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Hôte des sommets de l'Amérique du sud, le condor des Andes est un rapace diurne de la famille des cathartidés. Occupé à silloner le ciel à la recherche d'une carcasse au sol, cet oiseau offre l'un des plus remarquables spectacles du mondes des oiseaux.

Outre leur taille impressionnante, les condors des Andes adultes se distinguent par leur plumage noir aux reflets métalliques et par leurs rémiges secondaires et leurs couvertures ailaires entièrement ou partiellement blanches. La tête est dénudée et le mâle a une crête charnue caractéristique, longue de 10 cm et haute de 4,5 cm. La femelle ne possède ni cette crête ni les caroncules lobées présentes chez le mâle.
La couleur diffère également, le mâle étant brun clair, la femelle brun rougeâtre. Le bec est robuste et suffisamment puissant pour permettre à ce rapace d'arracher des morceaux de chair aux cadavres de mammifères d'assez grande taille, qu'ils s'agissent d'animaux marins ou terrestres. Le cou, long et dénudé, présente à sa base un collier de duvet, un peu plus étroit chez la femelle.
Le condor des Andes pèse environ 12 kg et mesure environ 3 m d'envergure.
Ce rapace est connu pour vivre 50 ans ou plus en captivité. Il fait partie des oiseaux terrestres qui ont la plus grande longévité.

Le condor des Andes est comme son nom l'indique, une espèce vivant dans les Andes en Amérique du sud. On le trouve du nord de la Colombie au sud de la Terre de Feu et, à l'est, le long de la côte Atlantique de l'Argentine jusqu'à l'embouchure du Rio Negro.
Cette espèce est devenue rare et, par endroits, a complètement disparu. Dans les Andes, ce rapace vit à une altitude allant de 3 000 à 5 000 m, mais le long des côtes de l'Atlantique et du Pacifique, il niche également dans les hautes falaises surplombant la mer.

Le condor des Andes est un oiseau principalement charognard et nécrophage. Il se nourrit des dépouilles de cerfs, lamas, lapins, écureuils, petits rongeurs et petits mammifères.
Comme ses serres ne sont guère développées, le condor a recours à son puissant bec crochu pour dépecer ses proies. Afin de se livrer à sa besogne sans être souillé, le condor des Andes possède un cou et une tête dénudés. Ces parties étant les seules qu'il ne peut nettoyer, il s'agit là d'une remarquable adaptation à son mode de vie.
Dans le sud des Andes, ce rapace se nourrit de manchots, de poissons morts ainsi que de cétacés échoués.
Assez rarement, lorsqu'il y est contraint par le manque de carcasses, il s'attaque alors à des proies vivantes, en priorité des animaux jeunes ou malades. Dans le pire des cas, le condor des Andes est capable de survivre sans s'alimenter pendant 1 ou 2 semaines.

Le condor des Andes peut vivre jusqu'à 50 ans et, comme c'est le cas pour d'autres espèces à longévité importante n'ayant que peu d'ennemis, son taux de reproduction est faible. Au début de la saison de nidification, tous les 2 ans ou plus, une courte parade se déroule. Les ailes étendues, les partenaires vont et viennent tout en poussant des cris mélodieux, puis se lissent mutuellement le plumage jusqu'à ce que l'un des 2 oiseaux s'envole de la falaise. Ils peuvent alors se poursuivre en vol.
Après l'accouplement, un unique oeuf blanc est pondu sur une avancée rocheuse ou dans une anfractuosité de la paroi. Les 2 adultes se relaient pendant l'incubation qui dure 7 à 9 semaines. A l'éclosion, le poussin est couvert d'un maigre duvet qui cède la place au bout de 3 semaines à un duvet plus fourni.
Le jeune est nourri par les 2 adultes pendant plus d'un an, bien qu'il sera capable de voler vers l'âge de 6 mois. Son apprentissage consiste à mémoriser la configuration du terrain, à savoir débusquer la nourriture, à éviter les dangers. Mais pour devenir indépendant, il doit avant tout perfectionner sa technique de vol par une longue pratique. Ce n'est pas avant 6 ans que le jeune condor perd ses plumes d'un marron sale pour se parer de l'étonnant plumage blanc et noir de l'adulte.
Entre-temps, il aura pris sa place dans la société de ses semblables et noué un lien privilégié avec la congénère qui sera probablement sa compagne d'une vie. Alors viendra le moment de trouver la grotte idéale où élever le premier petit.
La reproduction étant particulièrement lente, si trop d'adultes sont tués, la population décroît très rapidement.

Parfaitement adapté à la vie en altitude, le condor des Andes dort et niche au flanc de montagnes inaccessibles, à des milliers de mètres au-dessus du niveau de la mer. Avec une envergure de plus de 3 m, il profite des courants thermiques ascendants pour s'élever dans les airs. Une fois en vol, il se sert de ses longues plumes du bout de ses ailes pour contrôler sa progression en faisant verier la quantité d'air passant entre elles.
Il peut ainsi atteindre 5 000 m d'altitude et être invisible à l'oeil nu, mais il se maintient généralement à une altitude de 3 000 m. A l'atterrissage, le condor laisse pendre des pattes pour se freiner. Pour reprendre son envol, il court sur quelques mètre en battant des ailes pour prendre la vitesse nécessaire pour s'élever dans les airs.
Le soir, on peut observer des rassemblements d'individus encore immatures et d'adultes, en dehors de la période de reproduction, sur leurs perchoirs très caractéristiques et sur les corniches rocheuses, reconnaissables de loin à la couleur blanche que leur donnent les excréments de ces oiseaux.
Plus de 20 condors peuvent ainsi se réunir pour passer la nuit. Aux heures tardives de la matinée, à la faveur de courants d'air chaud ascendants qui se forment grâce à la chaleur du soleil, les condors prennent leur envol et couvrent de grandes étendues qu'ils inspectent de leur regard exceptionnellement perçant, à la recherche de cadavres d'animaux, parfois déjà repérés par d'autres charognards comme les vautours ou les caracas.
De toute évidence, il existe une hiérarchie sociale chez les condors, ce dont témoigne la façon dont ils se nourrissent. Les individus dominants tolèrent la présence de leurs inférieurs et des "aspirants" et il est rare que des rivalités provoquent des affrontements directs dont l'effet est alors l'instauration d'une nouvelle hiérarchie.

Dans les montagnes les plus escarpées des Andes, le condor reste encore la créature mythique du dieu inca Pachacamac. Croiser le regard du plus grand oiseau du monde était un instant privilégié.
Les anciennes civilisations andines vénéraient le condor. Cet oiseau est représenté sur des poteries et des statues en pierre. Il apparaît également sous la forme d'une gigantesque silhouette gravée dans le désert des hauts plateaux de Nazca, au Pérou. Au Pérou, la fabuleuse cité du Machu Picchu est le lieu sacré où, d'après les Incas, le monde a commencé.
Erigé entre 1460 et 1470, l'un des monuments a été baptisé "Temple du Condor". En effet, sa forme rappelle celle du rapace au moment où il prend son envol. Le temple a été construit adossé à un rocher. Les Incas déposaient des momies dans ses nombreuses niches car ils croyaient que le condor transportait les âmes vers l'au-delà.

La plus grande envergure relevée pour un condor des Andes était de 3,20 m.
Le condor des Andes possède un odorat très médiocre comparativement à d'autres oiseaux.
Rien qu'en étendant les ailes le condor des Andes peut planer pendant des heures durant.
Contrairement à d'autres oiseaux, le condor des Andes ne fabrique pas de nid. Il pond ses oeufs à même la roche.

Nom commun | Condor des Andes |
Règne | Animal |
Embranchement | |
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Classe | |
Ordre | |
Famille | |
Genre | |
Nom binominal | Vultur gryphus |
Statut IUCN | |
Décrit par | |
Date | 1758 |

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