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Le rorqual bleu (Balaenoptera musculus), également connu sous le nom de baleine bleue, est un mammifère marin appartenant à l’ordre des cétacés et au sous-ordre des mysticètes (Mysticeti). Il fait partie des huit espèces du genre Balaenoptera. Avec ses 30 m de long, la baleine bleue est le plus gros animal ayant jamais vécu sur Terre. Les dinosaures et les éléphants ne font qu’approcher sa taille (jusqu’à trente mètres de long pour plus de cent tonnes, parfois deux cents tonnes).

Le rorqual bleu a un corps long et mince pouvant mesurer jusqu’à trente mètres de long pour un poids avoisinant les cent soixante dix tonnes. Le corps de la baleine bleue peut avoir diverses teintes allant du gris-bleu sur le dos à un peu plus clair en dessous. Vue du dessus, sa tête paraît aplatie, large et en forme de U ! Il est protégé par une épaisse couche de graisse sous la peau
Le rorqual bleu est une baleine à fanons ! Le fanon est formé de deux lames cornées prenant en sandwich une série de poils très durs. On peut le comparer à deux ongles collés ensemble avec des moustaches de chat entre les deux. Les fanons sont disposés comme des stores verticaux tout le long de la mâchoire supérieure. Les fanons, comme nos ongles et nos cheveux, poussent et s’usent continuellement. Les 260 à 400 fanons mesurent entre 45 et 98 cm, la tranche du fanon qui donne sur l’intérieur de la bouche, les lames cornées s’usent plus rapidement que les poils, ce qui fait que les poils dépassent du "sandwich". Les poils qui dépassent s’entremêlent et forment un filtre à travers lequel l’eau pourra s’écouler facilement, mais qui retiendra efficacement les proies. Ce sont justement à leurs fanons que les baleines de ce groupe doivent leur nom scientifique : mysticète se traduit par "baleine à moustaches" !
Entre cinquante-cin et soixante-dix sillons ventraux partent du bout de sa mâchoire inférieure et finissent au delà du nombril. Ces plis facilitent l’évacuation d’eau de la bouche après la prise de nourriture. La baleine bleue peut atteindre une vitesse de 50 km/h lors de courtes accélérations, notamment lors d’ébats avec d’autres baleines, mais sa vitesse de croisière est de vingt km/h. Quand elle se nourrit elle ralentit à cinq km/h.
Le rorqual bleu ne voit pas très bien, sa vision est en revanche latérale et non stéréoscopique. Mais il se débrouille parfaitement avec son ouïe. Il émette des sons qui vont se cogner sur les roches, les poissons, etc. Ces sons reviennent vers lui et le temps que met le son à revenir, lui indique où se situent les obstacles, la nourriture, etc. L’absence d’oreilles externes ne diminue en rien son excellente ouïe.
Le rorqual bleu a des nageoires pour avancer dans l’eau. Il a trois sortes de nageoires : dorsale, pectorales et caudale. La nageoire dorsale est sur son dos. Le rorqual bleu possède une minuscule nageoire dorsale, qui paraît le quart de la hauteur du dos émergé et est visible bien après le souffle, et elle aide à les différencier. Le rorqual bleu a une nageoire pectorale sur chaque côte de son corps. Elles remplacent les bras. La nageoire caudale est sur la queue du rorqual. Il remue sa nageoire caudale de bas en haut pour avancer. Il sort sa queue quand il se prépare à plonger au fond. Il prend un souffle et se donne un élan avec sa queue. Donc, on dit que le rorqual bleu «sonde».

L’aire de répartition du rorqual bleu est très vaste. Il peuple les eaux côtières et la haute mer. Ce cétacé vit le plus souvent dans les eaux froides de l’Arctique. Bien qu’il fréquente les eaux du monde entier, il préfère néanmoins les eaux froides surtout pendant la saison de nutrition.
Les populations du Pacifique demeurent principalement au large en haute mer. C’est souvent au bord du plateau continental qu’on observe des groupes qui se nourrissent, là où la remontée d’eau produit des concentrations de krill (petits crustacés ressemblant à des crevettes), nourriture principale de ce cétacé. On le retrouve rarement dans les eaux vraiment chaudes, sauf en période de reproduction.

Le rorqual bleu se nourrit exclusivement de petits crustacés euphausides (krill) qui vivent en immenses bancs dans les eaux de surface. Il mange des micro-organismes parce que son oesophage est très petit par rapport à sa taille.
Cependant les baleines bleues ont des fanons plus courts que les autres espèces de baleines. Ils doivent donc absorber une quantité d’eau supérieure pour trouver une quantité de nourriture équivalente. Les plis cutanés de la gorge agissent comme les soufflets d’un accordéon et augmentent l’amplitude d’ouverture de la bouche.
Lorsqu’il s’alimente, le rorqual bleu engouffre d’un coup une énorme quantité de krill et d’eau, laissant sa gorge se gonfler au point de doubler le volume de son corps. Il expulse ensuite cette masse d’eau en contractant les muscles de sa gorge et avec sa langue, tout en retenant les krill dans la bouche avec les fanons. Un rorqual de taille moyenne pourrait engouffrer entre deux et quatre tonnes de krill chaque jour.

Chez le rorqual bleu, les naissances ont lieu dans des eaux relativement chaudes, car le baleineau nouveau-né n’est protégé que par une mince couche de graisse. Pour se faire les femelles accumulent d’énormes réserves de graisse, et émigrent vers des eaux plus chaudes. Leurs réserves énergétiques qui représentent jusqu’à soixante dix pour cent de leur poids total, leur permettent de commencer ce long voyage !!!
Arrivées à destination, les femelles ont perdu la moitié de leurs réserves de graisse. Dans les eaux tempérées, elles consomment jusqu’à dix fois moins de nourriture par jour. Si une grande partie des baleines effectuent ce jeun migratoire, c’est essentiellement lié aux nécessités de la reproduction. L’accouplement a lieu alors que la baleine bleue se situe dans les eaux chaudes ou tempérées. L’acte sexuel s’effectue ventre contre ventre ou tourné de côté.
Le cycle est donc calculé pour que le baleineau ne naisse pas dans des eaux glacées. Normalement, les femelles adultes ne mettent bas qu’un seul petit à intervalles de deux ans au minimum, après une gestation un peu inférieure à onze mois. A la naissance, le baleineau mesure déjà sept mètres de long pour un poids de deux mille cinq cent kilos. Sa protection thermique est moins importante à la naissance.
Les poumons du nouveau-né ne contenant pas d’air, il ne peut donc pas flotter. Sa mère le porte jusqu’à la surface où son évent se débloque pour une première prise d’air. Elle allaitera son jeune pendant une durée de sept à huit mois. Les glandes mammaires propulsent un jet de cent à cent cinquante litres de lait très riche dans la gorge du baleineau. Le taux de croissance du petit rorqual bleu est fulgurant. Il prend environ quatre vingt kilos par jour et près d’un mètre par mois !
La mère allaitera son petit tout le long du voyage de retour vers les zones d’alimentation. Mais quand le baleineau arrivera à destination, la température de l’eau sera supportable et la nourriture abondante. Son sevrage intervient dès la fin de l’été. Il peut, à ce moment là, accomplir seul la longue migration. A part l’homme, le rorqual bleu ne se connait aucun prédateur. Seuls les petits peuvent être la proie des orques (Orcinus orca).

Comme chez toutes les baleines, la baleine bleue possède un évent. C’est une fente arrondie protégée par un repli de fibres graisseuses et de puissants muscles en actionnent l’ouverture. Lorsqu’elle descend en plongée, la baleine inspire un volume d’air suffisant pour remplir ses poumons et l’évent se ferme automatiquement.
Le rorqual bleu nage à une vitesse de cinq à quatorze kilomètres/heure et vient respirer à la surface toutes les trois à dix minutes. Il peut nager encore plus vite lorsqu’il est pourchassé, atteignant parfois des pointes de trente kilomètres/heure. Lorsqu’il s’alimente, il se déplace à des vitesses de deux à six kilomètres/heure, et ses plongées peuvent durer de cinq à vingt minutes. Lorsqu’il remonte à la surface, il rejette un souffle étroit et vertical de six à neuf mètres de haut !!!

Selon les scientifiques, le rorqual bleu aurait une longévité d’au moins quatre-vingt ans. Cependant, ces données ne sont pas vraiment fiable dans la mesure où les enregistrements effectués ne remontent pas au-delà de l’ère de la chasse à la baleine. Il nous faudra encore attendre quelques années avant de pouvoir avoir précisément leur longévité.
Actuellement, l’âge maximum relevé pour un rorqual bleu est de trente quatre ans, âge recensé par Sears en 1998 sur un spécimen du nord-est du Pacifique. Il est quasiment sûr que le rorqual bleu peut vivre au moins le double si ce n’est plus.

Le seul prédateur naturel du rorqual bleu est l’orques (Orcinus orca). Des études faites dans la mer de Cortez ont démontré que 25% des adultes ont des cicatrices résultant d’attaques de l’orques. Le taux de mortalité lié à ces attaques est inconnu. A ce moment là il ne s’agissait que de présomptions. Il existe toutefois un cas, avéré dans le National Geographic, d’une baleine bleue attaquée par des orques. Bien que les orques furent incapables de tuer l’animal directement durant l’attaque, la baleine souffrait de graves blessures et est probablement morte peu de temps après.
L’unique vrai prédateur du rorqual bleu est sans aucune conteste l’homme. Ce cétacé a commencé à être chassé en Islande en 1883, aux îles Féroé en 1894, à Terre-Neuve en 1898 et au Spitzberd en 1903. En 1904 les premières baleines bleues furent tuées au large de la Géorgie du Sud. A partir de 1925, les prises de rorquals bleus ainsi que des autres espèces de baleines en général augmentèrent de façon spectaculaire dans l’Antarctique et le sub-Antarctique. La conception de navires-usines et de l’utilisation de bateau à vapeur aida fortement au massacre de ces mammifères marins. Entre 1930 et 1931, ces bateaux tuèrent 29 400 rorquals bleus rien que dans l’Antarctique.
La chasse de la baleine bleue fut interdite dans les années 1960 par la Commission baleinière internationale, et la chasse illégale pratiquée par l’URSS prit fin dans les années 1970, date à laquelle 330 000 baleines bleues avaient été tuées dans l’Antarctique, 33 000 dans le reste de l’hémisphère sud, 8 200 dans le Pacifique Nord et 7 000 dans l’Atlantique Nord. La baleine bleue a clairement été menée au bord de l’extinction par la chasse. Son rythme de reproduction lent (gestation d’un an) et la faible taille des portées (un ou deux baleineaux) ralentissent fortement la réaugmentation de la population.

Les baleines n’ont pas de structure sociale à proprement parler. Ce sont les femelles qui rythment les déplacements collectifs et suscitent les chants des mâles. Chaque espèce de baleine a son propre calendrier de migration. C’est généralement la baleine bleue qui part la première.
Les migrations se font par petits groupes de deux à dix individus. Les femelles ouvrent la marche, accompagnées des plus vieux individus. Suivent des groupes plus importants composés de mâles solitaires et de jeunes immatures.
Si toutes les espèces de baleines ne migrent pas en même temps, c’est simplement en rapport avec leurs besoins alimentaires. En effet, ce sont les plus gros spécimens comme la baleine bleue qui ont les plus gros besoins. Or, la nourriture est plus abondante près des pôles. Partant de plus loin, il est normal que ces baleines entreprennent en premier le voyage de retour.
Leur précision dans leur navigation est incroyable. La sensibilité de la peau des baleines leur permettent d’apprécier les différences de température et donc d’identifier les zones qu’elles traversent. On sait également que l’attraction terrestre est une force magnétique qui varie subtilement tout autour du globe. On pense que les baleines sont capables de repérer ces variations. Elles disposent de minuscules fragments minéraux à l’intérieur et en périphérie du cerveau. Les scientifiques supposent, sans l’avoir jamais prouvé, que ces fragments servent à détecter les lignes de champs magnétiques qui entourent la Terre. Une sorte de boussole intégrée.

Mise à part les quelques attaques d’orques dont les rorquals bleus sont victimes, ce cétacé doit faire face à bien d’autres menaces tout aussi importante pour sa survie. Il existe aussi une mortalité naturelle liée aux glaces transportées au printemps et à l’automne par le vent et les courants marins. Des études sur les baleines bleues au large de Terre-Neuve ont montré que de nombreux individus avaient des cicatrices sur le dos, témoins de ce genre de blessures.
Certains rorquals bleus sont victimes de collisions avec des navires ou encore sont piégés et étouffés dans des filets de pêche. L’augmentation croissante de bruit dans les océans couvre les sons émis par les baleines et rend ainsi la communication entre les animaux très difficile.
La menace humaine reste toujours d’actualité. La chasse commerciale à la baleine, pratiquée autrefois, est le principal facteur responsable du déclin de la population des rorquals bleus. Dans l’ensemble du Pacifique Nord, entre 1910 et 1965, les baleiniers commerciaux ont pris au moins 9 500 rorquals bleus, dont certains à partir de stations terrestres en Colombie-Britannique, du début du XXème siècle à 1965. Depuis la fin de la chasse commerciale, la pollution (principalement par les hydrocarbures) est devenu la menace causé par l’homme pour les rorquals bleus, ceci incluant l’accumulation de polychlorobiphényle (PCB) dans le corps des baleines.
Le réchauffement climatique provoque la fonte des glaciers et du pergélisol et permet à de grandes quantités d’eau douce de se déverser dans les océans. On peut s’inquiéter des effets de cette afflux d’eau douce sur la circulation thermohaline. En considérant les modes migratoires de la baleine bleue qui sont principalement basés sur la température des océans, un dysfonctionnement de cette circulation qui fait se déplacer eau chaude et eau froide autour de la terre pourrait perturber les migrations des baleines. Les changements de température des océans du globe pourrait également modifier les quantités de nourriture pour les baleines. La tendance du réchauffement et de la salinité décroissante devrait engendrer de sérieux changements dans la localisation du krill et son abondance.

L’IWC (International Whaling Commission) a accordé la protection au rorqual bleu à partir de 1966. Cependant, il faudra attendre 1986 pour que toute pêche commerciale soit totalement interdite. Cependant, ce moratoire ne s’applique pas à l’Islande, à la Norvège ou à la Fédération de Russie, qui se sont opposés à cette disposition. Aucun rorqual bleu n’a été délibérément attrapé depuis 1978. Il est aujourd’hui inscrit à l’annexe I du CITES et des mesures de CMS (Convention on Migratory Species). Le rorqual bleu vivant dans le Pacifique est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral.

Selon l’Integrated Taxonomic Information System (ITIS), le rorqual bleu serait répartie en quatre sous-espèces distinctes :
Le rorqual bleu pygmée (Balaenoptera musculus brevicauda) Ichihara, 1966
Le rorqual bleu de l’océan indien (Balaenoptera musculus indica) Blyth, 1859
Le rorqual bleu de l’Antarctique (Balaenoptera musculus intermedia) Burmeister, 1871
Le rorqual bleu de l’Arctique (Balaenoptera musculus musculus) Linnaeus, 1758

Nom commun | Rorqual bleu |
Autre nom | Baleine bleue |
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Nom binominal | |
Statut IUCN | |
Décrit par | Car von Linné (Linnaeus) |
Date | 1758 |


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