Accueil > Cétacés > Orque ou épaulard
L’orque (Orcinus orca), également appelée épaulard, est un mammifère marin appartenant à l’ordre des cétacés à dents, les odontocètes. Grand prédateur des mers régnant au sommet de la chaîne alimentaire, l’orque est en fait un être hyper sensible, très intelligent et proche des siens toute sa vie durant. On lui prête également le surnom de "baleine tueuse", par anglicisme de son appellation anglophone killer whale.

L’orque est un animal appartenant à l’ordre des cétacés et au sous-ordre des odontocètes. Les orques ont une apparence caractéristisée par un dos noir, un ventre blanc et une tache blanche derrière et au-dessus de l’œil. Le corps est puissant et surmonté d’un grand aileron dorsal avec une tache gris foncé en forme de selle juste derrière.
L’orque mâle peut atteindre une taille allant jusqu’à 9 m de long pour un poids d’environ 8 à 9 tonnes. Le spécimen le plus grand jamais vu mesurait pas moins de 9,74 m pour un poids de 11 tonnes. La femelle, plus petite, ne dépasse guère les 7 m de long pour un poids de 4 tonnes. A la naissance, le nouveau-né pèse entre 150 et 220 kg et mesure entre 2 et 2,70 m de long. Malgré ses proportions imposantes, l’orque est très agile et peu de mammifères marins peuvent lui échapper.
On distingue le mâle de la femelle épaulard grâce à la grande nageoire dorsale triangulaire. A la différence de la plupart des dauphins, la nageoire caudale d’une orque est large et arrondie pouvant mesurer plus de 2,40 m d’envergure. L’aileron dorsal du mâle est plus grand que celui de la femelle. Il a une forme de triangle isocèle allongé tandis que l’aileron dorsal de la femelle est plus court et a la forme d’une faux. Néanmoins cet aileron s’affaisse chez la plupart des orques en captivité.
En liberté, l’orque mâle vit en moyenne 40 ans et une femelle peut vivre jusqu’à 60 ans. L’âge record détenu par une femelle morte en août 2008 était de 98 ans.
La plupart des orques sont grégaires vivant en groupe composé d’environ 30 individus. Ces troupes de migrateurs ont d’ailleurs un comportement très différent. Les orques sillonnent les océans dans le plus grand silence et en 3 mois, peuvent parcourir plus de 1 000 km. Ce sont des individus téméraires qui n’hésitent pas à s’attaquer aux baleines, aux grands mammifères marins et parfois aux requins.

Les orques sont des animaux cosmopolites que l’on peut observer dans tous les océans du globe, bien qu’ils se concentrent généralement dans les régions plus froides et dans les zones hautement productives. Ils se trouvent dans les trois océans entourant le Canada et parfois dans la baie d’Hudson et le golfe du Saint-Laurent, mais ils semblent rares dans les océans Atlantique et Arctique.
En Colombie-Britannique, on a noté leur présence dans presque toutes les zones d’eau salée (et certaines zones d’eau douce), y compris dans de nombreux bras de mer étroits et des baies profondes. Des épaulards "résidents" et "nomades" sont observés pendant toute l’année au large de la côte du Pacifique.
Les trois types d’orques présentent des différences morphologiques, génétiques, comportementales et alimentaires :
Les résidentes se nourrissent de poissons et leur répartition est étroitement liée aux périodes d’abondance maximale des différentes espèces de saumons.
Les "nomades" se nourrissent de mammifères marins.
Les Hauturières vivent en haute mer sur les plateaux continentaux.

Les orques mangent des poissons, des calmars, des oiseaux de mer, des manchots, des pinnipèdes, des phoques ainsi que d’autres cétacés.
Les épaulards mangent parfois de jeunes rorquals bleus mais ce genre d’attitude est très rare. Ce sont les seules baleines à manger des animaux à sang chaud, mammifères ou oiseaux. L’orque mange entre 60 kg et 80 kg de nourriture par jour.
En Antarctique, les orques capturent des pingouins et des phoques en se jetant sur les banquises de tout leur poids pour en déloger leurs victimes. Elles peuvent aussi assommer un oiseau qui est en train de voler au dessus de lui par la queue et ensuite le manger. Ils mangent aussi des bébés otaries.
En fait le régime alimentaire de l’orque varie selon son genre :
Les résidentes sont essentiellement piscivores et chassent rarement les mammifères marins.
Les nomades se nourrissent essentiellement de mammifères marins et occasionnellement de poissons.
Les hauturieres sont eux plutôt ichtyophages mais se nourrissent aussi d’oiseau de mer.

L’orque mâle atteint sa maturité sexuelle entre 6 et 10 ans et la femelle entre 12 et 16 ans. Une femelle ne met au monde qu’un seul petit environ tous les 3 ans. Pouvant se reproduire jusqu’à l’âge de 40 ans elles élèvent donc en moyenne 5 nouveau-nés. La période de gestation dure entre 16 et 17 mois.
Le petit de l’orque mesure de 2 m à 2,70 m de long à la naissance pour un poids d’environ 180 kg. Tout de suite après l’expulsion du petit du ventre de la mère, celle ci le ramène à la surface pour qu’il puisse prendre sa première respiration. Elle le soutient ainsi les premières minutes de sa vie.
Pour téter, le jeune nage le long de sa mère et par attouchements brefs stimule les mamelles de sa mère. Il possède des moustaches (qui persistent quelques semaines) sur le rostre, moustaches qui l’aident à repérer les mamelles de sa mère. Il n’a pas de lèvres donc ne peut pas téter tout seul. Sa mère doit contracter sa glande mammaire pour que le lait puisse gicler. Ce lait, très riche, nourrit le petit pendant 6 mois à 1 an. L’allaitement a lieu plusieurs fois par heure, toute la journée (la tétée dure en moyenne 5 à 10 secondes à chaque fois).
Le jeune orque ne quitte pas sa mère et apprend toutes les techniques de survie. Ils restent toute leur vie dans le clan familial. Un jeune n’a que 60% de chance de survivre au delà de 1 an.

Les orques sont des animaux très sociaux qui vivent en groupe composé de 20 à 50 individus. Un groupe est généralement composé de 20% de mâles, 20% de juvéniles et de 60% de femelles. Il semble que le rythme social des orques soit globalement matriarcal bien que les mâles restent présents au sein du groupe toute leur vie.
L’absence d’émigration et d’immigration à partir et dans le groupe apparaît unique chez les mammifères. Le système social s’organise selon un ordre bien déterminé. Les groupes sont très structurés et sous la direction d’une femelle. Les orques ne se déplacent jamais ou alors très rarement seules.
Très uni, chaque clan représente une famille qui communique en permanence. On a observé une entre aide peu commune dans le monde animal. Quand un épaulard est en difficulté, les autres viennent le secourir. Ils l’aident à remonter à la surface et le soutiennent. Lorsqu’une mère orque est sur le point de mettre son petit au monde, une autre femelle vient l’assister. Elle aide à porter le nouveau-né jusqu’à la surface pour qu’il puisse respirer (tout comme chez les dauphins).
Les unités matriarcales sont composées d’une mère et de sa descendance (des deux sexes). De 1 à 4 générations peuvent être présentes : le plus souvent, on rencontre typiquement une grand-mère avec son fils adulte, sa fille adulte et la descendance de celle-ci.

Etant donnée la petite taille de leur population et leur faible taux de croissance, les orques pourraient être menacés par des facteurs anthropiques (liés aux humains), incluant les effets immuno-toxiques de produits chimiques toxiques persistants et la réduction de la disponibilité de leurs proies qui sont prises de façon concomitante par les pêches sportives et commerciales.
Des niveaux importants d’organochlorés ont été mesurés dans les blancs de baleines, mais les concentrations sont plus faibles que celles observées chez les populations migratrices et résidentes du Sud.
Il est aussi possible que l’industrie commerciale et récréative d’observation des baleines, laquelle est importante et en croissance sur la côte ouest, ait une incidence, bien que ces répercussions ne soient pas encore claires. La population résidente du nord est sujette à des niveaux élevés d’activités humaines (navigation maritime) qui peuvent avoir des conséquences néfastes sur sa survie. Les dangers relatifs aux humains et aux bateaux de pêche comprennent les prises directes (chasse à la baleine, élimination sélective), les captures d’animaux vivants, l’enchevêtrement dans les engins de pêche, les collisions avec les navires et l’exposition aux déversements pétroliers.
Bien qu’au début des années 1980 et dans les années 1990, on ait interrompu la chasse intensive à la baleine, il est probable qu’un petit nombre soit encore pris. Parmi les facteurs naturels limitant peut-être les populations de baleines, on compte des incidents périodiques où des groupes d’individus s’échouent ou restent pris dans des goulets étroits ou sur les glaces, ce qui peut réduire la taille d’une population de façon draconienne à l’échelle locale.
Depuis 1970, la taille de la population résidente du nord augmente de façon constante (à la suite de l’arrêt des captures d’animaux vivants et du déclin de la chasse au fusil). En 20 ans, la population a augmenté pour passer à 21 600 individus en 1997, mais des données récentes montrent que la population a depuis connu un déclin d’environ 7% au cours des 4 dernières années.

L’espèce d’orque résidente du nord du Pacifique nord-est est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril.
Les orques sont protégées par le règlement sur les mammifères marins en vertu de la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral. Le règlement interdit de nuire aux mammifères marins, et de les tuer ou de les harceler.
Pêches et Océans Canada, en collaboration avec plusieurs autres organismes, a élaboré des lignes directrices sur l’observation des baleines. Des mesures de sensibilisation du public supplémentaires sont prises actuellement pour réduire au minimum les interactions négatives entre les bateaux et les baleines.

L’orque est inscrite à l’Annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) qui régit le commerce et les déplacements internationaux des espèces qui sont, ou pourraient être, menacées par l’exploitation commerciale.
Tous pays membre de la CITES doit être titulaire d’un permis d’exportation du pays d’origine pour faire le commerce international de l’épaulard ou de parties d’épaulard.

Selon les scientifiques, ils existerait 3 types d’orques totalement distincts par rapport à leur comportement, leurs moeurs et même par rapport à leur régime alimentaire :
Les orques appelées résidentes vivent en grands groupes de 5 à 50 individus et possèdent un territoire bien déterminé. On les localise principalement au large des côtes du Canada, notamment au large des îles Vancouver. Elles se nourrissent essentiellement de poissons (ichtyophages) comme le saumon rouge (certains pèsent plus de 20 kg), et occasionnellement de mammifères marins tels les pinnipèdes mais ce sont des cas extrêmement rares. En général, elles se montrent plutôt pacifiques envers leurs cousins à savoir les autres cétacés. On a déjà vu des lagénorhynques obscurs (petits dauphins aux rostres peu proéminant) nager à travers une bande d’orques résidentes, sans que ces dernières ne cherchent à attaquer.
La hiérarchie sociale chez les orques résidentes est très complexe. Ainsi, chaque pod est dirigé par la plus vieille femelle, la matriarche. Les pods sont définis comme le plus grand groupe cohésif d’individus voyageant ensembles la plupart du temps. Ensuite il y a les sous-pods, c’est-à-dire une division du pod, où d’un côté il y a les mâles matures et de l’autre les femelles et les juvéniles. Mais cette division ce fait seulement quelques heures et peuvent les séparer de 7 km. Au sein d’un pod résident, il y a une petite unité d’organisation qui est le groupe maternel. Composé d’une mère et de ses descendants. Les résidentes ont des vocalisations de sons variés et fréquents.

Les hauturières (dites offshore)
Chez les orques hauturières, les groupes sont énormes : ils sont composés de 30 à 60 individus ! Ces orques sont exclusivement ichtyophages, c’est-à-dire que leur régime alimentaire ne comprend que des poissons. Elles sont très nombreuses au large de la Norvège, où elles ont appris à chasser le hareng. Cette chasse organisée, montre bien l’intelligence chez l’orque. D’ailleurs, certains scientifiques affirment qu’elle est 4 fois plus développée que celles des autres cétacés.
Les orques hauturières sont les plus bruyantes de toutes. Elles passent s’en arrêt leur temps à communiquer avec divers sons et cliquetis. Elles sont légèrement plus petites et plus trapues que les orques résidentes ou nomades. Au niveau hiérarchie, le principe est le même que chez les orques résidentes.

Les nomades (dites transients)
Les orques nomades sont les maîtres absolus des océans ! Parfois solitaire, ou en meute de 2 à 7 individus, les orques nomades s’attaquent à des proies de toute taille et n’ont peur de rien. Deux orques mâles nomades n’avaient même pas hésités à s’attaquer à un cachalot (Physeter catodon) adulte !
Les orques nomades ne semblent pas avoir de hiérarchie stricte, donc le terme pod ne leur est pas applicable. Il est préférable d’appliquer la notion de groupe. Ces orques n’ont pas de territoire déterminé et se déplacent constamment. Les nomades sont plus lourds que les résidentes ou les hauturières et ont plus de carrure. De plus à taille égale, elles ont des dents plus grandes.

Au large de la côte californienne, patrouillait un groupe d’orques nomades nommés L.A. dont l’une d’entre elles fut baptisée CA2. Elle et son groupe, se trouvait surtout aux alentours du triangle rouge au large de la Californie. Cet endroit est nommé ainsi, car il est infesté de grands requins blancs (Carcharodon carcharias).
CA2 est une orque nomade femelle d’une taille de 6,50 m qui traque le grand requin blanc. Qui aurait pu penser qu’un orque femelle solitaire nomade (accompagnée à ce moment d’un petit nommé CA6) soit une tueuse de requins ? Non, vous ne rêvez pas, car c’est vrai.
Bien que le grand requin blanc et l’orque s’ignorent quand ils se croisent, il n’est pas rare que des orques s’attaquent à eux. Ainsi, dans la baie de Monterey, en Californie, CA2 a été observé à plusieurs reprises attaquant ces requins. La première observation, datant d’octobre 1997, fut quand CA2 a attaqué et tué un grand requin blanc de 3,50 mètres pour protéger son petit. CA2 avait attrapé le requin dans sa gueule, tout en bondissant dans les airs. Malgré la peau extrêmement solide (plus solide que du cuir), celui-ci avait été mis en pièce par l’orque. La deuxième observation eut lieu le 23 octobre 1998 quand CA2 a attaqué grand requin blanc plus gros (il devait faire 4,50 maximum) et l’a tué pour rechercher son met préféré : le foie.

On suppose que des orques ont peut être déjà attaqué des cachalots adultes car l’orque n’est pas surnommée la reine des mers pour rien. On ne peut pas tout voir dans cet immense océan !
En ce qui concerne les requins, Jacques-Yves Cousteau avait déjà observé 2 orques qui avaient chacune un requin-tigre dans la gueule. Une des orques avait d’ailleurs un requin-tigre de près de 4 m dans sa gueule ! Un autre fait filmé par Cousteau montrait un orque jaillissant hors de l’eau avec un requin gris des récifs de 2,50 m dans la gueule.
Si on devait parler d’autres faits, des scientifiques ont observé un orque tuant un grand requin blanc, mais pas pour se nourrir. En effet, 2 orques chassaient des poissons, plus précisément des saumons, quand un requin blanc d’environ 3,50 m apparut. Le plus jeune des deux orques, a chargé le requin et l’a complètement éventré. Ce geste était surtout une manière d’éliminer la concurrence, plutôt que d’une recherche de nourriture.
En 2005, près de la Nouvelle-Zélande, une autre observation fut rapportée sur un groupe d’orques ayant tués et mangés un requin mako alors qu’aucun fait similaire n’ai été signalé auparavant dans ce secteur. Devons nous imaginer que le requin est un met important pour le régime alimentaire des orques ou bien s’agit il de faits isolés ?
Nom commun | Orque |
Autre nom | Epaulard |
Règne | Animal |
Embranchement | |
Sous-embranchement | |
Classe | |
Sous-classe | |
Infra-classe | |
Ordre | |
Sous-ordre | |
Famille | |
Genre | |
Nom binominal | |
Statut IUCN | |
Décrit par | |
Date | 1758 |

L’Orque ou épaulard. Killer whale.
Page perso Cristelle Riedinger (site non actif)

