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Le requin-taureau (Carcharias taurus) est un requin appartenant à la famille des Odontaspididae. Malgré son air menaçant, sa gueule béante et ses dents effilées et recourbées lui donnant un air agressif, le requin-taureau est un poisson relativement docile. Les quelques agressions sur l'homme qui lui sont attribuées sont non seulement rares mais aussi souvent provoquées par des imprudences humaines.

Le requin-taureau est un requin de taille moyenne mesurant entre 1,50 m et 3 m de long. La taille maximale enregistrée pour l'espèce est de 3,20 m pour une femelle et 3,01 m pour un mâle. Le dos du requin-taureau est très arrondi et son museau est étroit. La terminaison de la bouche est derrière les yeux. Les yeux sont petits (de diamètre d'environ 1% de la taille) lui donnant un air plutôt félin.
Chez le requin-taureau l'aileron dorsal est de taille similaire à l'aileron anal. Le premier aileron dorsal est situé prés de l’aileron pelvien. Les nageoires pectorales sont de petites tailles et ressemblent à des rames. Ce requin ne possède pas de quille contrairement à certaines espèces. Les nageoires caudales sont asymétriques, le lobe supérieur mesurant à peu prés 27% de la taille et le lobe ventral ne mesure qu’approximativement 11% de la taille.
La mâchoire du requin-taureau est dotée de larges dents, ressemblant à des dagues. Il possède également une paire de canines ce situant sur les côtés de la bouche et qui sont très apparentes. La couleur du dos varie entre le marron clair, le marron couleur sable et le marron gris. De larges taches peuvent couvrir l’ensemble du corps et disparaissent une fois qu'il atteint sa maturité sexuelle. La face ventrale est de couleur blanche.
Le requin-taureau, comme tous les autres squales est obligé de nager sans cesse. Ne possédant pas d’opercules qui permettent par leurs mouvements cadencés de produire un courant d’eau qui traverse les branchies, il nage la gueule ouverte. L’eau entre par la gueule et ressort par les fentes branchiales. Les branchies retiennent l’oxygène nécessaire à sa survie.

Le requin-taureau vit généralement au large des côtes australiennes, américaines et sud-africaines. Mais comme c'est un requin migrateur on peut le trouver dans la plupart des mers chaudes du globe excepté dans le Pacifique oriental. Son aire de répartition s'étend dans l'océan atlantique du Golfe du Maine jusqu'en Floride, dans le Golfe du Mexique, autour des Bahamas et dans les Bermudes. Il est également présent du sud du Brésil jusqu'en Argentine du nord.
Dans l'océan atlantique oriental, il hante les îles du Cap vert, le long des côtes du Sénégal et du Ghana, mais aussi du sud du Nigéria jusqu'au Cameroun. Dans l'océan indien, il vit le long des côtes de l'Afrique du sud jusqu'au Mozambique mais n'est pas présent autour de Madagascar. Il a également été rapporté que le requin-taureau serait présent dans la Mer rouge, en Inde mais aussi au Japon, en Australie mais pas en Nouvelle-Zélande. Il est également présent le long des côtes de la Méditerranée.

Le requin-taureau est un prédateur vorace dont le régime alimentaire se compose d'une grande variété de poissons osseux. Le hareng, l'anguille de mer, le mulet, le colin, le pagre, le rémora et le bar de mer constituent principalement son bol alimentaire.
D’autres proies font également partie du festin du requin-taureau comme le calmar, le crabe, la langoustine ainsi que d’autres petits requins.
On a observé l’alimentation coopérative par des groupes de requins entourant les bancs en nageant en cercle tout en resserrant l'étau pour maintenir leurs proies en groupe et afin de pouvoir s’alimenter tranquillement.

Le requin-taureau est une espèce ovovivipare. Contrairement à la plupart des poissons, les requins s’accouplent pour se reproduire, le mâle est doté d'un ptérygopode pour inséminer la femelle. Le mâle maintient la femelle en la mordant dans la région des branchies ou des nageoires. C’est pour cette raison qu’en général, les femelles portent plus de cicatrices que les mâles. La période d'accouplement a lieu aux alentours de Mars et Avril. Le requin-taureau est l'une des espèce de requins ayant un taux de reproduction faible et, par conséquent, il est facilement affecté par les pressions démographique.
L'une des particularité du requin-taureau est le cannibalisme intra-utérin également appelé oophagie. Une fois éclos, les petits s'empressent de dévorer les autres oeufs et de s'entredévorer. Il n'y aura au final qu'un seul petit qui naitra, mais il sera mieux nourrit et potentiellement plus résistant.
Le requin-taureau atteint généralement sa maturité sexuelle vers l'âge de 6 à 7 ans pour les mâles et 9 à 10 ans pour les femelles. La gestation de l'espèce est de 9 mois. A terme, la femelle met au monde un seul petit mesurant 1 m de long qui sera déjà totalement indépendant. On ignore encore l’âge maximum que peut atteindre le requin-taureau en liberté, mais les spécimens en aquarium ont vécus au maximum 16 ans.

Le requin-taureau est une espèce côtière mais son territoire peu s’étendre jusqu’au large. Il évolue entre la surface et 200 m de profondeur, mais se trouve généralement dans les eaux dont la profondeur est inférieure à 70 m. Ce requin s’organise et chasse en groupe. Il est probable que cette espèce migre vers le sud pendant les mois d’hiver, mais les données sont insuffisantes pour établir des cartes de migration.
Le requin-taureau est un puissant requins mais nagent à faible vitesse. Il possède la particularité unique d'ingurgiter de l’air en surface pour compenser sa flottabilité, ce qui leur permet de se tenir dans l’eau sans nager. Ce requin est très vorace, et c'est un redoutable prédateur, mais inoffensif pour l'homme car très docile.

Dans le passé, le requin-taureau a été pêché sur toute son aire de répartition, bien que son importance économique varie selon les régions. Au Japon, par exemple, il est très prisé pour la consommation humaine. La viande est généralement congelée, fumée, ou encore sèche et salée. Elle est également employée pour en faire de la farine de poisson, le foie pour l'huile et les ailerons sont très demandés sur les marchés asiatiques.
La demande fut telle, que plusieurs espèces de requins, y compris le requin-taureau, ont vu leur population diminuer de près de 75% entre 1980 et 1990. La pêche est aujourd'hui contrôlée et le requin-taureau est devenu une espèce protégée. Néanmoins, les prises accidentelles dans les filets des pêcheurs ainsi que dans les filets de protection des plages continuent à faire des ravages.
En raison de sa grande taille, de son air effrayant et du fait qu'il évolue en eau peu profonde, le requin-taureau peut être aisément approché par les plongeurs et est devenu une attraction populaire pour les plongeurs autonomes. Les guides de plongée recherchent les emplacements où ce requin se produit régulièrement afin que les plongeurs amateurs puissent l'observer aux mêmes emplacements à plusieurs reprises. Des inquiétudes ont été notamment exprimée (récemment en Afrique du sud), car cette perturbation de l'écosystème du requin-taureau pourrait porter préjudice à l'espèce comme sur son comportement habituel. Il est à craindre qu'à force d'être dérangé, ce requin finisse par quitter ces secteurs qui sont pourtant pour lui un refuge important pour sa survie.

Le requin-taureau est protégé depuis 1984 en Nouvelle-Galles du sud en raison des baisses sérieuses des population dues à la pêche commerciale et sportive. Au début de l'année 1997, le gouvernement du Queensland l'a également déclaré comme espèce protégée. Le gouvernement australien de Commonwealth a également suivi le mouvement en classant le requin-taureau comme espèce vulnérable dans toutes les eaux du Commonwealth ainsi que dans l'ensemble de de l'Australie.
En outre, en 1997 le requin-taureau fut également déclaré espèce protégée dans l'océan atlantique dans les Golfe des Etats-Unis ou il évolue. La seule menace actuelle pour l'espèce en Australie du sud-est est probablement les captures accidentelles des juvéniles par les pêcheurs sportifs. Actuellement, le requin-taureau est classé dans la catégorie vulnérable (VU) sur la Liste rouge de l'IUCN.

En Australie, le requin-taureau a une réputation de mangeur d’homme. Or, malgré son air menaçant et ses dents apparentes il ne représente pas de réel danger pour l’être humain. Indolent, il préfèrera s’éloigner d’un plongeur trop insistant.
Comme tout grand prédateur, le requin-taureau reste potentiellement dangereux lorsque la retraite lui est coupée et qu’il est contraint de forcer le passage. Dans ce cas précis, grâce à l’air comprimé à l’intérieur de la cavité stomacale, il semble qu’il soit capable d’émettre une sorte de détonation destinée à effrayer son adversaire.
Fait étonnant chez le requin-taureau : le cannibalisme intra-utérin. Les embryons les plus développés dévorent les œufs non fécondés et les embryons les plus faibles. Ce phénomène sélectionne, avant la naissance, les individus les plus résistants.

Nom commun | Requin-taureau |
English name | Sand tiger shark |
Español nombre | Tiburón toro |
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Nom binominal | Carcharias taurus |
Statut IUCN | |
Décrit par | Constantine Samuel Rafinesque |
Date | 1810 |

Site officiel de l'Aquarium La Rochelle
Florida Museum of Natural History
The IUCN Red List of Threatened Species
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