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Parc national du Mercantour


Le parc national du Mercantour est un parc national situé dans les Alpes-Maritimes et les Alpes de Haute Provence. C'est un lieu privilégié bon nombre d'espèces végétales et animales. S'étalant sur une superficie de 685 km², on découvre également des paysages majestueux comme le lac d’Allos, le plus grand lac d’altitude d’Europe.


Mercantour
Parc national du Mercantour



DESCRIPTION

Le parc national du Mercantour est l’un des dix parcs nationaux en France, situé sur les départements des Alpes-Maritimes et des Alpes de Haute Provence. Il est plus particulièrement connu pour être l’un des plus sauvages de France, et l’un des plus variés sur le plan des paysages, aux contrastes très marqués : sa situation géographique très particulière, à une heure de la Côte d’Azur, apporte des touches méditerranéennes à ces montagnes alpines. C’est là que le loup gris commun a naturellement fait son retour en France en 1992 depuis l’Italie.


Mercantour géographie
Situation géographique du Mercantour

HISTOIRE

Au milieu du XIXe siècle, la région appartenait au "Royaume de Piémont-Sardaigne". Le souverain, Vittorio-Emmanuel II, appelé également "le Roi Chasseur", fut le premier à se préoccuper de la sauvegarde de ces territoires pour des raisons cynégétiques. En effet, les effectifs de chamois ne cessaient de décroître et le bouquetin avait été totalement exterminé. Pour ces raisons, le roi décida de créer le 26 décembre 1859 une "réserve Royale de Chasse" sur les massifs du Mercantour et de l’Argentera.

Lors du Traité de Turin du 24 mars 1860, Napoléon III abandonna les communes de Tende et la Brigue et le nord des communes de Saint-Martin-Vésubie, de Valdeblore, de Belvédère et d’Isola. La délimitation fixée par la convention d’application du 17 mars 1861 maintint donc sous la souveraineté italienne le versant sud du massif qui allait former les "Chasses Royales de la Couronne d’Italie". A partir de 1900, Vittorio-Emmanuel III, qui hérita du Royaume d’Italie, fut à l’origine de la réintroduction de 23 bouquetins dans le massif de l’Argentera-Mercantour. Après 11 années d’efforts de réintroduction de 1921 à 1932, quelques individus arrivèrent à survivre et à se reproduire.

Le 29 novembre 1935, la Commission des Réserves de la Société Nationale d’Acclimatation de France (ancêtre de l’actuelle Société Nationale de la Protection de la Nature) adoptait le règlement de la Réserve du Lauzanier. Le règlement avait pour but d’en protéger la faune et la flore, de développer le goût et le respect de la nature et de faciliter les recherches et pratiques se rapportant à la nature. La réserve était surtout célèbre pour sa flore. De nouvelles espèces d’insectes, et notamment de coléoptères, y avaient été découverts, et le chat sauvage était signalé.


Lac de Vens
Lac de Vens au parc du Mercantour
© Erika Elosegui

Lorsque Mussolini déclara la guerre à la France en juin, le chamois, protégé pendant plus de 80 ans abondait sur ces massifs. A la fin de la guerre, la population de chamois du massif était réduite à environ 300 individus et les bouquetins à moins de 50 suite à de massives destructions de la part des militaires et des populations locales. Le 10 février 1947 fut signé le traité de paix entre les Alliés et l’Italie. Le versant méditerranéen du massif de l’Argentera-Mercantour (communes de Tende et la Brigue et territoires cités plus haut) fut restitué à l’État français. La situation du gibier s’aggrava puisque ce territoire fut laissé de 1945 à 1953 sans aucune surveillance et de nombreux animaux furent éliminés par le braconnage.

La "Réserve de Chasse du Boréon", d’une superficie de 3500 ha sur la seule commune de Saint-Martin-Vésubie, fut instituée le 30 juillet 1947. Dès le 5 mars 1947, la création d’un parc national de 9 800 ha était préconisée. Sa taille fut considérablement réduite sur la demande des chasseurs, au motif que les braconniers italiens pourraient trop facilement profiter de l’effort de protection français. En 1949, les autorités italiennes créèrent à leur tour sur le flanc septentrional du massif du Mercantour une vaste réserve de chasse de plus de 20 000 hectares, la "Réserve de Valdieri-Entracque".

Le 1er juin 1950, la "Réserve de chasse du Boréon" fut remplacée par la "Réserve de chasse d’intérêt national du Mercantour" totalisant une superficie de 9 600 ha dont la gestion fut confiée à la Fédération Départementale des Chasseurs des Alpes-Maritimes sous le contrôle de l’Administration des Eaux et Forêts et du Conseil Supérieur de la Chasse. Le 22 juillet 1959 de nouveaux territoires furent ajoutés à la réserve lui faisant atteindre une superficie de 11 200 ha. Le 14 août 1964 la réserve fut encore agrandie pour être réduite à 11 300 ha le 29 octobre 1976.

Le 18 août 1979, le décret portant création du parc national du Mercantour (décret n° 79-696 du 18 août 1979) fut signé par le Premier Ministre Raymond BARRE et 11 de ses ministres et publié au Journal Officiel le 21 août 1979. C’était le sixième parc national français. Sa gestation avait duré 33 ans si on se réfère au premier acte officiel, la motion prise par le Conseil Général des Alpes-Maritimes le 20 novembre 1946.


Bouquetins
Bouquetins du Mercantour

LA FLORE DU MERCANTOUR

Du fait de la variété du terrain et du climat (influencé par la jonction des Alpes et de la Méditerranée), le parc national du Mercantour possède plus de 2 000 espèces de plantes dont plus de 40 endémiques, telles des saxifrages et des orchidées. Peuplant les pentes, feuillus (chêne pubescent, pin sylvestre, chêne vert) et résineux (sapin, épicéa, puis mélèze et pin cembro) se succèdent au fil de l’altitude jusqu’à 2 200 m.

Sur les quelques 150 espèces d’orchidées connues en France, 63 ont été recensées sur le territoire du Parc national du Mercantour, à l’occasion d’une prospection systématique sur le terrain


Orchidée sauvage
Orchidée sauvage du Mercantour

LA FAUNE DU MERCANTOUR

Selon plusieurs études, le parc national du Mercantour possède plusieurs centaines d’espèces d’animaux (certaines sont présentes depuis la fin des glaciations) dont notamment 197 espèces de vertébrés sur le territoire dont 53 sont menacées. Grâce à l’action du parc national, ces animaux qui, pour certains, ont failli disparaître, fréquentent à nouveau les montagnes du Mercantour. Protégés par les statuts du parc, cerfs, sangliers, chevreuils, chamois (plus de 8 000 individus), bouquetins (1 100 individus), mouflons prospèrent.


Loup
Loup du Mercantour

* Les mammifères

Sur les 101 espèces de mammifères terrestres français, une soixantaine parcourt le massif du Mercantour. Le chamois, le bouquetin, la marmotte, le lièvre variable et l’hermine en sont quelques exemples.

Le loup gris commun, très difficile à observer en raison de sa crainte de l’homme, a effectué un retour naturel dans la région après 70 ans d’absence. Le renard, ou encore des espèces de chauve-souris telles que le molosse de Cestoni et la sérotine boréale peuvent également être observé dans les massifs montagneux du Mercantour.


Chamois
Chamois du Mercantour

* Les oiseaux

Le parc national du Mercantour abrite pas moins de 155 espèces d’oiseaux nicheurs, migrateurs et occasionnels. Parmi ces nombreux oiseaux certains attirent particulièrement l’attention comme le gypaète barbu ou encore le tétras lyre !

Les amateurs de l’avifaune pourront ainsi observer les rapaces diurnes tel que le faucon pèlerin, l’aigle royal ainsi que le vautour récemment réintroduit dans le parc. Parmi les gallinacés, le tétras lyre, doté d’une somptueuse livrée noire et une queue en forme de lyre, lui donnent une élégance incontestable au milieu des mélèzes. Malheureusement, comme la perdrix bartavelle, la population est en régression malgré la mise en place de mesures de protection.


Tétras-lyre
Tétras-lyre du Mercantour

* Les reptiles et amphibiens

Les espèces de reptiles et d’amphibiens présentes dans le massif du Mercantour sont au nombre de 25. L'originalité du parc est qu’il fait figure de territoire frontière, où voisinent espèces boréales et méditerranéennes. Si la couleuvre verte et jaune et la grenouille rousse colonisent l’ensemble du massif, certaines espèces se cantonnent à sa partie septentrionale : c’est le cas du lézard des souches, qui grimpe jusqu’à 2 300 m.

Parmi les amphibiens, le spélerpes brun, rare et endémique, se rencontre de la Bévéra à la basse Tinée dans les lieux humides et frais. Quant au triton alpestre, disparu des lacs d’altitude depuis cinq décennies, il devrait faire l’objet d’un projet de réintroduction. Des animaux difficiles à observer mais si fascinants.


Lézard des souches
Lézard des souches au Mercantour

* Les insectes

On compte environ 10 000 espèces d’insectes dans le parc national du Mercantour. Cette diversité se traduit non seulement par une abondance des populations, mais aussi par un endémisme élevé qui s’explique par le contexte biogéographique. Les inventaires en cours confirment cette diversité : en plus du papillon Petit Apollon, aux ailes blanches tachées de rouge et de noir, 232 espèces de papillons ont été recensées dans la haute vallée du Verdon.


Papillon petit Apollon
Papillon petit Apollon au Mercantour

SOURCES