Accueil > Canidés > Dhole > Fiche pédagogique du dhole > Le dhole en images
Le genre cuon serait apparu récemment, au quaternaire, et il pourrait être une forme cousine du lycaon avec lequel il partage un certain nombre de comportements. Au quaternaire un canidé de grande taille, appelé xenocyon lycaonoides et qui vivait dans tout l'ancien monde, est considéré alternativement comme son ancêtre ou celui du lycaon par des chercheurs qui, de nos jours, ne sont toujours pas d'accord entre eux.
Plus tard, le cuon sous sa forme actuelle existait en Asie ainsi que dans toute l'Europe, en Russie, en Chine, en Sibérie et en Indonésie.
Le dhole diffère de la plupart des canidés par la réduction du nombre de molaires de chaque coté de la mâchoire inférieure, et par un museau à conformation épaisse. Ces 2 caractéristiques sont parfaitement adaptées au régime alimentaire complètement carné de l'animal.
On appelle également le dhole, "chien sauvage d'Asie", "chien rouge" ou encore "chien sauvage indien". Il mesure de 75 à 100 cm de long et pèse de 15 à 20 kg.
Sa fourrure est de couleur rouge orangé et parfois peut virer au gris foncé. Sa queue habituellement touffue est de couleur noire et blanc ainsi que son ventre. Il a des oreilles rondes et les yeux couleur ambre.
Les sons émis par le dhole incluent des geignements, des grognements, des glapissements, des cris et des sifflements, et des couinements chez les petits. Le sifflement est un son de contact souvent utilisé pour le rassemblement de la meute, après l'échec d'une poursuite.
C'est un animal hautement social et coopératif. Les groupes qu'il forme sont d'une dizaine d'individus en moyenne, mais il est déjà arrivé que l'on observe des meutes de plus de 30 à 40 individus.
Les meutes sont territoriales et leur volume est régulé par des facteurs sociaux affectant la reproduction, c'est-à-dire qu'une seule femelle du groupe se reproduit. L'émigration ou la mort des adultes ou même des jeunes sont également des facteurs de reproduction.
Il chasse presque toujours en groupe, préférentiellement des proies de taille moyenne comme le cerf axis. Il s"attaque parfois aussi à des proies de plus grande taille. L'attitude groupée lui permet d'écarter du chemin un tigre, et comme ce dernier, le dhole est très à l'aise dans l'eau où il précipite parfois ses proies.
On le trouve en Asie du sud-est comme en Malaisie, sur l'île de Java, l'île de Sumatra, au nord de la Corée, en Birmanie, en Chine et à l'est de la Russie.
Il vit principalement dans les zones forestières mais on peut quelques fois les rencontrer dans les steppes ou encore dans les montagnes.
Sa grande adaptabilité a permis au dhole, par le passé, d'occuper des latitudes et des altitudes de grande amplitude. Les populations se sont fortement fragmentées et réduites ces dernières décennies, et la répartition actuelle de l'espèce est aujourd'hui mal connue.
Les plus grandes populations se trouveraient en Inde centrale et du sud. Devant le manque d'informations actualisées sur ce mystérieux canidé, l'IUCN (Union internationale pour la conservation de la nature) a décidé de lancer un programme d'enquête pour connaître sa distribution exacte et l'état général de l'espèce.
Le dhole est un canidé principalement carnivore. Il peut avaler jusqu'à 4 kg de viande en 1 heure. C'est un chasseur redoutable et rusé. Les meutes n'hésitent pas à s'attaquer à plus gros qu'eux. Les buffles et les cerfs axis sont leurs proies habituelles. En montagne le dhole se délecte également des bouquetins. Il lui arrive également de faire le charognard et n'hésite pas à se confronter face à un tigre, un ours ou un léopard (uniquement s'il est en groupe) qui rechignerait à lui laisser son butin.
Le dhole se contente aussi parfois de fruits ou de baies ainsi que de poissons quand la disette se fait sentir et que les grosses proies viennent à manquer.
La première tactique consiste à ratisser le terrain. La meute progresse en ligne frontale jusqu'à ce qu'une proie soit repérée.
Si la proie est petite un seul dhole suffira pour la mettre à mort. Par contre si la proie est grosse, la meute entière est mise à contribution. La victime est attaquée sur tous les cotés. Mordues sans relâche à la croupe et aux flancs, la proie finit par mourir d'hémorragie.
Contrairement aux loups, les dholes ne mordent pas à la gorge. Ils s'en prennent aux viscères, cisaillant les flancs de l'animal ils répandent les intestins à terre.
La violence de la mise à mort a valu au dhole une réputation de chiens tueurs et cruels. Cependant il faut savoir que la proie éviscérée meurt dans les minutes qui suivent l'assaut. Il n'est d'ailleurs pas le seul animal à tuer de manière peu conventionnelle. Nous pourrions citer par exemple le lycaon qui utilise la même technique ou sinon dans le monde marin l'orque ou épaulard qui ne tue pas à coups de dents mais jette sa proie au loin pour qu'elle meurt sous le choc ou encore saute puis retombe sur sa victime. La loi du monde animal est ainsi faite et on pourrait tout de même ajouter que l'homme lui est sans doute le plus cruel car contrairement aux animaux, il tue pour le plaisir rarement pour se nourrir.
En montagne, le dhole fait preuve de ruse. Il peut acculer un bouquetin au bord d'un précipice et attendre que l'animal y tombe sous l'effet de la panique.
La seconde tactique est plus subtile, car elle consiste à diviser la meute en 2 groupes. Le premier lève le gibier et rabat la proie vers le second groupe. Ce dernier est posté à l'orée de la forêt et se charge de couper la retraite à l'animal affolé. Chaque groupe communique avec l'autre en émettant de courts sifflements.
La saison de l'accouplement est généralement de novembre à avril. Dans une meute, seule la femelle dominante a le droit de se reproduire. Ceci afin de pouvoir réguler le taux de naissances au sein de la meute.
Après une période de gestation de 63 jours la femelle met au monde une portée de 1 à 12 petits. Tous les membres du groupe participeront à l'éducation des nouveau-nés jusqu'à leur maturité vers l'âge de 1 an.
Il existe 11 sous espèces de dhole dont une est aujourd'hui éteinte :
Cuon alpinus terribilis
Cuon alpinus dukhunensis
Cuon alpinus fumosus
Cuon alpinus hesperius
Cuon alpinus infuscus
Cuon alpinus javanocus
Cuon alpinus laniger
Cuon alpinus lepturus
Cuon alpinus primaevus
Cuon alpinus sumatrensis
Cuon alpinus major (éteint)
La principale menace dont doit faire face le dhole est la destruction progressive de son habitat naturel qui a pour conséquence la raréfaction de ses proies favorites. En outre, les populations fragmentées et l'apparition de maladies telles que la rage contribuent sérieusement à affaiblir l'espèce.
Rien qu'en Inde, plus de 4 million d'hectares de forêts ont disparus en 20 ans. Les inondations dues à la construction de barrages, l'extension des terres agricoles, les incendies ainsi que la déforestation ont considérablement modifié l'habitat du dhole.
Par ailleurs, dans les poches forestières encore intactes, le braconnage est toujours d'actualité, bien que dans la plupart des pays où il est présent, le dhole soit protégé. Extrêmement localisé, il est devenu fort rare.
Le dhole est aujourd'hui classé parmi les espèces menacées en annexe II de la CITES et également en temps qu'espèce en danger sur la Liste rouge de l'IUCN. Le dhole souffre actuellement à cause des maladies importées comme en particulier la rage qui fait d'énormes dégâts parmi les populations. On a observé que certaines sous-espèces disparaissent totalement sans que l'on ne sache pourquoi.
Sa survie est favorisée dans les espaces protégés où il bénéficie parfois de la protection accordée au tigre, en particulier en Inde. Dans plusieurs pays et depuis quelques temps déjà, il est désormais interdit de le chasser. Malgré cette relative protection il continue à être braconné en particulier à cause de la concurrence qu'il fait aux chasseurs.
Le dhole peut émettre des sons vocaux extraordinaires comme glousser comme un poulet ou encore miauler comme le chat.
Le dhole est une espèce bien distincte depuis plusieurs million d'années.
Sa dentition est unique parmi la famille des chiens.
Le dhole est un excellent nageur. Il profite souvent de cet avantage pour conduire ses proies dans l'eau.
Nom commun | Dhole |
Règne | Animal |
Embranchement | Chordé |
Sous-embranchement | Vertébré |
Classe | Mammifère |
Ordre | Carnivore |
Famille | Canidé |
Genre | Cuon |
Nom binominal | Cuon alpinus |
Statut IUCN | |
Décrit par | Peter Simon Pallas |
Date | 1811 |
