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Parc national de Manas


Le parc national de Manas est un sanctuaire protégé situé dans l'État d'Assam en Inde. Ce parc national est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1985, mais en raison des menaces qui pèsent sur lui, il a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial en péril, en 1992. Le parc est réputé pour sa faune endémique rare et menacée telle que la tortue de l'Assam, le lapin de l'Assam et le sanglier nain.


Manas
Bienvenue au parc national de Manas



PRÉSENTATION DU PARC

Le Parc national de Manas se situe sur les contreforts de l'Himalaya et une partie de celui-ci s'étend également au Bhoutan. Le parc se trouve dans les districts de Barpeta et Kokrajhar, 41 km au nord de Barpeta. Il enjambe la rivière Manas et est délimité au nord par la frontière du Bhoutan, au sud par les régions peuplées du District de Kamprup et à l'Ouest ainsi qu'à l'Est par des réserves forestières qui comprennent la réserve forestière de Manas et l'ensemble de la réserve forestière du Nord Kamrup.

La rivière Manas, nommé d'après la déesse serpent "Manasa", est le principal cours d'eau du parc et un important affluent du Brahmapoutre. En descendant les collines du nord du Bhoutan, les eaux cristallines de la rivière traversent le cœur de la zone de 500 km² du parc de Manas. Le site touristique principal de Mothanguri, à la frontière nord de Manas avec le Bhoutan, se situe sur les rives de ce fleuve. Le parc s'étend à l'Ouest jusqu'à cette rivière qui se divise en deux cours d'eau, le Beki et le Bholkaduba. Cinq autres cours d'eau importants irriguent le parc sur des terrasses alluviales de faible altitude, puisque les altitudes moyennes sont de 61 à 70 m au-dessus du niveau de la mer.


Sanglier nain
Sanglier nain au parc national de Manas

Le climat de la région est chaud et humide (près de 76 % d'humidité). Les pluies tombent principalement pendant la saison de la mousson de mai à septembre. La température maximale en été est de 37 degrés et la température hivernale moyenne est d'environ 11 degrés. La pluviométrie moyenne annuelle varie entre 3 332 mm et 4 489 mm.

Le parc national de Manas est connu pour ses différents projets de conservation des tigres, éléphants et rhinocéros indien. La beauté des paysages et les richesses de la vie sauvage se combinent parfaitement pour former un site au patrimoine unique au monde et offrent l'une des expériences les plus passionnantes aux visiteurs du parc.


Manas carte
Situation géographique du parc national de Manas

HISTOIRE

Le parc national de Manas, précédemment appelé North Kamrup, a été déclaré comme sanctuaire le 1er octobre 1928. Les différentes parties de celui-ci ont été tout d'abord notifiées en tant que réserves forestières en 1907 et en 1927. En 1971, devant la pression de la population locale, le gouvernement a utilisé 809 hectares du sanctuaire pour créer une ferme agricole. Le parc fut établi en tant que noyau central de la réserve de tigres à partir de 1973. Le site fut ensuite inscrit sur la liste du patrimoine mondial, en 1985.

C'est seulement, le 7 septembre 1990 que le sanctuaire obtient enfin le statut de parc national. Il fut agrandi pour passer de 39 100 hectares à 50 000. Pour ce faire, les anciennes réserves de Panbari et Kahitama furent incluses au parc de Manas. En 1992, le parc fut placé dans la liste du patrimoine mondial en péril en raison des troubles civils et des dommages que causèrent ces troubles sur son infrastructure.

La politique de conservation des parcs nationaux conduit souvent les habitants locaux vers des zones périphériques. C'est ce qui est arrivé au peuple Bodo. Présent depuis des siècles dans cette zone, des militants de la tribu assamèse Bodo de l'United Liberation Front of Asom, un mouvement indépendantiste, ont envahi le parc à la fin des années 1980. L'infrastructure du site a subi des dégâts estimés à plus de deux millions de dollars en 1992-1993. Plus d'une trentaine de rhinocéros semblent avoir été braconnés pendant cette sombre période. Le trafic d'animaux morts ou vivants reste une atteinte importante à la faune du parc et bon nombre de personnes pensent que ce trafic pourrait financer certaines activités politiques ou terroristes. À partir de 1997, suite à un effort financier du gouvernement indien et de l'UNESCO et une augmentation de la sécurité, la situation semble s'être améliorée.

Le Forest Rights Act, voté en 2006, est une des conséquences de la prise en compte des droits des populations sur ces régions.


Ours lippu
Ours lippu au parc national de Manas

LA FLORE DE MANAS

Il existe trois principaux types de végétation au parc de Manas. Les forêts tropicales semi-persistantes dans la partie nord du parc avec des arbres communs tels que Aphanamixis polystachya, Anthocephalus chinensis, le jamblon (Syzygium cumini), Mallotus philippensis, Bauhinia purpurea, malabarthe (Cinnamomum tamala) et Actinodaphne obvata.

Les forêts tropicales humides et les forêts sèches de feuillus (type le plus commun dans le parc) sont caractérisées par des arbres tels que le fromager (Bombax ceiba), Sterculia villosa, Dillenia indica, le kumbhi (Careya arborea), Gmelina arborea et le shyonaka (Oroxylum indicum).

Deux types de prairies alluviales couvrent près de 45 % du parc : la savane faiblement boisée et la prairie semi-persistante. Ils sont créés et entretenus par le feu, et sur une plus petite échelle par les éléphants. Les prairies riveraines sont un des habitats en Inde du tigre et particulièrement bien adapté aux troupeaux de gaur, de barasingha, d'éléphants ainsi que pour les oiseaux aquatiques.

Il existe 43 espèces différentes d'herbes dont Imperata cylindrica, Saccharum naranga, Phragmites karka et Arundo donax sont les espèces prédominantes. Il y a une grande variété de flore aquatique le long des rivières et étangs du parc. Quelque 374 espèces de dicotylédones, y compris 89 espèces d'arbres, 139 espèces de monocotylédones et 15 espèces d'orchidées ont été identifiées dans cette région.


Manas paysage
Paysage du parc national de Manas

LA FAUNE DE MANAS

Le parc national de Manas recense près de 45 espèces de mammifères, 380 espèces d'oiseaux, 50 de reptiles et 3 espèces d'amphibiens. Parmi cette faune remarquable, 21 espèces de mammifères sont classées en Annexe I de la CITES et 31 d'entre elles sont fortement menacées d'extinction.

La faune de ce sanctuaire comprend notamment l'éléphant d'Asie, le rhinocéros indien, le tigre du Bengale, le gaur, le buffle d'Asie, le barasingha, le léopard, la panthère nébuleuse, le chat doré d'Asie, la loutre, l'ours lippu, le cerf cochon, le sambar, cerf axis, l'entelle doré, le macaque d'Assam, le hoolock, le pangolin indien et bien d'autres encore.


Panthère nébuleuse
Panthère nébuleuse du parc national de Manas

Certaines espèces telles que la tortue de l'Assam, l'entelle dorée, le lapin de l'Assam, le sanglier nain ne peuvent être vues que dans ce parc ce qui en fait un lieu exceptionnellement riche.

L'habitat diversifié de Manas est un abri idéal pour une grande variété d'oiseaux. Le parc possède en effet la plus grande population d'outardes du Bengale dans le monde et est également un excellent endroit pour observer le calao bicorne. On peut aussi observer le trogon à tête rouge, plusieurs espèces de francolins, le calao à cou roux, le busard cendré ou encore le garrulax d'Assam.

50 espèces de reptiles vivent au sein du parc tel que le gavial du Gange (introduit du Bhoutan ou d'un programme de reproduction en captivité), 11 espèces de serpents dont le serpent des vignes, le serpent volant, le cobra royal, le python molure et le bongare fascié.


Busard cendré
Busard cendré au parc national de Manas

MENACES

L'UNESCO a inscrit le parc national de Manas sur la liste du patrimoine mondial en péril en 1992, après avoir été envahi par des militants de la tribu Bodo cherchant à obtenir réparation auprès du gouvernement indien. Les infrastructures du parc ont subi de grands dommages de 1988 à 1993. L'instabilité politique entre 1990 et 1996 à conduit à la destruction de centaines d'arbres et au massacre de nombreux animaux de la région. 50 % des rhinocéros du parc et près de 30 % de la population de tigres du Bengale en a fait les frais. Les dommages subis ont été estimés à plus de deux millions de dollars. L'UNESCO, influencé par le gouvernement indien et l'état de l'Assam, a établi avec la participation des autorités du parc un plan de réhabilitation dont la mise en oeuvre a débuté en 1997 et progresse de façon très satisfaisante.

Les villageois des alentours sont très pauvres et dépendent des ressources naturelles leur permettant de subsister. Ils sont donc totalement hostiles au parc national. Le braconnage reste toujours le grand problème des parcs nationaux. Les braconniers sont maintenant menés par de grands réseaux bien financés et bien armés et en partie soutenus par les commerçants en espèces menacées d'extinction.

Comme il existe un riche marché pour les cornes, la population de rhinocéros indiens a été décimée par les braconniers et leur nombre a diminué de 80 spécimens en 1990 à moins de 40 en 1997. Pour alimenter les marchés parallèles, les populations de tigres ont également été les victimes du massacre avec plus d'une cinquantaine d'individus tués en 6 ans et près de 20 éléphants ont été tués rien que pendant l'année 1997. Des centaines d'arbres ont été abattus et les habitats des espèces menacées telles que l'entelle doré, le lapin de l'Assam et le sanglier nain ont été mis en danger.

L’empiétement de l'homme, en particulier dans les forêts de Pandbari ainsi que le pâturage illégal du bétail se produit toujours encore. Avec un niveau de criminalité élevé, la protection du parc par l'État et les administrations a été retardée par le manque de main-d'oeuvre disponible ainsi qu'à cause des difficultés de remises de fonds afin de mettre en place une protection adéquate et efficace. Pour améliorer les relations avec les villageois des alentours, les financements destinés à être utilisés pour le parc ont été utilisés au profit d'infrastructures pour améliorer le quotidien et ainsi diminuer le taux de braconnage au sein du parc. La conservation est également entravée par l'absence d'un plan de gestion approuvé.

La sécurité dans et autour de Manas s'est améliorée, mais la menace d'insurrection règne encore dans l'État et les militants traversent encore souvent le parc. Néanmoins, les relations avec les villageois semblent franchement s'améliorer. Le Wildlife Habitat Council et l'IUCN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) a eu pour mission de visiter le site au début de l'année 2002 avec pour objectif de promouvoir la candidature du parc national royal de Manas au Bhoutan en tant que site du patrimoine mondial afin d'améliorer la protection de l'écosystème de Manas des 2 côtés de la frontière.


Rhinocéros indien
Rhinocéros indien au parc national de Manas

VISITER LE PARC DE MANAS

Un bungalow au Mothanguri, dans le nord du parc, offre des dortoirs pour 48 personnes. Un certain nombre de maisons de repos et de terrains de camping sont également disponibles. Le ministère du tourisme de l'Assam organise des visites du parc, notamment dans le domaine Mothanguri-Bansbari, y compris des voyages en bateau. En raison de l'agitation de la tribu Bodo, le parc a été fermé, en 1989 et 1996. En 1996, on ne comptait que très peu de visiteurs (environ 2 770). Toutefois, en 2001, les visiteurs étrangers avaient encore besoin d'un permis pour entrer dans le parc et le faisaient à leurs risques et périls.


SOURCES