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Le dhole (Cuon alpinus) est un mammifère appartenant à la famille des canidés et au genre Cuon dont il est le seul représentant. On l'appelle également chien sauvage d'Asie, chien rouge ou encore chien sauvage indien.

Le genre Cuon serait apparu récemment, au quaternaire. Il pourrait être une forme cousine du lycaon avec lequel il partage un certain nombre de comportements. Au quaternaire un canidé de grande taille, appelé Xenocyon lycaonoides ayant vécu dans tout l'ancien monde, est considéré alternativement comme son ancêtre ou celui du lycaon par des chercheurs qui, de nos jours, ne sont toujours pas d'accord entre eux.
Plus tard, le Cuon, sous sa forme actuelle, existait en Asie ainsi que dans toute l'Europe, en Russie, en Chine, en Sibérie et en Indonésie.

Le dhole diffère de la plupart des canidés par la réduction du nombre de molaires de chaque coté de la mâchoire inférieure, et par un museau à conformation épaisse. Ces 2 caractéristiques sont parfaitement adaptées au régime alimentaire complètement carné de l'animal.
Sa fourrure est de couleur rouge orangé et parfois peut virer au gris foncé. Chez les sous-espèces montagnardes, le pelage d'hiver est long et de couleur rouge éclatant. Le pelage d’été est nettement plus court et la couleur plus terne. Il a des oreilles rondes et les yeux couleur ambre.
Le dhole mesure entre 75 et 100 cm de long pour un poids allant de 15 à 20 kg. Sa queue mesure environ 40 cm de long dont l'extrémité est de couleur noire.
Le dhole est un excellent coureur. Les pattes avant sont garnies de quatre griffes solides, non rétractiles. Le dhole, ayant perdu une molaire de chaque côté de la mâchoire inférieure, la longueur des mâchoires est courte, ce qui accroît la puissance de la morsure.

Le dhole peut se rencontrer en Asie du sud-est tout comme en Malaisie, sur l'île de Java, l'île de Sumatra, au nord de la Corée, en Birmanie, en Chine et à l'est de la Russie.
Le dhole vit principalement dans les zones forestières mais on peut quelques fois les rencontrer dans les steppes ou encore en montagne.
La grande adaptabilité du dhole lui a permis, par le passé, d'occuper des latitudes et des altitudes de grande amplitude. Les populations se sont fortement fragmentées et réduites ces dernières décennies, et la répartition actuelle de l'espèce est aujourd'hui mal connue.
Les plus grandes populations se trouveraient en Inde centrale et du sud. Devant le manque d'informations actualisées sur ce mystérieux canidé, l'IUCN (Union internationale pour la conservation de la nature) a décidé de lancer un programme d'enquête pour connaître la distribution exacte ainsi que l'état général de l'espèce.

Le dhole est un canidé principalement carnivore. Il peut avaler jusqu'à 4 kg de viande en 1 heure. C'est un chasseur redoutable et rusé. Les meutes n'hésitent pas à s'attaquer à plus gros qu'eux. Les buffles et les cerfs axis sont leurs proies habituelles. En montagne, le dhole se délecte également des bouquetins.
A ses heures, le dhole peut être également un charognard. Ce prédateur redoutable n'hésite pas, lorsqu'il est en groupe, à faire face devant un tigre, un ours ou un léopard qui rechignerait à lui laisser son butin.
Le dhole se contente aussi parfois de fruits ou de baies ainsi que de poissons quand la disette se fait sentir et que les grosses proies viennent à manquer.

La première technique de chasse du dhole consiste à ratisser le terrain. La meute progresse en ligne frontale jusqu'à ce qu'une proie soit repérée.
Si la proie est petite un seul dhole suffira pour la mettre à mort. Par contre s'il s'agit d'une proie plus imposante, la meute entière est mise à contribution. La victime est attaquée sur tous les côtés. Mordues sans relâche à la croupe et aux flancs, la victime finit par mourir d'hémorragie.

Contrairement aux loups, les dholes ne mordent pas à la gorge. Ils s'en prennent aux viscères, cisaillant les flancs de l'animal et répandant les intestins à terre.
La violence de la mise à mort a valu au dhole une réputation de chiens tueurs et cruels. Cependant il faut savoir que la proie éviscérée meurt dans les minutes qui suivent l'assaut. Il n'est d'ailleurs pas le seul animal à tuer de manière peu conventionnelle. Nous pourrions citer par exemple le lycaon qui utilise la même technique ou sinon dans le monde marin l'orque ou épaulard qui ne tue pas à coups de dents mais jette sa proie au loin pour qu'elle meurt sous le choc ou encore saute puis retombe sur sa victime. La loi du monde animal est ainsi faite et on pourrait tout de même ajouter que l'homme lui est sans doute le plus cruel car contrairement aux animaux, il tue pour le plaisir rarement pour se nourrir.
En montagne, le dhole fait preuve de ruse. Il peut acculer un bouquetin au bord d'un précipice et attendre que l'animal y tombe sous l'effet de la panique.

La seconde technique de chasse du dhole est plus subtile, car elle consiste à diviser la meute en 2 groupes. Le premier lève le gibier et rabat la proie vers le second groupe. Ce dernier est posté à l'orée de la forêt et se charge de couper la retraite à l'animal affolé. Chaque groupe communique avec l'autre en émettant de courts sifflements.

La saison de l'accouplement du dhole est généralement de novembre à avril. Dans une meute, seule la femelle dominante a le droit de se reproduire. Ceci afin de pouvoir réguler le taux de naissances au sein de la meute.
Après une période de gestation de 63 jours, la femelle met au monde une portée de 1 à 12 petits. Tous les membres du groupe participeront à l'éducation des nouveau-nés jusqu'à leur maturité vers l'âge de 1 an.

Le dhole est un animal hautement social et coopératif. Les groupes qu'il forme sont composés d'une dizaine d'individus en moyenne, mais on a déjà pu observer des meutes de plus de 30 individus.
Les meutes sont de moeurs territoriales et leur volume est régulé par des facteurs sociaux affectant la reproduction, c'est-à-dire qu'une seule femelle du groupe se reproduit. L'émigration ou la mort des adultes ou même des jeunes sont également des facteurs de reproduction.
Le dhole chasse presque toujours en groupe, préférentiellement des proies de taille moyenne comme le cerf axis. Il s"attaque parfois aussi à des proies de plus grande taille. L'attitude groupée lui permet d'écarter de son chemin un tigre, et comme ce dernier, le dhole est très à l'aise dans l'eau dans laquelle il précipite parfois ses proies.

Si le dhole est considéré comme un chien sauvage, il a pourtant la particularité de ne pas aboyer.
Les sons émis par le dhole incluent le geignement, le grognement, le glapissement, le sifflement et le couinement chez les petits. Le sifflement est un son de contact souvent utilisé pour le rassemblement de la meute, après l'échec d'une poursuite.

Le dhole est l'unique représentant du genre Cuon. Par contre, l'espèce est composée de 8 sous espèces dont une est aujourd'hui éteinte. La liste ci-dessous est basée selon ITIS :
Cuon alpinus adustus
Cuon alpinus alpinus
Cuon alpinus fumosus
Cuon alpinus hesperius
Cuon alpinus laniger
Cuon alpinus lepturus
Cuon alpinus sumatrensis
Cuon alpinus major

La destruction progressive de l'habitat naturel est la principale menace pour le dhole. La conscéquence en est la diminution du nombre de ses proies favorites. En outre, les populations fragmentées et l'apparition de maladies telles que la rage contribuent sérieusement à affaiblir l'espèce.
Par exmeple, de 4 million d'hectares de forêts ont disparus en 20 ans en Inde. Les inondations dues à la construction de barrages, l'extension des terres agricoles, les incendies ainsi que la déforestation ont considérablement modifié l'habitat du dhole.
Par ailleurs, dans les poches forestières encore intactes, le braconnage est toujours d'actualité, bien que dans la plupart des pays où il est présent, le dhole soit protégé. Extrêmement localisé, il est devenu fort rare.

Le dhole est aujourd'hui classé parmi les espèces menacées. Il est inscrit en annexe II de la CITES et également en temps qu'espèce en danger sur la Liste rouge de l'IUCN.
Le dhole souffre actuellement des maladies importées telles que la rage qui cause d'énormes dégâts parmi les populations. On a observé que certaines sous-espèces disparaissent totalement sans que l'on ne sache pourquoi.
Sa survie est favorisée dans les espaces protégés où il bénéficie parfois de la protection accordée au tigre, en particulier en Inde. Dans plusieurs pays, et depuis quelques temps déjà, il est désormais interdit de le chasser. Malgré cette relative protection il continue à être braconné en particulier à cause de la soi-disant concurrence qu'il fait aux chasseurs. Mais n'oublions pas que contrairement à l'homme, le dhole chasse pour se nourrir et non pour le plaisir.

Le dhole peut émettre des sons vocaux extraordinaires comme glousser comme un poulet ou encore miauler comme le chat.
Le dhole est une espèce bien distincte depuis plusieurs millions d'années.
Sa dentition est unique dans la famille des chiens.
Le dhole est un excellent nageur. Il profite souvent de cet avantage pour conduire ses proies dans l'eau.



