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Cobaye de Patzelt (Cavia patzelti)


Le cobaye de Patzelt (Cavia patzelti) est un petit rongeur endémique des hautes terres de l’Équateur andin. Considéré auparavant comme une sous-espèce du cobaye du Brésil (Cavia aperea), il a été élevé au rang d’espèce à part entière en 2010, sur la base d’études génétiques. Son statut est actuellement défini comme “Data Deficient” (données insuffisantes) selon l’IUCN, soulignant l’absence d’information fiable sur sa population ou son écologie.


Cobaye de Patzelt (Cavia patzelti)
Cobaye de Patzelt (Cavia patzelti)
© Jorge Brito - iNaturalist
CC-BY-NC (Certains droits réservés)



DESCRIPTION

Le cobaye de Patzelt présente une morphologie typique des cobayes, caractérisée par un corps oblong et robuste, sans queue visible, ainsi que des pattes et des oreilles de taille modérée. Sa longueur tête-corps varie de 280 à 290 mm, ses oreilles mesurent environ 50 mm et ses pattes arrière entre 46 et 50 mm. Son poids, qui se situe entre 700 et 725 g, est légèrement supérieur à celui indiqué par d'anciennes sources.

Le pelage dorsal de l'animal est d'un brun rougeâtre sombre, contrastant avec un ventre plus clair, de couleur jaunâtre ou gris pâle. Le crâne de l'espèce est également distinctif, avec une longueur de 63 à 69 mm. Il se distingue d'autres espèces du genre Cavia par des proportions uniques, comme une largeur au niveau des arcades zygomatiques d'environ 40,3 mm. L'ensemble de ses caractéristiques corporelles et crâniennes le rendent facilement identifiable et le placent dans la partie supérieure de la gamme de taille de son genre, peut-être en raison d'une adaptation à son habitat montagnard.


Cavia patzelti
Cavia patzelti
© Jorge Brito - ResearchGate
CC-BY-NC (Certains droits réservés)

HABITAT

Le cobaye de Patzelt possède une répartition extrêmement restreinte, limitée aux hautes terres andines de l’Équateur. Initialement, les spécimens décrits provenaient uniquement de la province de Chimborazo, mais des observations ultérieures ont élargi son aire connue aux provinces voisines, notamment Loja et Zamora Chinchipe, toujours entre 2 800 et 3 800 mètres d’altitude. L’espèce évolue dans des environnements typiques de páramo humide, caractérisés par une végétation herbacée dense, des marécages, des ruisseaux et des zones ouvertes entrecoupées de buissons. On la rencontre aussi en bordure des forêts de Polylepis, arbres emblématiques des Andes de haute altitude. Cette combinaison d’éléments écotoniques – entre prairies humides, clairières et zones boisées – fournit à l’espèce à la fois de la nourriture et des abris contre les prédateurs. Bien que certaines observations mentionnent sa proximité avec des zones agricoles, comme des vergers de pommiers, son habitat principal reste associé aux formations naturelles de páramo.


Cavia patzelti distribution
     Répartition actuelle du cobaye de Patzelt
© Manimalworld
CC-BY-NC-SA (Certains droits réservés)

ÉCOLOGIE

Le cobaye de Patzelt est herbivore, consommant principalement des graminées adaptées aux environnements andins. Des observations indiquent qu’il se nourrit de Stipa sp., une graminée typique des prairies de páramo, ainsi que de Paspalum humboldtianum, une autre herbacée commune de ces altitudes. On note aussi qu’il peut s’aventurer près des vergers de pommes, consommant parfois l’écorce ou de petites plantes arbustives comme Ageratum sp., surtout en périphérie des cultures. Dans son habitat typique—páramo humide, marécageux, avec des tapis de graminées, des ruisseaux et des zones écotones entre les herbacées et les buissons, il trouve une végétation variée et relativement dense pour se nourrir.

Les informations spécifiques sur la reproduction du cobaye de Patzelt sont pratiquement inexistantes. Dans la littérature, aucune donnée sur la reproduction, l’activité, les mouvements ou la structure sociale n’a été rapportée.

Le comportement du cobaye de Patzelt reste largement inconnu scientifiquement : il n’y a pas d’informations publiées précises concernant son rythme d’activité, ses déplacements, son territoire, ni sa sociabilité ou son organisation sociale.


MENACES ET CONSERVATION

Le cobaye de Patzelt fait face à plusieurs menaces, principalement liées à la fragilité de son habitat montagnard. Bien que les données sur l’espèce soient limitées, les páramos équatoriens, qui constituent son milieu de vie essentiel, subissent une pression anthropique croissante : expansion de l’agriculture, déforestation locale, brûlis pour créer des pâturages, surpâturage par le bétail et fragmentation du paysage. Ces activités réduisent et dégradent la végétation herbacée dont dépend directement le cobaye de Patzelt pour son alimentation et se cacher. À cela s’ajoute la menace du changement climatique, qui affecte fortement les écosystèmes andins. L’élévation des températures entraîne une modification progressive de la flore du páramo, favorisant la colonisation par des espèces arbustives ou introduites et réduisant la surface exploitable pour les cobayes. La répartition déjà restreinte et morcelée du cobaye de Patzelt augmente sa vulnérabilité aux perturbations locales, rendant ses populations potentiellement isolées et exposées à des risques de déclin rapide.

En termes de conservation, l’espèce est actuellement classée comme "Données insuffisantes" (DD) sur la Liste rouge de l'IUCN, faute d’études approfondies sur sa densité, sa dynamique de population et son écologie précise. Quelques-unes de ses localités connues se trouvent toutefois à proximité ou à l’intérieur d’aires protégées, ce qui pourrait offrir une protection indirecte. Néanmoins, aucune mesure spécifique de conservation n’est actuellement mise en oeuvre pour cette espèce. La priorité pour l’avenir consiste à mener des inventaires ciblés, à établir un suivi des populations, et à intégrer le cobaye de Patzelt dans les programmes nationaux de conservation des páramos. Sans cela, son statut réel pourrait demeurer sous-estimé, et l’espèce pourrait être menacée de disparition silencieuse.


TAXONOMIE

Le cobaye de Patzelt a été décrit pour la première fois en 1982 par Harald Schliemann, initialement comme une sous-espèce du cobaye du Brésil (Cavia aperea), sous le nom de Cavia aperea patzelti, basé sur des spécimens trouvés dans les Andes de Chimborazo, en Équateur.

Le nom patzelti rend hommage à Erwin Patzel, un scientifique allemand qui a collecté ces spécimens en 1978, contribuant ainsi à révéler la présence inédite de membres du genre Cavia dans cette région. Durant plusieurs années, cette taxonomie de sous-espèce a perduré, souvent répliquée dans des compilations (par exemple, Wilson & Reeder, 2005).

Ce n’est qu’en 2010, à la suite d’analyses phylogénétiques moléculaires (séquences mitochondriales) et d’études karyologiques, que Dunnum et Salazar-Bravo ont proposé d’élever Cavia aperea patzelti au rang d’espèce à part entière, soit Cavia patzelti. Cette décision a été fondée sur des différences génétiques significatives par rapport à d’autres populations du cobaye du Brésil, reflétant une divergence évolutive suffisante pour justifier une distinction spécifique. Depuis, Cavia patzelti est reconnu comme espèce monotypique, c’est-à-dire sans sous-espèces décrites.


CLASSIFICATION


Fiche d'identité
Nom communCobaye de Patzelt
English nameSacha Guinea Pig
Español nombreConejillo de indias de Patzelt
RègneAnimalia
EmbranchementChordata
Sous-embranchementVertebrata
ClasseMammalia
Sous-classeTheria
Infra-classeEutheria
OrdreRodentia
Sous-ordreHystricomorpha
FamilleCaviidae
Sous-familleCaviinae
GenreCavia
Nom binominalCavia patzelti
Décrit parHarald Schliemann
Date1982



Satut IUCN

Données insuffisantes (DD)

SOURCES

* Liens internes

iNaturalist

Liste Rouge IUCN des espèces menacées

Wikipédia

* Liens externes

Bioweb Ecuador

Global Biodiversity Information Facility (GBIF)

Mastozoología Neotropical

Plazi TreatmentBank

ResearchGate

* Bibliographie

Schliemann, H. (1982). Cavia aperea patzelti, eine neue Unterart des Wildmeerschweinchens aus Ecuador (Rodentia, Caviidae). Zeitschrift für Säugetierkunde, 47: 302-307.

Dunnum, J. L., & Salazar-Bravo, J. (2010). Molecular systematics, taxonomy and biogeography of the genus Cavia (Rodentia: Caviidae). Journal of Mammalogy, 91(2): 308-323.

Don E. Wilson, Thomas E. Lacher, Jr & Russell A. Mittermeier (2016). Handbook of the Mammals of the World – Volume 6 Lagomorphs and Rodents I, Barcelona :Lynx Edicions on pages 433-434.