (représentés par le dugong) et les Trichechidae, remonte à l'Éocène-Oligocène, il y a environ 35 à 40 millions d'années. Cette divergence coïncide avec un refroidissement global des mers et une expansion des herbiers à phanérogames marines. Les Dugongidae se sont spécialisés dans les herbiers marins tropicaux, tandis que les Trichechidae ont progressivement colonisé les eaux douces et saumâtres des zones tropicales.

Les premiers Trichechidae sensu stricto apparaissent dans les archives fossiles à la fin de l'Éocène ou au début de l'Oligocène en Amérique du Sud. Des formes ancestrales comme Potamosiren magdalenensis (Miocène de Colombie) et Ribodon limbatus (Miocène d'Argentine et d'Uruguay) témoignent d'une diversification précoce et d'une large distribution en Amérique du Sud. Ces espèces présentent déjà les caractères dentaires propres aux Trichechidae, notamment la tendance à la polyphyodontie horizontale.

L'origine africaine du lamantin d'Afrique de l'Ouest est longtemps restée débattue. Les données phylogéographiques moléculaires modernes suggèrent que les ancêtres du lamantin africain ont traversé l'Atlantique Sud depuis l'Amérique du Sud il y a environ 1 à 3 millions d'années, lors d'une période où les courants océaniques transatlantiques étaient favorables. Cette colonisation de l'Afrique constitue l'un des exemples les mieux documentés de dispersion transocéanique chez les mammifères.

Au cours du Quaternaire, la distribution des Trichechidae s'est réduite par rapport à son extension miocène, essentiellement en raison des changements climatiques et de la compétition avec d'autres herbivores aquatiques. L'extinction de nombreuses mégafaunes quaternaires a pu laisser des niches écologiques aux formes actuelles. Les populations fossiles de Trichechus manatus dans les Caraïbes sont documentées dès le Pléistocène, indiquant une présence stable dans cette région depuis au moins un million d'années.


TAXONOMIE

L'histoire taxonomique de la famille des Trichechidae est marquée par des révisions conceptuelles étalées sur plusieurs siècles. À l'aube de la zoologie moderne, les lamantins étaient fréquemment confondus avec d'autres grands organismes aquatiques. Dans son ouvrage fondateur Systema Naturae, Carl von Linné associe initialement ces animaux aux cétacés ou aux morses sous des dénominations génériques larges. Ce n'est qu'au terme du XVIIIe siècle et tout au long du XIXe siècle que les naturalistes ont commencé à isoler la morphologie des lamantins de celle des dugongs et de la rhytines de Steller, posant ainsi les premières bases d'une classification propre aux siréniens.

Sur le plan de la systématique supragénérique, le zoologiste américain Theodore Gill érige formellement la famille des Trichechidae. Cette création visait à séparer clairement le groupe des lamantins de la famille des Dugongidae, en se fondant sur des critères ostéologiques majeurs tels que la forme de la boîte crânienne, le nombre de vertèbres cervicales et la dentition à remplacement horizontal. Par la suite, les paléontologues ont structuré la famille en deux sous-familles distinctes : la sous-famille éteinte des Miosireninae, regroupant des formes fossiles européennes de l'Oligocène et du Miocène comme Miosiren ou Anomotherium, et la sous-famille des Trichechinae, englobant les genres fossiles sud-américains et le genre moderne Trichechus.

L'établissement de la taxonomie au niveau des espèces a suivi un parcours tout aussi complexe. L'espèce type du genre, Trichechus manatus, a connu une histoire riche en synonymies en raison de la vaste répartition géographique de ses populations entre l'Amérique du Nord, les Caraïbes et l'Amérique du Sud. Ce n'est qu'au XXe siècle que la distinction entre la sous-espèce nord-américaine Trichechus manatus latirostris et la forme caribéenne Trichechus manatus manatus s'est stabilisée sur des bases morphométriques et géographiques solides. De leur côté, Trichechus inunguis et Trichechus senegalensis ont été progressivement décrits et reconnus comme des espèces autonomes, validées par leurs adaptations anatomiques spécifiques à leurs milieux respectifs.

L'avènement des outils de la phylogénie moléculaire et du séquençage de l'ADN à la fin du XXe et au début du XXIe siècle a profondément renouvelé la compréhension taxonomique du groupe. Les analyses génétiques ont permis de clarifier les relations de parenté au sein du genre Trichechus, tout en mettant en lumière l'existence de zones d'hybridation naturelle entre Trichechus manatus et Trichechus inunguis à l'embouchure de l'Amazone. De plus, la découverte récente de nouvelles espèces fossiles amazoniennes est venue enrichir l'arbre phylogénétique de la famille. Aujourd'hui, bien que le cadre taxonomique global des Trichechidae soit bien consolidé, la communauté scientifique continue d'affiner les limites infraspécifiques et la dynamique évolutive des différentes populations pour soutenir leur conservation.


CLASSIFICATION


Fiche d'identité
RègneAnimalia
EmbranchementChordata
Sous-embranchementVertebrata
Super-classeTetrapoda
ClasseMammalia
Sous-classeTheria
Infra-classeEutheria
OrdreSirenia
FamilleTrichechidae
Décrit parTheodore Nicholas Gill
Date1872

SOURCES

* Liens internes

Animal Diversity Web

iNaturalist

Liste Rouge IUCN des espèces menacées

Mammal Species of the World (MSW)

Système d'information taxonomique intégré (ITIS)

* Liens externes

Global Biodiversity Information Facility (GBIF)

Les bestioles, insectes et animaux

Wikimedia Commons

ZooParc de Beauval

* Bibliographie

Gill, T. (1872). Arrangement of the Families of Mammals with Analytical Tables. Smithsonian Miscellaneous Collections, 11(230), 1-98.

Domning, D. P. & Hayek, L.-A. C. (1986). Interspecific and intraspecific morphological variation in manatees (Sirenia: Trichechus). *Marine Mammal Science*, 2(2), 87–144.

Reynolds, J. E. & Odell, D. K. (1991). *Manatees and Dugongs*. Facts on File, New York.

Hartman, D. S. (1979). *Ecology and Behavior of the Manatee (Trichechus manatus) in Florida*. American Society of Mammalogists, Special Publication No. 5.

Reep, R. L. & Bonde, R. K. (2006). *The Florida Manatee: Biology and Conservation*. University Press of Florida, Gainesville.

Marshall, C. D., Huth, G. D., Edmonds, V. M., Halin, D. L. & Reep, R. L. (1998). Prehensile use of perioral bristles during feeding and associated behaviors of the Florida manatee. *Marine Mammal Science*, 14(2), 274–289.

Lefebvre, L. W., Marmontel, M., Reid, J. P., Rathbun, G. B. & Domning, D. P. (2001). Status and biogeography of the West Indian manatee. In: *Biogeography of the West Indies: Patterns and Perspectives* (éd. C. A. Woods & F. E. Sergile), pp. 425–474. CRC Press, Boca Raton.

Best, R. C. (1982). Seasonal breeding in the Amazonian manatee, *Trichechus inunguis* (Mammalia: Sirenia). *Biotropica*, 14(1), 76–78.

Deutsch, C. J., Reid, J. P., Bonde, R. K., Easton, D. E., Kochman, H. I. & O'Shea, T. J. (2003). Seasonal movements, migratory behavior, and site fidelity of West Indian manatees along the Atlantic coast of the United States. *Wildlife Monographs*, 151, 1–77.

Alves-Stanley, C. D., Worthy, G. A. J. & Bonde, R. K. (2010). Feeding preferences of West Indian manatees in Florida, Belize, and Puerto Rico as indicated by stable isotope analysis. *Marine Ecology Progress Series*, 402, 255–267.

Hartman, D. S. (1979). *Ecology and Behavior of the Manatee (Trichechus manatus) in Florida*. American Society of Mammalogists, Special Publication No. 5.

Best, R. C. (1983). Apparent dry-season fasting in Amazonian manatees (*Trichechus inunguis*). *Biotropica*, 15(1), 61–64.

O'Shea, T. J. & Hartley, W. C. (1995). Reproduction and early-age survival of manatees at Blue Spring, Upper St. Johns River, Florida. In: *Population Biology of the Florida Manatee* (éd. T. J. O'Shea, B. B. Ackerman & H. F. Percival), pp. 157–170. NSTL, Washington.

Rathbun, G. B., Reid, J. P., Bonde, R. K. & Powell, J. A. (1995). Reproduction in free-ranging Florida manatees. In: *Population Biology of the Florida Manatee* (éd. T. J. O'Shea, B. B. Ackerman & H. F. Percival), pp. 135–156.

Husar, S. L. (1977). *Trichechus manatus*. *Mammalian Species*, 93, 1–5.

Domning, D. P. (1981). *Sirenia*. In: *Evolution of African Mammals* (éd. V. J. Maglio & H. B. S. Cooke), pp. 573–581. Harvard University Press.

Marmontel, M. (1995). Age and reproduction in female Florida manatees. In: *Population Biology of the Florida Manatee* (éd. T. J. O'Shea et al.), pp. 98–119.

Marmontel, M. (1995). Age and reproduction in female Florida manatees. In: *Population Biology of the Florida Manatee* (éd. T. J. O'Shea et al.), pp. 98–119.

Domning, D. P. (2001). The earliest known fully quadrupedal sirenian. *Nature*, 413, 625–627.

Domning, D. P. (2001). Evolution of the Sirenia and Desmostylia. In: *Secondary Adaptation of Tetrapods to Life in Water* (éd. J.-M. Mazin & V. de Buffrénil), pp. 151–168. Verlag Dr. Friedrich Pfeil, Munich.

Gheerbrant, E., Domning, D. P. & Tassy, P. (2005). Paenungulata (Sirenia, Proboscidea, Hyracoidea, and relatives). In: *The Rise of Placental Mammals* (éd. K. D. Rose & J. D. Archibald), pp. 84–105. Johns Hopkins University Press.

Vianna, J. A. et al. (2006). Phylogeography, phylogeny and hybridization in trichechid sirenians. *Molecular Ecology*, 15(2), 433–447.

Domning, D. P. (1982). Evolution of manatees: a speculative history. *Journal of Paleontology*, 56(3), 599–619.

Linné, C. von (1758). *Systema Naturae per Regna Tria Naturae* (10e éd.), vol. 1. Laurentii Salvii, Holmiae.

Souza-Freitas et al. (2021). The evolutionary history of manatees told by their mitogenomes. Scientific Reports / PMC.

* Sources photos

Prorastomus sirenoides: Nobu Tamura - Wikimedia Commons / CC-BY

Pezosiren: Thesupermat - Wikimedia Commons / CC-BY-SA