Le genre Galidia regroupe de petits carnivores endémique de Madagascar appartenant à la famille des Eupleridae. Ce genre est aujourd’hui reconnu comme monotypique, c’est-à-dire comprenant une seule espèce vivante valide, la mangouste à queue annelée (Galidia elegans), est un petit carnivore forestier au pelage roux et à la queue caractéristique annelée, représentatif de la diversité évolutive isolée de Madagascar. Malgré une distribution relativement large sur l'île, les populations subissent la pression croissante de la déforestation et de la concurrence d'espèces introduites, ce qui place la protection de leur habitat au coeur des enjeux de conservation de la biodiversité malgache.
L'histoire scientifique du genre Galidia débute officiellement en 1837, lorsque le zoologiste français Isidore Geoffroy Saint-Hilaire établit le nom générique dans un mémoire présenté à l'Académie des Sciences. À cette époque, l'exploration naturaliste de Madagascar bat son plein et les spécimens envoyés en Europe intriguent les systématiciens par leur morphologie hybride, rappelant à la fois les mangoustes d'Afrique et les civettes d'Asie. Le type générique fut basé sur l'espèce Galidia elegans, dont le nom reflète l'esthétique particulière de l'animal. Dès sa description originale, l'auteur souligne la singularité de la denture et de la structure de la queue, justifiant la séparation de ces animaux des genres de mangoustes continentales alors connus comme Herpestes.
Durant le XIXe siècle, la position systématique de Galidia fut l'objet de vifs débats entre les plus grands naturalistes de l'époque. En 1839, Isidore Geoffroy Saint-Hilaire lui-même tenta d'élargir le genre en y incluant deux autres espèces : Galidia concolor et Galidia olivacea. Cependant, des révisions ultérieures, notamment celles menées par des auteurs comme Jentink en 1879, ont démontré que ces deux taxons possédaient des caractéristiques crâniennes et dentaires suffisamment distinctes pour être placés dans des genres séparés, respectivement Salanoia et un reclassement partiel dans d'autres groupes de galidiines. Cette clarification a stabilisé le genre Galidia dans sa forme actuelle, restreinte à la seule espèce.
Sur le plan de la classification supérieure, le genre a longtemps erré au gré des interprétations morphologiques. Initialement, la ressemblance frappante avec les Herpestidae a conduit la quasi-totalité des auteurs du XIXe et du XXe siècle à classer Galidia parmi les mangoustes. Cette vision classique reposait sur des analogies de forme corporelle et de mode de vie. Cependant, des anatomistes comme Réginald Ines Pocock en 1915 ont commencé à noter des caractères externes et glandulaires qui suggéraient une parenté plus étroite avec les autres carnivores malgaches qu'avec les groupes africains. Malgré ces indices, il a fallu attendre l'avènement des méthodes de phylogénie moléculaire pour bouleverser cette vision.
Les travaux révolutionnaires de Anne Yoder et ses collaborateurs au début des années 2000, ainsi que les études de Flynn et al. (2005), ont apporté la preuve génétique que tous les carnivores de Madagascar forment un groupe monophylétique. Cela signifie que Galidia partage un ancêtre commun unique avec la fossa (Cryptoprocta ferox) et l'euplère de Goudot (Eupleres goudotii), plutôt qu'avec les mangoustes d'Afrique. Cette découverte a entraîné la création ou la redéfinition de la famille des Eupleridae, au sein de laquelle le genre Galidia est désormais placé dans la sous-famille des Galidiinae.
Enfin, l'histoire taxonomique récente se concentre sur la structure interne de l'espèce Galidia elegans. La reconnaissance des trois sous-espèces par Albignac dans les années 1970 a permis d'affiner la compréhension de la spéciation sur l'île. L'histoire de Galidia illustre ainsi le passage d'une taxonomie basée sur la ressemblance superficielle à une systématique fondée sur l'histoire évolutive profonde.
LES ESPÈCES
Selon les référentiels taxonomiques actuels, le genre Galidia est considéré comme monotypique. Cela signifie qu'il ne contient qu'une seule espèce vivante officiellement reconnue :
Bien qu'il n'existe qu'une seule espèce, celle-ci présente une forte variabilité géographique, ce qui a conduit à la description de trois sous-espèces distinctes selon les régions occupées :
- Galidia elegans elegans : La forme nominale, présente dans les forêts humides de l'Est.
- Galidia elegans dambrensis : Restreinte à l'extrême Nord, notamment dans la région de la Montagne d'Ambre.
- Galidia elegans occidentalis : Localisée dans les forêts sèches de l'Ouest.
Albignac, R. (1973). Mammifères : Carnivores. Faune de Madagascar, vol. 36. ORSTOM/CNRS, Paris.
Geoffroy Saint-Hilaire, I. (1837). Notice sur deux nouveaux genres de Mammifères carnassiers, les Galidia et les Galictis, de Madagascar. Comptes Rendus de l'Académie des Sciences, Paris.
Goodman, S. M. (2003). The Natural History of Madagascar. University of Chicago Press.
Jentink, F. A. (1879). On the genus Galidia and its species. Notes from the Leyden Museum, 1(3), 131–136.
Pocock, R. I. (1915). On some external characters of Galidia, Galidictis, and related genera. Annals and Magazine of Natural History, 16(94), 351–356.
Veron, G., et al. (2017). New insights into the systematics of Malagasy mongoose-like carnivorans (Carnivora, Eupleridae, Galidiinae) based on mitochondrial and nuclear DNA sequences. Journal of Zoological Systematics and Evolutionary Research.
Wozencraft, W. C. (2005). Order Carnivora. In: Wilson, D.E. & Reeder, D.M. (eds.) Mammal Species of the World. Johns Hopkins University Press.